Chapitre 16 : Seule Au Monde

Legolas-par-Magali-Villeneuve

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Seule au Monde

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Cerise

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Je mis quelques minutes à comprendre que je me trouvais dans un lit. Un lit pour le moins inconfortable, d’ailleurs. Je voulus me redresser mais un énorme mal de crâne me coupa la respiration et me donna envie de vomir sur le champ.

Mais que m’était-il arrivé ? Tout était flou dans ma tête.

— Restez tranquille, me dit une voix de femme que je n’avais jamais entendue auparavant. Ce n’était pas une voix d’elfe. Les intonations de celle-là étaient pour les moins… abruptes si on aimait le style « marchande de poisson » sur le marché du vieux port.

Curieuse, j’ouvris un œil. La femme qui se tenait à mes côtés, était du genre enveloppé et ne sentait pas la rose mais plutôt… le poisson, justement.

Cette fois ci, ce constat me fit ouvrir les deux yeux d’un coup et me redresser tout à fait.

— Mais où suis-je ? grognai-je.

Ma voix était méconnaissable. Rauque. Ma gorge était douloureuse comme si je n’avais rien bu depuis une éternité.

— Z’êtes à Laketown sur l’Esgaroth, me répondit la femme en mettant ses énormes poings sur ses larges hanches. On peut dire, reprit-elle, que vous nous z’avez fait une sacrée frayeur. Z’étiez aussi inerte qu’une morte quand mes hommes vous z’on repêchée du tonneau dans l’quel vous croupissiez comme de la merde oubliée.

Je mis un moment à comprendre ce qu’elle me baragouinait. J’étais dans un tonneau mais que…

Un horrible élancement me vrilla le cerveau. Puis je me souvins… de tout ! Le vin, la cave… Maeiell ! Putain de merde ! Mais qu’elle pouffiasse celle là !

Je m’étais faite avoir, et en beauté, s’il vous plait ! Purée que ça faisait mal à l’ego. Je savais que j’aurais dû me méfier de sa soi-disant amitié et de tout le baratin qu’elle m’avait sorti. Je n’aurais jamais dû la croire. Connasse !

Elle m’avait bien eue. Jamais je n’aurais pensé qu’elle préparait un coup aussi tordu et surtout qu’elle y serait sans doute aidée. Ce qui expliquerait comment j’avais pu atterrir dans un tonneau ! Je me doutais bien qu’elle n’avait pas la force pour m’y porter toute seule. Enfin, je l’espérais. Elle m’avait en plus, frappée très fort derrière la tête. Tâtonnant l’arrière de mon crâne douloureux, je sentis une énorme bosse. C’était un miracle que je sois encore en vie.

Si je la revoyais, et j’allais la revoir, je me jurai que je lui ferais la peau pour de bon, à cette sale garce d’elfe !

Un claquement de doigts devant mes yeux me ramena au présent et à la femme qui m’avait sauvée la vie. Laketown ? Mais c’était quoi, ça, encore ?!

— Excusez-moi mais, Laketown, ça se trouve où exactement ?

— Où de quoi ? marmonna la femme avant de vérifier l’arrière de ma tête à son tour. Putain, ça fait vraiment mal !— Jamais vu une bosse pareille, continua-t-elle. C’est un miracle que vous soyez encore en vie, petite.

Non, vous croyez ? pensais-je, dépitée.

Bon, ça ne me disait toujours pas où se situait Laketown mais je me pris à espérer que Thranduil connaissait cet endroit et qu’il ne tarderait pas à venir m’y chercher. Car je ne doutais pas un seul instant qu’il comprendrait ce qui s’était passé avec son ex-maîtresse. Elle puait la méchanceté et l’hypocrisie à plein nez.

En attendant, il fallait que je parte de là.

Je tentai de sortir du lit mais je sentis une main ferme me repousser sans ménagement contre le montant de ma couche improvisée.

— Mais qu’est-ce que vous faites ? dis-je en protestant. Il faut que je parte !

— Ah non, ma p’tite, je vous laisse pas filer dans cet état.

Je la toisai un instant. Comment osait-elle s’interposer ?! Elle n’avait aucun droit sur moi.

— Il faut que j’y aille. Les elfes de Mirkwood vont s’inquiéter.

A ma grande surprise, elle se mit à rire comme si ce que je venais de dire était la plus grosse blague qu’elle ait jamais entendue de toute sa vie. — Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle ! protestai-je.

— M’enfin, ma pauvre fille, y a personne qui s’inquiète de vous. Ca va faire quarante huit heures que z’êtes ici et y a pas d’elfe qui s’est manifesté pour vot’tête. Même celui qui se charge de récupérer la victuaille pour son roi n’a pas soufflé mot vous concernant hier.

C’était une plaisanterie ?

— Vous connaissez les elfes de Mirkwood ? demandai-je d’une voix blanche.

— Pour ça oui, que même c’est Eryn Lasgalen, maintenant, qu’ils disent. Vertbois de Vertes Feuilles ou que’que chose du genre. Rien qu’ça.

— Mais comment ?

Je nageais en plein délire cauchemardesque, je ne voyais que ça.

Elle secoua la tête comme si elle me prenait pour une demeurée.

— Ca va faire des années qu’on commerce avec eux. ‘Sont nos voisins, vous voyez.

— Ah…mais…

C’est là que je compris où je me situais : Lacville, bien sûr ! Effectivement la forêt était à la lisière du ponton qui reliait le lac — enfin dans le film de Peter Jackson — à la ville.

Puis ce qu’elle venait de me dire percuta enfin mon cerveau un peu endormi. Personne n’avait demandé après moi. Thranduil semblait se ficher de savoir s’il m’était arrivé quelque chose. Ce constat me rendit presque malade. Sans doute ne s’était-il même pas aperçu de ma disparition, après tout.

Avisant les lieux pour penser à autre chose, je vis, sur une table branlante, quelque chose qui me sembla assez familier.

— Mon sac ! m’exclamai-je, surprise.

Mais comment était-ce possible ? Puis une horrible pensée s’infiltra en moi. Maeiell ! J’étais certaine qu’elle avait tout manigancé.

Me relevant avec prudence et malgré les rugissements de ma garde malade, j’attrapai ma besace et faillis pleurer quand je compris que tout ce qu’il y avait dedans devait être foutu.

C’est les mains tremblantes que je l’ouvris pour y découvrir toutes mes affaires mises en pagailles et dégoulinantes de flotte. Prenant mon ipod, j’eus l’amère confirmation de voir qu’il avait grillé. Quant au reste…

De quoi être dégoûtée jusqu’à la fin de ma vie. Une larme tomba sur ma main qui tenait encore la bretelle, puis une seconde… puis ce fut tout. J’étais bien trop enragée pour pouvoir être triste.

Me redressant, je fis quelques pas jusqu’au lit pour m’y rallonger. La colère me paralysait complètement.

— Bah voilà ! A la bonne heure, vous avez enfin compris que ça ne servait à rien d’vous l’ver.

— Quand pourrai-je partir ? demandai-je d’une voix atone.

— Quand vous serez sur pieds, ma petite, rétorqua ma sauveuse d’un ton qui n’admettait aucune réplique.

Soupirant, je me rallongeai avant de me rendormir avec cette petite pensée : j’étais de nouveau toute seule dans un monde hostile qui ne voulait pas de moi et dont je ne voulais pas non plus et…

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Je me réveillai en sursaut, le cœur battant la chamade. J’avais fait un affreux rêve et… quelle était donc cette affreuse bicoque dans laquelle je me trouvais ? Et cette drôle d’odeur ? …

En fait non, je n’avais pas rêvé. Tout était on ne peut plus vrai… à mon plus grand malheur.

Doucement, je me mis debout et je fus ravie de constater que j’allais beaucoup mieux. Prudemment, je fis quelques pas pour me retrouver sur le seuil de la porte. Ce que je vis dehors me laissa comme deux ronds de flans.

Non mais sérieusement, ça existait vraiment des endroits pareils ? Et dire que je me moquais des films américains parce que je trouvais qu’ils en faisaient toujours trois tartines questions insalubrités d’époque et tout…

La maison dans laquelle j’avais passé ma convalescence se trouvait près du port de commerce et ça empestait le poisson mais d’une façon à vous faire gerber toute la journée. Franchement, si vous aviez besoin d’un bon régime rapide ou d’être dégoûté à vie de manger, c’était l’endroit idéal. Je mis un petit moment à retrouver des yeux celle qui m’avait soignée et accueillie chez elle. Je lui fis un bref salut dès que nos yeux se croisèrent. Elle semblait marchander pour un panier de légumes. Je soupirai. Il fallait que je me casse. Je me sentais beaucoup mieux physiquement, c’était le moment idéal.

— Ben alors ? dit-elle en signe de bonjour, comment ça va aujourd’hui ? Mieux ?

Je la laissai passer pour qu’elle puisse déposer ses victuailles sur une table déjà bien encombrée de choses et d’autres que je n’avais pas envie d’analyser.

— Oui, bien mieux, dis-je. Je pense que je vais pouvoir partir maintenant.

— Ah, mais je pense bien, oui, me répondit-elle tout en s’affairant.

Elle était en train de préparer un paquet de linge et de victuailles. Sans doute pour son mari. Je fronçai les sourcils. Quoique, je l’avais toujours vue seule alors…

— Bon bien, commençai-je, merci pour tout et…

— Vous z’irez nulle part avant que j’aie fini avant vot’paquet !

Mes yeux s’agrandirent quand je compris qu’en fait, ce baluchon, c’était pour moi qu’elle le faisait.

Je m’avançai vers elle et me retins à une chaise. Elle était si gentille malgré ses airs de mère maquerelle. Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences. Jamais !

— Pourquoi faites-vous cela pour moi ? ne puis-je m’empêcher de demander.

Je n’avais pas ou plus l’habitude de recevoir de la gentillesse gratuite et sans arrière pensée. La dernière personne à avoir été gentille avec moi voulait que je devienne sa maîtresse, alors bon…

Elle se retourna vers moi et je pus voir à quel point son regard était bon.

— Parce que j’aime pas laisser une gamine démunie comme ça dans la nature sans rien. Il sera pas dit que le vieille Wilma a laissé un pauvre être partir de chez elle sans rien !

Ses propos me firent sourire. Finalement, j’avais un peu de chance dans mon malheur.

— Merci, dis-je simplement.

— Vous comptez aller où, au juste ? me demanda-t-elle tout en fourrant un morceau de viande séchée dans un torchon. Dale ?

Je secouai la tête négativement.

— Non, pas à Dale.

Qu’aurai-je été faire à Dale de toute façon ?

— Vous retournez chez les elfes d’la forêt d’Vertbois alors ?

Je secouai la tête encore plus vivement. Tout mais plus là bas. C’est bon, j’avais compris que tout le monde se fichait comme d’une guigne de savoir si j’étais vivante ou pas… quant à l’autre… qu’il aille se la mettre derrière l’oreille ou qu’il retourne voir son ancienne pétasse. Ils se valaient bien, de toute façon.

— Non, du tout, je vais à Fondcombe.

— Ah, dit-elle, ‘connais pas. Par contre, vous serez obligée de passer par VertBois quand même. La bonne nouvelle, c’est qu’y a plus de grosses pattes dans l’coin.

…Et donc de soldats elfiques ratissant la forêt, me dis-je pour moi-même. Cependant, si je devais passer par ce lieu de malheur, je tenterai de me faire prudente. Pas question de me faire remarquer.

Une fois à Fondcombe je tenterais de rencontrer Elrond pour qu’il me garde avec lui un moment, le temps de savoir ce que j’allais faire. Après tout, c’est comme ça qu’elles procédaient en général, les fangirls des fanfics que je lisais avant. Elrond, c’était un peu l’assistante sociale de la Terre du Milieu : il vous disait quoi faire, vous offrait le gîte, le couvert et tout le toutim. J’espérais sincèrement qu’il serait capable de m’aider.

— Avant de partir, me dit Wilma, vous prendrez bien un peu de force avec un bon p’tit déjeuner que je vous ai préparé.

Je la fixai un moment, sans savoir si c’était une bonne idée.

— Avec grand plaisir, dis-je finalement.

Non pas que je voulus m’attarder mais elle avait raison, il me faudrait prendre des forces pour ce voyage vers l’inconnu. Je sus que je devais aller mieux quand j’entendis, venant du fin fond de ma conscience de fan en manque de séries, la musique de Star Trek résonner comme pour m’encourager dans mon périple à venir.

« Espace, frontière de l’infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial. Sa mission : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations, et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu. »

Non, Cerise, tu n’es pas folle, juste timbrée mais ça, tu le savais déjà ! Ah ! Que n’aurais-je pas donné pour me faire un Capitaine Kirk ou un Mr Spock… Heum, oreille pointue et humour à deux balles… non, on a déjà donné ! Chris Pine ! Attention, me voilà !

Je faillis éclater de rire quand je vis l’expression perplexe de Wilma qui devait se demander ce qui m’arrivait pour que je fasse cette tête. Non mais en fait, j’avais hâte de retourner chez moi, dans mon monde. Parce que là, tout de suite, je me serai bien fait une petite recherche d’images sexy dans Google du petit Chris* miam *Pine.

Je ne pus, finalement, pas m’empêcher de rire à mes bêtises.

— Z’êtes sûr que vous allez bien ? me demanda Wilma.

— Oui, oui, au contraire, si je suis comme ça, c’est que je vais beaucoup mieux, rassurez-vous.

Une fois que j’eus terminé mon petit déjeuner, Wilma me tendit le balluchon qu’elle m’avait préparé et j’attrapai mon sac qui avait eu le temps de sécher un peu.

Elle m’accompagna jusqu’à un large ponton qui reliait le village à la forêt — il y en avait donc bien un — et ce n’est qu’après plusieurs recommandations qu’elle me laissa filer.

Je ne savais pas combien de temps et de jours il me faudrait pour arriver à Fondcombe mais je priai ma bonne étoile pour que ce ne soit pas trop long ni trop dangereux. Je n’avais absolument rien pour me défendre… Même pas un Gandalf de poche ou un Aragorn en kit dans mon sac.

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Cela faisait quelques heures maintenant que la nuit était tombée et j’avais eu la mauvaise idée de continuer au lieu de m’arrêter pour la nuit.

Le hic, c’est que je n’y voyais que dalle. La lune était dans son quart et les feuillages de cette putain de forêt ne laissaient pas passer grand-chose en luminosité. Bon, je savais que je n’avais rien à craindre des Araignées mais pour le reste… Sentant à peine mes jambes, je tombai finalement, comme un poids mort au pied d’un arbre. Je pris ensuite, un morceau de pain de mon bagage mais je n’avais pas vraiment faim.

Non, en fait, là tout de suite, j’avais surtout les boules. Pas de musique pour me tenir compagnie, pas d’espérance de me dire que demain tout irait mieux. Non, demain tout irait pire au mieux mais pas mieux au pire. De plus, je ne savais pas du tout combien de temps j’avais marché. Je savais que je marchais vite mais combien de kilomètres avais-je franchis depuis mon départ ? J’avais surtout l’impression de tourner en rond. Ah mais pourquoi ce monde de merde n’avait-il ni voiture ni GPS ?!

Toutefois, la fatigue eut raison de mes appréhensions et je m’endormis comme une souche. Le grand air, tout ça, vous voyez quoi !

Tandis que je rêvais que Marion, ma meilleure amie essayait de me convaincre que la nouvelle copine de Paul, un de nos potes, n’était pas faite pour lui, j’entendis des voix m’appeler au loin. M’excusant auprès d’elle, je me retournai pour voir qui m’appelait de cette manière.

C’était les deux mêmes personnes que j’avais vues dans un précédant songe. Encore une fois, ils m’appelèrent par des prières douces et aimantes, la femme, une elfe aussi belle sinon plus que Galadriel elle-même, avaient les yeux emplis de minuscules petits diamants. Je compris qu’il s’agissait de larmes. L’autre elfe, un homme, à côté d’elle, tout aussi beau, semblait peiné mais surtout très en colère. Il me faisait un peu peur. C’est alors qu’il ouvrit la bouche :

… … … … … … … … …

* Elenwë, suis les étoiles vers la voie qui t’es tracée …Nous t’attendons * * I Edelhie enwe vanya min hina ! * *Que les étoiles te protègent mon enfant !*

Milyë, Atto ?! ne puis-je m’empêcher de crier. Maman, Papa ?! … … …

… … … … … … … … …

Je ne comprenais pas tout ce qu’ils me disaient mais mon rêve fut interrompu par quelque chose d’humide qui me tombait sur le visage. Des larmes ?

Je me réveillai une nouvelle fois en sursaut. Décidément, ça commençait à devenir une habitude.

J’eus à peine le temps de ranger mes affaires qu’une pluie torrentielle s’abattit sur la forêt et donc sur moi ! Quelle poisse, purée !

Que n’aurais-je pas donné pour être à l’abri dans le palais de l’autre biatch. Dire que j’avais failli admettre que j’éprouvais plus pour lui que de la simple amitié ou même que je ne le détestais pas vraiment. Je le haïssais, oui, et j’espérais ne plus jamais le revoir de ma vie.

Courant comme une dératée, slalomant entre les branches et autres obstacles, j’essayai d’oublier que j’étais mouillée et transie de froid jusqu’aux os. La pluie, finalement, se calma au bout d’une demi-heure et je pus reprendre un rythme plus tranquille.

Après environ deux heures de marche, j’étais éreintée, lessivée, torchée ! Tandis que je réfléchissais où j’allais bien pouvoir me poser un moment, j’entendis du bruit derrière moi. Je me retournai lentement et je crus que j’allais mourir de terreur quand je vis ce qui me suivait.

Un loup. Une espèce de gros, d’énorme loup avec la bave aux lèvres, affublé d’une grosse tête et de dents digne d’un épisode des Dents de la mer. Il était monstrueux ! La bête commença à tourner autour de moi et, sans réfléchir, je me mis à hurler avant de détaler comme un lapin.

Je sentais qu’il me rattrapait et, comme je ne regardai pas devant moi, je trébuchai contre un monticule de terre. Je n’eus pas le temps de ramper que je poussai un hurlement de douleur. La bestiole venait d’agripper, avec ses crocs, l’un de mes mollets. Putain, j’allais mourir là, c’était trop con. Je sentis mes yeux s’humidifier de larmes de dépit.

Fermant les paupières très fort, comme si ça allait enlever toute la douleur que ça ferait quand il me dévorerait toute crue, je sentis un souffle d’air avant d’entendre un long couinement de détresse.

Relevant un œil, je vis un homme, sans doute un elfe en fait, qui venait de sauter sur la bête avant de lui trancher la poitrine d’un long coup de poignard, en un geste sûr. Ensuite il se débarrassa au loin de la sale bestiole avant d’y mettre le feu.

Ouf, pensais-je. Sauvée par le gong, et surtout par un elfe. Et oui, encore un. Cependant, à ses vêtements, je compris qu’il n’était pas un soldat du roi, encore moins un de ses chasseurs. J’en avais assez soupé, des hommes de main de l’autre biatch à paillettes. Je refusais dorénavant de l’appeler par son nom. Il ne le méritait pas pour m’avoir abandonnée comme il l’avait fait.

Quand l’elfe eut terminé son affaire, il se retourna vers moi.

— Allez-vous bien, gente dame ? me demanda-t-il d’une voix très douce ou perçait de l’inquiétude.

— Heu oui, hormis mon mollet, je pense que ça va, soufflai-je, encore un peu sonnée par ce qu’il venait de se passer.

A l’évocation de la morsure qui me faisait un mal de chien, l’elfe s’avança vers moi d’un pas feutré et léger puis s’accroupit. D’une main ferme, il prit doucement mon pied pour le mettre à la hauteur de ses yeux.

— Ce n’est pas très joli, me dit-il. Ce Warg ne vous a pas ratée mais c’est une chance que vous soyez encore vivante.

— Un Ouargue ? C’est quoi encore, ça ? gémis-je.

— Les Wargs sont des bêtes maléfiques, me dit mon sauveur qui reposa délicatement ma jambe à terre.

C’était bien ma veine, heureusement que cet Adonis avait été là pour me sauver. Finir dans le ventre d’un de ces trucs, très peu pour moi. Je le vis chercher quelque chose dans la grosse sacoche qu’il avait à la taille. Il en sortit un bol en bois puis différentes herbes et…

— Qu’êtes-vous en train de faire ? demandai-je poliment.

Oui, ça m’arrivait aussi d’être polie avec des inconnus. Bien qu’il ait les oreilles pointues, il avait l’air vraiment sympathique comme tout. Et il était très beau. Beaucoup plus qu’aucun autre elfe de ma connaissance. Ses longs cheveux bruns lui arrivaient aux fesses et il portait quelques tresses qui lui allaient plutôt bien. Non, ce qui me fit vraiment craquer chez lui, ce fut ses yeux d’un bleu presque turquoise et son sourire empreint d’une infinie bonté. Et puis… il venait de me sauver la vie. Ça comptait aussi.

— Je vous prépare un cataplasme pour votre blessure, me répondit-il quand il eut fini de mélanger sa mixture à la couleur douteuse. Il ne faut pas qu’elle s’infecte.

Je hochai la tête et grimaçai quand il me l’appliqua avec toute la délicatesse dont il était capable. Toutefois, la douleur fut brève et bientôt, je sentis seulement une chaleur bienfaisante inonder ma jambe.

— Vous êtes un magicien ! dis-je, heureuse d’être délivrée de la douleur.

Ma remarque le fit sourire.

— Oh non, je suis loin d’être un de ces Istari qui protège la Terre du Milieu, répondit-il en riant, mais dites-moi, ma dame, puis-je vous poser quelques questions ?

Il ponctua sa demande par un sourire en coin qui atteignit parfaitement ses yeux rieurs. Vas-y, beau gosse, pose-moi toutes les questions que tu veux…

— Oui, bien sûr, dis-je à la place.

Il s’assit à mes cotés.

— D’où veniez-vous avant d’être attaquée par ce Warg ?

— De Laketown.

Il haussa un sourcil. A ce moment là, il me rappela quelqu’un que je préférai occulter de ma mémoire.

— Pourquoi avoir quitté votre village pour venir ici ? C’est dangereux, vous savez.

J’allais lui rétorquer quelque chose de bien senti mais je compris qu’il n’y avait aucun reproche. Il était juste étonné de voir une humaine s’aventurer seule dans cette forêt.

— En fait, c’est assez compliqué mais pour résumer la situation, disons que je viens d’un autre monde, je…

Je m’arrêtai le temps de voir s’il m’écoutait ou s’il ne me prenait pas pour une folle, ce qui n’était pas le cas : il attendait que je lui donne la suite. — J’ai débarqué je ne sais comment dans cette forêt, il y a de cela quelques mois et j’ai été sauvée des araignées géantes par des soldats elfiques qui m’ont ramenée chez leur seigneur.

— Thranduil, répondit doucement l’elfe.

— Oui, c’est ça, dis-je. Vous le connaissez ?

Il hocha de la tête.

— Oui, je le connais assez bien, me répondit-il, un sourire mutin sur le visage qui me fit rougir.

Si cet elfe continuait comme ça, j’allais me liquéfier sur place.

— Vous savez, vous êtes vraiment très beau, balbutiai-je.

Je me maudissais d’être aussi stupide dans un moment pareil. Ma remarque m’avait échappé bien malgré moi. Mon sauveur me fixa un instant avant d’éclater de rire. Même son rire était… beau. Saleté d’elfe de malheur ! Mais lui, il était sympa, au moins, et pas imbu de sa fabuleuse personne comme un autre dont je ne dirais plus le nom.

— Merci gente dame, — il m’avisa de la tête aux pieds, toujours en souriant — Vous non plus, vous savez.

— Pardon ? croassai-je.

— Vous êtes jolie, me répondit-il, taquin, et j’aime beaucoup vos oreilles.

Hein ? Heu, il me draguait ouvertement ou quoi ? C’était quoi ce bordel ?! Qui était donc cet elfe ?!

— Mes oreilles sont rondes, répondis-je.

— Justement. Et sinon, reprit-il que s’est-il passé ensuite ? me demanda-t-il, redevenant sérieux.

Je piquai alors un monstrueux fard. Pouvais-je vraiment le lui dire ? Après tout, qu’est-ce que j’y risquais ? Oui mais quand même…

— Ensuite ? Heu, si je vous dis la vérité, vous me prendriez soit pour une folle, soit vous me prendriez pour une fille facile.

— Dites toujours.

Il me fixait de façon intense, attendant la suite. Il semblait bien patient et curieux, aussi.

— Non mais si je vous dis que j’ai d’abord été la servante puis la maîtresse de ce sale con de roi imbu de sa personne et aussi salaud qu’il est beau…

Oh mon Gieu, je l’avais dit ! Purée, j’avais osé dire ça à voix haute ? J’étais folle ou quoi ?!

— Vous avez été la maîtresse du roi Thranduil ? souffla l’elfe, totalement incrédule.

Je crus même qu’il allait s’étouffer sous le choc que venait de lui causer mes révélations des plus scabreuses…

Ah bah voilà, je suis jolie mais pas assez pour un elfe, encore moins pour un putain de roi. Sentant monter en moi une fureur digne d’une explosion volcanique, je me relevai tant bien que mal et avisai mon voisin qui était toujours assis par terre.

— Vous devriez vous rasseoir vous savez, me dit-il simplement.

— Oui j’ai été la maîtresse de ce connard de Thranduil ! hurlai-je, ignorant son conseil.

Dans un sens la douleur me rappelait que j’étais vivante et que toute cette merde qui m’arrivait été hélas bien réelle, elle. — Je me suis donnée à lui et quelle a été ma récompense ? Son ex-maîtresse s’est débarrassée de moi à la première occasion, en me larguant dans un tonneau avec toutes mes affaires. Allez, bye bye Cerise, Auf Wiedersehen ! Et surtout bon débarras !

La douleur étant trop forte, je me rassis de façon rageuse à ses côtés.

— Loin de moi l’idée de vous offenser, ma dame, mais le roi Thranduil n’aime pas les humains, de là à prendre une de leurs femmes comme maîtresse…

Je fus surprise de le voir rougir. Ah, la pudeur elfique… tu parles, oui…

— Je vous rassure, crachai-je, il fut tout aussi étonné que vous mais l’appel de la quéquette a été plus fort que tout.

Je me mis à rire jaune quand je vis son expression choquée.

— Vous êtes bien étrange et je n’ai aucun mal à vous croire quand vous dites que vous venez d’ailleurs, pour le reste… il serait tout de même préférable que je vous ramène avec moi jusqu’au palais d’Eryn Lasgalen.

Il se cala contre le rocher qui se trouvait derrière lui et leva son visage vers le soleil qui commençait à taper. Pour lui, la conversation semblait close.

Revenir à Mirkwood ? Enfin Eryn Lasgalen… Revoir l’autre tache ? Heu, comment dire…

— Je ne veux pas.

— Vous ne voulez pas quoi ?

— Aller là-bas.

Il rouvrit les yeux.

— Et où comptiez-vous aller si ce n’est au palais du roi ?

— A Fondcombe ! grognai-je. Pour y trouver Elrond et lui demander son aide.

L’elfe secoua la tête.

— Au mieux vous y trouverez ses fils mais pour ce qui le concerne, vous arrivez trop tard.

— C’est à dire ?

Mon sauveur, se détacha du tronc avant de se relever prestement.

— Elrond ainsi que la Dame de Lórien sont partis il y a quelques temps pour les Havres Gris où un bateau pour Valinor les attendait.

— Bordel, c’est bien ma veine, tout ça.

— Le mieux pour vous serait de retourner au palais. J’insiste. Si ce que vous me dites est vrai, je ne puis croire que le souverain vous ait mise à la porte de son royaume comme cela et sans tenter de vous en parler avant.

Il me toisa un instant, tentant de déterminer si je n’étais pas un peu mythomane sur les bords. Pouvais-je lui en vouloir ? Non, certes mais, tout de même, ça faisait mal. Cela dit, ça m’apprendrait à raconter ma vie au premier venu. Mais quelle gourde je faisais, franchement.

— Je ne veux pas y retourner, marmonnai-je.

Je sentis qu’il se mettait une nouvelle fois à mon niveau.

— Comment vous appelez-vous ?

— Cerise, et avant que vous n’ajoutiez quoique ce soit, oui c’est mon véritable prénom et non je ne me moque pas de vous.

Il eut un rire de gorge.

— Eh bien enchanté, Cerise, quant à vous, vous pouvez m’appeler pour le moment Laiqalassë.

Laiqalassë ? Puis-je vous dire que votre prénom est pire que le mien ?

Il s’esclaffa carrément. J’aimais bien ce son mais son prénom… Je ne sais pas pourquoi mais dès que je le prononçai, je voyais une étendue de feuillage vert. Il me… parlait. C’était un fait nouveau et étrange à enregistrer me concernant. Cela dit, ça avait aussi un peu la consonance d’un nom de yaourt bio à la chèvre. Pas top classe quoi.

Nous restâmes encore quelques heures au même endroit, le temps que le cataplasme fasse son effet. Laiqalassë m’apprit que nous étions à moins d’une demi journée de marche du palais. Me dire que j’allais y retourner et le voir LUI me tordit le ventre d’appréhension. Comment allait-il m’accueillir ? Irais-je une nouvelle fois passer du temps au cachot ? Autant de questions qui me firent perdre le peu d’optimisme qui me restait. J’essayai aussi de dormir un peu mais dès que je fermais les yeux, je revoyais ces deux elfes à la beauté surréaliste qui étaient aussi collants que des sangsues en manque d’hémoglobine.

Je dus m’endormir quand même car je fus réveillée un peu plus tard par un délicieux fumet. Mon nouveau compagnon de voyage et sauveur de son état nous avait préparé à manger.

— Tenez, me dit-il en me tenant un bol rempli à ras bord. Mangez tant que c’est chaud.

— Merci, soufflai-je en rattrapant la cuiller qui voulait se faire la malle — sans mauvais jeu de mot, bien sûr.

La première bouchée me laissa pantoise.

— Ch’est bon ! dis-je la bouche pleine, ce qui eut pour effet de le faire rire une nouvelle fois.

C’était étrange. J’en avais vu, des elfes, depuis que j’étais tombée ici mais c’était la première fois que j’en rencontrais un qui me paraissait si simple et… humain.

— Je suis ravi que cela vous plaise.

Puis chacun se perdit dans ses pensés tout en avalant ce bon repas.

— Si vous n’êtes pas marié, commençai-je, le ventre totalement rassasié, je vous épouse sur le champ ! Vous êtes fait pour moi.

Je n’avais pas voulu jeter de blanc entre nous, j’avais lancé ça comme ça, histoire de détendre l’atmosphère et lui signifier que j’avais aimé ce qu’il nous avait préparé. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me regarde si sérieusement comme si… — Je… je disais ça comme ça, je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise, m’empressai-je alors d’ajouter.

Je le vis exhaler un soupir de soulagement.

— Ne jouez pas avec ce genre de demande, Cerise. Cela est pris très au sérieux par les gens de mon peuple.

Il se leva pour reprendre ma timbale vide. Il semblait un peu en colère contre moi.

— Je suis désolée, dis-je, je ne pensais pas mal faire. Je ferai attention.

— S’il vous plait oui — Puis son humeur changea et le sourire malicieux que j’avais appris à aimer ces quelques dernières heures refit surface — et refaites moi votre demande quand vous serez plus sérieuse.

Il me tourna alors le dos et je dus tousser très fort pour ne pas mourir étouffée. Un elfe qui avait de l’humour ? C’était tellement rare que je faillis prendre pour argent comptant ce qu’il venait de me dire… juste pour lui refaire une vraie demande un jour… qui sait ?

oO0Oo

Le retour jusqu’aux portes du palais d’Eryn Lasgalen ne fut pas une promenade de santé. Loin de là. Au bout d’une bonne petite heure, je boitais de plus en plus sérieusement. J’arrivais à tenir debout avec bien du mal.

— Courage, Cerise, me souffla Laiqalassë à l’oreille.

Il avait eu la gentillesse de se tenir près de moi au cas où je m’effondrerais. Par deux fois, il avait proposé de me porter sur son dos mais j’avais refusé poliment. Je n’étais pas une petite nature mais là… ça devenait de plus en plus dur.

— C’est encore loin ? gémis-je

— Non, une heure tout au plus. Voulez-vous que je vous porte ?

Ça me gênait mais avais-je le choix ?

— Je crois que je ne vais pas pouvoir faire autrement.

Laiqalassë s’agenouilla pour vérifier l’état de mon mollet. Il souleva le cataplasme.

— C’est en bonne voie, me dit-il, mais c’est encore très enflé. L’effort que vous avez du fournir pour marcher n’a pas du être des plus favorables.

Je n’eus pas le temps de dire quoique ce soit qu’il s’accroupissait pour que je monte sur son dos.

— Montez, dit-il. Nous y sommes presque.

J’acquiesçai et grimpai sur lui non sans réticence mais… pouvais-je faire autrement ? C’était soit ça, soit finir en rampant.

Je passai le reste de la route dans un mutisme total. J’appréhendais à mort la suite des événements.

— Vous avez peur ? me demanda mon preux chevalier, interprétant mon long silence.

— Un peu, avouai-je.

— Si je vous promets de vous protéger si jamais on vous veut du mal là-bas, me croirez-vous, Cerise ?

— Oui je vous crois, Laiqalassë. Je ne vous connais que depuis quelques heures mais je sais que je peux vous faire confiance.

Il n’y avait rien d’ironique dans mes propos et, aussi fou que cela puisse paraître, je le pensais vraiment.

Il inclina légèrement la tête.

— Merci, répondit-il. A ce propos, j’ai quelque chose à vous avouer, Cerise, commença-t-il.

Il semblait un peu gêné et j’aurai aimé pouvoir voir sa tête à ce moment là.

— Quoi donc ? Vous êtes tombé fou amoureux de moi, répliquai-je gentiment, me moquant un peu de lui pour détendre l’atmosphère.

Il émit un bruit de gorge. Il riait ce qui fit trembler tout son corps et moi avec.

— Ah, si seulement, chère Cerise, mais non, pas vraiment. Je me suis permis de jeter un coup d’œil dans vos affaires.

Mon sac, pensai-je. Il y a quelques temps de cela, j’aurai hurlé comme une folle mais là que pouvais-je faire de plus. Je soupirai néanmoins.

— Et ? le questionnai-je un peu mécontente.

— J’en suis le premier navré mais vous êtes si différente des gens que j’ai eu l’occasion de rencontrer en Terre du Milieu que la curiosité a été la plus forte.

— Ça va ? Vous vous êtes remis de vos découvertes ? demandai-je de façon plus sarcastique, cette fois.

Je lui en voulais un peu finalement. Au lieu d’être contrit, il se mit à rire.

— Pour tout vous dire, mon incursion s’est soldée par une terrible punition : je n’avais plus qu’une envie après, c’était de vous harceler de questions. Mais nous attendrons d’être arrivés.

Cette fois, c’est moi qui me mis à rire. Cet elfe était juste terrible ! Je le connaissais peu voire pas du tout mais je l’appréciais vraiment. Des fois, les premières impressions étaient toujours les bonnes. Je devais le lui dire.

— On ne se connaît que depuis quelques heures, vous et moi, mais je vous apprécie déjà beaucoup Laiqalassë.

— C’est réciproque, Cerise. Tenez, regardez, nous sommes arrivés.

Je relevai la tête pour apercevoir juste devant nous les portes ouvertes du palais de Thranduil.

Mon cœur se mit à faire des loopings dans ma poitrine. Je me sentais mal mais aussi très excitée. Dans un sens, j’avais encore des difficultés à admettre cette simple chose : j’allais revoir Thranduil et, malgré tout ce qui venait de m’arriver, j’en étais heureuse et terriblement impatiente.

A Suivre


Annotations

Pas de Thranduil dans ce chapitre et à dessein. De plus, ça m’a fait rudement plaisir de faire sortir Cerise du royaume des elfes. Bon, les circonstances sont ce qu’elles sont et puis elle rencontre sur son chemin un preux chevalier elfique alors bon…

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One comment

  • Dernière review pour ce soir, je reprendrai demain mes chapitres en retard. J’ai beau avoir lu tout ça un certain nombre de fois, j’en ai quand même laissé refroidir mon café. Il est dégueulasse, maintenant, c’est malin.

    L’illustration est vraiment magnifique. C’est la même personne qui a fait ces fanarts d’Elrond très, très beaux ?

    Bref, le chapitre. Finalement, le précédent laissait le lecteur sur sa faim et ce n’est que dans les présentes lignes que le puzzle se reconstitue petit à petit. On sent l’avis de Cerise très partagé sur ce qui lui arrive. Elle est furieuse contre Thranduil qui ne lui aura pas porté secours et elle réalise, même si elle en a déjà fait l’amère expérience un peu plus tôt dans l’histoire lors de sa funeste rencontre avec un arachnide géant, qu’elle jouissait d’un certain confort à Mirkwood/Eryn Lasgalen où elle se trouvait à l’abri. De la pluie. Des poissons qui puent. Des Wargs. En ce sens, les regrets se mêlent à la colère et l’ensemble est bien douloureux, rendant sa situation déjà problématique encore plus insupportable. On a de la peine pour elle, pauvre Cerise.

    Et puis survient la fameuse rencontre. L’apparition de Legolas, heu, au temps pour moi, de Laiqalassë, reste remarquablement jubilatoire par bien des points. D’abord, on est tellement habitués, nous autres qui avons vu les films, à l’autre borne kilométrique à perruque blonde, que c’est un peu déstabilisant de le voir brun. En ce qui me concerne, comme je te l’ai déjà dit, ça ne m’a pas gênée, au contraire. D’abord, Tolkien n’a jamais donné la moindre information sur cette fameuse couleur de cheveux, la blondeur a été un choix scénaristique. Legolas brun, ça met une sacrée distance avec les films, et donc avec l’exaspérant interprète du personnage. Ça fait vraiment du bien. Sur le plan de la personnalité et de la sensibilité, on retrouve vraiment le personnage des bouquins, amoureux de la nature, énigmatique et curieux de tout. De fait, il est vraiment adorable et attachant, bien plus que dans le film. Son espèce de « coup de foudre amical » pour Cerise est très touchant, d’autant qu’il est réciproque. Cette rencontre est une bénédiction pour notre humaine préférée car elle lui apporte tout ce dont elle avait besoin : être écoutée sans être jugée, être soignée et consolée par quelqu’un qui ne lui pose pas de questions indiscrète. D’ailleurs, Legolas apprend des choses qu’il n’avait pas forcément besoin ni envie de savoir mais le quiproquo est tellement cocasse qu’on ne peut pas s’empêcher de trouver ça drôle même si on est mal à l’aise pour lui.

    Legolas, ici, montre une nouvelle fois à quel point tu arrives à t’approprier de façon originale et efficace les personnages de l’œuvre de base. On est hors des sentiers rebattus dans des quantités de fanfics toutes langues confondues (les bouses du fandom français se retrouvent quasiment à la virgule près en anglais) et pourtant on sait à qui on a affaire, on les reconnait tous et, même s’ils sont différents de ce à quoi on est habitués quand on lit pas mal de fics, ils sont bien plus attachants que dans cette vision revue et archi-revue.

    Rien que pour ça, bravo. Et merci, aussi.

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