Chapitre 18 : L’Avocat du Diable

The Forgotten Sands Concept 3 by Deusindaemone

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L’Avocat du Diable

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Cerise

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J’eus toutes les peines du monde à m’extraire de mon lit. Liamarë me secouait comme un prunier depuis un petit bout de temps avant que je ne me décide enfin à me lever.

— Dépêche-toi, Cerise, me dit-elle, notre Seigneur ainsi que l’audience s’impatientent.

J’écarquillai les yeux en me souvenant de ce qui allait se passer.

— Et ils m’attendent depuis longtemps ? voulus-je savoir, le cœur battant à un rythme anormal.

Liamarë soupira.

— Notre roi a repoussé le procès à cette fin de matinée. Il souhaitait que tu te reposes.

— Tu déconnes ? soufflai-je, interloquée. Thranduil, enfin je veux dire, le Seigneur Thranduil a vraiment fait ça pour moi ?

L’elfe se mit à rire doucement.

— Aussi incroyable que cela puisse te sembler, oui, il a fait cela — elle s’arrêta un instant me scrutant intensément —… pour toi, finit-elle par dire.

J’allais rétorquer quelque chose quand on frappa à la porte.

— Liamarë, Cerise, il faut que vous veniez, maintenant. Toute la salle commence à s’impatienter.

C’était Tamril. Je ne l’avais plus croisé depuis un moment… depuis que nous nous étions embrassés et ce souvenir me donna un sentiment de malaise. J’avais mal agi envers lui. Dès que j’aurai un moment, il faudrait que j’aille lui parler pour m’excuser et lui expliquer les choses. Je l’aimais beaucoup certes, mais simplement comme un bon ami.

Je me dépêchai d’enfiler la robe que mon amie me tendait, me brossai sommairement les cheveux et sortis en trombe. Le bras droit du capitaine de la garde nous attendait au bout du couloir. Il nous fit un signe de tête quand nous arrivâmes à son niveau.

— Tamril, soufflai-je un peu gênée et en rougissant légèrement.

— Venez, Cerise, nous devons faire vite avant que le roi ne perde patience pour de bon.

Je n’eus pas le temps de lui dire quoi que ce soit qu’il était déjà parti vers la salle des audiences. Je le suivis en boitillant légèrement. Bien que moins douloureuse que la veille, ma blessure au mollet me gênait pour marcher normalement. Liamarë, quant à elle, avançait derrière moi.

— Tout va bien se passer, me dit-elle quand nous fûmes arrivées.

Avisant l’intérieur de la salle, je me sentis défaillir.

— Allons, Cerise, tout ira bien, tenta-t-elle de me rassurer une nouvelle fois en me caressant le dos en un geste apaisant.

J’émis un bruit de gorge. Je n’étais pas rassurée, mais alors pas du tout.

— Il y a bien du monde ce matin à Mirkwood, dis-je doucement pour me détendre et faisant référence à une vieille phrase bien connue.

— Vertbois, me dit Tamril avec un sourire narquois, maintenant c’est Vertbois.

S’il voulait se montrer drôle c’était plutôt raté.

Tandis que j’avançais d’un pas mesuré à l’intérieur de ce tribunal improvisé, tous les regards convergèrent vers moi. L’assemblée se tut, me dévisageant comme s’ils n’avaient jamais vu une humaine de leur vie. C’était assez stressant.

Tamril, voyant que je tremblais légèrement me pressa le coude dans un geste visant à m’encourager. Je lui adressai un maigre sourire en retour.

Pour éviter le regard inquisiteur de tous ces elfes, je me mis à contempler le décor de ce lieu que je n’avais jamais pris le temps d’admirer auparavant. A l’instar des autres pièces, cette salle possédait, elle aussi, des colonnes en forme de troncs d’arbre, entrelacées de lierres montants. Une sorte de box sur les deux cotés droit et gauche retenait la foule… car oui, je n’abusais pas en disant qu’il y avait foule aujourd’hui. C’était étrange car quand j’étais arrivée à Mirkwood, la population m’avait parue bien moins dense.

Au bout de l’allée se trouvaient deux chaises hautes comme celles que l’on pouvait trouver dans les appartements du roi. Sur l’une d’elle se tenait assise de façon très droite Maeiell, qui n’avait pas bougé d’un pouce à mon arrivée.

Je ne la regardai pas non plus lorsque je m’assis à ses côtés. J’eus toutes les peines du monde à empêcher mes mains de trembler.

J’étais très angoissée.

En face de nous, se trouvait Thranduil, et encore une fois, il réussit l’exploit de me couper le souffle. Il avait toujours été incroyablement beau et le voir drapé dans ses apparats de roi, de juge et de bourreau me donna des frissons qui n’étaient pas seulement liés à mes appréhensions. Même dans des moments pareils, il arrivait à me faire de l’effet. J’étais dramatiquement irrécupérable.

Sur sa gauche se tenait son conseiller dont je n’avais jamais retenu le nom ainsi que d’autre gens que je ne connaissais pas.

Mon estomac se tordit de douleur. Je me rendais bien compte que depuis que j’étais arrivée en Terre du Milieu, je n’avais jamais rien fait pour m’y insérer… et encore moins pour m’y intégrer. La plupart de ces gens savaient qui j’étais, quant à moi, je n’avais jamais pris la peine de vraiment les connaître tous, préférant rester hermétique à ce monde qui me paraissait aussi surréaliste que ma venue inopportune. En somme, j’avais tout fait pour être celle qui ne serait que de passage. Une simple humaine qui avait bien plus de privautés que la moitié d’entre eux. Celle que le roi avait acceptée alors qu’il n’acceptait jamais aucun étranger chez lui. M’étais-je fourvoyée depuis le début ? Aurais-je dû croire à tout ce truc qui m’était arrivé ? Avais-je mal agi en me montrant aussi stupide et hystérique que si j’avais été dans un simple fanfiction en manque de sensations fortes ? Et aujourd’hui, allais-je payer tout ça ? Jamais ces gens ne prendraient mon parti, je ne leur avais jamais donné la peine de vraiment me connaître. Même le roi ne connaissait que ce que je voulais bien montrer de moi. En somme, ce procès, il y avait de forte probabilité que ce soit l’autre qui le gagne. Jetant un rapide coup d’œil à ma droite, je vis son petit sourire en coin.

Pendant que je ruminais intérieurement, un autre elfe entra par une porte qui se trouvait derrière le roi. Il vint à ses côtés pour s’entretenir avec lui et Thranduil lui présenta alors une chaise vide où il s’assit avant de faire un signe de tête souriant à ma rivale.

J’étais perdue. Comment avais-je pu croire qu’il m’aurait suffi de crier sur tous les toits ce qu’elle m’avait fait pour être crue alors qu’elle… elle vivait ici depuis des millénaires sans doute et connaissait très certainement tout le monde.

Un bruit de marteau me fit sursauter, me ramenant à ma triste réalité. Une image fugace de mon ancienne chambre d’enfant me revint en mémoire.

— Si je vous ai réunis ici c’est sur la demande de Cerise, cette jeune humaine qui vit parmi-nous depuis peu, commença le roi d’Eryn Lasgalen d’une voix puissante et sans défaut.

D’un geste sûr il me présenta de la main et m’invita à me lever. — Nous vous écoutons, jeune demoiselle.

Je mis un petit moment à comprendre que c’était à moi de parler, de dire, d’expliquer. C’était plus fort que tout mais je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil à l’assistance. Je les voyais chuchoter entre eux, me montrant du doigt comme si j’étais une bête curieuse. Il est vrai que je ne devais être guère plus qu’une étrangère à leurs yeux.

— Je…, je suis…

Je ne pus jamais finir ma phrase. Je ne savais pas quoi dire, je n’étais pas préparée à ce genre de chose. Je sentis ma tête s’enflammer. Mes joues devaient être cramoisies.

— Exprimez-vous, qu’on en finisse ! tonna une voix qui n’était pas celle de Thranduil. — Il s’agissait de l’elfe qui avait souri à Maeiell un peu plus tôt. — J’ose espérer que vous ne nous avez pas réunis ici pour rien, jeune fille.

L’assemblée se mit à rire doucement mais un coup d’œil assassin de Thranduil les réduisit tous au silence.

J’exhalai un très long soupir et tentai de remettre mes idées en place. Si je faiblissais maintenant, rien ni personne ne pourrait quoi que ce soit pour moi. Même Thranduil ne pourrait pas m’aider. En somme, j’étais seule et cette fois, les pitreries que j’affectionnais tant ne me serviraient pas à grand-chose. Je ne me battais pas pour quelque chose que je ne saisissais pas, non, je me battais pour mon honneur. L’honneur d’une simple petite humaine dans un royaume d’elfes totalement hostiles.

— Parlez, Cerise, vous n’avez rien à craindre, reprit Thranduil d’une voix qui se voulait bienveillante.

Je relevai les yeux vers lui pour le regarder et il m’encouragea d’un signe de tête. Etait-ce possible que finalement, il me croie ? Pourtant, la veille, il semblait encore réticent à mettre la parole de Maeiell en doute.

J’inspirai un bon coup avant de me lancer.

— Je réclame justice et réparation face à ce que l’elfe Maeiell m’a fait subir.

Je pris le temps de faire une courte pause pour me laisser le temps de continuer : — Elle a abusé de ma confiance pour mieux me tromper et me faire du mal.

Bruit dans la salle.

— Et que vous a-t-elle donc fait de si grave ? demanda le conseiller de Thranduil.

— Elle m’a fait croire qu’elle avait besoin de mon aide dans les caves pour ensuite me porter un coup à la tête et me mettre dans un des tonneau vide qui allait être envoyé au village des hommes, dis-je d’une voix claire, sans trembler.

— En quoi cela vous a-t-il porté préjudice ? me demanda un autre elfe qui se trouvait sur la gauche de Thranduil et de son conseiller.

Je crus m’étrangler d’indignation avant de comprendre qu’il n’y avait aucun sous-entendu à sa question. Il voulait savoir, c’était tout.

— J’ai failli mourir, répliquai-je en relevant le visage et en fixant fermement les juges. De plus, repris-je, elle a fait croire que j’étais partie délibérément en récupérant toutes mes affaires pour les jeter sans états d’âme dans le tonneau où j’étais moi-même inconsciente.

Je vis le conseiller se tourner vers Thranduil et lui parler à voix basse. Ce dernier inclina la tête avant de se tourner vers Maeiell.

— Levez-vous, Maeiell fille de Maëgloene, asséna la voix implacable du roi. Vous êtes accusée par l’humaine Cerise et invitée du royaume d’Eryn Lasgalen d’avoir conspiré délibérément à sa disparition, au risque de provoquer sa mort. Qu’avez-vous à dire ?

— Je n’ai rien fait, rétorqua l’elfe d’un seul mouvement de tête. Cette humaine ment comme elle respire.

Maeiell me lança un regard de côté. Il était méprisant et pleins de hargne. J’eus envie de lui sauter à la gorge pour régler tout ça moi-même mais je m’en abstins. C’était dur mais j’y arriverais.

— Qu’est-ce qui vous faire dire que l’humaine est une menteuse ? Vous a-t-elle fait du tort par le passé ?

Ah bah ça oui, je lui ai piqué sa place toute chaude dans le sacro-saint lit du roi. Tu m’étonnes qu’elle ait la rage, la garce. Cela dit, je ne voyais pas ce qu’elle allait dire pour justifier sa haine à mon encontre.

— Depuis qu’elle est ici, elle n’arrête pas de jeter la confusion parmi les elfes mâle de notre royaume, répliqua-t-elle en prenant un timbre presque larmoyant.

Putain que c’était bas, ça… Comme si j’étais devenue l’Hélène de Troie de Mirkwood. Purée mais où est mon Paris ? Où est Orlando Bloom sans son arc et ses flèches ?! Tiens, en parlant de Orlando, je me demandai bien où pouvait être Legolas, je ne l’avais pas vu quand j’étais arrivée ici.

— Cerise ? Cerise ?! entendis-je tout d’un coup.

C’était le roi.

— Oui, excusez-moi, dis-je, honteuse d’avoir été surprise dans mes pensées.

— Qu’avez-vous à répondre à cela ? demanda un des juges.

Répondre à quoi déjà ? Ah oui !

— Je ne vois pas en quoi cela concerne ma requête, dis-je d’une voix dure.

Thranduil et son conseiller acquiescèrent en chœur.

— Quant à moi, répondit Maeiell alors qu’on ne lui avait rien demandé, je ne vois pas pourquoi j’aurais fait du mal à cette humaine. Quand bien même je ne l’apprécie pas — après tout c’est une humaine — je ne lui aurais jamais fait le moindre mal.

Le roi d’Eryn Lasgalen acquiesça de nouveau puis il tendit la main vers un point derrière moi.

— Approchez, Dame Gabrielle, il semblerait que vous ayez quelque chose à nous dire.

Etonnée, je me retournai vers la femme de Haldir et ma nouvelle amie. Elle semblait plus déterminée que jamais.

— Je vous confirme les propos tenus par Cerise. J’ai vu de mes yeux l’elfe Maeiell et Cerise se rendre ensemble aux étages inférieurs du palais.

Nouveaux murmures dans l’assemblée.

Je ne savais même pas que Gabrielle nous avait aperçues. J’aurais tant voulu me tourner vers elle pour lui témoigner ma reconnaissance.

— Elle ment ! hurla Maeiell ! Cette elfe ne vaut pas mieux que l’humaine, ce n’est qu’une horrible petite…

— Je ne vous permets pas de parler ainsi de ma femme, ni de la petite-fille de la Dame Blanche* ! tonna la voix de Haldir.

La garce se retourna pour fusiller le Gardien de la Lórien d’un regard assassin.

— Il suffit ! rugit la voix du roi, et le silence fut dans la seconde même où il avait hurlé ces mots. Pour ma part, j’avais l’impression de m’être retrouvée dans un épisode de Shark ou de Drop Dead Diva sans… les principaux acteurs.

— Effectivement, nous ne remettrons pas en doute les propos de la petite-fille du seigneur Celeborn et de Dame Galadriel*, Haldir, nous vous prions d’excuser Maeiell, vous pouvez vous rasseoir, répondit Thranduil. Il n’y aura pas de guerre aujourd’hui.

Curieuse, j’osais enfin lorgner derrière moi et je vis que Gabrielle était dans le premier rang avec Haldir qui avait l’air furieux, prêt à dégainer son épée. Alors comme ça, Gabrielle était la petite-fille de Galadriel ? Elle me l’avait bien caché. Il faut dire aussi qu’elle ne ressemblait pas du tout à ses prestigieux grands-parents.

Tandis que Maeiell enrageait complètement, Thranduil et ses juges improvisés se retirèrent quelques minutes pour discuter entre eux de tout ce qui avait été dit jusqu’alors. Ils revinrent ensuite et au moment où le conseiller allait dire quelque chose, la porte s’ouvrit avec fracas. Incrédule, je vis Legolas avancer avec…

— Madame Wilma ? soufflai-je, complètement surprise. Mais que…

La vielle femme me fit un hochement de tête avant de venir se présenter avec le fils du roi devant Thranduil et les autres.

— Qui est-ce ? demanda le conseiller, légèrement dégoûté de voir une nouvelle humaine en ces lieux.

— J’ai eu l’autorisation du roi pour ramener ce témoin, commença Legolas.

— Très bien, Legolas Thranduilion, débita l’autre elfe. Nous vous écoutons.

Le prince, qui se trouvait à présent devant moi avec Wilma, secoua la tête. J’imaginais sans peine, un sourire de dérision se peindre sur son visage.

— Ce n’est pas moi que vous écouterez, Annael, mais madame Wilma qui a eu la gentillesse de se déplacer de Laketown pour témoigner ici.

D’un geste, il encouragea Wilma à parler.

— C’sont mes hommes qu’ont ramenés cte pauvre fille chez moi. L’ont trouvée dans un tonneau à moitié raide…enfin morte, quoi. Elle était dans un sale état et avec tout l’eau qu’elle avait, j’ai bien cru que j’pourrais rien faire. Sur elle, y avait aussi sa besace toute trempée. J’lai gardée pour quand elle s’réveillerait.

— Etait-elle blessée ? voulut savoir le roi d’une voix dure, ses yeux fixés sur la pauvre femme.

J’avoue que je n’aurai pas aimé être à sa place. Mais quel courage !

— Pour ça oui, affirma-t-elle. Elle avait une bosse aussi grosse qu’un œuf de poule sur l’arrière d’son crâne. Y avait même un peu de sang. Ceux qui l’ont frappée ont pas été d’main morte. J’…

— Cela suffira. Merci, jeta froidement Thranduil.

Legolas inclina la tête avant d’emmener Wilma derrière l’un des deux box où se trouvaient les spectateurs de ce drôle de procès improvisé.

Tandis que je regardais Thranduil invectiver en Sindarin son conseiller, Annael, donc… je sentis quelque chose me toucher l’épaule. Je me retournai.

— Allez-vous bien, Cerise ? me demanda Legolas, un brin inquiet pour moi.

Savoir qu’il avait à cœur mon bien être me toucha bien plus que je ne l’aurais imaginé.

— Oui, merci, et grâce à vous, dis-je dans un murmure.

Il secoua la tête.

— Je n’ai fait que chercher Dame Wilma. Quand je lui ais expliqué de quoi il en retournait, elle n’a pas hésité une seule seconde.

Cherchant Wilma des yeux, je la vis avec Gabrielle et Haldir, mes plus fervents supporteurs dans cette histoire. Je fis un merci silencieux. Haldir inclina sa tête avant de poser sa main sur le cœur, tandis que Gabrielle et Wilma me souriaient.

Une nouvelle fois, le roi nous rappela à l’ordre.

C’est dans un silence total qu’il allait enfin rendre son verdict. Une chape de plomb se plaça dans mon ventre tandis que je retenais mon souffle.

— Aux vu de tout ce qui a été dit et de ce que nous avons pu en déduire, ils nous apparaît clairement que l’elfe Maeiell est coupable des faits qui lui sont reprochés.

— Non, hurla-t-elle. Ce n’est pas juste ! Ce n’est qu’une humaine, comment pouvez-vous croire un être aussi insignifiant et dénué de valeur ?!

— Il suffit ! tonna le roi. En plus de nous décevoir, continua-t-il, vous faites honte à notre royaume. Vous avez abusé de notre confiance tout en pensant que cela serait sans conséquence. Nous avons longuement hésité sur la sanction à prendre. Vous ne serez pas bannie de ce royaume, cependant et pour la peine, vous perdrez ce qui fait votre plus grande fierté.

Des gardes apparurent pour prendre Maeiell par les bras.

— Mon Seigneur, je vous en supplie, tout mais pas cela, se lamenta-t-elle.

Elle s’était mise à pleurer et, tout à faire entre nous, je la trouvais des plus pathétique. Elle ne m’inspirait que pur mépris. Je détestais ce genre de personne.

— Emmenez-la jusqu’à ses appartements et qu’elle n’en sorte qu’une fois que tout sera fini.

— Ce procès est terminé, vous pouvez tous repartir à vos occupations, beaucoup de choses restent à faire, déclara Annael qui se leva à son tour avant de partir.

Le roi, quant à lui, avait quitté la salle juste après Maeiell et ses deux gardes qui la serraient de près. Il ne m’avait même pas adressé un regard, cependant j’avais eu le temps de le voir s’entretenir quelques secondes avec son fils.

Quant à moi, je restais plantée là. Alors c’était tout ? Et c’était quoi, cette punition ? Je n’avais rien compris. Ils ne la bannissaient pas après ce qu’elle m’avait fait ? Où était la justice là dedans ? Je vis Haldir et Gabrielle quitter la salle avec Wilma. Bientôt, je fus l’une des dernières à être encore présente à l’intérieur.

— Venez, Cerise, me dit la voix chaleureuse de Legolas.

Je le scrutai un instant. Il avait toujours son énigmatique petit sourire qui lui donnait un air charmeur. Pour un peu, j’aurais presque pu tomber amoureuse de lui si je ne l’étais pas déjà de quelqu’un d’autre… son propre père.

— Pourquoi faites-vous autant pour moi, Legolas ? ne puis-je m’empêcher de lui demander.

— Ne vous avais-je pas promis de vous protéger une fois que nous serions entrés au palais ?

— Oui, mais…

— Il n’y a pas de « mais », Cerise. Vous valez la peine que l’on se batte pour vous, me répondit-il avant de me prendre dans une accolade fraternelle.

Je me laissai aller contre lui et plaça mes deux bras derrière son dos. Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas pu profiter d’un simple câlin sans arrière pensée.

— Mes parents me manquent, marmonnai-je contre sa tunique.

Il me caressa doucement la tête.

— Vous étiez proche d’eux ? me demanda-t-il.

— Oui, très. Et j’ai envie de les revoir. Mes amis me manquent aussi, ma vie normale me manque. Mon chez-moi, mes habitudes…

Je sentis les larmes poindre doucement. Je ne savais pas pourquoi je lui disais tout cela mais il m’apparaissait comme une espèce de bouée à laquelle je pouvais m’appuyer. Il ne me jugerait pas.

— Vous êtes ici depuis combien de temps, Cerise ?

Sa voix était douce, elle raisonnait en moi comme un véritable baume sur ma conscience.

— Je ne sais pas, dis-je en reniflant, ici vous ne comptez ni les heures ni les jours de la même manière que nous. Sans doute deux mois, trois mois, voire plus, je ne sais pas. Je ne compte plus.

Sa main quitta mon crâne. J’en fus presque déçue, j’avais aimé cette sensation d’apaisement quand il m’avait caressée.

— Le mal du pays est quelque chose de tout à fait normal, reprit-il en m’écartant légèrement de lui. Et à ce que vous me dites, je dirais que vous commencez aussi à vous sentir un peu mieux parmi nous.

Je relevai la tête, surprise pas ses propos.

— Qu’est-ce qui vous fait penser ça, Legolas ?

Il m’avisa un moment avant de me montrer un sourire franc.

— Si vous vous sentiez mal, vous compteriez chaque jour qui vous sépare de chez vous, me dit-il.

— Comment pouvez-vous en être si sûr ? demandai-je, peu convaincue par ses propos même s’ils visaient à me rassurer.

— Je n’essaie pas de vous rassurer, Cerise, mais je vous parle par expérience.

— Par expérience ?

Alors là… Je ne comprenais pas.

— Ce que je vais vous dire doit rester entre nous mais… moi j’ai toujours le mal du pays quand je quitte le royaume de mon père. Il n’y a pas un seul jour, une seule seconde que je ne compte pas.

— Votre… votre père vous manque-t-il ?

— Toujours, me répondit-il. Malgré ses défauts, sa froideur et ses airs indifférents, j’aime énormément mon père. Il mérite d’être de nouveau heureux, Cerise.

Je scrutai les prunelles de ses yeux incroyablement bleues, du même bleu que ceux de Thranduil.

— Pourquoi me dites vous tout ça, Legolas ?

Il caressa doucement mon visage. Il ne m’avait toujours pas quitté du regard.

— Parce que j’ai la certitude que vous pouvez être celle qui lui rendra la joie et le goût de vivre.

Par réflexe, je me dégageai de lui, les yeux écarquillés par le choc que m’avait causé cette affirmation. J’avais envie de lui dire qu’il avait vu la vierge, qu’il déconnait, qu’il m’avait prise pour la mère Teresa de la Terre du Milieu, mais je fus incapable de lui dire tout ça. Non, parce que pour le moment, mon cœur battait à un rythme fou et qu’une autre partie de ma conscience exultait aussi. Si c’était ça être amoureuse, je n’aimais pas cette sensation. Etre dépendante du moindre espoir… c’était juste pathétique. Puis mon bonheur retomba aussi vite qu’un soufflé quand je me souvins que Legolas devait être quelqu’un d’utopiste, et puis il aimait tout le monde. Finalement, je ne pouvais pas prêter intérêt à ce qu’il venait de me dire. Sans doute disait-il tout ça pour me rassurer ou me faire plaisir. Avait-il compris que je nourrissais plus qu’une simple toquade pour son souverain de père ?

— Je ne vois pas comment je pourrais rendre heureux votre père vu qu’un jour, je rentrerai certainement chez moi.

— C’est tout ce que je vous souhaite, Cerise. Allons, allez le retrouver, il m’a dit de vous dire qu’il tenait à vous parler.

Je secouai la tête, me rappelant la fin de ce procès dans lequel je n’avais rien saisi du dénouement.

— Je ne veux pas le voir. Il n’a même pas puni Maeiell.

Legolas soupira.

— Vous n’avez très certainement pas saisi le degré de la punition mais je puis vous garantir que Maeiell s’en souviendra pour le restant de son éternité. C’est une des plus lourdes sanctions qu’un roi puisse donné à l’un de ses sujets.

— C’est vrai ? demandai-je étonnée. Mais que va-t-il lui arriver ?

— Mon père a ordonné qu’on lui rase la tête.

— C’est tout ?

— Ce n’est pas tout, Cerise, c’est grave. Dans notre royaume, pour un elfe perdre sa longue chevelure est le signe d’une grave offense faite au roi lui-même. En faisant cela, mon père a clairement fait comprendre à tous que vous étiez spéciale pour lui.

— Mais pourquoi ?

— Peut-être parce que malgré tout ce qu’il peut vous montrer, il tient à vous.

Je ne pus rien dire de plus car Legolas me força presque à retrouver Thranduil. C’est donc le cœur battant que je partis en direction des appartements du roi.

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Thranduil

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J’avais été à deux doigts de perdre mon calme quand j’avais compris que Maeiell m’avait manipulé. Comment avait-elle osé prendre son roi pour un imbécile ? Je fulminais encore quand j’arrivais à mes appartements.

Il fallait que je me calme. Cerise ne devait être ni le témoin ni le souffre douleur de mon énervement. Elle n’y était pour rien. Un dommage collatéral face à mon aveuglement. Je restai debout sans rien faire pendant quelques minutes mais cela ne me calma aucunement. Agacé, je retirai ma couronne avant de la lancer rageusement sur mon bureau. Ensuite je déboutonnai mon manteau et une fois que je fus plus à l’aise, je partis en quête d’un verre et d’une carafe de vin. Galion avait pour ordre de toujours faire en sorte que chaque carafe se trouvant ici soit correctement remplie sans que je ne le lui demande. Voyant le liquide rouge rubis me narguer, je l’attrapais par le goulot et versai l’alcool de raisin par grande rasade, jusqu’à ras bord. Je le bus d’un trait, puis me resservis.

— Vous ne devriez pas boire comme cela, me dit une douce voix que je mis un moment à reconnaître.

Cela eut pour mérite de m’arrêter dans mon élan. Je reposai le verre tout en tentant de me calmer.

— Cerise, dis-je en me retournant doucement vers elle.

Elle était plantée au beau milieu du salon. Son regard doré me fixait sans ciller. Je sentis mon cœur battre plus fort. Que m’arrivait-il exactement ? Qui était-elle, finalement, pour me faire ressentir autant d’émotions contradictoires ? A la joie de la voir se mêlait aussi de l’agacement et puis autre chose. Sans doute du soulagement de la savoir parmi nous et non ailleurs. Elle avait une nouvelle fois failli mourir, et encore une fois, j’en étais le seul responsable. Ne savais-je donc pas prendre soin de ceux qui m’importaient ? Tant de gens avaient comptés pour moi et si peu qui avaient survécu. Fermant les yeux un instant, je me sentis perdre l’équilibre. Avisant un fauteuil non loin de moi, je m’y affalai sans autre forme de procès. Que les apparences aillent chez Morgoth…

— Mon Dieu, allez-vous bien, Seigneur Thranduil ? s’inquiéta-t-elle en courant vers moi.

Je me passais la main sur le front.

— Ainsi je suis redevenu le seigneur Thranduil pour vous, dis-je amèrement.

Je me sentais un peu las. Le vin et la douce torpeur de l’alcool m’appelaient de toutes leurs forces mais Cerise faisait écran entre ce désir d’oubli et moi-même.

— Vous êtes la personne la plus compliquée que je connaisse, avança-t-elle. Je ne sais pas ce que vous voulez de moi au juste.

Tout, faillis-je lui dire… parce que c’était une chose certaine que je ne pouvais plus taire à moi-même. Je voulais tout d’elle : son désir, ses peurs, ses rires, ses joies, ses peines… et son amour. Cependant, je ne me sentais pas prêt à faire de même en retour. Je ne pouvais pas, j’avais déjà aimé d’un amour fou Elenna, ma douce Elenna qui était encore en moi et n’en repartirait probablement jamais mais… Cerise, ce que j’éprouvais pour elle était à la frontière de ce que j’avais ressenti un jour pour ma belle et tendre Elenna. Ce qui était inconcevable, à moins que…

Pris dans un élan de tendresse, j’attrapais une mèche de ses longs cheveux blonds. Des cheveux qui avaient la douceur de la soie sous mes doigts.

— Nous avons cru ne plus jamais vous revoir, avançai-je doucement.

Je l’entendis soupirer avant de bouger, laissant filer sa mèche entre mes doigts. Je relevai alors la tête pour la regarder. Elle semblait si malheureuse. Etait-ce par ma faute ? Et depuis quand cela m’importait-il ?

— Je ne suis jamais partie, commença-t-elle en revenant se planter devant moi.

Elle était debout et moi assis. Je n’aimais pas cela, alors je me relevai pour lui faire face.

— Vous n’étiez plus dans notre royaume, Cerise, lui rappelai-je durement. Comment aurions-nous pu croire qu’il vous était arrivé quelque chose ? Vous étiez libre.

— Mais je vous avais dit que je voulais vous accompagner jusqu’aux Havres Gris. Ma parole a donc eu si peu d’effet sur vous ?! répliqua-t-elle d’une voix qui montait dans les aigus.

Ses yeux brillaient et je compris qu’elle était sur le point de pleurer.

Pourquoi ?

— Vous n’êtes qu’une humaine, Cerise, parfois les humains reviennent bien plus souvent sur leur parole que n’importe quelle autre créature d’Arda.

Elle émit un ricanement de dédain.

— De la part de celui qui a un jour abandonné tout un peuple au prise entre les mains d’un dragon sanguinaire, je vous trouve bien culotté.

Comment osait-elle me reparler de cette histoire ?! Comment la connaissait-elle, d’ailleurs ?

— Cela ne vous concerne pas, Cerise, crachai-je bien malgré moi.

Je sentais la fureur, à ses propos, monter dans mon corps sans pouvoir l’arrêter. — Si j’ai agi ainsi c’est que j’avais mes raisons alors que vous…

—Mais je n’ai jamais voulu vous quitter ! Je me sentais bien ici, et en sécurité ! Je ne suis jamais partie de mon plein gré ! Avec tout ce que nous… ce qu’il s’est passé entre nous, reprit-elle, pourquoi serais-je partie ?!

— Je ne sais pas Cerise, dis-je doucement en me passant la main sur le visage. Je n’en ai pas la moindre idée.

— Vous avez si peu confiance en moi, soupira-t-elle.

— Vous êtes humaine, répondis-je en me détournant d’elle pour récupérer mon verre que j’avais délaissé à son entrée.

— Que dois-je faire pour être autre chose à vous yeux ? demanda-t-elle doucement.

— Rien, soufflai-je en vidant mon verre.

Rien, repris-je pour moi-même parce qu’à la vérité, elle était déjà bien plus qu’une simple humaine à nos yeux. Elle nous appartenait.

— Je ne veux pas être une nouvelle maîtresse pour vous.

— Vous ne l’avez jamais été, marmonnai-je en me resservant un verre.

Pendant que je le remplissais, j’entendis un bruissement de vêtement, comme si… mais je décidai de l’ignorer.

— Je veux être moi-même, Thranduil.

Elle m’avait appelé par mon nom, m’étonnais-je, et je me maudis d’en ressentir autant de plaisir.

— Vous l’êtes déjà, Cerise.

Sa douce fragrance emplit alors mes narines. Elle devait être juste derrière moi mais, pour une raison que je refusais d’analyser, je ne voulais pas me retourner maintenant. J’avais peur que mes émotions soient bien trop lisibles, je n’aimais pas être mis à nu.

— … et je vous veux vous, Thranduil. — Elle s’interrompit un instant sa main venait de se poser sur mon dos. Avais-je bien entendu ? — Je vous veux comme une femme veut l’homme qu’elle désire, termina-t-elle dans un doux murmure.

Je me haïssais d’être sensible à ses paroles. D’y prendre goût. Cette conversation me rappelait et me ramenait à des souvenirs enfouis datant de plusieurs millénaires. Un jour, une elfe m’avait tenu des propos presque similaires. Je ne pouvais pas croire que…

— Je ne suis pas un homme, Cerise.

— Non, vous ne l’êtes certes pas, mais je vous en prie, tournez-vous, regardez-moi telle que je suis.

Cette supplique. Je reconnaissais à peine celle qui était en train de me parler mais cela réveilla quelque chose en moi qui était endormi depuis si longtemps que je crus défaillir en superposant une autre voix venue d’un autre temps. Je fis ce qu’elle me demandait, je me retournai lentement vers elle.

Ce n’était pas une étoile brune faite de courbes lumineuses et de douceur qui me regardait mais une jeune femme blonde pulpeuse et incroyablement nue.

— Cerise, hoquetai-je bien malgré moi.

Elle ne détourna pas les yeux.

— Je vous veux vous tel que vous êtes, c’est ma décision et non parce que vous me l’avez ordonné, imposé ou décidé. Je vous veux vous parce que moi, Cerise, j’en ai très envie. Je vous veux vous, Thranduil, au delà d’un simple marché et si je reste à vos côtés, c’est de mon seul choix.

Je vis sa main se lever avant de venir caresser ma poitrine. Je fermai les yeux sous le coup d’une émotion venue du plus profond de mon âme. Certains morceaux d’un puzzle qui avait commencé à se dessiner sous mes yeux, il y a quelque temps déjà, commencèrent à s’imbriquer d’eux-mêmes. Se pouvait-il que les Valar soient si facétieux qu’ils me l’aient renvoyée sous l’apparence d’une frêle et insignifiante femelle humaine ? Elle qui parlait Quenya dans son sommeil, la langue de ses ancêtres, elle qui m’avait troublé bien plus que je ne l’avais voulu, se pouvait-il que…

— Votre cœur bat si vite, Thranduil, remarqua-t-elle avant de poser sa tête contre mon torse.

Dans un accès de tendresse venu de loin, lié à de vieux souvenirs, je l’enveloppai de mes deux bras et embrassai son crâne. Qu’elle soit brune, blonde ou autre, humaine ou elfe, elle resterait ma seule et unique…

— Cerise, soufflai-je avant de me dégager d’elle pour prendre sa bouche en un baiser d’une tendresse infini qu’elle me rendit avec la même douceur. J’avais envie d’elle, à tel point que je sentais mon corps trembler sous l’effort de ne pas la posséder sans autre forme de procès.

Au lieu de cela, je la pris dans mes bras pour la porter jusque dans ma chambre à coucher et l’y allongeai avant de me déshabiller avec une certaine impatience. Quand je fus nu, je la rejoignis avant de reprendre notre baiser là où je l’avais laissé. Je la voulais si fort que j’en avais mal partout. Doucement, elle me renversa pour s’asseoir à califourchon sur moi avant de quitter ma bouche pour embrasser ma poitrine, égrainant une série de baisers tout aussi excitants et emplis d’une promesse de volupté qui me fit presque l’effet d’un coup de foudre. Je sentis sa langue descendre jusqu’à mon nombril et je compris qu’elle n’avait rien prémédité. Sa passion semblait n’avoir aucune limite et, pour la première fois depuis plusieurs millénaires, je décidais de m’abandonner totalement à cette nouvelle étreinte.

oO0Oo

Cerise

oO0Oo

Comment était-ce possible de vouloir aimer et pleurer en même temps ? Tandis que ma langue se promenait librement sur le corps magnifique de Thranduil, mon cœur avait envie d’exploser en un milliard d’étoile d’amour, de tendresse et de passion. Tout à l’heure, j’avais décidé d’écouter mes émotions plutôt que la raison qui me commandait de le fuir. Ce que je m’apprêtais à faire allait soit me coûter très cher soit me rendre heureuse pour le restant de mes jours. Cela dépendrait de comment il l’aurait, lui, interprété.

Et maintenant nous étions là, moi sur lui et lui qui me regardait d’un regard presque surpris laissant presque croire qu’il avait laissé tomber cette muraille de mépris qu’il dressait entre nous perpétuellement pour me donner enfin les clefs de son âme. Mais je devais très certainement divaguer, me fourvoyer. L’amour que je lui portais et que j’avais de plus en plus de mal à contenir — parce que je ne doutais plus d’être tombé amoureuse de lui — me faisait sans doute voir des hallucinations.

Cependant, tout ce qui m’importait présentement, c’était le plaisir que je retirais à lui faire du bien. Comme dans un rêve, je vis ma langue s’enrouler autour de son sexe dressé. Je n’avais jamais vraiment fait ce genre de chose mais je fus particulièrement récompensée dans mes efforts quand je l’entendis gémir tandis que je prenais le bout de sa hampe pour un bâtonnet de sucette.

N’ayant aucune expérience en la matière, je me convainquis que ce ne devait pas changer de la manière que l’on procédait avec ce genre de friandise. Je me mis en devoir de le lécher sur toute la longueur et, une fois arrivée en haut, je l’enfournai dans ma bouche aussi loin que possible. Je dus néanmoins refréner mes ardeurs quand son gland buta contre ma glotte et faillit me faire vomir. Thranduil était assez gros et, malheureusement, je dus faire une croix sur l’idée de pouvoir le prendre tout entier. Tant pis. Au lieu de cela, je me remis à le lécher, m’arrêtant quelques secondes sur le frein retenant la peau. Bientôt, j’eus la satisfaction de le sentir bouger les hanches. Ma petite douceur à son encontre semblait faire son effet, tant mieux.

C’est avec difficulté que j’abandonnai sa verge pour me redresser. Ses yeux légèrement voilés parcoururent mon corps avec une envie non feinte. Contente de moi, je me passais la langue sur les lèvres avant d’enjamber son corps pour me positionner sur lui. Doucement, je tentai de descendre sur son sexe roidi de désir non assouvi. Je pouvais sentir son gland butter contre les parois interne de mon intimité, ce qui m’électrisa totalement. Néanmoins, la progression, bien que lente, était aussi assez douloureuse. Je décidai alors de me pencher pour l’embrasser à nouveau. Quant à lui, il en profita pour caresser mon petit bourgeon d’amour qui ne demandait que ça. Au bout de quelques minutes, je fus assez prête pour descendre totalement sur lui et il m’attrapa par les hanches pour me faire coulisser sur lui avec une certaine cadence. C’était bon et douloureux en même temps.

Prise dans l’érotisme de ce moment qui n’appartenait qu’à nous, je me mis à caresser mes seins et mon ventre tandis qu’il m’amenait à lui de plus en plus fort. Je pouvais entendre nos chairs claquer à l’unisson et bientôt, je sentis la boule de feu grandir dans le creux de mes reins pour finir par exploser, m’emmenant à des endroits toujours plus éblouissants. Il ne fut pas long à me rejoindre et, pour la première fois depuis que nous étions devenus intimes, j’eus la satisfaction de l’entendre gémir d’une voix rauque au moment de l’orgasme. Nos yeux ne s’étaient pas quittés pendant un seul instant et si, comme le disait Molière, ils étaient bel et bien le miroir de nos âmes, alors je pense qu’à ce moment là, j’avais été aimée de la plus belle des manières.

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

Nous venions de faire l’amour de la plus exquise des façons. Cerise reposait contre mon torse et, à son souffle régulier, je compris qu’elle s’était endormie. Ce que nous venions de vivre là était bien plus qu’une simple expérience sexuelle. Aucun mot n’avait eu besoin d’être prononcé. Nos corps avaient parlé pour nous de bien plus de façon que nos simples bouches ne l’auraient fait.

J’exhalai un long soupir. Voilà que je redevenais sentimental. Si ce que je pensais se confirmait par la suite, je serai sans doute l’elfe Sinda le plus chanceux de toute la Terre du Milieu. J’allais sombrer à mon tour dans un sommeil réparateur quand Cerise se tourna vers moi. Ses yeux étaient entrouverts mais son regard vague. Je compris qu’elle dormait encore. Cependant, en penchant mon oreille vers sa bouche, je fus surpris de constater qu’elle marmonnait des phrases de plus en plus vite.

Qui êtes-vous, pourquoi me harcelez-vous comme cela ? Non, je ne vous connais pas, je ne suis pas cette… Elen… Non.

A ces mots, prononcés dans un Quenya parfait, je compris que ma petite humaine s’adressait à des personnes, très certainement des elfes. Même si cela était sous forme de rêve, je savais parfaitement bien que les Hauts-Elfes avaient cette capacité de savoir s’immiscer dans nos rêves pour nous parler à notre insu. Etait-ce seulement possible que Cerise soit bien plus que ce qu’elle ne prétendait être ? Pourtant, elle ne ressemblait vraiment en rien aux nôtres.

Se pouvait-il que ce soit elle, celle que j’avais perdue et qui enfin m’était revenue ?

Avec une infinie tendresse, je me penchai un peu plus pour lui embrasser le front.

L’avais-je enfin retrouvée ? Me l’avait-on finalement rendue ?

— Est-ce toi ? Mon Elenna, dis-je dans un murmure qui ressemblait plus à une fervente prière.

A Suivre


Annotations

(…) les propos de la petite-fille du seigneur Celeborn et de Dame Galadriel (…) J’ai en fait repris un lien, de parenté, fictif pour Gabrielle, épouse de Haldir, de la fanfiction de Essaidel : Là où on ne l’attend pas. Il s’agit d’une sorte d’hommage à une histoire que j’ai pris grand plaisir à , à ce jour, cette fanfiction fort passionnante, n’est plus sur ce site. Il faut espérer qu’elle la republie un jour, qui sait.

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