Chapitre 15 : Amour et Trahison

Thranduil-4

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Amour et Trahison

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Thranduil

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Je sortis de mes appartements sans faire de bruit pour ne pas réveiller Cerise. Nous avions eu une soirée, puis une nuit très mouvementées. Elle avait finalement choisi l’option de nous accompagner jusqu’aux Havres Gris. Décision qui m’avait bien trop contenté à mon goût, je devais l’admettre. J’appréciais de plus en plus sa présence et depuis que nous avions approfondi notre relation, je ne me cachais pas que cet autre aspect de sa personne me satisfaisait au plus haut point. Malgré tout, nous n’avions pas encore eu le temps de redéfinir correctement nos rapports, elle et moi.

Malheureusement cela devrait attendre car je devais rejoindre à sa demande la Dame de Lórien ainsi que son mari Celeborn dans l’aile des invités que je leur avais octroyée.

Bien qu’il soit encore assez tôt, un bruit de harpe ponctuait mes pas tandis que j’avisais un groupe d’elfes dans un recoin d’une des salles de détente. Ils devisaient gaiement, appréciant la tranquillité retrouvée du Bois de Vertes Feuilles. Ce nom retrouvé me laissait un goût étrange en bouche. J’avais attendu cet instant depuis tellement de siècles pour finir par croire que ce moment n’arriverait jamais. Pourtant… ce jour était enfin là. J’avais appris, au fil du temps passé, à aimer ces cavernes qui d’un simple refuge, s’étaient transformées en un royaume prospère à défaut d’être luxuriant. Je m’y étais enfoncé, oubliant jusqu’à l’existence de cette forêt qui avait été un jour mienne et qui avait dépéri tout aussi bien que mon propre cœur s’asséchait à mesure que les années passaient. Enfin notre peuple allait pouvoir goûter pour quelques heures encore les joies de redécouvrir Vertbois comme nous l’avions connu autrefois. Il était donc bien normal de fêter ce jour comme il se devait.

Les festivités qui avaient commencé la veille devaient durer plusieurs jours encore et seraient ponctuées par le début des travaux de notre nouvelle résidence en extérieur.

Arrivé devant la porte, je m’apprêtais à frapper quand elle s’ouvrit subitement sur le gardien de la Lórien qui tenait une frêle jeune femme brune entre ses bras. Cette dernière avait pleuré et gardait ostensiblement la tête baissée. Je les avisais du coin de l’œil sans toutefois me préoccuper de leur présence.

— Mon Seigneur, s’inclina le garde dans une révérence parfaite avant de passer devant moi avec son fardeau dans les bras.

L’elfe brune ne m’avait même pas salué ni même regardé. Je haussai un sourcil mécontent.

— N’en veuillez pas à la femme de notre Gardien, Thranduil, elle traverse une période assez compliquée en ce moment, répondit Celeborn devant mon air contrarié.

J’inclinai la tête. Après tout, leurs problèmes ne me concernaient pas, bien que j’eus apprécié une certaine reconnaissance de la part de cette jeune personne..

— Certes, cela ne l’exempte pas d’un peu de politesse, dis-je en pénétrant dans la pièce avant de refermer la porte derrière moi.

Une fois que nous fûmes seuls, j’observais un instant Galadriel qui ne m’avait pas adressé la parole depuis que j’étais entré. Elle observait les rayons de lune qui filtraient à travers les cavernes dans lesquelles nous avions pris refuge des millénaires plus tôt. Ses yeux au doux regard bienveillant étaient tournés quelque part en dehors de cette pièce.

Je plissai les paupières. Je ne l’aimais pas, je ne l’avais jamais aimée et cela ne changerait probablement pas aujourd’hui. Elle était une Ñoldo, ces elfes passaient leur temps à parler de paix en nous tenant de soi-disant sages paroles empreintes d’un ton des plus condescendants dont je n’étais pas très friand. Les elfes gris avaient toujours fait preuve d’une extrême méfiance envers les autres clans de la Terre du Milieu. Je m’étais toujours défié d’eux et de cette suffisance qui éclairait leurs pupilles en permanence. Son beau-fils, Elrond, ne valait pas mieux. On le surnommait « Le Sage d’Imladris » depuis qu’il avait construit cet espèce de refuge pour toutes les personnes cherchant un certain repos et une certaine paix du corps et de l’esprit. Comme si nous avions tous besoin de ses services. Pour ma part, mon peuple se suffisait à lui-même et c’était tout aussi bien. Nous n’avions pas besoin d’un sage bienfaiteur pour soigner nos maux intérieurs. Nous étions loin d’être des petites natures.

Revenant au présent, je me dressais devant eux, impassible, attendant que celle que tous appelaient « la dame Blanche », veuille bien enfin prendre la parole. Qu’est-ce qu’elle pouvait…

Je vous agace, Thranduil Oropherion, et vous m’en voyez navrée, entendis-je une voix au timbre doucereux chanter dans ma tête. Ce n’est aucunement dans mes intentions.

— Galadriel, dis-je à voix haute, je déteste par dessus tout lorsque vous faites cela.

Je sais que cette petite humaine représente bien plus qu’une simple charge à vos yeux Thranduil mais cela doit cesser.

— Occupez-vous de vos affaires ! tonnai-je.

Elle n’est pas des nôtres, continua-t-elle sans se formaliser de mon éclat, sa voix me harcelant et me blessant à chaque coup qu’elle portait. Les Valar la surveillent. Il y a quelque chose en elle qui va au delà de la simple compréhension.

— Celeborn, dites à votre épouse de cesser cela immédiatement, ordonnai-je d’une voix blanche à l’elfe blond qui se tenait non loin d’elle.

Le mari de Galadriel posa doucement la main sur l’épaule de sa femme. Une simple pression qui la fit se tourner vers nous.

— Thranduil, commença Celeborn, êtes-vous sûr de vouloir garder Cerise auprès de vous ?

Je l’avisai un instant, le regard mauvais, le temps de calmer la colère qui commençait à grimper en moi. De quoi se mêlaient-ils, ces deux là ? N’avaient-ils pas de plus importantes affaires à gérer que d’interférer dans celles qui me concernaient ?

— Cerise est mon problème, Celeborn, pas le votre.

Il émit un léger soupir avant de s’asseoir dans un fauteuil. Galadriel, quant à elle, me dévisageait. Cependant, je savais qu’elle ne fouillait pas ma tête, du moins je l’espérais. Elle avait une façon bien à elle de vous mettre très mal à l’aise quand elle le voulait. Déstabiliser ses interlocuteurs était une de ses spécialités.

— Les Valar m’ont avertis de sa venue en Lórien, il y a de cela bien des lunes, commença-t-elle, à haute voix cette fois ci.

Ce qui me convenait parfaitement.

— Que voulez-vous que je vous dise ? répliquai-je, acerbe. Si un de mes soldats n’avait pas été là, vous ne parleriez même plus d’elle à l’heure qu’il est. De fait, elle est dorénavant sous ma seule responsabilité.

— Et nous vous en remercions, Thranduil, répliqua-t-elle doucement. Cependant, je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur ce qu’elle est, sur ce qu’il adviendra d’elle dans un futur plus ou moins proche.

Elle semblait douter. Que la grande Galadriel doute était tout aussi nouveau que la liberté retrouvée de nos terres. Je me souvins alors qu’elle avait été incapable de sonder l’esprit de Cerise. Comment était-ce simplement possible ?

— Pourquoi ? ne puis-je m’empêcher de demander.

Galadriel avança jusqu’à un miroir qui était posé sur une commode en chêne. Elle en caressa les contours d’une main douce, en un geste presque aérien.

Tant de comédie pour si peu, pensais-je écœuré. La plupart des nôtres la trouvaient irrésistible, ils étaient même effrayés et attirés par ses airs de déesse et sa très grande beauté lumineuse héritée de ses ancêtres Eldar, tandis que je la trouvais juste risible.

— Ne soyez pas si méprisant, Thranduil, une guerre entre nos deux clans, à ces premiers jours d’un nouvel âge, serait des plus ridicules et… malvenus.

Je reniflai, dédaigneux. Cependant, elle avait raison et je ne pouvais occulter la menace sous-jacente de sa phrase.

— Veuillez me pardonner mes pensées, répondis-je en m’inclinant.

Après tout, j’étais assez intelligent pour savoir quand je devais reconnaitre mes torts.

— Cerise est humaine, répondit Galadriel, reprenant le cour de notre conversation. Cependant, un infime détail me perturbe. Pourquoi les Valar m’ont-ils envoyé cet avertissement ? Pourquoi est-elle arrivée sur Arda ? Quel est le but final de sa venue ? Je ne comprends pas mais la seule chose qui m’importe, c’est qu’elle soit protégée et qu’il ne lui arrive rien.

Je plissai à nouveaux les yeux.

— Et s’il s’agissait tout simplement d’une erreur ? répliquai-je, agacé.

Après tout, pourquoi vouloir à tout prix expliquer l’inexplicable ?

— Une erreur ! répéta-t-elle d’une voix où perçait le scepticisme.

Celeborn se servit un verre d’eau avant de le tendre à sa femme.

— Quand partez-vous pour les Havres Gris ? demandai-je, préférant clore cette conversation sur Cerise qui ne servait à rien sinon à me donner une terrible migraine.

J’omis délibérément de lui parler de la surprise que j’avais eue hier en entendant la jeune femme parler en Quenya dans son sommeil. Si je le faisais, j’étais certain qu’elle me serait arrachée dans la minute même où j’aurai prononcé ces quelques malheureux mots. Je ne le permettrais pas. Plus maintenant. Elle m’était devenue trop précieuse.

— Dès demain, nous repartons pour la Lórien et prendrons ensuite la route avec Elrond et d’autres elfes pour les Havres.

— Je vois, dis-je.

— Pour ma part, repris Celeborn, je partirai ensuite au sud-ouest sur la colline d’Amon Lanc.

— Il est grand temps de raser ce qu’il reste des débris de Dol Guldur, acquiesça Galadriel avec un doux sourire envers son époux.

Oui il était grand temps, songeai-je pour moi-même avec une certaine amertume. Avant que la forteresse maléfique de Sauron n’y soit construite, Amon Lanc abritait l’ancien et prestigieux fief de mon père. Cette partie des Terres ne nous appartenait plus depuis le début du troisième âge et ne représentait que le vaste souvenir d’époques aussi heureuses que malheureuses. Les temps changeaient, il fallait que je m’y fasse. Bientôt ma vie, mon futur serait ailleurs… avec les miens, du moins l’espérais-je.

Observant Galadriel et Celeborn, je sus qu’il était grand temps que je les laisse à leur intimité. Le jour ne tarderait pas à se lever. Beaucoup de choses restaient à faire, et bien que les festivités durent encore quelques temps, il n’y aurait pas de repos pour les principaux acteurs de cette nouvelle ère. Et jusqu’à ce que je ne quitte la Terre du Milieu à mon tour, j’en faisais encore partie.

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Cerise

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Je nageais dans un océan de félicité jamais égalée. J’avais l’impression d’être une héroïne de romance érotique, non encore mieux, j’étais le personnage principal d’une belle histoire de fesses avec le roi des elfes du Seigneur des Anneaux… enfin du Hobbit. Sauf que le roi était bien plus sexy et canon que Lee Pace ne le serait jamais. Attention, je ne remettais pas en cause le sex appeal de ce magnifique acteur, seulement… je ne couchais pas avec lui.

J’étais en train de manger une sorte de pâtisserie elfique à base de pâte de fruits dans un coin du palais — une sorte de boudoir qui se trouvait non loin de la salle du trône, une autre pièce ouverte formée par quatre piliers de roche sculptés en forme de tronc. J’était assise sur une espèce de fauteuil ultra moelleux, unique meuble si on ne comptait pas la desserte attenante — , tout en me délectant de cette paix précaire qui s’était installée entre nous. Deux semaines s’étaient écoulées depuis que j’avais accepté de suivre Thranduil jusqu’aux Havres Gris. Ma réponse s’était ponctuée par une sacrée partie de jambes en l’air qui aurait fait rougir les acteurs de films X. Oui, rien que ça. Cela avait été carrément explosif.

Assurément, Thranduil savait y faire pour contenter une fille au lit et j’espérais que je commençais à combler mon manque de pratique et d’assurance avec lui.

Cela dit, une ombre planait sur ce tableau des plus idylliques : nous n’avions toujours pas eu le temps de discuter de mon statut. Je ne me voyais pas comme une maîtresse potentielle même si au final, le fait de coucher avec lui m’y ramenait toujours un peu. Cependant, je me voyais plutôt comme une femme libre qui couchait avec un homme qu’elle désirait et qui la désirait. Là-dessus, il me comblait presque totalement et je ne regrettais pas d’avoir fini par céder. C’est pourquoi j’avais hâte de revoir tout ça avec Thranduil même s’il était des plus occupé ces derniers temps, je m’en rendais bien compte. Je ne le voyais quasiment plus la journée.

Il était toujours en affaires avec quelques délégués d’autres clans, que ce soient des humains ou toutes autres créatures qui vivaient par ici.

Toute à mes pensées, je ne vis pas une elfe s’approcher de moi. Relevant la tête, je reconnus la mégère, pardon la femme de Haldir s’avancer à mon encontre d’un air déterminé. Que me voulait-elle ? Depuis le bal, je ne l’avais plus croisée. Haldir était parti il y a quelques jours, la laissant seule ici. Il devait revenir avec leur marmot, m’avait-il dit. J’avais compris que plusieurs elfes de la Lórien viendraient, finalement, loger ici le temps que Celeborn et ses architectes ne redessinent les plans de la nouvelle structure qui abriterait son propre palais dans le sud de la forêt de Vertbois qui ne s’appellerait plus Vertbois mais la Lórien Orientale — Pas tout Vertbois bien sûr, mais juste la partie que Thranduil avait cédée à Celeborn et Galadriel… enfin à ce que j’en avais compris. Bon, je n’étais pas au fait de tout et ce n’était pas Thranduil qui m’en avait parlé mais j’avais glané quelques informations ici et là. Après tout, en ce moment, je n’avais que ça à faire. J’avais bien essayé de convaincre deux, trois soldats de m’apprendre à me battre et à tirer des flèches mais on m’avait ri au nez en prétextant que ce n’était pas la place des femmes. Bande de misogynes au paquet trop plein !

Revenant à la jolie brune qui arrivait vers moi à grands pas, j’attendis qu’elle prenne la parole la première. Pour ma part, je n’avais pas grand chose à lui dire.

— J’aimerais vous parler Cerise, commença-t-elle le visage fermé quand elle fut à ma hauteur.

Je la fixai un instant, sans comprendre.

— Si c’est encore pour m’envoyer paître, je ne préfère pas, répondis-je suspicieuse.

Au lieu de prendre ombrage de mes propos peu aimables, elle s’assit à mes côtés. Tiens donc.

— Non, c’était pour m’excuser. J’ai été odieuse avec vous alors que vous ne m’aviez rien fait.

Oh ben, elle semblait aller mieux, la mégère apprivoisée. Elle avait même l’air sympathique, vue comme ça. Mais je restais quand même méfiante. On n’apprenait pas à un vieux singe à faire la grimace.

— Oui, vous l’avez été et je ne l’avais pas mérité, commençai-je. Cela dit, vous aviez une sacrée excuse de taille…

— Ah ?

Elle semblait sceptique. En mon for intérieur, je jubilais déjà.

— Bien oui, vous avez épousé l’elfe le plus coincé de la Terre du Milieu, vu le nombre de balais qu’il a dans le cul, vous devez en avoir du boulot à le décoincer tous les soirs.

Elle me fixait, ébahie. Ça me fit carrément rire. Cela dit, elle, ça ne semblait pas l’amuser du tout. Mauvais plan.

— Je rigole, tentai-je de me rattraper.

Ah, je me sentais bien seule… Moi et mon humour pourri.

— Oh ! Je vois, dit-elle d’un air un peu perdu.

— En fait non, vous ne voyez pas, mais ce n’est pas grave. Haldir m’a juste expliqué que vous étiez dans une mauvaise période de votre vie.

Elle tritura un moment la manche de sa robe.

— Notre enfant est le plus merveilleux cadeau que les Valar aient pu nous offrir, mais j’avoue que j’ai du mal à faire la part des choses et… Je n’aurai pas du être aussi méchante avec vous. Vous n’y êtes pour rien.

Je ne lui répondis pas, je ne voulais pas me mêler de ce qui ne me regardait pas et je ne comprendrais sans doute pas vraiment ce qu’elle vivait, cependant…

— Je m’appelle Cerise, dis-je en lui tendant la main.

Elle la fixa un moment ne comprenant pas où je voulais en venir.

— On oublie notre première rencontre et on recommence depuis le début, d’accord ? dis-je en lui adressant un sourie franc.

— Oh oui, bien sûr.

— Bien, repris-je, moi c’est Cerise, enchantée.

— Gabrielle, me répondit-elle en serrant ma main tendue.

— Gabrielle ?! m’exclamais-je. Mais c’est un prénom humain…

Je n’avais pas fait attention quand Haldir nous avait présentées mais là, ça me sautais aux yeux.

— Et elfique, répondit-elle d’un air mutin.

Elle me lança un sourire timide et je ne sais pas mais à ce moment là, j’eux envie de l’enlacer dans mes bras pour la serrer contre moi. Finalement, elle m’apparaissait bien moins négativement qu’au premier abord lors de ce fameux soir de bal.

— Soyons amies, d’accord !

Elle acquiesça, encore un peu timide. En définitive, elle me plaisait bien, cette petite Gabrielle. Un peu réservée, c’est vrai, mais j’étais certaine qu’une fois la glace brisée, elle pourrait devenir une amie sincère et avec qui je m’entendrais très bien. Franchement, ça ne serait pas du luxe d’avoir une nouvelle amie dans les temps qui courent.

Tandis que nous devisions tranquillement de nos vies respectives, le Seigneur Thranduil apparut au détour de la salle où nous nous trouvions avec ses conseillers. Occupés, ils ne nous virent pas, cependant j’eus le temps de constater que ma nouvelle amie s’était raidie d’appréhension en l’avisant.

— Ça va ? lui demandais-je doucement.

Elle piqua un fard.

— Cerise, je ne sais pas comment vous faites pour ne pas avoir aussi peur d’un tel être que le Seigneur Thranduil. Il est juste… terrifiant.

J’éclatais de rire à ces mots.

—Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, s’offusqua-t-elle.

— Oh mais rien, mais je n’arrive pas à trouver Thranduil terrifiant. Les araignées géantes qui vivaient ici il y a peu l’étaient, mais lui…

— Des araignées géantes ? s’alarma-t-elle.

— Oh, ça, c’était avant ! dis-je d’un signe de main négligé.

Le reste de la journée se passa tranquillement. Je restai encore un moment avec Gabrielle avant de rejoindre Dagnir pour mes cours de Sindarin… et d’histoire. Putain que je détestais Thranduil de s’en être rappelé. Il avait été si estomaqué de découvrir que j’en savais si peu sur l’histoire des elfes qu’il en avait touché deux mots à mon professeur bien aimé. Ce dernier avait été tout sauf ravi de devoir se fader de nouvelles heures supplémentaires avec moi. J’avoue, j’adorais lui en faire voir de toutes les couleurs… le pauvre !

Bon, le Sindarin et moi, c’était toujours pas la grande extase et mis à part les mots que je connaissais du Seigneur des Anneaux, le reste me passait un peu par dessus la figure. Ce qui faisait enrager le roi des elfes qui ne me pardonnait pas de parler un Kenya parfait dans mon sommeil. Bon, j’avoue qu’il m’intriguait. Pourquoi est-ce que je parlais Africain restait une énigme complète. Le pire c’est que je ne m’en souvenais même pas. J’avais juste une impression de mélancolie grandissante mais cette sensation disparaissait quand je me réveillais. En attendant, vu que je vivais dans ce monde, autant en apprendre le plus possible sur les tenants et les aboutissants, j’espérais juste que ça serait moins pénible que le Silmarillion de Tolkien. J’avais tenté de le lire il y a des années et j’avais piqué du nez à la troisième page. Ce livre était un véritable somnifère à lui tout seul. Non mais sérieusement, il y avait vraiment des maso qui lisaient ce genre de truc ?!

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Je sortis en trombe de la salle de cours avant de me prendre un nouveau livre sur la tête. J’étais explosée de rire ! Mais T . O .T. A . L . E . M . E . N . T ! Parfois, je me conduisais comme une vraie gamine mais rien que pour voir sa tête, ça valait le coup de se prendre deux, trois livres en pleine face.

Dagnir claqua la porte juste après que je me sois enfuie en courant, en me traitant de tous les noms. Je regardais derrière moi quand je percutai quelqu’un dans ma précipitation.

— Désolée, dis-je essoufflée, riant encore un peu de la mauvaise farce que je venais de faire à mon si charmant professeur de langue et d’histoire.

— Cerise, qu’as-tu encore fait à mon pauvre fiancé ?

C’était Liamarë. J’avais eu une longue conversation avec elle quelques jours plus tôt ; la plus longue que nous n’ayons jamais eu elle et moi mais cela avait été essentiel. J’avais appris deux-trois choses sur elle, dont ces fameuses fiançailles qui avaient été consenties plus de deux siècles plus tôt avec Dagnir.

Je n’en revenais pas. Au bout du compte, j’avais mal interprété certains signaux et je m’en voulais encore d’avoir été un peu conne avec elle. Par contre elle, elle s’était platement excusée d’avoir été dure avec moi après mon réveil quand j’avais été malade. Je lui avais bien sûr pardonné. J’avais une qualité et un défaut : je n’étais pas rancunière. Elle avait ses raisons et je pouvais la comprendre. J’espérais juste qu’un jour elle me dirait pourquoi elle avait si peur de ce qui pourrait se passer entre Thranduil et moi. Après tout, si elle n’était pas amoureuse du roi comme je l’avais cru à un moment, qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’on s’apprécie tous les deux… enfin bon, ce n’était pas comme si un jour le grand Thranduil allait tomber amoureux de moi. J’étais assez lucide pour le comprendre. Malheureusement.

— Dagnir n’a juste pas apprécié la petite phrase en Sindarin que je lui ai balancée, répondis-je à Liamarë qui attendait devant moi.

— Qui était ? voulut-elle savoir curieuse.

Je la regardai un moment, hésitant entre l’envie de lui dire ou pas, mais je préférais finalement garder pour moi cette phrase d’un intérêt intellectuel sans précédent. C’était drôle mais ça serait encore plus drôle si c’était… Ah ah ! Qu’est-ce que je pouvais être diabolique comme fille… et gamine mais je m’en fichais, je m’amusais trop à l’heure actuelle et l’air de rien, j’en avais quand même besoin.

— Heu, non, je ne préfère pas te le dire mais tu n’auras qu’à le demander à ton cher Dagnir !

Je la plantais là en lui envoyant un bisou de la main.

— Cerise ! entendis-je avant de filer vers la sortie des cavernes, tu es pire qu’une enfant !

Sur ce coup là, je pouvais difficilement lui donner tort. Mais tout à fait entre-nous, je me marrais déjà comme une folle si Dagnir osait lui dire en Sindarin : « j’aime la bonne grosse q*** des nains« . Non franchement et j’avais encore eu le toupet de ne pas le dire correctement. Ah ! ah ! La bonne blague !

Sur ce, je décidais d’aller m’aérer un peu la tête et l’esprit. Ça ne pourrait me faire que le plus grand bien.

L’avantage à la paix retrouvée aux Bois de Feuilles Vertes ou Bois de Vertes Feuilles — Personnellement, moi je ne voyais pas la différence mais j’avais vu des elfes se battre juste pour savoir qui avait raison sur la bonne traduction en langage commun, alors que dans un sens comme dans l’autre ça voulait dire la même chose. Qu’ils sont cons, ces elfes, parfois —, c’était le fait que nous n’étions plus enfermés dans le palais souterrain de Thranduil.

Depuis l’anéantissement des dernières traces maléfiques qui se trouvaient dans la forteresse de Dol-machin-je-sais-plus-quoi, les araignées avaient disparu, laissant la forêt saine et en parfaite harmonie avec la nature. Le roi avait annoncé que puisque les bois étaient dorénavant sûrs, les elfes n’avaient plus besoin de se terrer dans les cavernes. Alléluia ! Sortez le champagne et les confettis c’est la fête aux ouistitis !

Je partis en direction du chantier où elfes et hommes étaient en train de construire de nouvelles habitations dans les arbres environnants. J’avais tenté d’assouvir ma grande curiosité sur leur façon de procéder dans la construction de tels édifices mais le chef du chantier, un elfe peu sympathique, m’avait éjectée en prétextant que ce n’était pas un endroit pour les femmes. Non mais franchement, au secours quoi ! Je suis un produit cent pour cent du vingt-et-unième siècle s’il vous plait, et entendre ce genre de salades me donnait des envies de révoltes. Pas le droit de se battre, pas le droit de construire, pas le droit de donner son avis… et un coup de pied dans les couilles, ça j’ai le droit ou pas ?

Je tournai autour des constructions un instant, profitant du soleil qui était déjà bien haut dans le ciel et me délectant de cette semi-liberté retrouvée. Soupirant d’aise, je m’assis prêt d’un immense chêne pour profiter de ce moment de détente. Les chauds rayons du soleil de printemps perçaient entre les feuillages qui avaient retrouvé leurs couleurs vives et qui ne faisaient plus obstacle au ciel lumineux qui se trouvait plus haut. Que c’était bon.

J’allais m’endormir tout à fait quand je sentis quelqu’un s’approcher de moi, puis une ombre obscurcir mon champ de vision. Relevant une paupière, je fus stupéfiée de constater qui se trouvait devant moi. Décidément, c’était la journée des surprises.

— Maeiell, dis-je d’un ton dans lequel perçait le dégoût qu’elle m’inspirait et que je ne cachais pas, que me vaut le déplaisir de ta compagnie ?

Elle se mordit la lèvre avant de parler.

— Je sais que nous n’avons jamais eu de très bons rapports toi et moi, mais j’aimerai que nous repartions du bon pied toutes les deux.

Je me relevai sur mes deux jambes pour lui faire face mais, bien que je sois debout, elle restait bien plus grande que moi. La saleté !

— C’est nouveau ça, tu as envie d’enterrer la hache de guerre maintenant ?

Elle m’avisa d’un air presque craintif.

— Oui, tout à fait. Il apparaît que personne ne peut comprendre la volonté du roi mais nous nous devons de l’accepter. C’est comme ça.

Je l’observais un instant mais elle semblait vraiment honnête. Sans doute l’était-elle mais une petite voix en moi me soufflait de rester méfiante au cas où…

Décidément, c’était la journée ! Après Gabrielle, Maeiell. Cependant, bien que l’ex du roi soit prête à faire la paix avec moi, je préférais tout de même la compagnie de Gabrielle à la sienne. Question d’affinités, sûrement.

— J’aurais un petit service à te demander, reprit-elle en me prenant gentiment par le bras et en esquissant un pas vers le palais souterrain.

— Quel est-il ? demandai-je, un peu suspicieuse.

Elle me lança un petit sourire en coin.

— Oh, rien de bien difficile, mais j’aurai besoin d’un coup de main pour remonter des carafes de vin qui se trouvent à la cave. Galion m’avait demandé de les rapporter en salle mais je n’y arriverai pas toute seule. J’étais partie chercher quelqu’un pour m’aider quand je t’ai vue, je me suis dit que j’en profiterais aussi pour faire la paix avec toi. De plus, je suis certaine que cela ne te dérange pas de m’aider, Cerise. N’est-ce pas ?

Je l’observai un instant, juste pour être certaine qu’il n’y avait pas de coup tordu derrière toute cette bonne volonté. Elle me souriait de façon chaleureuse tout en marchant d’un pas sûr, son bras toujours passé sous le mien.

Remonter des carafes de vin ne devait pas bien être compliqué cependant, oui pourquoi pas. Après tout, ce n’était pas comme si je risquais quoique ce soit.

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Thranduil

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Elle était partie.

Cela faisait plus de vingt quatre heures que mes gardes, ainsi que Liamarë et Dagnir, la cherchaient en vain. Elle semblait avoir totalement disparu de notre royaume. Je ne savais pas ce que je devais en penser mais je n’aimais pas le sentiment de perte qui m’animait actuellement.

Ne pouvant mettre mon devoir de souverain de côté, je dus continuer néanmoins à assurer les fonctions qui m’étaient dues, recevant doléances et conseils des habitants des bordures de la forêt, comme je le faisais depuis plusieurs jours déjà. Cependant, mes pensées étaient complètement tournées ailleurs, vers une petite humaine qui mettait notre patience à rude épreuve.

Dès que j’eus terminé avec le chef d’un des villages des hommes qui se trouvait non loin de nos cavernes et que je lui eus expliqué ce que nous avions décidé avec Celeborn, je descendis de mon trône avec toute l’urgence qui m’animait.

J’allais pénétrer dans mes appartements quand je croisai en chemin, Maeiell qui semblait soucieuse.

— Avez-vous retrouvez l’humaine ? me demanda-t-elle en se tortillant une mèche de cheveux entre ses doigts.

— Non, dis-je fermement. As-tu des nouvelles à me communiquer, lui demandai-je brutalement.

Elle secoua la tête négativement.

— Bien, je suis navré mais des choses…

— Avez-vous vérifié si ses affaires étaient encore là ? me questionna-t-elle abruptement, me coupant aussi la parole. Si elles ont aussi disparu, je pense que le message est assez clair, Mon Seigneur.

Je fronçai les sourcils. Où voulait-elle en venir exactement ?

— Que veux-tu dire, Maeiell ?

Je la vie esquisser une moue. Elle semblait gênée.

— Je pense que si son sac n’est plus là, c’est qu’elle n’a pas disparu mais qu’elle est tout simplement partie de son plein gré.

J’eus du mal à contenir ma fureur à cette simple supposition. Cerise aurait-elle pu nous quitter comme cela ? Sans aucun mot, ni rien ? Elle m’avait pourtant affirmé vouloir nous accompagner jusqu’aux Havres Gris le jour ou nous déciderions de partir.

— Je me trompe très certainement, se reprit Maeiell. Après tout, je ne la connais pas aussi bien que vous.

Elle baissa la tête.

— Non, effectivement, dis-je d’une voix claire.

— Mon Seigneur ?

— Oui, Maeiell ?

— Puis-je prendre congé de vous ? Je dois m’occuper de votre dîner puisque l’humaine, enfin Cerise, n’est plus là.

Je lui fis un signe de la main avant de pénétrer dans mes appartements. Enfin seul, je m’avançai jusqu’à mon bureau pour relire la missive que j’avais reçu de Legolas, quelques heures plus tôt. Il allait revenir à Eryn Lasgalen pour quelques temps. Je pinçai les lèvres, sentant monter en moi un sentiment des plus mitigés. J’aurais du être parfaitement heureux du dénouement que prenait la fin de notre histoire en Terre du Milieu. Vertbois était de nouveau aussi majestueux sinon plus que d’antan. Nous allions enfin pouvoir quitter notre royaume le cœur léger et je pourrais revoir mon fils une dernière fois avant d’accomplir ce long voyage vers les Terres Immortelles des Valar. Alors, par Varda, pourquoi me sentais-je si… mal ?!

Comprenant ce que cela impliquait, je passai une main sur mon visage pour tenter d’y voir plus clair. Comment cette petite humaine avait-elle pu prendre une place si importante dans nos vies ? Comptions-nous si peu pour elle pour qu’elle s’en aille de la sorte sans même nous en parler avant ? Sans même nous dire « au revoir » ? Nous entretenions une relation pour le moins compliquée, elle et moi, depuis quelques temps. Comment avait-elle pu nous quitter sans notre consentement ? C’était impensable ! Décontenancé par toute cette palette d’émotion qui m’assaillait, je me servi un verre de vin que je remplis copieusement avant de m’asseoir.

Me souvenant de ce que Maeiell m’avait dit un peu plus tôt, je me relevai pour vérifier que ses affaires étaient toujours là.

Il n’y avait rien dans le petit salon attenant à mon bureau, son sac avait clairement disparu lui aussi. Me souvenant qu’elle avait empiété une partie de l’espace de notre salle d’eau, je m’y rendis pour découvrir que tous les accessoires féminins n’y étaient plus non plus. Pareil, sur la table de nuit, le livre qu’elle y avait laissé, ainsi que son objet qui faisait de la musique, n’étaient plus à leur place.

Alors la conclusion à tout cela me mis dans une colère noire, une colère d’une telle intensité dont je ne me serai jamais cru capable de ressentir un jour explosa en moi. Elle était partie !

Malgré ce que j’avais cru la concernant, elle m’avait quitté sans un regard en arrière. Sans un mot. Rien.

Furieux, je jetai le verre de vin que je tenais encore à la main qui alla se fracasser contre le mur et je hurlai de fureur.

Elle m’avait quitté. Elle m’avait abandonné !

A Suivre


Annotations

– Voilà ça se gâte alors qu’ils avaient tout pour être heureux jusqu’à la fin des temps… ou peut-être pas cela dit. Sinon, rien à vois mais j’ai lu GREY de EL James et comment dire… Ma petite Cerise tu ne rates rien et franchement le Cricri à totalement baissé dans mon estime. Je préfère de loin notre cher Souverain elfique !


– Et j’ai crié, criiiiiéééé, Cerise, pour qu’elle revienne ! (Ok, elle est nulle, je sors.)

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One comment

  • Relecture, reviews en retard, tout ça… la suite.

    Mine de rien, Galadriel ne manque pas de culot. Non contente de s’exprimer par la pensée alors que Thranduil lui a dit franchement qu’il avait horreur de ça, elle persiste à lui lancer des piques par le biais de son attitude et de ses propos blessants. Et juste parce qu’il a l’outrecuidance de la trouver intérieurement risible… « Ne soyez pas si méprisant, Thranduil, une guerre entre nos deux clans, à ces premiers jours d’un nouvel âge, serait des plus ridicules et… malvenus. » Non mais vraiment. Quoiqu’elle en dise, elle est sciemment exaspérante et elle ose se plaindre du résultat ? Par ailleurs, le roi des Elfes n’a pas entièrement tort : elle est terriblement chichiteuse dans ce passage, elle joue un rôle, cela se voit, et c’est comme si elle voulait se venger sur Thranduil de cette sorte de déconvenue survenue au chapitre précédent lors de sa rencontre avec Cerise… si le chien n’est pas gérable, vengeons-nous sur le maître, dirons-nous. Cette vision assez peu sympathique du personnage est aussi originale qu’intéressante et elle se rapproche finalement beaucoup plus du canon tolkienien que son rôle habituel dans les fanfics… finalement, Galadriel ne voit rien de précis, elle joue juste sur les images et sur les mots, même si en soi elle n’est pas malhonnête… juste assoiffée de pouvoir. Elle sous-entend elle-même dans l’œuvre de base qu’elle aurait bien pu céder à l’influence de l’Anneau quand Frodon le lui confie. Comme quoi… Ici, cette entrevue avec Thranduil est un jeu de pouvoir, un jeu de nerfs, surtout qu’ils ne s’apprécient pas mutuellement… l’explication est d’ailleurs bien trouvée, le conflit inavoué entre les différents peuples elfiques, cette forme de préjugés sur les uns et les autres… d’ailleurs je serais curieuse de savoir ce que Galadriel peut bien penser des Sindar.

    Cerise, elle, continue son petit bonhomme de chemin. Elle semble avoir trouvé, même momentanément, un certain équilibre. Elle sait parfaitement qu’il est fragile mais elle en profite d’autant mieux. En un sens, dans tout ce que tu as mis en ligne et écrit, c’est le passage dans lequel on la sent la plus heureuse et épanouie. Elle ne se pose pas trop de questions, elle profite de ce qui est à sa portée sans oublier d’asticoter son prochain de temps en temps, pauvre Dagnir. Cela dit, vu le balai que cet individu se trimballe dans le derrière, ce n’est certainement pas lui qui a appris à Cerise ces propos « inconvenants » (lol) sur la virilité des Nains. Le début de sa relation amicale avec Gabrielle est particulièrement touchant. Leurs efforts pour faire disparaître une première impression malheureuse sont conjoints et mutuels et cet aspect seul rend Cerise un peu plus adulte. Et j’avoue apprécier à sa juste valeur ce qui est caché derrière la rencontre des deux personnages, à savoir celle des auteurs. Les amis de mes amis sont mes amis, machin-chouette ❤

    Quant à la fin du chapitre, même si je connais bien la suite… Tintallë mérite une fessée déculottée en public pour être aussi mauvaise et fourbe. Une vraie sorcière. En ce sens, tu as parfaitement réussi ce personnage parce que même après coup, on la trouve toujours aussi désagréable… et finalement, la punition qu'elle subira ne sera pas chère payée : on aurait dû lui laisser le crâne rasé pour le restant de son éternité, bon sang.

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