Chapitre 19 : N’oublie Jamais

Thranduil

19

N’oublie Jamais

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

2200 Ans du 2eme âge – Terre du Milieu

Le ciel était d’un bleu aussi pur que l’eau bénie des Valar quand notre mariage fut célébré dans la grande clairière aménagée pour l’occasion derrière le grand fief de Vertbois le Grand.

Mon père voyait d’un assez mauvais œil mon union avec une descendante des Ñoldor et des Teleri, bien qu’à moitié Sinda. Pour ma part, je n’avais d’yeux que pour elle. Elle était si belle dans sa robe blanche avec ses longs cheveux bruns sagement relevés en un chignon lâché. Ses yeux, oscillant entre le vert des feuilles de printemps et celui plus sombre des émeraudes, me fixaient d’un air mutin. Il y avait quelque chose de très pétillant en elle qui avait su m’attirer comme un aimant dès notre premier regard.

— Je crains que votre père, mon très cher époux, ait confondu notre mariage avec un enterrement, me murmura-t-elle à l’oreille tandis que j’avisais d’un œil, le grand roi Oropher, qui affichait effectivement un air des plus lugubre.

Je secouai doucement la tête. J’espérais qu’un jour il finisse par l’accepter et voir en elle ce que moi-même je voyais déjà.

— Il s’en remettra, lui dis-je avant de prendre sa main dans la mienne en un geste tendre.

Elle me gratifia d’un de ses éblouissants sourires que j’aimais tant. Elle allait devenir mienne à jamais et cette perspective m’électrisait plus que tout. J’étais décidément bien chanceux d’avoir rencontré une telle perle. Un véritable trésor à mes yeux.

Nous attendions la fin de cette journée avec la même joie que celle qui avait animé tant des nôtres par le passé. Le soleil couchant laissait enfin place au crépuscule qui sonnait le début d’une longue fête nocturne où chants, vin, danse et rire viendraient ponctuer ce jour de félicité de la plus belle des manières qui soit.

Elenna, après m’avoir embrassé, partit faire le tour de nos invités pour s’enquérir de leur bien être. Elle savait déjà tenir son rang et me rendait encore plus fier d’elle. Elle ne cesserait jamais de m’étonner.

— En voilà une qui a tout gagné, dit une voix atone venant de derrière moi.

— Père, soupirai-je avec lassitude. Elenna n’est pas du tout ce que vous pensez d’elle.

Le roi de Vertbois le Grand me gratifia d’une bonne claque dans le dos.

— Je ne pense rien, ion nín, j’observe, et là est toute la différence. Ta femme descend d’une lignée que je n’ai jamais réellement appréciée, et tu le sais. De sauvages arrivistes, tous autant qu’ils sont. Je me méfie d’eux comme de la peste.

Ce constat me fit rire. La propre famille de ma femme pensait la même chose de nous.

— Soyez assuré qu’elle n’a en rien hérité de ces fameux ancêtres que vous détestez tant. De plus, puis-je me permettre de vous rappeler qu’elle est tout de même à moitié Sinda. Cela devrait compter… sans oublier sa brune chevelure.

Mon père avait été dépité, le jour de ma naissance, de constater que je tenais ma blondeur de feue ma mère. Cette dernière était morte en me mettant au monde. Mon père, cependant, ne m’en avait jamais tenu rigueur car il savait qu’un jour, il finirait probablement par la retrouver. Pour ce qui est de la couleur de mes cheveux, par contre, c’était une toute autre histoire.

— Nous verrons bien, répliqua Oropher, encore heureux, cela dit, qu’aucun membre de sa famille ne soit venu en ce jour…

Sur ce, mon père me laissa seul pour aller saluer quelques unes de ses vieilles connaissances.

Notre peuple était en paix depuis quelques décennies maintenant et chacun appréciait cette liberté retrouvée ou presque… Vertbois le Grand n’avait jamais été aussi faste et vaste. Mon père était reconnu comme un très grand roi et j’espérais secrètement ne jamais devoir lui succéder un jour. Je priai régulièrement les Valar de me donner l’opportunité de ne jamais régner. J’aspirai à des choses bien plus triviales comme fonder un jour ma propre famille et fêter la naissance du crépuscule et ses étoiles par d’innombrables chants, chose que nous partagions déjà, Elenna et moi. Le chant était une de nos passions communes et c’était comme cela que nous nous étions trouvés. Elle possédait la grâce de Varda à travers sa voix.

Revenant au présent, je vis que la journée s’était enfin endormie pour laisser place à la plus belle des nuits. La voûte céleste était parcourue par les étoiles de Varda dans son firmament, toujours aussi étincelantes, éclairées par une lune sans nuage.

Il y en avait une, cependant, que j’avais toujours trouvée plus belle, plus attirante et éblouissante que les autres. Elle semblait vouloir attirer sur elle tous les regards. Sa luminosité semblait parfois plus forte à certaines périodes, et moins à d’autres. J’avais fini par la reconnaître entre toutes. Êl nín — mon Etoile — Aujourd’hui, elle brillait d’un tel éclat, presque surnaturel, qu’il était difficile de l’ignorer. Etait-ce un signe ?

Les divinités, ainsi qu’Eru, semblaient être avec nous pour bénir cette union, pensais-je, heureux.

— Thranduil, murmura ma douce épouse qui était revenue à mes côtés, si nous laissions nos amis un petit moment ?

Je souris à cette décadente proposition. Elenna paraissait si sage, si posée mais sous des dehors très pondérés se cachait une elfine au tempérament des plus passionnés.

— Pourquoi pas ? dis-je en prenant sa main dans la mienne. Après tout, il est grand temps que j’honore mon épouse pour sa nuit de noces.

Nous partîmes donc pour nous retrouver dans la hutte que le roi, mon père, nous avait octroyée quelques mois plus tôt. Nous vivions, depuis quelques décennies, dans les vastes clairières de Vertbois et notre aménagement se trouvait non loin de celui du roi.

A peine arrivés, nous nous mîmes nus sans autre forme de procès et nous commençâmes à nous aimer tout d’abord doucement, tendrement puis plus violemment.

Cette nuit là, alors que nos invités continuaient à s’amuser dans la clairière qui avait abritée nos vœux, Elenna me supplia de lui faire un enfant.

oO0Oo

3200 Ans du 2eme âge – Terre du Milieu

Plus de mille ans s’était écoulé depuis notre union. Notre vie avait été rythmée par tant de choses qu’on en oubliait parfois si cela n’avait pas été un souvenir de la veille et non d’il y a cent ans voire plus.

J’étais l’elfe, le prince et le mâle le plus heureux de Vertbois le Grand. Ma douce épouse me comblait d’un bonheur rare et mon père s’était enfin pris d’affection pour sa belle-fille. Il avait fini par voir en elle ce que j’avais vu si longtemps auparavant. J’étais enfin comblé en tout point. Il fallait dire qu’Elenna avait tout pour se faire aimer de lui. Pour ma part, je n’avais jamais douté un seul instant que ce moment arriverait un jour. Toutefois, une ombre était venue perturber ce vaste état de plénitude dans lequel nous étions plongés elle et moi : la mort brutale de ses parents. Ces derniers avaient été attaqués, alors qu’ils allaient rendre visite à des amis, par une bande d’Orques en faction dans les environs. Bien qu’elle ne les ait pas vus depuis un certain temps, cette nouvelle l’avait beaucoup accablée.

Le roi, se montrant des plus conciliant à son égard, avait accepté, à titre exceptionnel, la venue de sa sœur bien aimée et de son époux pendant quelques temps à Vertbois. Bien que ravie de la présence de cette dernière à ses côtés, Elenna l’avait accueillie avec une certaine distance et une pointe de jalousie au cœur. Laurelin était enceinte de son premier enfant.

Je n’avais jamais oublié notre nuit de noces où elle m’avait avoué vouloir être mère à tout prix. Je n’avais pas pris sa demande très au sérieux. Nous étions à peine de jeunes mariés, nous avions bien le temps de voir venir et d’accueillir ce merveilleux cadeau des Valar comme il se devait.

— Thranduil, murmura ma douce femme qui était allongée sur notre lit, caressant du bout des doigts son ventre plat que j’aimais tant couvrir de baisers, crois-tu que cette année sera la bonne ?

Je haussai un sourcil.

— La bonne pour quoi, meleth nín ?

Elle se retourna sur le ventre et commença à battre des pieds en l’air d’un mouvement presque rageur.

— Pour avoir un enfant, voyons.

Ah. L’éternelle question qui se posait tous les ans, à peu près à la même époque, celle où ses lunes arrivaient. Je me levai pour aller la retrouver.

— Je l’espère du plus profond de mon cœur, meleth nín.

Je la pris dans mes bras avant de l’embrasser d’un baiser passionné. Je ne le lui avais pas dit parce que je ne voulais pas apporter un stress supplémentaire à son envie mais je me sentais, à mon tour, plus que prêt à être enfin père. Ce souhait s’était peu à peu transformé en besoin vital, presque viscéral.

J’espérais vraiment que cette année soit enfin la bonne pour nous deux.

Regardant à travers la fenêtre de notre demeure, je vis mon étoile briller de mille éclats comme si elle était d’accord avec ce que je pensais.

Oui, Elenna ferait une merveilleuse mère.

oO0Oo

Il nous fallut attendre encore deux cent ans avant que cette chance et cet honneur infini nous soit enfin octroyé par les Valar.

Il se passait beaucoup de choses en Terre du Milieu qui nous inquiétaient, mon père et moi. Je ne pouvais m’empêcher de frémir en repensant à l’attaque du roi de Númenor, Ar-Pharazôn l’usurpateur. Ce dernier, dans un premier temps, avait tenté de conquérir la Terre du Milieu dans son entier. Bien sûr, cela n’était pas arrivé car sa soif de pouvoir était telle qu’il se crut un jour dans la possibilité de transgresser les interdits des Valar eux même. Impensable ! On n’attaquait pas Aman sans représailles.

La sanction était tombée, aussi lourde que destructrice pour ce peuple qui s’était vu rayé d’Arda par l’intervention divine d’Eru lui-même. Seuls les neufs vaisseaux restant d’Elendil et de ses deux fils avaient été épargnés. Selon la légende, le père d’Elendil, Amandil, avait été plaider la cause des Númenóréens auprès de Manwë. Malheureusement, cela avait été vain. Seuls son fils et ses petit-fils avaient pu avoir la vie sauve, et encore, à cause d’un certain concours de circonstances.

Elendil fonda alors, avec ses fils Isildur et Anárion, deux royaumes sur la Terre du Milieu. Au nord, fut créé le royaume d’Arnor, sur lequel Elendil régna, et au sud le Gondor, sur lequel Isildur et son frère Anárion gouvernèrent conjointement sous l’égide de leur père.

Tandis que la Terre du Milieu voyait naître en ses entrailles deux nouveaux royaumes, celui d’Aman fut retiré à jamais des cercles du monde.

Cela entraîna un très grand chagrin de la part d’une partie de notre peuple, qui voyait en ce retrait la fin d’une certaine paix encore bien trop précaire à notre goût. Cependant, c’était un fait que nous aurions dû mieux appréhender pour qui connaissait l’histoire de ces Terres car après tout, Valinor s’était peu à peu détachée de la Terre du Milieu pour s’exiler loin vers l’Ouest, au-delà des mers tourmentées.

Et puis, il y avait Sauron qui était loin d’être vaincu et beaucoup appréhendaient son retour qui se ferait bientôt, selon toute vraisemblance. N’était-il pas le responsable de l’attaque d’Aman ? N’avait-il pas été corrompu par Morgoth et devenu par ce fait, son premier et plus fidèle lieutenant ?

Tout aussi fourbe que mauvais, on le savait à l’affût…

J’étais perdu dans mes réflexions quand Elenna m’accueillit dans notre hutte avec une effusion que je lui connaissais de moins en moins ces derniers siècles. J’avais craint à un moment, que son amour pour moi ne se soit fané alors que le mien pour elle ne faisait que grandir et s’épanouir encore plus profondément, comme les racines d’un arbre qui s’ancrent au plus profond de sa forêt.

— Oh Thranduil ! Je ne peux plus attendre, il faut que je te le dise, s’exclama-t-elle en se jetant dans mes bras.

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et j’en profitais pour enfouir mon nez dans la masse luxuriante de ses cheveux bruns aux doux reflets cuivrés. Qu’est-ce que j’aimais son odeur.

— Que se passe-t-il, mon amour, qui te mette dans une telle joie ?

Je t’aime, me répondit-elle de façon énigmatique avant de prendre ma main pour la poser sur son ventre plat.

Tout d’abord, je ne compris pas, puis le déclic se fit dans ma tête.

— Un enfant meleth nín ? demandai-je tremblant. En es-tu certaine ?

Je n’osais croire à ce bonheur alors qu’il nous avait été refusé tant de fois déjà.

— Deux mois, souffla-t-elle à mon oreille, m’envoyant une myriade de frissons incontrôlables.

— Je vais être père, soufflai-je incrédule. Je vais être père ! m’exclamai-je en la prenant dans mes bras pour la porter et la faire tournoyer dans les airs.

Elenna se mit à rire comme une enfant et ce fut le plus beau son que j’aie jamais entendu de toute ma vie. Pris dans l’élan, je la rejoignis bientôt en éclatant d’un rire franc à mon tour.

Au dehors, je vis ma belle amie luire d’une lueur que je ne lui avais encore jamais vue.

Nous allions être parents, qu’aurait-il pu nous arriver de si terrible après cela ? Nous étions invincibles et bénis des dieux ! Je ne pouvais croire à un tel bonheur.

oO0Oo

3441 Ans du 2eme âge – Terre du Milieu

L’horreur d’un champ de bataille ne devrait jamais perdurer dans l’esprit de ceux qui y survivent.

La Guerre de la Dernière Alliance avait duré douze ans. Dans la vie d’un elfe, douze ans représentaient si peu, à peine un battement de cil et pourtant, cette fois-ci, je crus que ces douze années ne finiraient jamais !

Sauron avait décidé de revendiquer la souveraineté absolue sur toute la Terre du Milieu, voulant annihiler par la même occasion toute espèce se mettant en travers de sa route. Chaque clan de chaque peuple s’était alors élevé pour brandir son épée et participer à cette bataille qui allait décider de l’avenir de notre monde.

Nombreux ceux qui y étaient partis, nombreux ceux qui y avaient péri.

Je n’oublierais jamais ce jour funeste qui avait vu le grand roi des elfes sylvains tomber sur le champ de bataille en Mordor non loin de la Porte Noire, le fief de l’ennemi. Je n’avais rien pu faire car lui avait tout fait… pour moi… pour me sauver la vie. Cette flèche empoisonnée, cette lame de Morgul m’était destinée en premier lieu. Orgueilleux comme je l’étais, j’avais cru que jamais rien ne pourrait entraver ma victoire sur l’ennemi. N’étais-je pas jeune et invincible ?

Je ne l’avais pas vu venir, au contraire de mon père qui gardait toujours un œil vif sur ce qui l’entourait. Il m’avait jeté au sol au moment où la flèche traçait sa trajectoire pour finir par se loger en plein cœur du roi Sinda.

Je n’avais rien pu faire, il était mort sur le coup, son corps tombant non loin de cette rivière de désolation des plaines de Dagorlad, déjà infestée par tant de cadavres, alliés et ennemis, tombés lors de cette guerre et qui deviendrait par la suite le Marais des Morts.

Comprenant tout ce que cela impliquait, je continuai néanmoins de me battre en tant que prince, mais aussi en tant que futur roi de Vertbois le Grand. Si je mourrais à mon tour ici même, je ferais de mon fils le plus jeune roi des elfes que la Terre du Milieu ait connu. Legolas, ma fierté, mon amour et ma vie n’était encore qu’un enfant de trente six ans qui n’atteindrait sa pleine maturité que d’ici quelques années. De plus, je ne pouvais pas laisser Elenna seule. Elle me manquait et je me fis le serment de la retrouver, de les retrouver tous les deux.

— Pour Vertbois et pour le peuple des Ellir — Elfes Sindar —! criai-je en ralliant mes troupes autour de moi.

Nous repartîmes donc à l’assaut, laissant mon père, tombé pour avoir eu trop de cœur, pour avoir craint pour la vie de son fils unique. Je me promis de le venger et d’honorer son nom comme il se devait.

Le mal fut vaincu et Sauron détruit, les principaux acteurs de cette guerre sans merci se répartirent la tâche d’éradiquer ce qui devait être détruit. J’aurais du m’en sentir heureux et soulagé mais une certaine amertume prit place en mon cœur. Qu’allait-on retenir du grand roi Oropher dans les cours d’histoire ? Qu’il était tombé à cause de son imbécile de fils ? Qu’il avait été vaincu sans dire que lui aussi s’était battu pour une juste cause ? Je regardais au loin le roi du Gondor, Isildur, parlementer avec Elrond. D’autres grandes figures emblématiques de cette guerre avaient succombé. Seulement, si je restais persuadé que les morts d’Elendil, le père d’Isildur, et de Gil-Galad seraient portée à la postérité, que retiendrait-on de mon père ?

— Mon Seigneur, me demanda un des soldats, que faisons-nous à présent ?

Je regardai tour à tour les guerriers Sindar qui nous avaient accompagnés pour cette dure bataille. Des elfes gris fidèles à Vertbois le Grand. Si nombreux au départ et si peu à l’arrivée.

— Nous rentrons, dis-je d’une vois ferme qui ne tremblait pas alors qu’en mon for intérieur, j’étais fatigué.

Avisant la monture de mon père, une sorte d’élan majestueux qui ressemblait plus à un énorme cerf avec un corps aussi long qu’il était massif, attendait que quelqu’un veuille bien s’occuper de lui. La monture du roi des elfes sylvestres.

D’un bond, je descendis de mon cheval et je le confiai à l’un des miens avant de monter sur l’imposante monture qui eut un mouvement de tête au moment où je grimpais sur son dos. C’est sans un regard en arrière que nous quittâmes Barad-Dûr, la forteresse de Sauron, puis les plaines de Dagorlad ainsi que les Terres putrides du Mordor.

J’espérais de tout mon cœur que jamais plus le mal ainsi que ses envoyés ne toucheraient à un seul cheveu des miens. Nous avions assez souffert comme cela.

Au loin, mon étoile, ma belle amie, me veillait toujours, dardant sur le firmament de la nuit son irréelle luminosité.

oO0Oo

1000 Ans du 3eme âge – Terre du Milieu à Vertbois le Grand

J’observais Legolas et sa mère, ma délicieuse épouse, en train de converser tandis que j’assurais l’intendance de mon royaume. Notre fils était devenu un elfe aussi beau qu’il était empli d’une certaine sagesse. Il avait hérité de mes traits tout en ayant la sombre chevelure de sa mère ainsi que son tempérament. Un véritable petit Sinda. Mon père aurait été si fier de lui.

C’était un elfe rieur qui avait un certain don de clairvoyance et qui aimait parler avec les arbres et la nature. Assurément, il avait plus de dons auxquels je ne me serais jamais attendu. Cela me fit sourire. Les Valar l’avaient généreusement gâté.

La soirée venait de tomber quand je pus enfin me libérer de mes obligations de roi. Je pénétrai dans la hutte royale quand je fus intrigué par la mine soucieuse d’Elenna. Elle était assise sur notre lit, le visage tourmenté.

Je fronçais les sourcils.

— Que se passe-t-il ma douce ?

— C’est Legolas, me dit-elle en se tournant vers moi.

Je vins m’asseoir à ses côtés.

— Que se passe-t-il ? Est-il malade ? demandai-je avec une certaine inquiétude dans la voix.

Elenna secoua vivement la tête, les lèvres pincées.

— Non, pas lui à proprement parler, mais il m’a avoué que les arbres lui paraissaient bien plus silencieux ces derniers temps. La vie semble les déserter comme s’ils étaient rongés par la gangrène.

— Par de la gangrène ? répétai-je. Mais que…

— Quelque chose ronge les terres d’Amon Lanc. Quelque chose de maléfique, murmura-t-elle, la mine effrayée.

La pauvre tremblait comme une feuille en disant cela. Je pris son visage entre mes doigts avec beaucoup de douceur. Elle avait toujours été très protectrice envers notre seul et unique enfant. Elle lui prêtait parfois beaucoup trop d’attention. Legolas devait être plus ou moins anxieux en ce moment et il avait cru sentir quelque chose de mauvais mais je savais bien que c’était impossible. Le mal avait été vaincu. Rien ne pourrait être pire que la bataille que nous avions livrée contre Sauron et ses envoyés. Je me devais de le lui rappeler. Nous ne risquions plus rien.

— Ma douce, tu sais très bien que le mal a été vaincu il y a plusieurs siècles de cela. Rien ne peut nous atteindre dorénavant. Sauron avait été détruit, enfin je l’espérais de tout mon cœur.

A moins d’une nouvelle guerre entre elfes ou contre les hommes, nous n’avions plus à craindre de nous retrouver confrontés à un nouvel être maléfique.

— Je ne sais pas, Thranduil. De l’avis de Legolas, la menace n’est pas à prendre à la légère. Il a senti quelque chose de réel.

— Legolas est encore très jeune, lui répondis-je avant de la prendre dans mes bras et de l’embrasser pour lui faire oublier ses peurs.

Je toucherai deux mots à mon fils plus tard. Je n’aimais pas qu’il effraie ainsi sa mère.

Surtout pour rien.

Cinquante ans plus tard, nous apprîmes que Sauron était de retour. Il avait établi son fief sur la colline d’Amon Lanc, mon propre territoire. Le domaine de mon père.

Legolas avait eu raison.

oO0Oo

1200 Ans du 3eme âge – Terre du Milieu à Mirkwood

— Dépêchez-vous, criai-je aux derniers retardataires qui fermaient la marche de notre convoi qui se dirigeaient vers le nord de la forêt. Toute la partie sud était rongée par le mal depuis que Sauron y avait pris ses quartiers, et ce, sans que je ne remarque rien. Je m’en voulais encore de n’avoir pas su écouter les prémonitions de mon fils.

— Tout va bien se passer, père. Ne vous en faites pas.

Legolas tentait de me réconforter mais cela eut l’effet contraire, je me sentais encore plus pitoyable de ne pas avoir su protéger mon peuple ni même la Terre que mon père avait choisie pour y établir notre royaume.

La traversée de la forêt se passa relativement bien malgré la peur des nôtres de tomber sur un groupe d’Orques en faction dans le coin ou bien sur certaines araignées, les descendantes d’Ungoliant qui avaient été attirées par les ondes maléfiques émanant de la forteresse en construction : Dol Guldur… sur l’ancien fief de mon père.

Une nouvelle bouffée d’humiliation s’abattit sur moi comme un terrible poison.

Mais qu’avais-je fait, ou plutôt que n’avais-je pas fait ?! Jamais rien ne pourrait être pire que ce que nous devions assumer présentement.

Je n’avais pas remarqué, et sans doute ne le remarquerai-je jamais, mais ma belle amie avait cessé de briller depuis bien des décennies déjà, sans que je ne m’en aperçoive. Sa lueur pale semblait sombrer dans les confins des ténèbres sans pouvoir les combattre pour autant.

oO0Oo

Cent ans venaient de s’écouler et la terrible réalité s’abattit comme une massue sur nos têtes : nous devions quitter la forêt qui n’était plus du tout sûre pour aucun elfe de notre clan. Le sud était infesté d’araignées et d’Orques. Quant au nord, nous nous rapprochions bien trop des hommes et des nains à mon goût pour vouloir y emmener les miens.

— Allons-nous quitter définitivement Vertbois ? me demanda Elenna d’une voix mal assurée un soir où je m’étais épanché à ce sujet avec elle.

Plus les années passaient et plus son état m’inquiétait. Elle semblait si lasse et, quand elle pensait que je ne la voyais pas, ses yeux se voilaient d’une infinie mélancolie. L’appel vers l’Ouest s’était-il déjà fait sentir chez elle ? Pourquoi ne m’en parlait-elle pas ? Un début de colère naquit en mon cœur.

— Non, je ne le permettrai pas, répliquai-je durement. Cette forêt appartient à notre peuple depuis bien trop de millénaires pour être cédée de cette manière.

— Mais où irons-nous, Thranduil ?! Hormis les cavernes, il n’y a rien et…

— Les cavernes ! m’écriai-je en regardant Elenna. Nous irons dans les cavernes !

— Mais enfin, nous ne sommes pas des nains ! Les elfes ne sont pas faits pour vivre dans des souterrains.

— Ils apprendront, marmonnai-je, c’est soit cela, soit la mort.

Je la vis se lever pour faire les cent pas. A voir ses yeux, je sus, qu’elle était en train de réfléchir à quelque chose. Mon épouse pouvait parfois se montrer très têtue quand elle avait quelque chose en tête.

— Thranduil, et si nous demandions l’aide de la Dame de Lórien, Galadriel et de son époux, le seigneur Celeborn ?!

A ces mots, je sentis ma bouche s’assécher.

— Elenna.

— Ecoute-moi, je sais que tu répugnes à lui demander son aide mais pense à nous, à notre peuple, pense à moi… s’il te plait.

Elenna m’enlaça de ses deux bras et je sus que pour elle, j’étais prêt à faire cette concession.

Je ne savais pas ce que je deviendrais sans elle. Elle était celle qui me maintenait en vie, mon ancre en ce monde, la forêt même qui retenait mes racines. Si je la perdais, j’ignorais ce qu’il adviendrait de moi. Rien n’aurait plus de goût et tout deviendrait cendre.

Je la serrai entre mes bras aussi fortement que je le pouvais. Jamais rien ne m’enlèverait ! Jamais !

oO0Oo

Quatre cent quatre vingt dix huit ans plus tard, notre fils me ramena la dépouille de ma femme. Peu m’importe ce que deviendrait cette terre, peu m’importe tout car mon cœur mourut en ce jour des plus funestes.

L’âme de l’elfe Thranduil Oropherion s’en était allée avec sa femme pour ne laisser qu’un roi au cœur aussi amer et empoisonné que la forêt dont il avait la garde et qu’il n’avait jamais su protéger… Tout comme sa malheureuse épouse.

oO0Oo

1698 Ans du 3eme âge – Terre du Milieu à Mirkwood

Je ne tenais plus en place depuis le milieu de l’après-midi, j’avais un sombre pressentiment. Elenna était partie chercher des graines de plantes et de fleurs dans la forêt pour agrémenter le jardin qu’elle avait elle-même créé dans les souterrains qui abritaient maintenant notre royaume. Le jardin des délices, comme elle l’avait appelé, arguant le fait qu’il était un délice pour les yeux. Il était devenu sa principale occupation et mon cœur se réchauffait à la voir de nouveau heureuse. Ses yeux, depuis que nous vivions enterrés, avaient encore perdus de leur éclat. Une fleur n’était pas faite pour vivre loin de la lumière. Encore moins une étoile. Pourtant, nous avions réussi l’impossible à force de persévérance et de magie.

Que n’aurais-je pas donné pour pouvoir l’accompagner dans la forêt. Malheureusement, mes devoirs m’avaient contraint à rester au palais mais je n’avais pas eu l’esprit tranquille de toute la journée, mes pensées invariablement tournées vers celle qui savait si bien réchauffer mon cœur.

Elle était partie avec quelques suivantes ainsi que des gardes formés pour le combat, aussi aguerris que puissants. Je savais que je m’inquiétais pour rien mais, sans savoir pourquoi, je n’arrivais pas à me débarrasser de ce sentiment de peur qui m’animait depuis la fin de matinée.

Avisant mon fils, qui passait non loin de moi avec quelques chasseurs, je le hélai fortement.

— Legolas, ion nín, peux-tu venir un instant, s’il te plait ?

Ce dernier haussa un sourcil, parfaite réplique de moi-même, et vint à ma rencontre.

— Que vous arrive-t-il, père ? Vous semblez bien soucieux.

— Ta mère aurait du être déjà rentrée, dis-je d’une voix que je voulais normale alors qu’au fond, j’étais mort d’inquiétude.

— Je vois, dit-il. Linnen, cria-t-il à l’un des chasseurs qui l’accompagnait. Préviens les autres que nous ressortons. Ma mère n’est pas encore rentrée.

Je hochai la tête. Je sentais la tension grimper en flèche chez mon fils. Il avait encore du mal à canaliser ses émotions et, si un jour il était appelé à me succéder, cela serait primordial.

— Merci, ion nín, et fais aussi attention à toi, soufflais-je doucement alors qu’il s’apprêtait à partir.

— Ne vous inquiétez pas, père. Nous serons vite de retour.

— C’est tout ce que je souhaite, ion nín.

oO0Oo

L’attente fut longue, très longue. Je tournais en rond comme un simple oiseau en cage. Je ne pouvais rien faire, seulement attendre. Puis tout d’un coup, j’entendis un brouhaha provenant des couloirs du palais. Des éclats de voix, puis des bruits de pas qui se rapprochaient pour…

— Mon seigneur, mon seigneur ! hurla un des hommes de Legolas avant d’ouvrir la porte à toute volée sans que je ne lui en aie donné l’autorisation au préalable. Mais pour le moment, je m’en fichais bien.

— Que se passe-t-il ? demandai-je d’une voix atone.

— Mon seigneur, je suis désolé, il faut que vous veniez d’urgence dans la salle du trône… votre fils et votre femme, la reine est…

Mais je ne l’écoutais plus. D’un mouvement vif, je le poussai pour me ruer jusqu’à la salle du trône, le cœur manquant plusieurs fois de sortir de ma poitrine. Ce que je vis me coupa les deux jambes. J’eus à peine le réflexe de continuer à marcher normalement. Si je ne le faisais pas, je risquais de m’effondrer devant tous mes gens.

Un roi ne tombait pas à terre, jamais, sauf s’il était mort.

— Père…

Legolas était dans un sale état bien qu’en sang et couvert d’ecchymoses, il était en vie. Par contre… la malheureuse qu’il tenait dans ses bras et qui pendait lamentablement, plus morte que vive, n’avait pas eu cette chance.

— Où est ta mère, ion nín ? demandai-je durement.

Je n’avais que faire des autres. Je voulais juste ma femme. Etre rassuré et pouvoir passer à autre chose. Elenna ne devait pas être loin. Je me jurai de lui faire passer l’envie de me faire de telles frayeurs.

— Père, reprit mon fils, des sanglots étranglés dans la voix — pourquoi pleurait-il, d’ailleurs ? Il allait vraiment falloir que je lui apprenne à canaliser ses émotions — Je suis désolé père, c’était trop tard quand je suis arrivé… — nouveau sanglot— elle était déjà morte.

Je le vis baisser ses yeux vers la chose inanimée qu’il tenait encore. Pourquoi faisait-il autant cas du paquet sans vie qu’il tenait entre ses bras ? Ça n’avait aucun sens. Je voulais ma femme, mon Elenna, peu m’importait le reste ou le nombre de morts…

— Legolas, repris-je avec une certaine impatience — je me passai même une main sur le visage — où-est-ta-mère ? Où es mon Elenna ? Où est-elle ?!

Au lieu de me répondre, il s’avança vers moi, les épaules courbées sous le poids que représentait son lourd fardeau.

Quand il fut devant moi, je pus voir l’étendue de ses blessures. Il avait des coupures, des griffures plus exactement, sur le visage. Ses vêtements étaient déchirés et… je vis enfin qui était la chose sans vie qu’il tenait avec lui comme s’il s’agissait de son bien le plus précieux… et pour cause.

Ses longs cheveux bruns pendaient lamentablement, son visage, reconnaissable entre mille, n’avait pas non plus été épargné. Il était…

— Quand je suis arrivé, elle était déjà morte, je… j’ai juste pu la récupérer avant qu’ils ne la…

— Qui ? demandai-je d’une voix morne.

Ce ne pouvait être réel, j’allais me réveiller de ce douloureux cauchemar. Ce ne pouvait être réel.

— Des Orques, père, tout un groupe. Je n’ai rien pu faire, elle était déjà morte, je…

Legolas racontait n’importe quoi, j’allais me réveiller, assurément, rien de tout ceci ne pouvait être vrai. C’était impensable, inimaginable.

— Ne dis plus jamais cela, elle n’est pas morte ! Jamais elle ne le sera.

Nous nous regardâmes un moment, moi durement, lui les yeux noyés sous un torrent de larmes qui semblait ne jamais vouloir se tarir.

A cet instant précis, je crois bien que je le détestai. Il était l’oiseau de mauvais augure qui venait m’arracher à ma terre bien aimée.

— Le prince de Mirkwood ne pleure pas, Legolas. Sèche-moi ces larmes et donne-la moi.

— Mais père…

— Tout de suite ! tonnai-je.

Il baissa la tête avant de déposer son lourd fardeau entre mes bras. Je serrai ce corps sans vie que j’avais chéri pendant tant de siècles, qui avait été ma joie la plus profonde, mon ancre en ce monde qui s’effritait aussi sûrement que son dernier souffle de vie.

Sans attendre, je me détournai de Legolas et partis en direction des appartements royaux. A l’intérieur se trouvait Galion qui remplissait une carafe de vin, ainsi qu’une elfine qui décorait la table à manger.

— Dehors ! explosai-je.

Une fois que la porte se fut refermée derrière eux, j’emmenai son corps jusqu’à notre chambre et l’y déposai aussi précautionneusement que je le pus.

Elle était méconnaissable.

Son visage avait pris un coup d’épée qui se terminait jusqu’à se poitrine. Ses vêtements avaient été déchirés à plusieurs endroits et une de ses cuisses présentait un coup de poignard à crans. Les bleus qui commençaient à poindre sur son corps étaient si nombreux que je ne pouvais les compter. Il y en avait tellement… même des morsures. Comme s’ils avaient essayé de la dévorer…

C’est alors que je pris pleinement conscience de ce que cela voulait dire. Jamais plus elle ne s’éveillerait à mes côtés. Jamais plus je ne pourrais profiter de sa chaleur et de sa douceur. Jamais plus je ne pourrais entendre sa voix chanter de douces chansons à mes oreilles… Jamais plus je ne connaitrai la douceur d’un havre de paix entre ses bras.

Elle était partie pour les cavernes de Mandos. Elle était morte. On m’avait déraciné de ma forêt aussi brutalement que l’on avait tué mon père.

— Oh ! Elenna ! gémis-je avant de m’effondrer sur elle, en larmes. Comment ai-je pu te laisser partir comme cela ? Comment ferai-je sans toi pour survivre à tout ça ?

Je ne pus retenir les déchirants sanglots qui me secouaient jusqu’aux tréfonds de mon âme.

J’étais anéanti, le mal avait gagné et pris la chose qui m’était la plus précieuse en ce monde. Elle avait été celle qui m’avait permis de tenir pendant tant de temps. Que deviendrais-je sans elle ? Qu’étais-je, hormis une enveloppe vide ? On m’avait arraché à son amour, privé de son oxygène. J’en mourrais très certainement. En attendant, je me vidais peu à peu de toute cette eau qui semblait avoir décidé de déserter mon corps. Je me tarissais de cet amour qui ne serait plus jamais arrosé en retour. Il n’y avait plus d’espoir, juste un immense trou noir sans fond.

Ma profonde tristesse dura plusieurs jours qui se transformèrent bientôt en de longs mois puis en de longues années. J’avais interdit l’accès de nos appartements à quiconque, y compris à notre fils. Ma peine était immense. Ce monde cruel dans lequel nous vivions m’avait arraché la seule chose qui m’avait permis jusqu’ici de tenir. La seule chose qui m’avait donné l’impression d’être bon. Ma peine incommensurable ne trouverait jamais de réconfort. Sa mort avait tué ce qu’il y avait de meilleur en moi et cela, personne ne pourrait jamais me le rendre… ni le comprendre.

A l’aube d’un nouvel an, j’adressai une prière aux Valar : j’acceptai enfin mon destin, celui de gouverner tout un peuple en ces temps sombres, de le protéger du mal à la condition qu’elle me soit rendue dans l’heure.

Je ne demandai rien d’autre que cela. J’étais prêt à faire tous les sacrifices pour elle.

Un an plus tard et sans aucune réponse de leur part, je me décidai enfin à reprendre les fonctions qui m’incombaient.

Legolas m’avait assez remplacé comme cela.

oO0Oo

Au fur et à mesure des siècles qui passèrent, mon amertume et ma rancœur furent si bien ancrées en moi que je sus que jamais plus je ne serais celui d’avant.

Rien n’avait d’attrait à mes yeux, tout me semblait si vide et dénué de sens sans elle, jusqu’au jour où un nain, le roi Thror d’Erebor, m’offrit les plus belles gemmes blanches que j’aie jamais vu de toute ma vie. Elles brillaient d’une telle luminosité qu’elles me rappelèrent quelque chose que j’avais oublié mais qui semblait perdurer à travers mon âme et mon cœur… ma belle amie.

Mon amour pour les choses précieuses s’intensifia tout autant que mon cœur s’asséchait. Elenna n’était toujours pas revenue et Mandos ne semblait pas vouloir me la rendre. Qu’avais-je donc fait pour être puni de la sorte ?

Je n’avais goût à rien… La vie me semblait aussi lumineuse qu’un tas de cendres et puis, un jour, les Valar m’envoyèrent enfin une réponse que je n’attendais plus depuis bien des millénaires maintenant.

Elle se présenta sous la forme d’une petite humaine au nom aussi improbable qu’elle était étrange.

Cerise …

Etait-elle ma réponse ? Plus je la regardais dormir et plus mon cœur se réchauffait. Je sentis quelque chose remuer en moi, quelque chose d’indéniablement lumineux.

Dans le firmament de la nuit, les étoiles de Varda semblaient en liesse. Jamais le ciel nocturne n’avait été si luminescent.

… … … … … … … … … …

Elenwë, Nitya Elen i sila lumenni omentielvo — Elenwë, petite étoile qui brille sur l’heure de notre rencontre.

Laïta lye — Sois bénie.

… … … … … … … … … …

… Elen, ma belle amie.

… … … … … … … … … …

A Suivre


Une Quête Ratée

oO0Oo

Saison I

Vers Une Vie Nouvelle

Fin

oO0Oo


Annotations

Pour écrire ce chapitre qui clôture la première partie de cette histoire, il a fallu que je me documente un maximum sur les us et coutumes des elfes mais aussi sur leur histoire. Je voulais faire quelque chose qui tienne la route et qui soit crédible. Depuis, j’ai lu énormément d’ouvrage pour justement ne pas pondre quelque chose de maladroit ou d’incohérent.
Comme vous avez pu le constater, ce chapitre était un pan du passé de Thranduil. Il était important pour la suite de savoir ce qu’il lui était arrivé, les tenants et les aboutissants. Une Quête Ratée est loin d’être terminée !

– Pour infos : ces 19 premiers chapitres correspondent à 272 pages sur Word avec la police « Time New Roman » en taille 11.

Publicités

Laisser une review

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s