Chapitre 21 : Les Voies du Destin

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Les Voies du Destin

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Cerise

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Un kilomètre à pied, ça use, ça use, un kilomètre à pied ça use les souliers ! me répétai-je en mon for intérieur. Putain de bordel, le cul sur une selle, c’était juste de la pure torture physique ! Pire que si je m’étais ruinée les pieds en marchant pendant des heures !

— Arrêtez de vous tortiller comme cela, Cerise, me réprimanda gentiment Legolas qui semblait assez mal à l’aise… et pour cause. Imaginez trente secondes une nénette, moi en l’occurrence, en train de frotter son large popotin devant lui en bougeant dans tous les sens pour tenter de trouver une position plus adéquate, et surtout bien plus confortable.

— Désolée, dis-je, pas du tout désolée en fait. Enfin si, mais pas pour lui, plutôt pour mes pauvres fesses percluses de douleur. Ah, et je ne vous racontais même pas l’état de mes cuisses. Pire que si j’avais passé la semaine entière avec Thranduil entre elles. Oui, bon, là, au moins, j’en aurai tiré un certain plaisir, alors que là…

Entre ça et les chants elfiques aussi barbants qu’un morceau d’accordéon sur radio Montmartre… Bon, j’étais assez méchante sur ce coup là, les premières minutes m’avaient laissée ébaudie devant la beauté du truc. Franchement, ça valait le coup d’écoute mais après… on aurait dit qu’ils ne connaissaient rien de plus joyeux et je m’étais sentie sombrer contre le torse chaud et douillet de Legolas qui m’avait méchamment pincé les côtes pour me réveiller.Pfff, il n’était pas le fils de son père pour rien, celui-là, quand il s’y mettait.

Perdue dans mes pensées, je ne sentis pas sa main me tendre la bride de Douce Etoile.

— Tenez les rênes, Cerise et tentez de guider vous-même votre jument au trot.

Il n’attendit pas ma réponse et se détendit complètement, me laissant maîtriser la bête toute seule. A ma plus grande stupéfaction, la jument se laissa faire sans broncher. Nous avions déjà traversé la plus grosse moitié de la forêt d’Eryn Lasgalen et avions effectué deux grandes pauses. Une pour nous détendre, et l’autre pour le repas de midi. Il était prévu que nous nous arrêtions à la lisière de la forêt non loin du grand fleuve qui longeait les Monts Brumeux, l’Anduin.

J’avais de la chance, au final, de voyager avec Legolas, car il avait eu l’extrême gentillesse de m’expliquer ce qui allait nous attendre en me décrivant les différents endroits par lesquels nous passerions très certainement. Après, tout dépendait de la volonté du roi. Mettant une de mes mains en visière pour mieux voir — c’est que le soleil tapait très fort encore à cette heure de la journée — je scrutai le souverain sur sa drôle de monture. Un élan. Mandieu, j’aurais vraiment tout vu en Terre du Milieu.

Tandis que je consacrais toute mon attention à vérifier ce que je faisais avec le cheval, un des Elfes en haut de file souffla dans son cor, signifiant qu’il était temps de s’arrêter. Trop contente de pouvoir enfin me lever de cette maudite selle, j’enfonçai mes talons dans le flanc de Douce Etoile et tirai en même temps sur la bride. Pensant bien faire, je sentis mon cœur s’envoler en même temps que l’animal se cabrait.

Holà, holà, tout doux, ma belle, murmura Legolas en Sindarin à l’oreille de la jument qui se calma aussitôt.

— Merci ! dis-je, dépitée, je crois que l’équitation n’est pas faite pour moi !

Le fils de Thranduil descendit avec dextérité de derrière moi, puis me tendis la main pour que j’en fasse de même. Je réussis encore l’exploit de me prendre le pied dans l’étrier et m’affalai sans aucune grâce dans les bras de l’Elfe qui ne s’y attendait pas du tout.

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Thranduil

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Cela faisait un moment que je me retenais de ne pas aller à leur rencontre pour lui dire ce que je pensais d’une telle attitude. Il m’était bien difficile de faire fi des commentaires que mes compagnons de voyage ne manquaient pas de colporter à voix basse au sujet de Cerise et de Legolas. Rien que d’y songer à nouveau, je sentis une certaine colère grimper en flèche, douchant mon humeur joviale.

Non, mais tu as vu comment elle se vautre sur le prince ? disait l’un.

Elle a essayé d’avoir le roi, elle essaie maintenant avec le prince, cette humaine n’a donc aucune retenue, c’est impensable ! murmura un autre.

Comment notre roi peut-il accepter une telle familiarité avec son fils ?

Avisant Sirion, je le sommai de sonner l’heure de la pause du soir. Le soleil ne tarderait pas à se coucher, il était temps que nous nous arrêtions. J’en profiterais aussi pour avoir une certaine discussion avec mon incorrigible petite humaine.

Le bruit du cor se répercuta dans toute la forêt et Finlenn, accompagné de Tamril, commencèrent à défaire les paquetages qui contenaient nos tentes et nos vivres.

Humant l’odeur de la forêt, je sus que cette soirée s’annonçait tranquille et sans intempéries. Une fois descendu de Vif-Argent, je le confiai à une des Elfines en charge des animaux. J’allais lui dire quelque chose quand un cri suivi d’un grand éclat de rire me fit me retourner brusquement. Mes yeux s’écarquillèrent de surprise en découvrant Cerise dans les bras de mon fils. Elle riait à gorge déployée tandis que Legolas devenait aussi rouge qu’une pivoine.

Cette situation ne pouvait plus durer. Il était temps d’intervenir.

— Ah, Legolas, ne soyez pas si pudibond, je ne l’ai vraiment pas fait exprès !

— Sincèrement Cerise, vous êtes l’une des personnes les plus maladroites que j’ai eu l’occasion de rencontrer, persifla-t-il, gêné.

— Cerise, commençai-je, ma voix ayant pris un timbre implacable.— J’espérais qu’ainsi elle ne me contredirait pas — suivez-moi immédiatement.

— Mais Th… Seigneur Thranduil, objecta-t-elle.

Ne comprendrait-elle donc jamais ? Avec elle, j’avais l’impression d’avancer d’un pas et de reculer de dix. C’était pour le moins perturbant.

— J’ai dit tout de suite, Cerise !

Je l’attrapai durement par le bras et la traînai à l’écart des oreilles indiscrètes. Je ne m’arrêtai que lorsque je fus sûr et certain que personne ne nous entendrait, ou ne nous verrait. Sans douceur, je la plaquai contre l’arbre le plus proche, avant de saisir ses épaules et de l’embrasser violemment, sans aucune retenue.

Décidément, cette femme avait le don de faire ressortir le côté le plus barbare de ma personne. Contre toute attente, au lieu de se dérober à mon étreinte ou de s’en rebeller, je la sentis se détendre contre moi. C’est à regret que je mis fin à notre baiser. Je ne l’avais pas prise à part pour cela.

— Si c’était pour avoir ce genre de conversation avec vous, je vous aurais suivi tout de suite, murmura-t-elle d’une voix langoureuse, et pour le moins aguicheuse.

La partie animale qui sommeillait en moi se réveilla au son de cette voix lourde de sensualité. A ce moment-là, un autre souvenir s’imposa alors à ma conscience. Une réminiscence que j’avais su si bien refouler au plus profond de ma mémoire que j’avais bien cru l’avoir oubliée à jamais. Non loin d’ici, à une autre époque, une Elfine avait eu ce don si particulier de savoir comment me faire perdre tous mes moyens. Cerise semblait gagner petit à petit cette emprise sur moi, elle aussi.

— Non, Cerise, ce n’était pas pour cela.

— Oh, répondit-elle déçue.

Je passais une des paumes de ma main sur son avant bras. Elle était si douce.

— J’aimerais que vous arrêtiez d’essayer de séduire mon fils, Cerise.

Je la sentis se raidir contre ma main.

— Mais je n’essaie pas de draguer Legolas ! s’exclama-t-elle.

Elle semblait totalement abasourdie. Me serais-je trompé sur ses intentions envers mon enfant ?

— Bien, de toute façon, ce serait contre nature, murmurai-je, plus pour moi-même que pour elle.

Nous nous regardâmes quelques secondes puis, au lieu d’ajouter quelque chose de déplacé comme elle en avait l’habitude, je vis son visage se voiler.

— C’est tout de même incroyable que dès que je me rapproche de quelqu’un, d’un elfe en l’occurrence, vous pensiez tout de suite que j’essaie de le séduire ! Je ne suis pas Maeiell, je ne couche pas avec le premier venu, Thranduil !

— Maeiell ne couchait avec personne d’autre que moi, Cerise, quand elle était ma maîtresse. — Elle allait objecter quelque chose mais je la coupai avant qu’elle puisse dire quoique ce soit— De plus, je ne vois pas ce que cette Elfine vient faire dans notre problème actuel.

— Ah ? Parce qu’il y a un problème ? s’écria-t-elle.

Elle était en colère et je ne comprenais pas pourquoi.

— Votre comportement avec mon fils fait parler nos gens, lui dis-je doucement.

Je voulais bien la croire quand elle disait qu’elle ne cherchait pas à capter l’attention de Legolas, mais sa conduite pouvait parfaitement conduire à une erreur d’interprétation auprès de ceux qui ne la connaissaient pas aussi bien que moi… Mais la connaissais-je moi-même ?

— Je vois, dit-elle doucement. Parfois, j’oublie que vos us et coutumes, votre façon d’être est complètement différente de mon monde. Déjà, je ne suis pas une Elfe, mais en plus je suis une humaine du 21ème siècle, venue d’ailleurs.

Elle soupira.

— Cerise, commençais-je une nouvelle fois, mais elle me coupa la parole. Je ne la repris pas.

— J’aimerais qu’une bonne fois pour toute vous sachiez que vous êtes le seul qui m’importe à l’heure actuelle. Je sais très bien que je ne peux pas vous solliciter toutes les dix minutes et savoir que je peux compter sur quelqu’un d’autre qui m’apprécie me fait vraiment beaucoup de bien. Ne me l’enlevez pas.

Cette fois si, ce fut moi qui poussai un long soupir. Depuis combien de temps n’avais-je pas pris la patience d’écouter quelqu’un ? Quelques mois auparavant, je me serai emporté contre elle sans lui donner l’occasion de s’exprimer. Cela dit, elle non plus n’aurait pas fait l’effort de me parler avec intelligence et sagesse. Depuis que nous avions décidé d’une trêve, je trouvais sa compagnie des plus apaisantes et intéressantes. Loin d’être l’idiote que j’avais cru, Cerise savait se montrer aussi perspicace et intelligente que n’importe quelle Elfine de mon royaume.

— Je vois, dis-je. Mais pour notre bien à tous, faites attention, je peux comprendre, mais je ne pourrais pas empêcher les autres Ellir de penser à autre chose.

Voyant qu’elle semblait comprendre, je la relâchai. — Bien, maintenant que tout est dit, retournons au campement.

Sans attendre, elle se dégagea et commença à avancer vers la clairière où nous nous étions arrêtés.

— Cerise, la hélai-je une dernière fois. Qu’avez-vous donc fait pour que mon fils soit si gêné tout à l’heure ?

Je le vis rougir, puis rire doucement.

— Vous voulez vraiment le savoir Thranduil ?

— Oui.

— Oh, eh bien, répondit-elle d’un air malicieux, disons que je lui ai malheureusement effleuré l’entrejambe en tombant sur lui.

Elle se mit à rire carrément et me laissa là, seul, mettant un moment à comprendre et quand enfin la lumière se fit dans mon cerveau…

— Cerise, revenez ici ! éructai-je. Mais elle était déjà partie.

Cette femme allait finir par me rendre totalement fou. Il était peut-être préférable que j’en touche aussi deux mots à Legolas.

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Cerise

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Quand je revins au campement, je fus surprise de constater que les Elfes n’avaient absolument pas chaumé durant notre absence. Des tentes se dressaient un peu partout dans les environs. Fronçant les sourcils, je cherchai Legolas des yeux mais je tombais sur Tamril qui m’adressa un signe de la main. Avec un soupir, j’allais à sa rencontre en traînant des pieds.

Je me faisais vraiment l’impression d’être une vraie salope avec lui. Il était juste de dire que j’avais un peu profité de son béguin pour moi pour rendre Thranduil furieux. C’était digne d’une ado de quinze ans, j’aurais du en avoir honte mais c’était pire que ça ! Je m’en voulais. J’aurais fait n’importe quoi pour revenir en arrière et éviter ce carnage affectif. Cela dit, comment aurais-je pu me douter une seule seconde que cet amour à sens unique prendrait une telle importance pour lui ?

Je m’étais excusée, bien sûr, on en avait un peu discuté lui et moi, et j’avais vu ses épaules s’affaisser et la tristesse envahir son beau regard quand je lui avais expliqué que je ne pouvais pas lui rendre son amour car… j’en aimais déjà un autre. Quand un Elfe tombait amoureux, en général, ce n’était jamais pris à la légère, m’avait expliqué Liamarë. Elle m’avait aussi rassurée quant à l’avenir de Tamril. Ce qu’il éprouvait pour moi était encore très récent et, étouffé dans l’œuf, il pourrait très probablement passer à autre chose. Du moins, je l’espérais de tout mon cœur.

— Cerise, accepteriez-vous de prendre votre repas avec notre groupe ? me proposa-t-il gentiment, le regard plein d’espoir, tout en désignant un groupe d’Elfes qui me lancèrent des coups d’œil curieux.

— Tamril, cela aurait été avec plaisir, mais je préfère manger seule. Peut-être une prochaine fois, dis-je posément.

Je vis bien qu’il était déçu, mais je ne voulais vraiment pas ajouter trop d’espoir là où il n’y en aurait jamais. Avec lui, j’avais vraiment l’impression d’être l’héroïne des Feux de l’Amour chez les Elfes et ça me donnait presque des boutons d’urticaire. Je détestais ça.

J’attendis qu’il réponde quelque chose mais je voyais bien qu’il était en train de réfléchir. Allait-il insister ?

— Une prochaine fois alors, répondit-il finalement en avisant son groupe et en leur faisant un signe négatif de la tête.

Dire à quel point sa réponse me soulageait était un euphémisme.

— Bon appétit et bonne soirée, Tamril, finis-je par dire avant d’aller retrouver Lalaith et Linwë qui distribuaient des paquets de nourriture à tout le monde. Pour un peu, je me serais crue en colonie de vacances chez les Elfes ! C’était marrant.

Ah, les jolies colonies de vacances, merci papa, merci maman… Arf, il allait vraiment falloir que je trouve des chansons un peu moins vieillottes à chanter dans ma tête, là ça n’allait plus. Je ne pouvais même pas faire profiter les autres de mes talents musicaux, plus que contestables il est vrai.

Je me proposai de les aider mais ils refusèrent conjointement, prétextant qu’ils avaient déjà presque terminé leur distribution. A la place, ils me tendirent un bol de soupe chaude accompagné d’un morceau de lembas fourré à la crème. Munie de mon « dîner », je partis à la recherche d’un coin où je pourrais manger tranquillement.

J’avais, une nouvelle fois, cherché Legolas des yeux mais je ne le trouvais nulle part. Je me rendis compte aussi que Thranduil était tout aussi invisible. Sans doute discutaient-ils entre père et fils, ce qui devait être des plus probables d’ailleurs. Avisant un arbre qui n’était pas déjà réquisitionné par quelqu’un, je m’y assis tout en faisant attention de ne pas renverser ma soupe.

C’était agréable de pouvoir profiter d’un peu de quiétude tout en écoutant les bruits environnants.

J’étais en train de terminer mon repas quand je vis une ombre passer devant moi. Relevant la tête, je découvris Legolas qui me regardait avec son éternel petit sourire en coin. Cet Elfe était trop beau pour son propre bien.

— Pourquoi êtes-vous restée en retrait des autres ? me demanda-t-il courtoisement.

— J’avais envie d’être tranquille avec moi-même, dis-je en m’adossant contre le tronc d’arbre et savourant les derniers moments de cette fin de journée des plus harassantes.

Le soleil était en train de se coucher et ça me rendit presque nostalgique. Quand je vivais sur Paris, il m’arrivait parfois — quand le ciel se teintait de plusieurs couleurs allant du rose à l’orangé tout en tirant sur un jaune roussi — d’en prendre quelques photos souvenirs avec mon téléphone portable. Au rappel de mes affaires perdues, un sentiment d’anxiété traversa ma poitrine pour finir par s’évanouir comme il était venu. Bien que tout soit hors d’usage, je les conservais avec moi comme de vieilles reliques venues d’un autre temps… d’une autre époque et surtout d’un autre monde… mon monde.

— Puis-je m’asseoir à vos côtés, Cerise ?

Il me l’avait demandé si gentiment que je n’eus pas le cœur de le lui refuser. J’espérais juste que personne n’allait encore cancaner à notre sujet. J’aimais beaucoup Legolas, et il était vrai que si je l’avais rencontré avant son père, sans doute en serais-je tombée amoureuse… ou pas. Il ne me faisait pas vibrer comme Thranduil. Il avait beaucoup de qualités, je l’aimais bien, mais je me voyais mal faire des choses pas très catholiques avec lui. Parfois, je me demandais bien ce que lui, pouvait bien penser de moi… du coup.

Tandis que le jour faisait place à la nuit, des acclamations retentirent un peu partout dans la clairière et bientôt, de nouveaux chants accompagné de flûtes se firent entendre. Je ne comprenais pas cet enthousiasme qu’avaient les Elfes à célébrer la naissance de la nuit… Ils n’étaient pourtant pas des vampires mais à les voir aussi heureux, on pouvait aussi se poser des questions.

— Ceux de notre peuple vénèrent le crépuscule, me dit Legolas qui semblait avoir lu dans mes pensées.

— Et ils chantent quoi exactement ?

— Ils louent la grâce des étoiles de Varda et la beauté lumineuse de la lune, me répondit-il, son regard voilé tourné vers les cieux.

C’est vrai que, malgré tout ce que je pouvais dire et penser, il était vraiment beau et, oui, je savais aussi que je me répétais. Parfois, à travers ses traits, j’essayais de voir à quoi avait bien pu ressembler celle pour qui Thranduil avait donné, un jour, tout son amour. Serais-je à la hauteur de cette Elfe ? M’aimerait-il un peu en retour, moi aussi, comme il l’avait aimé elle ?

— Votre culture est si étrange, soufflai-je, essayant de chasser le début de jalousie qui étreignait mon cœur.

Il tourna son visage vers moi.

— Pas autant que la vôtre, Cerise. La vie des Elfes est, sans nul doute, étrange à vos yeux mais c’est ce qui nous définit. Nous vénérons la lune et les étoiles, les créations de Varda. Notre cycle bat au rythme des saisons et des lunes qui passent. C’est ainsi fait.

— Oui, vous me l’avez déjà expliqué et je vous avoue que j’ai encore du mal à saisir certaines choses. Mais même avec tout cela, vous êtes éternels, vous ne mourrez jamais…

Je fus interrompue par le rire doux et chaud de mon compagnon.

— Nous ne sommes pas éternels à proprement parler, Cerise, c’est totalement faux. Nous vivons tant que le monde vit. De plus, notre âme — il désigna son front— plus exactement notre fëa peu un jour consumer notre hröa, notre enveloppe corporelle.

— Que… Que voulez-vous dire ? dis-je, totalement interloquée.

— Qu’un jour ou l’autre, notre enveloppe corporelle peut ne plus supporter la cohabitation avec notre âme, alors, il est temps de rejoindre Mandos pour renaître dans un nouveau corps. Mais je vous avoue que cela est assez rare. Très peu d’Elfes se retrouvent privés de leur corps. Ce dernier finit juste par devenir sans âge, irréel… fantomatique.

Je le regardai, les yeux ronds.

— Vous… vous pouvez ressusciter ?! dis-je, complètement choquée.

Il m’envoya un très grand sourire en retour.

— Bien sûr que non. Simplement, nous pouvons nous réincarner. La mort ne peut-être qu’un simple passage dans les cavernes de Mandos. Notre hröa, quand elle est appelée par Námo, se rend directement là-bas. Si l’Elfe mort décide de se réincarner, il a le choix entre reprendre son enveloppe d’origine, ou bien renaître. C’est aussi pour cela qu’un couple marié le reste pour l’éternité, en général, car il y a toujours quelques cas, bien sûr, termina-t-il un peu plus tristement.

J’avais du mal à tout comprendre, du moins une partie de moi ne voulait absolument pas comprendre.

— Mais… et votre mère ? questionnai-je dans un souffle, presque inaudible.

Legolas ne me répondit pas tout de suite. Il exhala un très long soupir avant de se passer la main dans ses long cheveux bruns. J’avais remarqué qu’à la lueur du soleil ou de la lune, il avait aussi quelque reflets cuivrés. Il avait vraiment de magnifiques cheveux qui m’avaient fait presque oublier ma déception qu’il ne soit pas blond comme je me l’imaginais dans ma tête au départ. Merci Peter Jackson et Orlando Bloom pour ce beau fail !

— Cerise, je sais que vous entretenez quelque chose de particulier avec mon père. Je ne l’approuvais pas dans un premier temps, mais j’ai vu à quel point votre présence lui faisait du bien, préféra-t-il me répondre à la place. — Et je vous en remercie, Cerise, tout comme je remercie la volonté d’Eru et des Valar de vous avoir amenée jusqu’à lui.

Je sentis une chape de plomb me tomber dans la poitrine et mon cœur semblait parti pour exploser si je ne faisais rien pour le calmer.

— Je vois, dis-je en continuant à trembler légèrement.

— Non, vous ne voyez rien du tout, Cerise, vous ne pouvez pas comprendre ce que cela implique, répondit Legolas en remettant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille au bout désespérément arrondi. A l’heure actuelle et en l’état des choses, je regrettais de n’être ni une Elfe ni cette Elenna qui avait su se faire une place dans le cœur si bien gardé de Thranduil.

— Et qu’est-ce que cela implique ?

— Ma mère aurait du renaître il y a de cela déjà bien longtemps. Jamais aucun Elfe ne reste une éternité dans les cavernes de Mandos s’il ne le désire pas et si ses actes ne méritent pas pénitence. Ce n’est qu’un passage pour une autre vie.

— Mais ?

Parce que je me doutais forcément qu’il y avait un « mais ».

— Ma mère est morte il y a plus de deux millénaires. Même si le laps de temps entre la mort et la réincarnation peut être longue, ça ne l’est jamais autant, surtout pour un couple dont l’un des deux est encore en vie. Bien sûr, continua-t-il, nous ne désespérons pas de la revoir un jour en Valinor.

— Je… je l’espère pour vous, Legolas.

Doucement, je sentis Legolas frotter mes joues d’une de ses mains.

— Vous pleurez Cerise. Vous ne devriez pas.

Je ne m’étais pas rendue compte que je chialais avant qu’il ne m’essuie avec ses pouces. Je venais de me prendre la plus belle désillusion de toute ma vie. En cet instant, je détestais Legolas de m’avoir dit tout ça.

— Pourquoi m’avoir confié quelque chose d’aussi personnel ? demandai-je bien malgré moi.

— Parce que j’ai jugé que vous aviez le droit de le savoir.

— Que croyez-vous qu’il arrivera une fois que nous serons aux Havre-Gris, Laiqalassë ? … heu pardon, Legolas.

— Ce n’est rien Cerise, dit-il en riant devant mon erreur. Concernant votre question, je ne sais pas ce qu’il arrivera aux Havres Gris. Mon intuition me dit que, vous comme mon père, devriez écouter votre cœur plus que ce que ne vous dicte votre raison. Bien sûr, je sais que la raison peut-être altérée par les impulsions du cœur mais… écoutez tout d’abord ce qu’il y a au fond de vous, Cerise.

Je sentis les doigts de Legolas caresser mon visage comme l’avait fait son père quelques heures plus tôt, mais loin de me donner des frissons d’anticipations, cela me donna envie de fondre en larmes et c’est ce que je fis. Je me mis à pleurer à chaudes larmes avant qu’il ne me prenne dans ses bras pour me consoler.

— Je ne veux pas être malheureuse, reniflai-je.

— Vous ne le serez pas, Cerise. Vous ne le serez pas si vous prenez les bonnes décisions, et puis vous n’êtes pas seule.

Je restai là à pleurer encore quelques minutes. Puis quand je me relevai, Legolas me demanda d’attendre un moment avant qu’il ne revienne avec un mouchoir mouillé. Il me le tendit pour que je puisse me débarbouiller.

— Merci, lui dis-je.

— De rien, Cerise. Si vous cherchez la tente de mon père, dans laquelle ont été mises vos affaires, elle a été montée à quelques pas d’ici. Elle est assez éloignée du reste du campement mais quelques gardes surveillent les environs.

— Très bien, Legolas. Merci encore et pour tout.

Il allait partir quand il se retourna vers moi une dernière fois, la mine songeuse.

— Vous n’allez pas faire de bêtises, n’est-ce pas, Cerise ?

— Du tout, rassurez-vous.

Il inclina la tête avant de me laisser seule. J’attendis qu’il soit parti pour prendre le chemin inverse qu’il m’avait indiqué. J’avais besoin, encore une fois, d’être seule. Il fallait que je digère tout ce qu’il venait de me dire. Thranduil,mon Thranduil, était encore marié et il désespérait de sa femme tout en s’envoyant en l’air avec d’autres Elfes, et maintenant avec moi. Avec tout ce que m’avait dit Legolas, j’avais voulu lui poser mille et une questions, mais je m’en étais abstenue.

J’étais gaffeuse comme pas deux avec ma langue bien pendue mais dès qu’il s’agissait de mes sentiments personnels, je devenais une vraie tombe. S’il y avait une personne à interroger, c’était le roi des Elfes mais je doutais qu’il apprécie mes questions, et moi ses réponses. Mais à quoi m’attendais-je donc ? De toute façon, nos routes se sépareraient quand il prendrait son bateau pour Valinor, me laissant à quai comme les marins avec leurs femmes dans chaque ports.

Et que deviendrais-je moi ? Si j’avais écouté ma raison plutôt que mon cœur, je serais partie avec Liamarë et Dagnir, ou alors j’aurais accepté l’invitation de Gabrielle de venir avec elle en Lórien Orientale. Toutes les deux avaient été déçues par mes réponses négatives. J’avais pu lire une certaine peine dans leurs iris mais à quoi bon m’apitoyer maintenant ? C’était de toute façon trop tard et je n’étais pas dans une de ces maudites fanfics où un retournement de situation bidon faisait que l’héroïne gagnait tout à l’arrivée : le beurre, l’argent du beurre, et même le cul d’un Elfe pour la vie éternelle, ou presque.

Petit à petit, je ne vis pas que mes pas m’enfonçaient un peu plus dans la forêt. C’était de plus en plus sombre, mais je m’en fichais. Que pouvait-il m’arriver de plus horrible que ce que Legolas venait de me dire ?

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Thranduil

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La nuit était déjà bien avancée quand je vis mon fils revenir seul vers notre campement.

— Où est Cerise ? lui demandai-je, suspicieux.

Legolas m’observa un instant avant de me répondre.

— Elle avait besoin de marcher un peu et d’être seule. Elle est partie en direction du lac, m’apprit-il.

Je m’apprêtais à la rejoindre quand je fus arrêté par une question de ce dernier :

— Que ferez-vous d’elle une fois que vous serez arrivé aux Havres Gris avec elle, Ada ?

Je me retournai vers lui.

— Pour tout te dire, je n’y ai pas vraiment réfléchi, Legolas.

C’était vrai, je n’avais pas réfléchi à ce qu’il se passerait ensuite, une fois que nous serions arrivés au port. Je restai persuadé que Cerise était bien plus qu’une simple petite humaine sans signification. Elle parlait Quenya, cela avait forcement une explication logique.

Une part de mon cœur espérait qu’elle soit la réincarnation d’Elenna… Legolas ne semblait pas y croire. Je ne lui en voulais pas d’être circonspect. Ma défunte épouse, si elle avait dû se réincarner, l’aurait fait depuis bien longtemps à moins que la noirceur de mon propre cœur, dévoré par les ténèbres qui s’étendaient alors dans notre forêt, ait corrompu cette bénédiction et fait réfléchir Mandos. J’avais eu des siècles et des décennies pour réfléchir à cette question des plus épineuses. Je m’étais même fait une raison de ne plus jamais la revoir… mais je savais que jamais je ne la forcerais à revenir si elle en avait décidé autrement. Les morts avaient toujours le choix, ce n’était ni aux vivants ni aux compagnons restant d’y interférer. Mais, si je pouvais y faire quoique ce soit…

Puis était arrivée Cerise. Aussi blonde qu’Elenna était brune, aussi humaine qu’Elenna était une Elfine. A bien y réfléchir, elles avaient plus de différences que de point communs. Pourtant… pourtant, ce que je commençais à éprouver pour Cerise ne pouvait que signifier qu’une chose, Elenna devait forcément être en elle.

— A quoi songez-vous, père ? entendis-je Legolas me demander, me sortant de mes pensées.

— A rien qui ne t’intéresse, ion nín.

Sur ce, je le plantai là pour retrouver notre petite humaine avant qu’elle n’arrive une nouvelle fois à se mettre dans le seul danger qu’elle trouverait en ces lieux, qui pourtant, étaient des plus sûrs.

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Je mis un certains temps à la trouver et mes yeux s’écarquillèrent de surprise quand je la découvris au milieu du lac en train de nager tranquillement, ses cheveux blonds brillants d’une étrange lueur dorée, baignée par les rayons lumineux de la lune qui semblait surveiller ses moindres mouvements.

Voyant ses vêtements éparpillés négligemment au pied d’un arbre, je décidai de m’y adosser tout en enlevant, au préalable, mon manteau pour y être plus à mon aise.

Elle ne m’avait pas vu et je pus l’admirer tout à loisir jusqu’au moment où elle décida de sortir enfin de son bain improvisé. Mes yeux parcoururent son corps voluptueux d’un regard appréciateur. Elle avait repris ses kilos perdus depuis un moment et pourtant, je ne l’en trouvais que plus adorable ainsi. Elle avait toujours montré avec fierté ses formes qui manquaient tant aux autres Elfines.

— Vous ne devriez pas vous baigner seule, Cerise, lui dis-je au moment où nos yeux se croisèrent.

Elle sursauta violemment.

— Bon sang, Thranduil, vous m’avez fait peur ! J’ai cru que c’était quelqu’un d’autre.

Elle se hâta d’arriver vers moi pour récupérer ses affaires. Je plissai alors les paupières.

— Vous n’allez pas vous rhabiller alors que vous êtes complètement mouillée.

Elle m’observa comme si je venais de perdre la tête.

— Je ne vais pas rester toute nue non plus, je sais que vous adorez mater mon corps, espèce de vieux pervers, mais…

— Cela suffit Cerise, venez vous asseoir ici, dis-je en désignant l’herbe fraiche à côté de moi. De toute façon, repris-je, il ne fait pas froid en ce début de printemps, vous ne risquez rien.

— Vous êtes impossible, me dit-elle en soupirant, et au moment où elle prenait place à mes côtés, je vis qu’elle avait pleuré. Ses yeux étaient rouges et gonflés.

— La lune est belle, souffla-t-elle en s’allongeant sur le dos pour admirer les étoiles.

Moi, je ne voyais qu’elle et ses yeux rouges. Une drôle de sensation naquit au fond de ma poitrine.

— Est-ce mon fils qui vous a fait pleurer ainsi, Cerise ? demandai-je brutalement.

Je la vis écarquiller les yeux avant de se passer l’avant bras sur le visage. Je savais que Legolas avait passé un peu de temps avec elle après le repas.

— Si je vous dis non, est-ce que vous me croirez ?

— Non.

Nouveau soupir de sa part.

— Que va-t-il advenir de moi une fois que vous partirez pour votre île, Thranduil ?

Elle tourna son visage vers moi, attendant une réponse que j’étais bien incapable de lui fournir. Je ne savais pas ce qui allait se passer. L’emmener était impossible, quand bien même je l’aurais souhaité. Rester aux Havres Gris avec elle, le temps qu’elle vieillisse et meure, le temps que je me lasse d’elle, si elle n’était rien d’autre… Tout se mélangeait dans ma tête.

— Vous posez trop de questions, dis-je en serrant les dents de dépit.

Elle se releva avant d’essorer ses cheveux et de récupérer la chemise translucide qu’elle portait sous sa robe.

— En fait, vous n’en savez rien vous même, me dit-elle tout en s’affairant, me tournant le dos par la même occasion.

Je la laissa faire, sans mot dire. Je savais qu’un jour ou l’autre, il nous faudrait aborder ces questions. Je pensais que ne plus avoir de royaume à gérer me laisserait une certaine tranquillité d’esprit, mais finalement, les affaires personnelles étaient toutes aussi pénibles et accaparantes. Je n’aimais pas cela.

Sentant le début d’une colère poindre au plus profond de mon être, je me levai et commençai à avancer vers le campement sans l’attendre.

— Dépêchez-vous, Cerise, dis-je d’une voix froide. Il est tard, et nous repartons dès l’aube.

oO0Oo

Cerise

oO0Oo

Je regardai Thranduil avancer, le dos raide. Il semblait énervé. A tel point qu’il en avait oublié son manteau. Finissant de m’habiller à la hâte, je récupérai ce dernier, non sans pester contre le poids du truc. Bordel ! Mais comment faisait-il pour porter sur lui quelque chose d’aussi lourd ?

Jurant entre mes dents, je finis par le rejoindre sous la tente, non sans faire tomber à mes pieds mon lourd fardeau.

— Vous aviez oublié ceci, dis-je d’un air ennuyé en avisant la couche préparée pour la nuit. Il n’y en avait qu’une et, tout d’un coup, le doute m’assaillit.

— Je vais dormir où cette nuit ?

Je vis Thranduil soupirer d’agacement.

— A votre avis ? me dit-il.

— Ch’ais pas… avec les chevaux ? Dehors, à la belle étoile ?

— Si vous continuez, c’est effectivement là que vous irez dormir, petite, maintenant taisez-vous et venez vous allonger. La nuit sera courte, elle est déjà bien avancée.

Alors, il fit une chose à laquelle je ne me serai jamais attendue, il me prit dans ses bras pour me porter lui-même jusqu’au matelas, et m’y déposa le plus délicatement possible avant de s’allonger sur moi et de m’embrasser.

Je sentis mon cœur battre la chamade, j’aimais ces moments qui précédaient l’acte d’amour en lui-même. Il y mettait tellement d’ardeur que je ne me sentis pas la force de le repousser. Cependant, il eut beau me faire gémir de plaisir et me montrer, une nouvelle fois, à quel point nos corps étaient faits pour s’entendre… Une partie de mon cerveau était resté bloquée sur la conversation que j’avais eue avec Legolas quelques heures plus tôt.

Comment continuer comme ça, s’il en aimait déjà une autre, et ce, pour l’éternité ?

oO0Oo

La nuit avançait au rythme des chants elfiques que j’entendais depuis la tente où nous dormions. Je n’avais jamais rien écouté d’aussi déprimant de toute ma vie. Certes, c’était beau comme tout, mais ça donnait pas vraiment la pêche. Cela dit, vu l’heure, ce n’était sans doute pas plus mal.

Avisant le côté droit du lit, je vis que Thranduil dormait… comme seuls les Elfes savaient le faire. Même si j’avais fini par m’y habituer, j’avais encore du mal à être totalement à l’aise avec ça. Ne voulant pas m’amuser à me retourner sans cesse, au risque de le réveiller, je sortis doucement du lit et avançai, pieds nus, jusqu’à la sortie. Je passai ma tête dehors, et vis qu’il n’y avait personne dans les environs. Je décidai donc de sortir sans plus attendre.

Marcher un peu me ferait le plus grand bien, et si je pouvais aussi penser à autre chose qu’au fait que jamais Thranduil ne m’aimerait comme moi je l’aimais, que finalement, quoiqu’il arrive, il n’y aurait jamais de place pour moi, ça serait juste parfait.

Avançant une nouvelle fois d’un pas rapide à travers le bois, je dépassai bientôt le lac pour me perdre encore plus loin dans la forêt. Tout semblait si calme, tout d’un coup. Seuls quelques grillons égarés et autres habitants de la nuit venaient accompagner mes pas.

J’allais faire demi tour, me disant que j’avais été assez loin comme cela, quand je sentis une odeur de brûlé provenant de derrière un fourré.

J’ai toujours été d’un naturel assez curieux. C’est pourquoi, intriguée, je décidai d’aller jeter un coup d’œil. S’il y avait le feu quelque part, il me faudrait prévenir les autres. Ce n’était pas le moment de finir cramée.

Arrivant devant un immense buisson, qui n’avait pourtant rien d’ardent, je commençai à dégager les feuilles qui gênaient ma vue, quand ce que je vis me glaça de la tête aux pieds.

— Oh putain de bordel de merde, soufflai-je… ce n’était juste pas possible ça.

Effrayée comme jamais, la peur me collant au ventre, je décidai de repartir comme j’étais venue, aussi silencieusement que possible, quand mon dos rencontra quelques chose de dur et qui sentait vraiment très mauvais.

L’odeur de brûlé avait, sans nul doute, camouflé celle plus pestilentielle de… relevant la tête devant l’énormité de la chose qui me faisait face à présent, je compris qu’il ne me restait qu’un recours vu que la fuite était, dès lors, inenvisageable.

Je me mis à hurler vraiment très fort !

A Suivre


Annotations

– Radio Montmarte : radio Parisienne qui diffuse essentiellement des chansons des années 20′ et 30′ dans lesquelles l’accordéon prédomine (ma grand-mère écoutait ça et quand j’étais en vacances chez elle, c’était un vrai calvaire pour les oreilles de l’ado que j’étais alors).

– Tout ce que Legolas dit à Cerise n’est pas inventé mais vient bel et bien de la culture et du folklore Elfique créé par le professeur Tolkien. J’ai essayé d’être au plus juste par rapport aux besoins de mon histoire.

– Je vous laisse deviner sur quoi Cerise vient de tomber ? Le seul danger qu’elle pouvait trouver bien sûr…

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One comment

  • En premier lieu, les Elfes sont tous des démons à la langue fourchue. A ce niveau-là, ils ne valent pas mieux que leurs confrères humains qui pour la plupart n’ont rien d’autre à faire que de se rouler dans cette gadoue appelée mélange de rumeurs et de médisances. On est loin des créatures parfaites mais il faut se souvenir — je crois qu’on en avait discuté, en plus — que Morgoth n’a pas eu de gros efforts à faire pour semer la zizanie à coups de mensonges et de colportages qui ont fait que les Elfes ont fini par se battre comme des chiffonniers avec splendeur. Quand on se souvient de ça, on sait que ta vision de ces abrutis qui ricanent dans le dos de Cerise et qui tirent des conclusions hâtives de ce qu’ils voient sans réfléchir sont totalement crédibles. Quelque part, par ailleurs, on sent que le mépris, ou à tout le moins la dépréciation du genre humain les pousse d’autant plus à avoir ce genre de propos. Cerise est une humaine, donc c’est normal que son attitude soit inconvenante. Si je puis me permettre, ils devraient se mêler un petit peu de leurs oignons.

    En mettant de côté ce passage qui montre une fois encore que les Elfes ne sont pas des princesses dépourvues de crottes de nez, ainsi que le début avec ses aspects cocasses et rigolos, pauvre Cerise sur son canasson, ce chapitre… fait mal. Sur ce coup-là, Legolas a été un peu un oiseau de mauvais augure, ou du moins le porteur d’éléments pas très encourageants pour l’avenir. Tant qu’elle avait la certitude que l’épouse de Thranduil était morte, Cerise pouvait espérer avoir sa chance, que le souvenir s’effacerait un jour, même si elle est bien consciente que la tâche est difficile… Le fait qu’elle soit potentiellement vivante redistribue les cartes avec un jeu impossible à gagner. Cette révélation est très douloureuse à encaisser par bien des points : Cerise est amoureuse et elle sait qu’au regard de cette situation, ses sentiments ne seront jamais payés de retour. Elle a aussi l’impression d’avoir été utilisée, d’avoir joué le rôle de passe-temps, voire de bouche-trou en attendant le retour de l’épouse aimée. Tout cela fait mal, a fortiori du fait qu’elle ne sache pas ce qu’il adviendra d’elle aux Havre-Gris. Du moins, elle n’en a pas une vision bien optimiste puisque, privée de Thranduil, elle n’envisage pas sa vie autrement que dans l’isolement le plus complet.

    Dans le même temps, on sent Thranduil empêtré dans ses certitudes, sa vision des choses en étant conscient qu’il se leurre peut-être. Il persiste à croire que ce qui l’arrange même si son unique argument pour étayer sa théorie s’avère être très tordue : ma femme est morte, un Elfe n’a qu’une âme sœur, j’éprouve des choses pour une autre donc cette autre est ma femme. La marge d’erreurs est infiniment plus grande que celle de vérité mais, en immobiliste droit dans ses bottes, Thranduil tolère mal le moindre changement dans son existence, qu’il soit ou non décidé par les Valar. On a de la peine pour lui, dans une moindre mesure, parce qu’en s’accrochant à son idée, il fait souffrir Cerise et se fait souffrir lui-même. Seulement, il n’en a pas conscience et c’est bien ça qui est le plus triste.

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