Chapitre 13 : Cinquante Nuances de Cerise

Renee+Zellweger - Cerise

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Cinquante Nuances de Cerise

Partie I

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Cerise

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Mu par un désir commun, le roi me prit dans ses bras comme si je ne pesais rien pour me porter à l’intérieur de la tente qui se trouvait non loin du fameux cerisier. A l’intérieur, de longs et grands coussins multicolores jonchaient le sol. À côté se trouvait une table basse sur laquelle reposait un livre ouvert, tourné sur les pages, ainsi qu’une carafe de vin et un verre unique. Cet endroit me rappelait les tentes berbères dignes d’un conte des mille et une nuits… Sauf que je n’étais pas dans un conte mais dans ma réalité à moi.

Il me déposa sur les coussins avec précaution avant de s’allonger sur moi. Les battements erratiques de mon cœur faillirent avoir raison de moi. Je pouvais sentir ses larges mains pétrir mon corps avec une fébrile impatience. Soupirant d’aise, je passai ma langue sur mes lèvres asséchées.

Prenant ce geste pour une invitation, il se pencha sur moi pour prendre ma bouche avec la sienne. Son baiser, loin d’être doux, était passionné et exigeant.

Thranduil semblait avoir passé la vitesse supérieure et son impatience à vouloir me faire sienne me fit un peu peur. Etais-je vraiment prête à passer ce cap ? Et sous quelle condition ? A quel titre le roi voulait-il me prendre ? Celui de sa « maîtresse » ou autre chose ? En mon for intérieur, je ne souhaitais plus l’être, je ne l’étais pas. « Maîtresse », ce mot ne signifiait rien pour lui tout en m’insultant moi. Je voulais être juste moi, Cerise, et connaître enfin ce que cela faisait d’être une femme dans le sens le plus vieillot du terme.

Oh mon Dieu, je n’avais jamais été aussi réaliste que maintenant. J’aurais aimé prendre tout cela avec une certaine distance mais ça m’était tout bonnement impossible.

Comme s’il avait lu dans mes pensées, Thranduil s’arrêta un instant pour se redresser légèrement. Il me questionna à demi du regard et je sus qu’il s’arrêterait si je le lui demandais. Lâchant un soupir, je le fixai, les yeux mi-clos. Non, malgré tout, je voulais qu’il continue.

— Thranduil, murmurai-je, en une sorte d’acquiescement tacite.

Comme dans un rêve, il commença à retirer ses propres vêtements et m’encouragea à en faire de même. Cependant, alors que je le voyais pour la première fois torse nu — et bien que cette vision empreinte d’un certain érotisme me chamboula tout à fait — ma bonne vieille conscience se rappela à moi une deuxième fois. Je ne pouvais hélas couper court à ce que mon cerveau venait de me rappeler, envoyant de longs signaux d’alarmes qu’il m’était difficile d’ignorer, même en cet instant.

Alors que j’étais en sous vêtements, je tendis le bras vers son torse que je touchai du bout des doigts. Il avait la peau si douce et sans le moindre poil. C’était perturbant de voir une poitrine aussi glabre. Toutefois, je ne pouvais guère ne pas apprécier ses pectoraux bien dessinés qui prouvaient qu’il n’était pas qu’un simple roi de salon. A la vérité, en cet instant précis, j’avais terriblement envie de lui et à voir sa tête, à entendre sa respiration hachée, je savais que c’était réciproque.

— Thranduil, commençai-je, la voix rendue pâteuse par mon désir de lui, nous ne pouvons pas continuer.

Que cela avait été dur à dire, bordel. Mais il le fallait, ce n’était pas le moment d’être irresponsable.

— Pardon ? s’exclama-t-il surpris, indifférent à mes pensées. Et pourquoi donc ? Que vous arrive-t-il encore ?

Il ferma les yeux comme pour exprimer une sorte de douleur. Pour une fois, je m’en voulus de le laisser dans un tel état.

— Je…, commençais-je, ignorant comment formuler la chose… Je ne prends pas la pilule et je crains que nous n’ayons pas de préservatif sur nous.

Je me mordis la lèvre. Je m’en voulais de ne pas y avoir pensé plus tôt. Surtout que, le pire, c’est que j’en avais au moins une dizaine dans mon sac.

Thranduil venait de se tétaniser en entendant mes propos. Il semblait ne pas comprendre.

— De préserva … quoi ? Cerise, qu’est-ce encore que ce terme ridicule ?! Par pitié, ne pouvez-vous pas vous retenir de me sortir des inepties surtout dans un moment pareil ?!

Je me retins de rire. Le pauvre, j’avais vraiment l’impression qu’il pensait que je faisais exprès d’être sans cœur avec lui en le faisant tourner en bourrique exprès. A une époque pas si lointaine que cela, ça aurait pu être effectivement très drôle… mais pas là.

— Non, je ne peux pas. J’ai très envie de le faire mais pas au risque de tomber enceinte, répliquai-je fermement. Je ne me le pardonnerai jamais si ce genre d’accident devait arriver.

Allez savoir pourquoi mais je me sentis tout à faire rougir en disant cela. Thranduil quant à lui, affichait un air surpris, puis je fus sidérée de l’entendre éclater de rire.

— Ça vous fait rire, vous ? Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, bougonnai-je.

Vexée, je croisai les bras sur ma poitrine.

— Il n’y a rien de drôle, Cerise, hormis vous peut-être. Voyons, un enfant n’est pas un accident. C’est la plus belle chose qu’un couple pourrait recevoir des Valar.

— Pardon ? m’exclamai-je étonnée et surprise.

— Comme je vous le disais, il y a de cela quelques temps, les elfes n’ont pas cette faculté qu’ont les hommes de se reproduire aussi vite. Notre longévité ne nous oblige pas à cela et de fait, nous ne le voulons pas.

Il s’arrêta un instant pour s’asseoir près de moi et reprit : — Si par le plus grand des hasards, vous tombiez enceinte de nos ébats — ce qui n’arrivera certainement pas —, ce serait pour nous une grande joie que d’accueillir un nouvel être.

Je le scrutai attentivement, recherchant sur son visage une once de mensonge dans ce qu’il venait de dire mais on m’avait dit que les elfes ne mentaient jamais.

— Je ne vous crois pas, dis-je, peu convaincue tout de même par son discours. Je ne vous crois pas car je ne pense pas que le grand Thranduil, roi des Elfes Sylvestres, verrait d’un très bon œil la naissance d’un bâtard à moitié humain.

Je l’observais toujours en disant cela et je compris que j’avais vu juste. Il venait de blêmir. Allez savoir pourquoi, son attitude me rassura quelque peu. Je ne voulais pas prendre de risque et, si jamais nous le faisions sans protection, je voulais être sûre que jamais rien de tout à fait fâcheux ne nous arrive, enfin ne m’arrive.

— Certes, dit-il, mais de toute façon la question ne se pose pas, vous ne le serez pas.

— Je ne serai pas quoi ?

— Enceinte de mes œuvres.

Il semblait agacé.

— Et pourquoi en êtes-vous si sûr ?

S’il pensait s’en sortir aussi facilement… comment dire, il se mettait le doigt dans l’œil.

— Parce que je n’ai eu mon fils qu’au bout d’un millénaire avec mon épouse et qu’aucune de mes maîtresses n’est jamais tombée enceinte ensuite.

— Oh.

— Oh, quoi Cerise ?

Thranduil commençai à perdre patience.

— Vous êtes donc stérile ?

— Non, mais est-ce que vous avez écouté un seul mot de ce que je viens de vous dire ?

— Oui, j’ai compris mais je vous préviens, si jamais vous me mettez en cloque, je me ferai avorter dans l’heure ! Je refuse de porter un marmot quel qu’il soit. Je suis trop jeune pour être mère d’un mouflet morveux me bavant partout dessus, même le votre. Pouah ! Rien que d’y penser, j’en avais des frissons de dégoût.

Toute à mes horribles pensées, je ne vis pas tout de suite le visage parfaitement éberlué du roi des elfes.

Quand je redressai finalement la tête, il avait l’air parfaitement horrifié.

— Vous êtes vraiment la femme la plus étrange que je connaisse, Cerise. Je ne vous savais pas si cruelle.

J’avalai de travers au dernier mot.

— Cruelle ? Mais en quoi suis-je cruelle ?

— Vous seriez prête à tuer votre enfant parce que vous n’en voulez pas.

J’allais rétorquer quelque chose mais il me stoppa dans mon élan en levant la main. — Comme je vous l’ai dit, chez nous, l’arrivée d’un enfant, bâtard, semi ou autre est réellement une bénédiction. Nous les accueillons tous avec une immense joie et avec le respect qu’il leur est dû. C’est la volonté des Valar. Qui sommes nous pour nous dresser contre eux ?

En entendant son discours, je fus profondément estomaquée par de tels propos. Chez moi, dans mon monde, il y avait encore ce genre de discours, mais au 21eme siècle et en France en tout cas, l’avortement était un droit. Un droit pour lesquelles les femmes s’étaient battues et se battent encore pour le préserver. Bien que je comprenne son point de vue, cette conversation avait remuée de désagréables choses en moi que je préférais occulter pour le moment… De quoi vous couper l’envie.

Exhalant un profond soupir de lassitude, je me relevai et lui tournai le dos tout en cherchant mes vêtements.

— Que faites-vous Cerise ? me demanda-t-il, un certain étonnement dans la voix.

— Je me rhabille, répondis-je de manière laconique.

Je sentis un courant d’air frais passer derrière mon dos, me signifiant que le roi venait de se lever lui aussi.

J’allais me retourner mais je fus surprise de sentir ses bras nus se refermer sur moi.

— Nous n’avons pas fini, Cerise, nous avons à peine commencé, me susurra-t-il au creux de l’oreille, ce qui eut pour effet de me faire frissonner d’anticipation.

Lentement, je me retournais dans ses bras pour lui faire face.

— Vous voulez vraiment le faire après ce genre de conversation ? demandai-je sceptique.

— Plus que jamais.

On peut dire qu’il ne perdait pas le nord cet homme, enfin cet elfe-là.

Sans attendre de réponse, ses lèvres fondirent une nouvelle fois sur les miennes et je pus sentir sa langue se frayer un chemin à l’intérieur de ma bouche. D’un geste sûr, il me retira mon soutien-gorge — j’en avais deux et j’en prenais soin, je n’aimais pas l’idée de porter un corset et pourtant Liamarë m’avait plusieurs fois serinée la dessus — puis, il se mit à titiller la pointe d’un de mes mamelons entre ses doigts. C’était une sensation… intéressante mais je n’avais jamais été super sensible à cet endroit là et finalement je lui pris sa main baladeuse pour la reposer contre mon flanc.

Il quitta alors mes lèvres pour me questionner du regard.

— Je ne suis pas très sensible de la poitrine, soufflai-je, rouge comme une tomate.

Secouant la tête, un sourire torve sur les lèvres, il me repoussa doucement tout en mettant ses mains sur mes épaules. D’une pression, il me fit comprendre qu’il était grand temps que je me rallonge. Ce n’est qu’une fois adossée contre les coussins que je m’aperçus que le seul rempart à ma nudité était ma petite culotte. Relevant la tête, je crus mourir d’une terrible chaleur. Thranduil était debout et m’observait, ses yeux avaient noircis sous l’intensité de son désir et je compris que notre conversation n’avait absolument pas amoindri son envie de me faire l’amour. Descendant mon regard un peu plus bas, je pus voir à quel point il était décidé à aller jusqu’au bout. Comme dans un rêve, je le vis délacer son pantalon gris argenté avec une lenteur totalement calculée. Ensuite vint le tour de ses caleçons et…

— Cerise, exigea-t-il, enlevez vos mains de vos yeux et regardez-moi.

— Je ne peux pas, dis-je stupidement.

Car oui, en cet instant, j’étais aussi stupide que la première vierge de l’univers. Allez, ma vieille, ça ne te gênait pas avant de mater des hommes à poil, tu as même des photos de Craig Parker plutôt brut de pomme dans ton portable, je te rappelle.

Alors, je fis ce qu’il me demandait et j’eus le souffle coupé face à la vision de cet homme, enfin pardon, de cet elfe — mais bon quelle que soit sa race, c’était un homme, oui bon, un mâle si vous voulez — complètement nu et dont la virilité faisait un angle droit avec le reste de son corps. Je sentis ma bouche s’humidifier dangereusement et, alors qu’il se baissait pour m’étreindre à nouveau, j’eus cette pensée tout à fait idiote : il n’a sans doute pas de poils au torse mais il est plutôt bien pourvu entre les jambes et oui, c’est un vrai blond…Comme moi.

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Thranduil

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Malgré toutes les inepties dont elle m’avait abreuvé, retardant sans doute inconsciemment le moment où j’allais la faire enfin mienne, j’avais toujours, sinon encore plus envie d’elle.

J’avais ressenti un plaisir immense à me mettre nu devant son regard. Voir son petit visage virer au rouge carmin avait été des plus réjouissants.

Elle était à présent entre mes bras et je me délectais déjà de ce qui allait arriver fatalement.

Tandis que je m’apprêtais à la posséder, je repensai à la conversation que nous avions eue la veille. Elle ne voulait plus être ma maîtresse cependant, elle était là, allongée sous moi. Etais-je prêt à redéfinir notre relation ? Etait-elle autre chose à mes yeux ? Objectivement, je n’avais jamais ressenti autant d’émotions contradictoires avec les autres femmes qui avaient partagé ma couche. Tout avait toujours été bien prédéfini à l’avance, avec des règles claires. J’avais essayé de façonner Cerise à ma façon, ce qui avait entraîné des conséquences des plus terribles que je ne voulais jamais revivre. Indéniablement, cette petite humaine s’était faite une place quelque part en moi, mais jusqu’à quel point ? Je ne saurais le dire. J’aviserais alors le moment venu. En cet instant, seul comptait la douceur de son corps contre le mien.

Doucement, je passai ma main contre ses flancs puis sur son ventre et mes doigts butèrent contre le tissu qui couvrait encore son intimité. Cela était inconcevable. Pris d’une impatience fébrile, j’arrachai le vêtement sans état d’âmes. Je l’entendis à peine s’offusquer d’avoir maltraité ainsi ses dessous. Ni tenant plus, je baissai la tête pour humer avec un plaisir immense la fragrance qui s’échappait des pores de sa peau. C’était musqué et floral, un odeur de femme. Mes doigts continuèrent leur inspection et je fronçai les sourcils d’incompréhension en sentant quelque chose de dru sur ses jambes. Baissant les yeux, je reconnus des poils éparpillés un peu partout, tout aussi blonds que sa chevelure.

Cerise, s’apercevant de ce qui m’avait arrêté dans mon ascension, fut prise d’une envie subite de me les cacher.

— Que pensez-vous faire là, jeune fille ? dis-je d’une voix grondante.

— Je ne suis pas épilée, se justifia-t-elle.

Je haussai un sourcil à ces mots. Que peu m’importait qu’elle le soit ou pas, je la trouvais des plus appétissantes et ces quelques poils prouvaient juste qu’elle n’était pas des nôtres, qu’elle était un fruit nouveau à goûter avec délectation… et précaution.

Prestement, je me redressai, toujours collé à elle. Je la vis hésiter à me toucher et compris qu’elle ne le ferait sans doute pas si je ne l’y invitais pas.

— Touchez-moi, Cerise.

Enfin, je sentis ses doigts timides sur mon corps. Elle commença par me caresser les épaules avant de les passer sur mon torse, puis sur le ventre. Ni tenant plus, je basculais sur le dos, l’entrainant dans ma chute. Elle se retrouva alors sur moi. Je pouvais sentir ses cheveux balayer ma poitrine. Elle avait le souffle court. Quelques secondes plus tard, ses lèvres se posèrent sur les miennes et nous nous embrassâmes à en perdre haleine.

J’aimais ses baisers, vraiment beaucoup. Pour le lui prouver et le lui montrer, je pris sa main dans la mienne et la posai sans préambule sur mon sexe dressé. Je voulais qu’elle me touche à cet endroit précis. Je le voulais plus que tout et n’en pouvais plus d’attendre.

Elle émit un hoquet de surprise avant de refermer ses doigts sur moi. Je fermai les yeux sous l’afflux de plaisir qui monta en flèche tel un véritable déferlement quasi électrique. Pinçant les lèvres, je dus me retenir de ne pas me jeter sur elle pour la posséder tout de suite. Elle était vierge, me rappelais-je, il fallait que je lui laisse le temps de comprendre ce qui allait se passer entre nous… inévitablement.

Lentement, elle imprima à ses doigts des mouvements de va et vient maladroits qui me rendirent presque fou. Pour lui donner le change, j’entrepris moi-même de la caresser comme je l’avais fait il y a quelques nuits de cela. Elle commença à gémir contre mes lèvres. Au bout de quelques minutes, je passai un doigt à l’intérieur des replis de son intimité. Elle était terriblement serrée et je dus m’y prendre très doucement pour ne pas lui faire mal. Une fois qu’elle fut habituée à cette intrusion et que je la sentis se déhancher contre ma main, je tentai de glisser en elle un deuxième doigt.

Nous entreprîmes alors de nous faire du bien mutuellement et, bien vite, nos gestes furent de plus en plus désordonnés. Elle ne se contrôlait plus et j’eus l’entière satisfaction de voir mes propos la concernant confirmés : elle était des plus passionnées au lit.

Ni tenant plus, je me redressai un peu pour me positionner entre ses cuisses. Quand ma virilité entra en contact avec ses lèvres intimes, je dus me retenir pour ne pas prendre sauvagement ce qui m’était dû.

Lentement, je tentai de me frayer un passage en elle. Ce ne fut pas la chose la plus évidente qu’il m’eût été donné de faire. Je n’avais pas l’habitude des vierges. La seule que j’avais connue avait été … Mais je ne préférais pas y penser maintenant.

— Vous me faites mal, gémit Cerise tout contre mon oreille.

— Je suis navré, petite, soufflai-je difficilement.

Sous l’effort, des gouttes de sueur commencèrent à perler le long de mes tempes. Je ne savais pas si y aller aussi doucement était finalement une bonne chose. Serrant les dents, je pris la décision d’y aller d’une seule et brusque poussée.

Cerise cria.

— Je n’avais pas le choix, marmonnai-je, me rendant compte que j’étais entièrement en elle.

Je pouvais sentir ses muscles intimes entourer mon sexe et le stimuler au-delà du supportable. Elle était incroyablement étroite. J’attendis cependant encore quelques instants, le temps qu’elle s’habitue à mon intrusion.

— Allez-vous mieux ? demandai-je poliment.

— Oui… Oui, je crois que ça va.

Sa voix tremblait légèrement. Je n’avais pas voulu la blesser mais c’était inévitable et, dans sa situation, cela devait arriver. J’espérais juste que la souffrance qu’elle ressentait s’estomperait bien vite.

Tout en commençant mes va et vient, je caressai du mieux que je le pus son petit bouton de chair pour que la douleur soit bien vite remplacée par le désir. Dès que je la sentis se déhancher doucement à nouveau sous moi, je repris un rythme plus soutenu et bien vite, je me perdis dans les confins du plaisir que me procurait son doux et soyeux petit corps.

Je ne fus pas long à atteindre l’orgasme et c’est dans un râle feutré que je m’abandonnai en elle.

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Cerise

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Je nageais entre l’incrédulité et l’effroi. J’étais en train de coucher avec le roi des Elfes. Le voir s’abandonner ainsi dans l’acte charnel me procura un certain plaisir, bien que ses va et vient me donnaient plutôt envie de gémir de douleur. Mandieu, personne ne m’avait dit que ça faisait aussi mal de se faire dépuceler. Je ne remerciais pas mes maudits bouquins où l’héroïne, une fois la douleur passée, hurlait de plaisir à tue tête comme une nymphomane en chaleur.

Heureusement, la souffrance se mua bien vite en simple gêne mais quand même. Je n’avais qu’une hâte, c’était qu’il en finisse et qu’il vire d’entre mes jambes. Pas sportive pour un sou, j’avais du mal à ne pas crier sous le supplice que me causait le fait que mes cuisses soient écartées comme ça.

Je faillis soupirer de soulagement quand je le sentis se tendre au-dessus de moi avant de pousser un simple râle de contentement. L’avisant entre mes paupières à demi fermées, je dus m’avouer que la vision de cet homme, pardon de cet elfe — je ne m’y habituerais jamais — en train de prendre son plaisir était assez stimulante.

Cependant, pour le moment, j’étais plutôt mitigée. Ma première fois n’avait rien de génial bien que Thranduil ait fait son maximum pour me faciliter la chose, je devais bien l’admettre.

Quelques instants plus tard, il roula sur le côté, m’entrainant avec lui. C’était étrange que de me retrouver dans ses bras, là, comme ça… Pour tout dire, ça me gênait un peu aussi.

— Vous me voyez navré que cette première fois n’ait pas été plus satisfaisante pour vous, commença-t-il tout en se tournant légèrement vers moi.

Il avait les joues rosies et les yeux brillants. Allez savoir pourquoi mais je trouvai ça plutôt mignon… et rassurant.

Le grand roi des Elfes était un homme comme tout le monde, finalement, avec des envies et des désirs primaires. Oui, c’était inévitablement rassurant, dans un sens.

— Vous savez, je ne suis pas plus déçue que ça. Je me doutais que ça ne serait pas glorieux la première fois.

Mais au fond de moi, je devais m’avouer que ça ne donnait pas vraiment envie de recommencer. Juste au moment où je me disais ça, je sentis une légère brûlure à l’intérieur de mon intimité. Et merde… Quel bol franchement.

Avant que je ne puisse dire quoique ce soit d’autre, Thranduil se pencha sur moi pour m’embrasser. A vrai dire, j’adorai ses baisers, ça il pouvait le faire autant de fois que ça lui chantait. Tandis que je pensais ça, je sentis un de ses doigts contre mon clitoris. La chaleur de pur désir qui m’enflamma les reins me fit écarquiller les yeux. Doucement, il commença à me masser à cet endroit, alternant avec un doigté incroyable la façon de me toucher. Au même moment, il glissa son majeur en moi et reproduisit l’acte charnel tout en me caressant en même temps. Je ne fus pas longue à atteindre le septième ciel et c’est dans un long gémissement extatique que je laissais le plaisir exploser en moi.

Il me fallut bien quelques minutes pour m’en remettre. Je n’avais qu’une envie, c’était de dormir mais les lois de la nature humaine se rappelèrent à moi. J’avais un terrible besoin de faire pipi et surtout, je pouvais clairement sentir quelque chose de gluant couler entre mes cuisses. Comprenant ce dont il s’agissait sans doute, je me relevai d’un bond, prenant Thranduil par surprise.

— Que vous arrive-t-il, Cerise ? me demanda-t-il.

— Il faut que j’aille au petit coin — il me regarda sans comprendre — que j’aille faire pipi, déclarai-je sans ambages. Après tout, on avait échangé nos fluides, lui et moi… D’ailleurs, il y en avait un en ce moment même qui ne rêvait que de liberté.

— La pièce des aisances est située un peu plus au nord de ce jardin, me répondit-il en commençant à se rhabiller.

Comprenant ce que ça voulait dire, je fis de même en priant pour que le truc qui coulait entre mes cuisses ne descende pas plus bas que mes genoux.

— Cerise, m’interpela Thranduil. Venez par ici une minute.

Je revins vers lui et je fus surprise quand il récupéra un linge humide et qu’il écarta sans ménagement mes jambes après avoir soulevé ma robe.

— Non. J’ai honte, murmurai-je doucement.

— Vous ne devriez pas, petite.

Il nettoya alors mon intimité ainsi que les flux qui s’en échappaient et qui me gênaient tant. Curieuse, j’avisais cet elfe si hautain qui était présentement agenouillé face à moi et qui me nettoyait consciencieusement. Quand il eut fini, je pus voir clairement que le tissu qu’il avait utilisé était taché de sang. Mon sang.

— Vous avez perdu un peu de sang, me confirma-t-il, mais c’est tout à fait normal, Cerise.

Puis il me tendit la main pour m’inviter à sortir de la tente. Au moment où je passais devant lui, il prit une mèche de mes cheveux entre ses doigts.

— Vous m’avez grandement contenté aujourd’hui et j’ai déjà hâte d’être à la fois suivante.

Avant que je ne puisse rétorquer quoique ce soit, il partit devant moi et je n’eus plus qu’à le suivre jusqu’à la salle où se trouvaient les toilettes.

Cela dit, s’il pensait remettre le couvert de sitôt… il rêvait en technicolor, le grand roi des Elfes !

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Cerise

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Après m’avoir accompagnée jusqu’à la moitié du chemin, Thranduil dut me quitter pour une affaire urgente qui l’appelait ailleurs.

Dans un sens, je fus contente qu’il soit parti car depuis que nous avions quitté les jardins de sa défunte épouse, je me sentais mal à l’aise avec lui. Cette première fois aurait pu être pire mais… à la vérité, elle aurait pu être aussi beaucoup mieux.

Oui, bien sûr, il avait été attentif vis-à-vis de moi. Il m’avait même donné du plaisir, hormis dans l’acte en lui-même mais ce n’est pas ce que j’attendais. Pas comme ça. En fait, j’aurais aimé que l’homme auquel je me serais donnée m’aime.

Ce qui n’était pas le cas avec Thranduil. Oui, j’étais ultra fleur bleue et oui, j’avais encore envie et besoin de croire au prince charmant. Etait-ce un crime ? Alors pourquoi avais-je couché avec lui ? Parce que j’en avais eu très envie, certes, mais j’en attendais tellement plus. Purée, oui je devais être folle et en manque aussi, ou désespérée, je ne sais pas. Pourtant, une toute petite partie de moi était heureuse que ma première fois se soit passée avec lui. Parce que, au moins, il n’avait pas fait semblant de me désirer et il avait pris soin de moi, d’une certaine façon.

Tandis que j’arpentais comme une âme en peine — et ce pendant des heures — les couloirs suspendus de Mirkwood, je croisai, au détour d’un dédale, Liamarë en compagnie de Dagnir. Avais-je loupé mes cours de Sindarin ? Pourtant avec ce qui m’était arrivé, ma maladie et tout, il devait y avoir prescription, non ?!

Curieuse je m’avançais vers eux jusqu’à m’arrêter d’un seul coup quand je vis Dagnir enlacer mon amie.

— Oh bordel ! m’exclamai-je, haut et fort malgré moi.

Le couple se retourna dans ma direction.

— Cerise ! s’écria Liamarë, tandis que Dagnir poussait, très certainement, un juron en elfique que je ne compris pas.

Je les regardai tour à tour, l’air scandalisé. Niveau discrétion, on faisait mieux pensai-je. Ils affichaient très clairement une tête coupable. Pas besoin de deviner ce que j’avais interrompu. Je repensais alors à Finlenn qui avait toujours eu le béguin pour elle. Le pauvre. Oui, bon, je n’étais pas vraiment certaine de ce que j’avançais mais il avait toujours un regard à son attention.

— Franchement, il y a des endroits plus discrets pour vous bécoter, dis-je en faisant mine d’être atterrée parce que je venais de voir.

En fait et très clairement, ça m’amusait un peu mais bon… Surtout après la leçon de morale que Liamarë m’avait servi au petit-déjeuner. Comme dit le proverbe, il faut savoir balayer devant sa porte avant de s’occuper de celle des autres… ou un truc du genre.

— Cerise, ce n’est pas ce que tu crois, commença Liamarë en venant vers moi.

— Tout à fait entre nous, Liamarë, tu aurais pu choisir quelqu’un d’autre que cette espèce de Blanche Neige coincé des fesses.

— Je vous demande pardon ? s’exclama mon si dévoué professeur de langue… Et apparemment il semblait plutôt bien s’y connaître en enseignement linguistique.

— Oh, ça va, Dagnir. Vous faites votre offusqué mais en fait, vous cachez bien votre jeu.

J’enfonçai mes poings sur mes hanches en un geste de défi. Je faillis ajouter un truc sur son agilité en langue mais je m’en abstins.

Liamarë secoua la tête.

— Tu sembles avoir repris tes esprits, Cerise, me gourmanda-t-elle. Cela dit, ce qu’il se passe entre Dagnir et moi est… personnel.

Je reculai d’un pas tout en la dévisageant d’un air faussement offusqué.

— Ben voyons, répondis-je, et toi tu te permets bien d’interférer dans ma vie… Pfft !

Sur ces mots, je les plantai là tous les deux sans un regard. Je n’avais pas envie de m’engueuler avec elle maintenant. Surtout après ce que je venais de vivre. J’entendis Liamarë m’appeler mais je ne lui répondis pas. Cette petite interruption salvatrice, dans un sens, n’avait pas enrayé le sentiment de mal être qui m’accablait depuis que l’autre elfe royal m’avait sautée. Putain de bordel de merde, il m’avait sautée !

Prise de vertiges, je voulus me soutenir contre un des piliers qui se trouvait non loin de moi mais je le manquai de peu et si quelqu’un ne m’avait pas retenue, je me serai vautrée par terre. Avisant le vide immense à mes pieds, je rectifiai, je me serais mangée pour ne plus jamais me relever.

Oh de la confiture de Cerise étalée sur l’étage inférieur. Bon appétit, bien sûr !

— Vous allez bien, ma dame ? me demanda une belle voix masculine que je n’avais jamais entendue auparavant.

Pourquoi ces elfes avaient-ils tous une voix aussi belle ? Reprenant mon souffle, je me retournai pour aviser mon sauveur.

Ce n’était pas un soldat, en tout cas il n’en n’avait pas du tout l’allure. Il ne portait pas d’armure non plus, seulement de riches vêtements ornés de joyaux — cousus mains s’il vous plait, ça m’étonnerait qu’ici ils connaissent le prêt à porter — et de fils d’or. Ses cheveux mi-longs étaient retenus en arrière par une coiffure très élaborée et il portait une sorte de diadème sur le front. Cependant, ce qui retint vraiment mon attention fut la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Je n’en avais jamais vu de pareils. Ses cheveux oscillaient entre le rouge très sombre et le brun, quant à ses yeux, ils étaient du même vert que les feuilles du printemps.

— Qui… qui êtes-vous ? demandais-je, surprise par la prestance qui se dégageait de cet elfe incroyable.

Tout comme ses autres congénères, son visage sans âge aurait pu être tiré d’une retouche photoshop tellement il était la perfection incarnée. Sincèrement, ces elfes commençaient à m’agacer d’être aussi parfaitement parfait. Ça devenait lourd, à force !

— Je m’appelle Barahir — Le Seigneur enflammé— gente dame, me répondit-il avec une certaine fierté dans la voix. Et vous êtes ? me demanda-t-il poliment en retour, tout en me jaugeant de manière hautaine.

Je n’aimais pas ça.

— Je crois que je vais avoir une indigestion, soufflais-je dépitée.

— Pardon ? dit-il, surpris.

— Non rien… Je suis Cerise.

L’elfe se redressa et son visage jovial se transforma tout à fait. Son sourire laissa place à une fine ligne pincée.

— Quoi encore ? grognai-je agacée. Qu’est-ce que j’ai encore dit ?!

— Vous vous moquez de moi, jeune fille, et je déteste que l’on se moque de moi ainsi.

Je le fixai, interdite.

— Mais qu’est-ce que vous me chantez ? Je ne me moque pas de vous.

— Je refuse de croire que vous portez le nom d’un vulgaire fruit.

— Que… Quoi ?!

Nous nous mesurâmes du regard un instant.

Il ne me croyais pas et en plus il osait me juger… Sentant la colère poindre à l’horizon, je ne pus empêcher ce qui suivit :

— Vous savez quoi du Schnock ? — Je le vis changer de couleur lorsque je m’avançai dangereusement vers lui — J’en ai vu des cons, mais vous … Vous battez tous les records !

— Comment osez-vous ?! cria t-il — et je fermais les yeux quand je vis son poing se lever vers moi.

— IL SUFFIT ! rugit la voix du roi des elfes.

Rouvrant les yeux, je vis Thranduil s’avancer vers nous au pas de course, l’air plus furieux que jamais. Il toisait méchamment l’espèce de petit con qui avait voulu régler notre différent par la force. Je n’arrivais pas à croire qu’un elfe puisse être aussi… Mauvais. J’espérais secrètement que le roi l’embroche avec l’épée qui lui ceinturait la taille. Tiens, depuis quand il portait cette épée ? Je ne l’avais pas vu tout à l’heure quand… Ne pas penser à ça sinon j’allais me remettre à rougir et ce n’était pas le moment.

— Mon oncle, commença le petit con — attendez trois secondes, il a bien dit « mon oncle » ?— cette humaine m’a totalement manqué de respect. Elle mérite une correction.

Ce fut plus fort que moi mais je me mis à rire. Mais quelle andouille, celui là. Il avait quel âge ? Trois ans ?

— Qu’est-ce qui vous fait rire comme ça — il me toisa, l’air mauvais — l’humaine !

Thranduil, quant à lui, ne répliqua rien. Il nous observait, se demandant qui il devait punir. Allons donc, n’avait-il rien vu ni rien entendu ?

— Ce qui me fait rire, pauvre tache, c’est que vous vous comportez comme un môme de trois ans. Cerise est mon véritable prénom et s’il ne vous plait pas, je m’en tape. Vous ferez avec, comme tout le monde.

Et moi la première, mais ça, je ne lui dis pas.

— Mon oncle ! couina l’autre d’une voix suraiguë, cette fois ci, vous avez entendu…

Il avait un petit air de Draco Malfoy dans le caractère celui-là !

— Cela suffit, Barahir. Elle te dit la vérité. Dorénavant, j’aimerais que tu évites de rudoyer nos invités, déclara Thranduil d’un ton parfaitement ennuyé.

Son neveu ne se le fit pas dire deux fois. Il posa la main sur son cœur et prit congé de nous sans un regard vers moi. Mais quelle enflure, quand même ! Beau, d’accord mais vraiment très con. Même les elfes avaient leur lot de gros lourdauds débiles. Je ne savais pas si ce constat devait me rassurer ou m’affliger.

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

Après l’intermède des plus plaisants que nous avions eu avec notre petite humaine — qui s’était montré aussi enthousiaste que charmante lors de nos ébats —, j’avais été appelé en urgence à la salle de mon trône. Une délégation de Galadhrims accompagné de mon capitaine de la garde était arrivée, suivi d’une partie de la famille de ma défunte épouse. Ces derniers se rendaient aux Havres Gris mais avaient décidé de faire une halte par notre royaume.

Je m’en serais bien passé mais avais-je encore le choix ? Assurément non puisqu’ils étaient tous là. Je ne pouvais forcement pas les renvoyer sous prétexte qu’ils m’ennuyaient.

Avisant mon capitaine de la garde, j’attendis qu’il me donne les dernières nouvelles concernant notre longue bataille contre les Araignées de Dol Guldur.

— Mon seigneur, commença Finlenn, les yeux brillants, nous avons une excellente nouvelle à vous annoncer.

Je baissai lentement la tête en une invite à le voir continuer ce qu’il avait à me dire.

— Dol Guldur a été détruit pour de bon !

A ces mots, je sentis mon cœur battre plus fortement dans ma poitrine. Ainsi donc, toutes ces décennies de noires terreurs dans nos bois étaient enfin révolues ?!

Si la forteresse maléfique de Sauron n’était plus, cela ne pouvait signifier qu’une seule et unique chose. Celeborn m’avait prévenu qu’elle le ferait si d’autre choix ne nous était pas offert avant. Je ne l’avais cru qu’à demi-mot. Galadriel n’avait jusqu’alors pas réellement tenue à se confronter elle-même à ses forces obscures, attendant le moment propice pour agir.

Relevant la tête, je vis la délégation des Galadhrims s’avancer vers moi. A leurs côtés se tenait Celeborn qui inclina sa tête poliment en ma direction avant de tendre la main vers sa droite.

Je m’avançais vers eux pour leur témoigner toute la politesse et le respect qui leur était dû. Je n’avais jamais entretenu de grands rapports amicaux avec eux. Je n’appréciais pas le sang Ñoldo qui coulait dans les veines de la plupart d’entre eux. De tout façon, Mirkwood avait toujours manœuvré en solitaire, refusant la moindre interaction avec les autres factions Elfiques de la Terre du Milieu. J’avais tout fait pour nous épargner du reste du monde, nos protections magiques ayant servis à merveille pendant des millénaires.

Cependant, à la naissance de ce quatrième âge, les choses changeaient. D’ailleurs, tout avait commencé à changer pendant la dernière guerre de l’anneau. Nous avions dû nous allier à ceux que nous préférions éviter sauf cas d’extrême urgence… Aujourd’hui, chaque communauté évoluait ensemble pour un bien commun. Que cela me plaise ou non. C’était ainsi et il fallait faire avec dorénavant.

Tel était mon devoir de souverain. Tel était le destin de cette forêt.

oO0Oo

Ce conseil improvisé dura un certain temps.

Nous nous mîmes d’accord sur le fait qu’il était grand temps de renommer ce bois qui avait trop souffert, jusqu’à une date récente, d’une domination maléfique. Son nouveau nom, nous l’annoncerions dans la soirée, ainsi que le découpage des bois. Notre monde changeait.

Rétrocéder une partie de la forêt était inévitable et cela ne changeait pas au fait que je me retrouvais à la tête d’un royaume encore plus vaste qu’il ne l’était déjà. En plus des elfes de la Lórien, nous fûmes rejoint par deux autres délégations dont celle du Royaume Réunifié du Gondor et d’Arnor.

Une fois les grandes lignes de cette nouvelle carte géographique ainsi que les tenants et les aboutissants d’un nouvel aspect politique mis en place, la plupart d’entre eux prirent congé.

Je me retrouvai seul avec le porte-parole du roi Elessar Telcontar*. Mon fils entretenait une relation très étroite avec le roi du Gondor, ils étaient amis de longue date. Tandis que la plupart d’entre nous ressentaient le désir et le besoin de voyager pour continuer leur vie sur Valinor, une autre partie ne désirait pas encore quitter la Terre du Milieu. Il était convenu que ceux qui le désiraient pourraient partir en Ithilien pour y vivre en paix et créer une nouvelle communauté. Le roi du Gondor avait lui-même proposé cette solution. Loin de me plaire de prime abord, Legolas m’avait convaincu que c’était la meilleure des solutions et que de plus, cela permettrait une fortification de nos rapports avec les hommes du nord. Mon fils avait toujours su agir avec une très grande diplomatie.

Une fois qu’il fut parti avec l’accord signé par mes soins, je me décidai à retourner à mes appartements. Ce soir, les festivités sonnant la fin des heures sombres débuteraient et je me devais d’y assister. J’aurais préféré rester seul avec ma petite humaine plutôt qu’à devoir subir des mondanités que j’avais fuies depuis des millénaires. Je préférais des fêtes plus intime avec les miens.

En attendant, j’étais impatient de retrouver Cerise. Je l’avais laissée seule alors qu’elle était pleine de doutes et pour cause.

Il fallait que nous redéfinissions nos relations. C’était essentiel car à cette heure-là, je ne savais pas où la placer dans le grand échiquier de ma vie.

Tandis que j’avançais vers mes quartiers privés, j’entendis des éclats de voix. Je reconnus sans peine celle de mon insupportable neveu par alliance, Barahir et celle plus aiguë de Cerise.

Hâtant le pas, je faillis voir rouge quand je découvris qu’il était à deux doigts de frapper notre petite humaine. Mais pour qui se prenait-il ?

— IL SUFFIT ! tonnai-je, furieux.

Qu’avait-elle encore fait ou dit pour le mettre dans un tel état ?

Bien vite, il m’apparut que ce n’était pas Cerise la responsable mais bel et bien ce fat insupportable. Je ne le tolérais que parce qu’il était le fils de la sœur de ma défunte et bien-aimée épouse. Sans cela, je l’aurais fait enfermer pour le restant de sa vie. On ne touchait pas ce qui m’appartenait. Jamais.

Sans cérémonie, j’attrapai le bras de Cerise qui, comme je m’y attendais, ne se laissa pas faire.

— Mais lâchez-moi, bordel ! Je n’ai rien fait !

Elle continua à s’égosiller un moment mais je ne lui répondis pas. Une fois arrivés, j’ouvris la porte et la jetai sans ménagement dans la pièce. Elle feula sous le choc que lui causa mon geste rude. Toujours furieux, je fis claquer la porte avant de pousser le verrou et de me tourner vers elle.

— Comment osez-vous ? cria-t-elle.

Je m’avançai alors vers elle pour la prendre violemment par les bras et la ramenai contre ma poitrine. Sans prévenir, je me jetai sur sa bouche.

Ce ne fut pas un baiser tendre, je voulais juste lui faire comprendre à qui elle appartenait, la marquer de manière très primitive.

Ce n’est qu’en la sentant abdiquer que je la relâchai, le souffle court.

— Personne ne touche ce qui m’appartient, grognai-je d’un ton menaçant.

Elle voulut dire quelque chose mais ne trouva jamais ses mots. Je l’avais très certainement choquée par ma possessivité.

Je pris alors un verre que je rempli de vin. J’avais besoin de boire pour me calmer.

Le silence qui s’installa pendant que je reprenais contenance fut néanmoins de courte durée.

— Vous êtes ignoble, Thranduil, je n’ai rien fait pour mériter un tel traitement.

Je l’observai, les sourcils froncés. Elle semblait penser que je la prenais pour responsable de ce qui était arrivé quelques minutes plus tôt. Je me devais de rectifier cela.

— Je sais que ce n’est pas de votre faute et je vous prie d’excuser la déplorable attitude de mon neveu, Cerise.

Elle écarquilla les yeux. Je venais, encore une fois, de la laisser sans voix. Ce drôle de constat me fit sourire cependant, je n’avais pas envie de parler de mon si charmant neveu.

— Comment vous sentez-vous, Cerise ? questionnai-je, changeant de conversation à bon escient.

Elle lâcha un soupir.

— Je vais bien, merci.

—Avez-vous encore mal ?

Je n’étais moi-même pas au fait avec ce genre de conversation mais je tenais vraiment à connaître son état d’esprit présent… Surtout en vue de ce qui allait l’attendre ce soir.

Elle se mit à contempler ses pieds. Ma question l’indisposait.

— Cerise ?

— Oui… Enfin non, je n’ai plus mal, juste une simple gêne et… Non rien. Et pourquoi me posez-vous ce genre de questions ? Ça ne se fait pas !

Elle tenta de dérober son visage à mon regard. Impulsivement, je la retins d’un doigt replié sous son menton.

— Je n’ai pas pour habitude de déflorer d’innocentes vierges, Cerise. Cependant, au point où nous en sommes, il est tout à fait logique que je m’inquiète de vous.

J’essayais de la mettre à l’aise.

— Je vais bien, Seigneur Thranduil, je …

— Thranduil, Cerise, dans l’intimité, je vous donne la permission de m’appeler ainsi.

Elle parut surprise puis, je vis un sourire moqueur éclairer son visage.

— Très bien, Thranduil — elle appuya sur mon prénom comme si elle se délectait de son goût sur sa langue — je ne sais pas à quoi m’attendre, tout va trop vite d’un coup et… En fait non, je ne sais pas. Putain, je suis la reine des idiotes, même Anastasia Steele et Bella Swan paraitraient plus débrouillardes que moi sur ce coup là.

Elle se passa la main dans ses cheveux qu’elle ébouriffa rageusement. Son visage prenait une drôle de teinte cramoisie. C’était intéressant, bien que surprenant.

Je la scrutai, confus. Encore une fois, elle partait dans des divagations qu’elle seule pouvait comprendre.

Je pinçai la bouche.

— Pensez-vous pouvoir survivre à une soirée en compagnie de mes congénères, Cerise ?

Elle grogna.

— Soit vous me prenez pour une demeurée, soit pour une enfant, me jeta-t-elle, méprisante.

— Vous n’êtes pas bête, Cerise, quoique parfois, je me pose certaines questions à votre sujet, mais je préfère m’assurer que vous ne commettrez aucun impair devant les nôtres ainsi que nos invités d’honneur — dont je me serai bien passé mais elle n’avait pas besoin de le savoir.

— Qu’est-ce qu’il y a ce soir, au juste ? me demanda-t-elle, les yeux clignant de curiosité.

— Un bal.

— Un bal ? répondit-elle en pouffant. Mais en quel honneur ?

— En l’honneur du fait que Vertbois soit de nouveau libre de toute entrave maléfique.

— Pardon ?

Je soupirai, parfois elle avait du mal à comprendre les choses même les plus élémentaires.

— La forteresse maléfique a été vaincue, Cerise. Dol Guldur n’est plus qu’un mauvais souvenir.

— Dol quoi ?

— Ah Cerise, soupirai-je une nouvelle fois, en plus du Sindarin, j’aurais dû vous imposer des cours d’histoire.

— Ah bah désolée, hein, mais moi je ne suis pas de chez vous alors bon, votre histoire…

Elle croisa les bras sur sa poitrine la faisant doucement remonter. Mon regard resta accroché dessus une fraction de seconde mais ce n’était pas le moment de penser à ce genre de choses.

oO0Oo

Cerise

oO0Oo

Je voyais bien où les yeux de Thranduil s’étaient attardés mais je n’en fis pas cas. Ce soir, un bal était donné pour fêter la grande victoire et la renaissance de Mir… heu de Vertbois.

Bien que fan du Seigneur des Anneaux, ma connaissance de ce monde s’arrêtait à la Trilogie. Le Hobbit, je n’avais vu que les deux premiers films de Peter Jackson, quant au reste… Tolkien m’apparaissait bien trop saoulant pour que j’ose ouvrir un de ses livres. Un comble, oui je sais, je suis une mauvaise fan et jusqu’à présent, ça ne m’avait jamais porté préjudice…Mais ça c’était avant que je tombe dans cet univers digne d’un grand délire.

Après m’avoir expliqué en long en large et en travers ce qu’il attendait de moi ce soir, Thranduil, avant de partir, envoya une elfe chercher les affaires qu’il avait choisi à mon intention. Je levai les yeux au ciel. Est-ce qu’un jour cet elfe de malheur allait arrêter de tout choisir à ma place ? Si Marion, ma meilleure amie, voyait ça, elle deviendrait dingue ! Affirmer qu’elle était ultra-féministe était encore trop peu dire. Elle adorait décrypter les moindres faits et gestes des mecs. En général, ça les faisait fuir de terreur et moi, ça me faisait marrer comme une baleine. J’adorais cette fille et putain, ce qu’elle pouvait me manquer !

L’elfe, dont je n’avais pas saisi le prénom quand le roi me l’avait présentée, revint quelques minutes plus tard avec tout ce qu’il fallait pour me transformer en princesse de dessin animés « made in Disney ».

J’avais une furieuse envie de chanter « Ce rêve bleu, …si merveilleux », mais je m’en abstins. Il fallait que je garde des munitions pour étourdir mon assemblée devant mon incroyable génie.

Elle prit son temps et mit tout son savoir pour tenter de me transformer en un ersatz d’elfe mais ça ne trompait personne et me fit plutôt rire. Quant elle eut terminé de me préparer, elle partit, me laissant seule.

Allant jusqu’à un miroir, je vis que ma robe, bien que très jolie, recouvrait tout mon corps. Ça n’allait pas du tout, ça. J’en avais marre des robes qui m’arrivaient aux pieds. J’eus envie de la déchirer aux genoux mais je me retins à temps. A la cour des nains, j’aurais fait sans doute fureur mais chez les elfes, je doutais qu’une paire de jambes poilues soit bien vue.

En désespoir de cause, je fis glisser les bretelles vaporeuses jusqu’à mes épaules, révélant une partie des globes de mes seins. Je laissai aussi échapper quelque mèches folles de ma coiffure élaborée puis partis chercher ma trousse à maquillage pour donner de jolie couleurs à mon visage un peu blafard.

Une fois que j’eus fini, je m’admirai à nouveau dans le miroir et pouffai de rire devant l’image que je renvoyais. Je me trouvai plutôt pas mal avec mes joues rosies et ma bouche légèrement rougie grâce à mon rouge à lèvres. Je donnais l’impression d’avoir batifolé avec un amant imaginaire. J’espérai choquer un peu l’assemblée de ce soir avec ça.

On frappa à la porte.

— Oui ?! dis-je.

— Ma dame, vous êtes attendue dans la grande salle des festivités.

J’ouvris la porte et me retrouvai face à Galion, l’échanson de Thranduil. C’était rare de l’apercevoir, il était toujours aussi discret que possible. C’était, de fait, assez étrange que ce soit lui qui vienne me chercher. Mais bref, passons, tout paraissait étrange depuis que j’avais atterri ici.

L’elfe ouvrit les yeux comme des soucoupes lorsqu’il vit comment j’étais apprêtée. Doucement, je passais mon bras sous le sien.

— Accompagnez-moi donc, beau gosse, dis-je d’une voix que je voulais sulfureuse.

Bien que gêné, il fit ce que je lui demandai et une fois arrivé, il me lâcha prestement avant de me fuir comme la peste.

J’allais rire de bonne humeur, quand ce que je vis devant moi, me figea. La salle était juste … bondée de monde. Je cherchai Thranduil des yeux mais ne le vis nulle part. Puis quelqu’un me héla. J’avais déjà entendu cette voix douce et chaleureuse.

— Chère Cerise !

Doucement je me retournais pour faire face à Celeborn et…

Devant moi se tenait l’incarnation même de la beauté mais celle avec une grand B, s’il vous plait. Elle était juste lumineuse et semblait si irréelle. Mes yeux, peu habitués à ce genre de vision, se mirent à larmoyer doucement.

Mais qui était cette image enchanteresse ? J’en avais le souffle coupé et pourtant, bien que ses yeux semblaient aussi souriants que ceux de celui qui l’accompagnait, quelque chose en elle me mit très mal à l’aise. J’avais l’impression qu’elle essayait de me disséquer mais que… ça ne marchait pas comme elle le voulait. Sa bouche était pincée en une fine ligne qui lui donnait un air dur, en pur contraste avec son regard bienveillant.

Se pouvait-il que…

C’est alors que je vis Thranduil arriver vers nous. Son sourire se figea quand il vit comment je m’étais déguisée. Cependant, il avança vers moi comme si de rien n’était.

— Je vois que vous avez déjà fait la connaissance de Dame Galadriel, Cerise.

Cette fois, mes yeux s’écarquillèrent de surprise.

Cette incroyable beauté qui était à deux doigts de me faire saigner des yeux était LA Galadriel, la VRAIE ?

Oh mon Gieu, soufflai-je en la regardant dans les yeux, rouge comme une pivoine…vous…vous êtes vraiment la VRAIE Dame Galadriel, la seule et l’unique ? SANS DÉCONNER ?!

A suivre


Annotations

– Elessar Telcontar : une fois Aragorn couronné, il changea de nom comme tous ses ancêtres et pris celui de Elessar Telcontar, roi du Gondor et d’Anor comme le veut la tradition.

– Ici, j’ai tenu à rester dans le canon chronologique de l’histoire de base avec l’éradication de Dol Guldur au début du 4eme âge, faisant suite et fin à la guerre de l’anneau et l’anéantissement de Sauron.

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