Chapitre 26 : Bons Baisers d’Imladris

Imladris

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Bons Baisers d’Imladris

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Thranduil

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Cela faisait déjà deux jours que nous avions fait halte à Imladris. Nous avions convenus de repartir le lendemain, sans plus attendre. Cette pause avait été finalement plus que la bienvenue au vu des derniers événements. Notre première nuit dans la dernière maison simple des elfes de la Terre du Milieu n’avait pas été sans surprises, entre la surprenante facilité de Cerise à parler une langue ancienne et inusitée depuis plusieurs siècles sur ces Terres et l’étrange cadeau que nous avait fait les étoiles de Varda…

Cependant, ce fameux soir, ma belle amie avait failli me faire une révélation qui finalement avait été étouffée dans l’œuf. Cela me frustrait énormément. Ma belle amie. Venais-je réellement d’appeler Cerise ainsi ? C’était pour le moins insolite, ce terme me rappelait différentes choses dont j’étais absolument incapable de me souvenir.

J’étais en train de prendre mon petit déjeuner sur la terrasse principale quand je fus rejoint par Legolas.

— Vous me paraissez-bien matinal, Adar.

Je l’observai prendre place à mes côtés puis se servir un thé et quelques collations.

— Le sommeil ne m’apporte aucun bien-être ces derniers temps, dis-je doucement en profitant des premiers rayons de soleil qui venaient réchauffer mon visage.

J’aimais ce moment de grâce et de plénitude où personne n’attendait rien de moi.

— Le temps est bien étrange, soupira Legolas. Nous ne sommes qu’au début du printemps et pourtant il fait si doux, c’est à n’y rien comprendre.

Il porta sa tasse à ses lèvres et but une gorgée de son breuvage qu’il avait sucré préalablement. Je me demandais souvent à quoi il pouvait bien penser. Quelles étaient ses espérances ?

— Dis-moi, ion nín, ton cœur est-il toujours libre et sans entrave ? lui demandai-je d’une voix que je voulais sur le ton de la conversation.

Il reposa sa tasse avant de s’enfoncer plus confortablement contre le dossier de son fauteuil et ramena ses mains sur la table avant de me répondre.

— Voilà une question que vous me posiez à chaque retour de l’un de mes innombrables voyages, Adar et ma réponse alors ne différait jamais : non, il n’y avait personne, père, et non … Il n’y a toujours personne.

Sa réponse me déplut — comme elle m’avait toujours déplu, cela dit.

— Je ne comprends pas, murmurai-je. J’étais encore jeune quand mes yeux se sont portés sur ta mère. Elle était baignée par les doux reflets de la lune et d’une étoile en particulier, comme si ces dernières avaient voulu me montrer que c’était elle.

— Elle chantait une ode à Varda et vous vous êtes joint à elle, termina Legolas à ma place. Oui, père, je connais cette histoire pour l’avoir entendue plus souvent que le son de ma propre voix.

Baissant les yeux, je m’abîmai dans la contemplation de ma tasse.

— Comment se porte Cerise ? me demanda-t-il me sortant de mes pensées.

— Aussi bien que possible. Elle était fatiguée, c’est pourquoi j’ai préféré la laisser dormir encore.

La nuit passée avait été des plus mouvementée et… Passionnée. J’avais découvert un nouvel aspect de Cerise que je ne lui avais encore jamais connu. Pour la première fois depuis que nous partagions la même couche, elle s’était refusée à moi. Pensant que c’était un jeu, j’avais insisté. Finalement, j’avais du user et abuser de toutes les ruses possibles pour qu’elle finisse par me céder et enfin me supplier. Nous nous étions aimés toute la nuit et je l’avais laissée enfin dormir tandis que l’aube commençait à se lever.

— Vous me paraissez bien absent aujourd’hui, père, insista mon fils.

En l’observant, je vis qu’il affichait un air songeur. Il allait me manquer et j’espérais secrètement qu’il change d’avis et finisse par nous accompagner à Valinor. Le savoir loin de moi me dérangeait au plus haut point. Bien sûr, cela, jamais je ne le lui dirai.

— Le temps des elfes est révolu, Legolas, pourquoi tiens-tu tant à rester encore ici ? N’as-tu pas encore tout visité de cette Terre ? Y a t-il encore des secrets que tu n’aurais pas percés ?

— Ce n’est pas cela, père, mais j’ai fait une promesse.

— Une promesse ?

— Oui, répondit-il, ses yeux tournés vers le ciel. J’ai promis au roi Elessar, mon ami, de rester jusqu’à sa mort qui, je l’espère, n’arrivera pas avant un certain temps.

— Pour un stupide humain ?! m’exclamai-je, surpris. Tu restes là juste pour ça ?

Il se passa la main dans les cheveux ; il semblait excédé.

— Je l’aime, père. Il est mon ami et, cela pourrait vous paraître égoïste de ma part, mais j’ai envie de profiter de sa présence autant que je le peux. J’aurai tout le temps du monde ensuite pour revenir vers vous, pour fouler enfin cette Terre qui m’appelle de tout son cœur, et…

J’ouvris la bouche de stupeur. Il l’avait ressenti, lui aussi. L’appel de la mer, et pour la première fois, je vis enfin ce qui se cachait derrière ce sourire en coin, derrière ces paupières ourlées de long cils bruns… ses prunelles étaient tourmentées au delà de ce que j’aurais pu croire. Pris au dépourvu par une telle révélation, je me pinçai l’arrête du nez entre les doigts.

— Depuis quand, ion nín ? demandai-je simplement.

Il tenta d’éviter mon regard mais se ravisa. Il ne me fuirait pas, je le savais.

— Depuis la dernière guerre de l’anneau, répondit-il en se détournant de moi, toutefois.

— Je vois, dis-je. Tu es décidément un enfant bien mystérieux Legolas… Tout comme ta mère l’était.

A ces mots, je le vis tiquer légèrement puis pincer les lèvres. Il allait se lever mais resta assis et se retourna vers moi.

— Je sais que je vous ai déjà posé cette question, père, mais que comptez-vous faire de Cerise ? Avez-vous pris la peine et le temps de décider de son avenir en Terre du Milieu après votre départ ?

Nos yeux s’accrochèrent une fraction de seconde.

— Non.

— Mais enfin ! s’écria-t-il, visiblement exaspéré, comment pouvez-vous vous montrer aussi insensible à son devenir ?!

— Je ne te permets pas, Legolas ! tonnai-je, sortant de mes gonds à mon tour.

Il avait peut-être raison mais ce n’était pas une raison pour me parler sur ce ton. Je restais son père et avant tout son roi tant que je n’aurai pas quitté ces Terres. Non, il est vrai, je n’avais pas pensé à l’avenir de ma petite humaine parce que, au fond, je n’arrivais pas à nous imaginer loin l’un de l’autre mais le reconnaître serait accepter ce que je ressentais pour elle. Et puis une autre part au fond de mon cœur espérait toujours qu’elle soit Elenna. Seulement, il faudrait qu’elle se souvienne de ce qu’elle était avant que je n’embarque… Car après… Mais était-ce seulement imaginable ? Cerise était si étrange et, plus le temps passait, et plus cette aura de mystère qui l’entourait ne faisait que croître.

— Père, reprit-il, insensible à mes tourments intérieurs, les jumeaux Elrohir et Elladan m’ont proposé de la garder avec eux pour…

— Il n’en est pas question ! dis-je en me levant de mon siège. Cerise m’a promis de m’accompagner jusqu’aux Havres Gris. Elle le fera.

— Je n’ai pas dit qu’elle ne vous accompagnerait pas.

— Que veux tu dire alors ?

Legolas exhala un long soupir.

— Au lieu de vous laisser aux alentours des Montagnes Bleues, je viendrai avec vous jusqu’aux Havres. Quand vous aurez embarqué, je me propose de la raccompagner jusqu’à Imladris.

Voilà une proposition que j’aurai été mal avisé de contester, compris-je.

— Bien, soit Legolas ! Nous ferons ainsi.

— Pour la tranquillité de tout un chacun, je pense que c’est la meilleure solution, répondit-il.

J’acquiesçai.

— Je ne te savais pas si soucieux d’une simple humaine, mon fils.

— Comment pourrait-il en être autrement, père ? Je me suis toujours soucié des gens que j’appréciais.

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Cerise

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J’eus toutes les peines du monde à me lever ce matin. J’étais courbaturée de partout et je n’avais pas assez dormi. Me souvenant de la nuit que je venais de vivre, je sentis une bouffée de chaleur envahir mon visage. Gênée par le tournant que prenaient mes pensées, j’enfouis ma tête dans mon oreiller.

Finalement, j’avais été incapable de lui dire ce que j’avais découvert à son encontre, enfin ce que j’avais compris ressentir et qui m’avait complètement scotchée. Il avait fallu que les étoiles dans le ciel jouent aux guirlandes électriques — un peu comme celles que je mettais tous les ans sur mon bon vieux sapin de Noël synthétique — pour que je décide de rebrousser chemin.

Ça se trouve, le ciel d’Arda était un immense sapin de Noël, qui sait ? Je secouai la tête devant l’évidence de ma propre bêtise. Aujourd’hui, je voulais être libre, libre et insouciante, comme avant. Je voulais montrer à Thranduil qu’il ne m’atteignait pas… Même si c’était un gros mensonge. Comment allai-je pouvoir enfermer dans un des tiroirs de ma conscience ce que mon cœur venait de me révéler ? Oui, j’avais bien saisi que j’étais amoureuse de ce crétin de roi des elfes, cette ancienne biatch de mon cœur qui s’était reconverti en : « je ne peux plus respirer sans lui, je l’aime pour la vie et plus si affinités ». C’était bien là le problème, parce qu’il y a deux nuits de cela, j’avais failli lui dire que je savais, non, que j’étais sûre que ma vie était faite pour être à ses côtés et ce jusqu’à ce que je ne disparaisse à jamais. Sur le coup, ça m’était apparu comme une évidence. Je ne pouvais pas vivre sans lui. Mais à ce jour ? En étais-je toujours aussi certaine ? Nos routes se sépareraient aux Havres Gris et après, jamais plus nous ne nous reverrions. Rien qu’à cette simple éventualité, mes yeux se mirent à picoter.

— Putain de bordel de merde, Cerise ! T’es vraiment qu’une grosse conne à t’être éprise de lui comme ça ! Il ne t’aime pas, putain ! Il aime sa femme, pas toi.

C’est vrai, ça. Même si je disais que j’en profitais depuis quelques temps, j’avais trop pris l’habitude de me reposer sur lui. Pas bien, Cerise, ça, pas bien du tout. Peut-être qu’après tout, je devrais l’oublier dès maintenant, passer à autre chose. Mon entreprise de séduction, et je le sentais, était en train de se retourner contre moi. J’émis un rire de dérision. C’était le monde à l’envers, ça. C’était moi qui le séduisais et c’était moi qui tombait de plus en plus amoureuse de lui. Secouant la tête et séchant mes larmes, je décidai de me lever.

Une fois habillée et coiffée, je sortis de la chambre non sans avoir ouvert la lourde porte-fenêtre avant de partir. La pièce empestait le sexe et je n’avais pas envie que tout ceux d’Imladris soient au courant de la nature exacte de ce qui me liait à Thranduil.

Dépassant les couloirs découverts, j’avançai d’un pas décidé vers la terrasse principale dans le but de prendre un bon petit déjeuner. Bien que je me sente lasse et barbouillée, je me convainquis que manger un peu me ferait le plus grand bien.

J’entendis avant d’arriver la conversation de deux elfes déjà attablés. Il s’agissait de Thranduil et de Legolas. Me mordant les lèvres, je fis de mon mieux pour ne pas me faire remarquer. Je savais que c’était mal d’écouter aux portes mais… Il n’y avait pas de porte, après tout, et puis s’ils ne voulaient pas être surpris, ils auraient pu partir ailleurs.

Peut-être aurais-je mieux fait de m’abstenir mais c’était trop tard et leurs paroles m’atteignirent comme autant de coups de couteaux en plein cœur.

— … Au lieu de vous laisser aux alentours des Montagnes Bleues, je viendrai avec vous jusqu’aux Havres. Quand vous aurez embarqué, je me propose de la raccompagner jusqu’à Imladris.

Silence…

— Bien, soit, Legolas ! Nous ferons ainsi.

— Pour la tranquillité de tout un chacun, je pense que c’est la meilleure solution, répondit-il.

— Je ne te savais pas si soucieux d’une simple humaine, mon fils.

— Comment pourrait-il en être autrement, père ? Je me suis toujours soucié des gens que j’appréciais.

Eh bien… Je m’attendais à quoi aussi ? Respirant un bon coup pour me donner une certaine contenance, j’avançai en faisant un maximum de bruit pour me faire remarquer.

— Bonjour ! lançai-je à la cantonade tout en me dirigeant vers eux. Thranduil s’était levé et semblait d’humeur ombrageuse. Legolas, quant à lui, me lança un sourire pétillant de malice.

— Bonjour, mellon nín, avez-vous bien dormi ? me demanda-t-il courtoisement.

— Oui, comme un bébé, mentis-je en évitant de regarder Thranduil dans les yeux.

Comme à son habitude, il resplendissait de majesté, même habillé plus simplement. Il avait revêtu une tunique de couleur verte, entremêlée de motifs dorés sur des chausses marron. Un simple diadème était posé sur son front. Legolas, quant à lui, avait opté pour une tenue bleue argentée. Le père et le fils étaient particulièrement beaux, il fallait l’avouer.

Je pris place aux côtés de Legolas qui me servit une tasse de thé.

— Merci mon ami, mais dites-moi, ou est notre Gimli préféré ? Ne prend-t-il pas son petit déjeuner avec nous ?

L’elfe brun se mit à rire tandis que Thranduil prenait place en face de moi. J’évitai soigneusement de poser mes yeux sur lui.

— Gimli dort encore, Cerise. Il se lève parfois assez tardivement quand il n’a rien à faire d’urgent.

— J’ai toujours su que ces nains étaient d’horrible faignants, répondit Thranduil d’une voix dure qui me fit lever les yeux au ciel.

— Mais oui, marmonnai-je dans ma barbe, c’est ça.

Legolas me scruta bizarrement tandis que Thranduil fronçait les sourcils. C’est aussi à cet instant qu’apparurent les jumeaux d’Elrond. Ils étaient en pleine conversation.

— Bien le bonjour, je vois que vous êtes déjà levés, dit Elrohir en nous faisant un signe de la main.

— Cerise, dit Elladan, son jumeau, vous joindriez-vous à moi pour une promenade matinale ?

Je lui fis un grand sourire. Après tout, autant en profiter un maximum au lieu de me lamenter sur mon sort. Cela vaudrait mieux pour moi.

— Avec grand plaisir ! répondis-je allègrement. Ça me changera les idées.

Je me levai aussitôt de mon siège, toujours en ignorant superbement Thranduil.

— A plus tard ! dis-je à Legolas avant de prendre le bras qu’Elladan me tendait.

Nous partîmes nous promener aux alentours de la demeure principale et nos pas nous portèrent bientôt jusqu’à une cascade composée d’une petite crique tout simplement fabuleuse. J’en avais les yeux écarquillés de surprise et de bonheur.

— C’est magnifique, murmurai-je en me retournant vers Elladan qui avait croisé les bras sur son torse tout en appréciant mes réactions.

— C’est mon endroit préféré d’Imladris, Cerise. Je vous fais un très grand honneur en vous le montrant.

— Prétentieux ! criai-je avant de m’approcher un peu plus de la cascade. Nous avions beau être au début des beaux jours, le temps était relativement chaud pour la saison. Je m’accroupis pour glisser ma main dans l’eau. Elle était froide mais pas tant que ça.

— Dites-moi, Cerise, nous avons eu une discussion hier, mon frère, Legolas et moi-même et nous avions émis l’idée que peut-être, après votre voyage jusqu’aux Havres Gris, vous souhaiteriez revenir passer quelques temps parmi nous.

Je voyais bien qu’il prenait des pincettes mais malgré tout, je ne pus m’empêcher de repenser à ce que j’avais entendu un peu plus tôt.

— Pourquoi pas ? dis-je. Après tout, ce n’est pas comme si quelqu’un m’attendait quelque part, après.

— Je vous trouve bien amère, Cerise, lança le fils d’Elrond avant de sauter sur un rocher et de humer l’air vif de ce début de printemps.

— Pas du tout, répliquai-je avant de me défaire de mes chaussures et de ma robe. Je me retrouvai en chemise avec juste mon soutien-gorge et ma petite culotte en dessous. J’entrai dans l’eau froide. J’eus quelques frissons. Plus que froide, elle était carrément gelée.

— Mais… Qu’est-ce que vous faites, Cerise ? me lança Elladan, complètement surpris.

— Je vais nager un peu, ça me fera du bien, dis-je en m’immergeant complètement dans l’eau avant de faire quelques brasses.

Le fils d’Elrond, quant à lui, s’approcha du lac tout en me surveillant, les sourcils froncés. N’y tenant plus, je m’enfonçai dans l’eau avant de nager jusqu’à lui. Il ne s’y attendait pas mais je lui attrapai la cheville et tirai d’un coup sec. Il tomba dans l’eau en criant de fureur.

— Mais vous êtes complètement folle ?! hurla-t-il en recrachant l’eau qu’il avait avalée par mégarde.

Loin d’avoir peur de lui, je riais à gorge déployée. Bien décidé à se venger de l’affront que je venais de commettre, il tenta de m’enfoncer la tête sous l’eau.

Nous nous amusâmes encore quelques minutes avant qu’il ne décide que nous avions fait trempette assez longtemps comme cela.

Il se hissa sur l’une des pierres qui recouvraient le bord de cet étang, ses vêtements trempés, puis me tendit la main que je pris sans hésitation. Il fit des yeux ronds quand il vit ma tenue et me relâcha aussitôt. Je m’aplatis sur le dos dans l’eau.

— Mais, qu’est-ce qui vous prend bon sang ?! éructai-je.

— Mais vous êtes nue ! s’exclama-t-il, scandalisé.

— Je ne suis pas nue, voyons !

Je me hissai à mon tour sur la terre ferme et soupirai en découvrant qu’effectivement ma chemise, loin d’être opaque, dessinait les contours de mon soutien-gorge et de ma culotte. Oui bon, je n’étais certes pas décente mais de là à dire que j’étais nue… Il n’empêche. Je m’étais bien amusée et ça m’avait fait du bien, ce petit intermède insouciant.

Nous repartîmes vers les bâtiments, moi jetant des coups d’œil de temps à autre à Elladan, et lui renfrogné dans son mutisme.

— Elladan, je suis désolée, je ne voulais pas vous choquer.

— Vous ne m’avez pas choqué, Cerise, mais surpris. Je vous pensais plus réservée et délicate.

Je m’arrêtai un instant.

— Moi ?! Réservée et délicate ?! m’exclamai-je choquée. Oh bordel, vous pensez vraiment ce que vous dites ?

Il poussa un soupire avant de se gratter l’arrière du crâne.

— A vrai dire, je crois que je me suis fait une fausse idée sur le peu que je connaissais de vous. Vous sembliez ailleurs et sérieusement éprise de cet elfe …

— Eprise de quoi ? De cet elfe ? grognai-je furieuse que mon béguin pour l’autre soit si visible aux yeux de tous. Oh mon Gieu quelle honte !

— Pourquoi avoir honte ? C’est plutôt le seigneur Thranduil qui devrait avoir honte de vous déshonorer comme cela sans promesse d’avenir.

Je baissai la tête, dépitée. Tout le monde semblait, au final, au courant. Ce secret n’était en fait qu’un secret de polichinelle. Ne voulant pas en dire plus sur ce qui me chagrinait et parce que cette conversation me foutait le moral en l’air, nous finîmes pas arriver dans la bâtisse principale sans plus dire un mot. Je pensais que notre escapade passerait inaperçue, à tout le moins le fait que nous soyons trempés comme des soupes mais, se trouvait dans la salle principale, Thranduil qui lisait un livre ainsi qu’Elrohir et deux autres elfes que je ne connaissais pas. Tous écarquillèrent les yeux quand ils virent dans quel état nous étions.

Décidant de les ignorer et parce que j’étais aussi un peu suicidaire et très énervée, je lançai haut et fort à l’attention d’Elladan :

— Merci pour cette matinée de folie, beau gosse, j’ai vraiment beaucoup apprécié !

Je terminai ma ridicule petite tirade digne d’une gamine de quinze ans, en lui faisant un clin d’œil et en lui envoyant un baiser de la main. Ensuite, je courus presque jusqu’à la chambre pour me changer, regrettant sur le champ ce que j’avais eu la bêtise de dire.

Bordel, mais qu’est-ce qui m’avait pris d’agir comme une idiote ?!

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Thranduil

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Cerise commençait à me taper grandement sur les nerfs. Je ne savais vraiment plus sur quel pied danser avec elle. Nous avions pourtant passé une excellente nuit ensemble. Ses actes ainsi que ses longs regards appuyés me montraient une femme amoureuse. Cette idée, loin de me déplaire, m’enchantait même assez pour tout dire.

Alors, je ne comprenais pas.

Au petit déjeuner, elle m’avait à peine adressé un regard. Puis elle était partie avec l’un des fils d’Elrond pour une promenade. Je savais que je n’avais rien à craindre de cet Elladan, mais je ne pouvais m’empêcher de penser au pire. De la jalousie ? Certainement pas.

La matinée se passa dans un calme assez relatif et je m’abîmais dans la contemplation de mon livre que je lisais à peine quand Cerise et le jumeau d’Elrohir furent enfin de retour. Ils étaient tout deux trempés des pieds à la tête. La robe de Cerise était plaquée contre son corps de façon très impudique. Elladan, quant à lui, affichait un air sombre… coupable ? Mais coupable de quoi ? Mes sourcils se froncèrent devant toutes les éventualités qui défilaient devant moi.

Puis elle lui adressa la parole, toujours sans me regarder, et je dus prendre sur moi pour ne pas me jeter sur eux quand elle lui lança :

— Merci pour cette matinée de folie, beau gosse, j’ai vraiment beaucoup apprécié !

Elle ponctua sa phrase d’un clin d’œil évocateur et d’un baiser sonore qu’elle lui envoya de la main. Les yeux d’Elladan pétillaient d’un je-ne-sais-quoi et j’allais dire quelque chose quand Cerise s’éclipsa comme une voleuse.

J’étais fou de rage contre elle. Mais à quoi jouait-elle donc ? J’étais ravi qu’elle ait décidé de retourner à notre chambre, cela m’éviterait de la traîner derrière moi pour lui dire ma façon de penser.

Au bout d’un moment, je posai mon livre doucement sur la table ronde près de mon fauteuil et pris congé de nos hôtes avant d’avancer d’un pas rageur dans les couloirs. Elle allait devoir s’expliquer car je ne répondrai plus de rien. Arrivé devant la porte, je l’ouvris en grand avant de la refermer et de la verrouiller derrière moi. Elle sursauta en me voyant. Fort bien. Elle venait de passer une chemise propre et ses cheveux avaient été séchés et peignés. Son regard se fit fuyant, ce qui m’exaspéra au plus haut point.

—Pouvons-nous savoir à quoi vous jouez depuis ce matin ?! tonnai-je, totalement hors de moi.

— Mais je ne joue pas ! s’exclama-t-elle en se dépêchant de fermer les boutons de sa chemise.

— Ne vous moquez pas de moi. Avec vous, on avance, on recule, ce qui devient franchement exaspérant.

A ma grande surprise, elle s’esclaffa bruyamment.

— Parce qu’avec vous, peut-être, c’est une promenade de santé ? se moqua-t-elle en croisant les bras sur son opulente poitrine.

Elle était furieuse et si je ne l’avais pas été aussi, je pense que j’aurais conclu cette dispute autrement.

— Je n’aime pas que l’on se joue de moi, jeune fille, dis-je d’une voix dure tout en avançant jusqu’à elle. Qui y a t-il entre ce semi-elfe et vous ?

— Entre moi et qui ? Elladan ?! Mais rien ! hurla-t-elle avant de faire les cent pas dans la chambre. Nous avons juste passé un peu de bon temps ensemble, c’est tout, continua-t-elle sans pour autant me regarder. Mais je ne vois pas en quoi ça vous gêne, Thranduil ?!

En quoi ça me gêne ?! Mais elle se moquait de moi ?

— Vous êtes ma femme, bien sûr que cela me gêne que vous fassiez les yeux doux à un autre, et plus qu’un peu, dis-je frémissant de rage. Vous vous ridiculisez !

Je capturai avec fureur ses bras entre mes mains.

— Votre femme, cracha-t-elle, se nomme Elenna et je vais vous dire un truc, mon gars, JE NE SUIS PAS VOTRE FEMME ! Je suis Cerise !

N’y tenant plus et parce que ma colère arrivait à un certain paroxysme, je la plaquai durement contre le mur.

— Cela suffit ! Vous ne savez pas ce que vous dites, vous êtes Elenna et vous le serez, c’est un ordre !

Elle tourna la tête. Son regard se voila.

— Vous êtes un imbécile, Thranduil. Vous ne pouvez pas m’ordonner d’être ce que je ne veux pas être. — Ses yeux se vrillèrent aux miens — Quand comprendrez-vous que je ne suis la réincarnation de personne ? Est-ce plus facile pour vous de croire cela pour pouvoir tringler qui vous voulez ensuite ? Avez-vous dit la même chose à Maeiell ? Qu’elle était Elenna quand vous la culbutiez sur votre lit ? Ça vous permettait de mieux dormir après, peut-être ?

Effaré parce qu’elle osait me dire, je la lâchai en reculant d’un pas, comme si elle m’avait touché physiquement. Pour qui me prenait-elle ? Je n’étais pas ce genre de mâle. Comment osait-elle seulement y songer ?!

— Je n’ai jamais pris une de mes maîtresses pour ma douce et bien aimée épouse, dis-je d’une voix dure.

Elle se mordit les lèvres et tourna légèrement la tête, évitant mon regard.

— C’est encore pire, alors. Vous savez qu’un jour vous retrouverez votre âme sœur et pourtant, en attendant, ça ne vous empêche pas d’aller tirer un coup à droite et à gauche. C’est tellement facile pour vous, en fait. — Elle redressa sa tête, ses yeux me transperçant jusqu’à l’âme — Sincèrement, Thranduil, j’espère que le jour où vous la retrouverez vraiment, elle aura eu autant d’amants que vous de maîtresses. Cela ne serait que justice.

J’y avais songé et cette éventualité me tuait tout aussi bien que le reste. Je ne partageais pas ce qui était à moi. Jamais ! Comment osait-elle seulement me tenir tête avec de telles insinuations ?

Ne sachant que répondre et voulant lui faire comprendre qu’elle avait été trop loin, je levai le bras pour la gifler mais me ravisai à temps. Je ne voulais pas la frapper même si ses paroles me faisaient mal. Je n’étais pas celui qu’elle décrivait, je ne voulais pas l’être… Je voulais juste retrouver un peu de chaleur dans ce cœur qui ne battait plus… Jusqu’à elle.

Au lieu de cela, je lui pris le visage entre ma main et le tournai vers moi, tout en m’approchant d’elle.

— Vous parlez Quenya, Cerise, tout comme ma femme le parlait. Vous êtes certes très différentes mais qui me dit que vous ne l’êtes pas ? Vous êtes attirée par moi comme je le suis par vous. Cela ne peut signifier qu’une chose…

— C’est tellement plus facile de le croire, à tout le moins jusqu’aux Havres Gris où vous me laisserez tel un paquet trop encombrant parce que finalement, vous vous serez rendu compte que je n’étais pas celle que vous attendiez.

— Vous êtes humaine, Cerise, Valinor n’est pas pour vous ! assénai-je d’une voix implacable.

— Et si je suis Elenna ?

Sa question resta en suspens. Si elle l’était, que ferai-je ?

— Je croyais que vous ne l’étiez pas, murmurai-je en approchant ma bouche de la sienne.

— C’est vrai. Je ne le suis pas, je suis Cerise, une humaine qui vient d’un autre monde et qui espère de tout son cœur y retourner un jour, et le plus tôt possible.

A ma grande surprise, ce fut elle qui combla les quelques centimètres qui séparaient encore nos lèvres, pour m’embrasser en un baiser vorace et violent. Relâchant sa tête, je l’attirai encore plus contre moi pour savourer ce moment. C’était loin d’être doux, la dispute était loin d’être finie mais l’envie et l’excitation qui résultaient de cette confrontation étaient trop fortes. Je sentis sa main défaire mon pantalon pour y extirper, tel un trophée, mon membre érigé qui se consumait déjà de désir pour elle. Avec violence, je lui déchirai, à mon tour, son sous vêtement, la hissai contre le mur et la pénétrai sans plus attendre.

Nous fîmes l’amour aussi violemment qu’il était possible de le faire et, bientôt, nos râles de plaisir remplacèrent nos cris de disputes.

Cet intermède s’acheva aussi vite qu’il avait commencé et, tandis que je me remettais à peine de ce que nous venions de vivre, je la vis se déplacer, quittant le rempart de mon corps sans une once de regret. Avec une certaine lenteur, elle ramassa son linge déchiré qu’elle jeta dans un panier avant de récupérer un autre dessous. Je l’observai un moment et, dès qu’elle fut décemment habillée et recoiffée, elle se retourna vers moi, le visage voilé par une incommensurable tristesse qui m’atteignit en plein cœur.

— Vous savez, Seigneur Thranduil, ce n’est pas l’amour que nous faisons, c’est la haine.

Et elle sortit, me laissant là, débraillé et plus déphasé que jamais. Je n’esquissai aucun mouvement ni ne dit quoique ce soit pour la retenir.

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Cerise

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J’avais le cœur en miettes et me sentais totalement perdue. Malgré mon trop plein de chagrin, les larmes ne voulaient pas couler. J’étais encore très en colère contre lui. Quand s’apercevrait-il que j’étais moi et personne d’autre ? Je n’osais même pas lui confier le quart de mes rêves de peur qu’il ne les interprète encore comme un signe que j’étais celle qu’il avait perdue.

Je l’aimais, bordel, et je ne savais pas comment gérer ça. Le séduire, ça ne semblait pas marcher des masses. Le rendre jaloux ? Les disputes comme celle que nous venions d’avoir, non merci, j’avais déjà donné. J’aurais tellement souhaité qu’il m’aime pour ce que je suis et non ce qu’il voudrait que je sois. Je commençais sérieusement à la haïr, cette Elenna de malheur.

Perdue dans mes pensées, mes pas m’amenèrent jusqu’à une autre aile de la demeure de Fondcombe. Prise d’un élan de curiosité, j’allai jusqu’à une terrasse ouverte et cernée par un immense jardin verdoyant. Dans un coin, assis contre un arbre, Gimli fumait sa pipe tout en admirant le ciel bleu.

— Pourquoi restez-vous seul, Gimli ? demandai-je poliment et aussi pour lui faire remarquer ma présence.

Il sursauta légèrement et partit d’un rire joyeux.

— Ah vous m’avez surpris en pleine contemplation céleste, Cerise ! gloussa-t-il tout en inspirant une nouvelle bouffée de fumée.

— Ce n’était pas mon intention, dis-je doucement en m’approchant de lui.

Je m’assis à ses côtés avant même qu’il ne m’y invite.

— Une jolie demoiselle comme vous ne devrait pas perdre son temps avec la tristesse, me dit gentiment Gimli en me lançant un regard en coin.

— Mais je ne suis pas triste ! objectai-je, étonnée qu’il s’en soit rendu compte.

— Je ne veux pas vous paraître impoli mais… tout Fondcombe a dû vous entendre vous disputer avec le Seigneur Thranduil.

J’avalai de travers. Je n’avais pas réalisé que Fondcombe n’était pas les appartements du roi à Eryn Lasgalen. Ca me rendit encore plus furieuse de m’être donnée ainsi en spectacle et Thranduil le serait encore plus quand il découvrirait que les autres avaient eu vent de tout ça. Mandieu, quelle horreur !

Je soupirai lourdement.

— Ce n’était pas le but, Gimli, et ça me gêne que vous ayez été témoin de tout ça.

Il se mit à rire.

— Ce n’est rien, ça met du piquant dans notre voyage, mais ça me désole pour vous… Vous auriez pu trouver mieux pour tomber amoureuse que cet idiot d’elfe qui ne voit pas plus loin que le bout de son royal nez.

Il détendit ses courtes jambes tout en reprenant une bouffée de sa pipe.

— Vous avez raison mais vous êtes un peu mal placé pour me reprocher cet amour… Après tout, vous aimez bien une femme, que dis-je, une elfe déjà prise.

— Aaah ! Dame Galadriel, souffla-t-il avec une telle vénération dans la voix que je n’eus pas le cœur à me moquer de lui.

— Au moins elle, elle vous respecte, dis-je avec un sourire contrit.

— Allons, allons, je suis certain qu’il vous respecte aussi à sa manière, tenta de me réconforter Gimli en me tapotant l’épaule.

— Qui respecte qui ? demanda Legolas que je n’avais pas vu arriver.

Il nous regarda tour à tour avant de s’asseoir avec nous.

— Nous parlions de votre père et du fait qu’il ne me respectait pas, commençai-je, la mine sombre.

— Allons, Cerise, vous savez bien que ce n’est pas vrai, m’interrompit Legolas. Il vous estime beaucoup, au contraire. Il ne sait juste pas comment s’y prendre, c’est tout.

Je levai la tête, admirant le ciel quelques secondes avant de fermer les yeux et de revenir vers lui.

— Vous osez le défendre, dis-je. Après tout ce que vous m’avez dit, ce que vous savez, vous osez prétendre qu’il a du respect pour moi ?

— Cerise, reprit-il doucement, ce n’est ni le moment ni le lieu pour ce genre de conversation. Si vous voulez en discuter, faites-le avec lui et avec une autre approche, sans doute parviendrez-vous à de meilleures conclusions.

— N’importe quoi ! m’emportai-je avant de me lever et de partir.

— Revenez, Cerise, m’interpella Gimli, mais je continuai sans me retourner. J’avais envie d’être seule. Vous avez été dur avec elle, mon ami, entendis-je tout de même Gimli dire à Legolas.

Oui il l’avait été mais… Il avait aussi raison. Ce n’était pas en nous hurlant dessus comme des chiffonniers que nous résoudrions nos problèmes.

oO0Oo

La journée passa aussi lentement que possible. Je fis en sorte de ne croiser personne et ce fut assez compliqué car tous les elfes se trouvaient sur les différentes terrasses de Fondcombe et ma chambre… était aussi celle de Thranduil. Je n’avais aucune envie de le croiser pour le moment. Dépitée, je rasais les murs, tel Casper le fantôme, puis les différentes allées fleuries pour me retrouver dans le fameux bosquet qui semblait être désert. C’était celui que j’avais vu le premier soir, où j’avais failli dévoiler à Thranduil l’étendue de mon amour pour lui. Quelle idiote. L’amour rendait vraiment débile.

Soulagée de savoir cet endroit bien caché et en retrait du reste, j’allai directement m’asseoir sur la banquette et décidai de passer le reste de l’après-midi ici. Je dus m’endormir un long moment car quand mes yeux se rouvrirent, le soleil avait laissé place au crépuscule et les étoiles commençaient déjà à poindre dans le firmament de la nuit. Il faisait un peu froid. Je me mis bientôt à frissonner mais je m’en fichais, j’étais si bien ici. J’avais encore rêvé de lui, cet Eru. Il était toujours d’une extrême gentillesse avec moi et persistait à m’appeler Elenwë. Il tenait absolument à ce que je voie son œuvre. C’était la deuxième fois que je rêvais de lui et ça me perturbait grandement. Ça avait l’air si réel…

— Vous ne devriez pas rester seule comme cela, Vanimalda hiril.

Me retournant, je vis Elladan qui s’installa à côté de moi.

— J’avais envie d’être seule, Elladan.

Il secoua la tête.

— Je suis Elrohir, me reprit-il. Cela faisait bien longtemps que quelqu’un ne nous avait pas confondus.

Je me mis à rougir de confusion.

— Ah ! Je suis désolée.

— Ne vous inquiétez pas pour cela. Mais dites-moi plutôt ce qui vous a poussé à rêver de solitude alors que nous sommes tous en train de savourer un bon repas, de belles discussions et de la bonne musique ?

A l’entendre, je venais de commettre un sacrilège. Ah ces elfes !

— Eh bien, figurez-vous que déjà et d’une, je n’ai pas spécialement faim, de deux vos discussions sont aussi chiantes qu’un exposé sur la physique quantique et de trois votre musique pourrait à la rigueur trouver sa place dans une maison de vieux croulants pour aider à leur sieste.

Elrohir me dévisagea un instant, un peu bouche-bée, ce qui provoqua en moi un rire de dérision.

— Vous êtes décidément bien étrange, finit-il par me dire.

— C’est marrant parce que personnellement, c’est moi qui vous trouve tous étranges, mais bon, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, je viens d’un autre monde bien différent de celui-ci.

— Un autre monde, répéta-t-il pensif. Il est bien dommage que vous n’ayez pas rencontré ma grand-mère. Galadriel aurait pu vous aider.

Je me mis à rire jaune.

— Détrompez-vous, je l’ai rencontrée et elle n’a rien pu faire pour moi.

Mes propos le surprirent encore plus.

— Etrange, répéta-t-il à nouveau, vraiment étrange.

Dépitée par la tournure que prenait cette conversation, je m’enfonçai un peu plus sur la banquette tout en ramenant mes genoux sous mon menton, mes pieds nus posés sur les coussins.

— Savez-vous pourquoi vous êtes arrivée dans notre monde ? me demanda-t-il.

Je soufflai, plus démotivée que jamais.

— Je n’en ai aucune idée, Elrohir. Je suis arrivée… Ça s’est passé juste comme ça. Pouf, dis-je en claquant des doigts. Adieu le bois de Vincennes, bonjour Mirkwood.

— Je vais vous dire ce que je crois, moi, vous n’êtes pas là sans raison… Jamais Eru Ilúvatar ni les Valar, ne feraient une chose qui ne soit pas motivée par une bonne raison.

Je relevai la tête au nom d’Eru, complètement surprise.

— Vous connaissez Eru ? soufflai-je surprise. Ce qui me valut un regard interrogateur.

— Oui, pourquoi ?

J’inclinai la tête, la posant contre mon bras qui reposait sur mes genoux et considérait l’elfe d’un œil.

— Eru est un vieux monsieur qui m’est apparu dans mes rêves. Deux fois, murmurai-je tout en observant ses réactions. D’abord curieux, il afficha un air interloqué ensuite.

— Excusez-moi, mais c’est proprement effarant ! Eru n’apparaît que rarement aux Haut-Elfes et vous… C’est… excusez-moi, c’est presque incroyable.

— Sans vouloir vous vexer, Elrohir, mais… qui est Eru au juste ?

— Mais le Dieu d’Arda, le père de toutes choses en ces terres, son créateur !

Comprenant ce que cela impliquait, et faisant la liaison avec le Dieu de mon monde, je partis d’un franc éclat de rire. J’en pleurai presque.

— Oh mon Gieu, vous êtes sérieux là ? Vous croyez en un seul Dieu ? Une puissance divine qui contrôlerait tout ici ? Mais je croyais que vous aviez différents dieux dans votre monde ?

— Non, pas du tout. Les Valar sont des Ainur, qui certes, sont vénérés ici-bas mais Eru… C’est… Je n’ai pas de mot pour décrire ce que cela m’inspire.

— Ne me dites rien alors, je ne crois pas que je serai en mesure de comprendre, moi qui suis profondément athée.

— Athée ?

— Je ne crois pas en l’existence de Dieu, répondis-je.

— Et vous ne croyez donc pas en ce que vous vivez ici, n’est-ce pas ?

Mon cœur rata un battement. Comment avait-il deviné ?

— Vous êtes trop perspicace pour votre propre bien, Elrohir.

— Et vous encore bien trop jeune pour vous enfermer de la sorte, mademoiselle. Vous ne devriez pas rester seule ici. Ce n’est pas bien.

Je secouai la tête négativement.

— S’il vous plait, laissez-moi encore un peu de temps.

— Très bien, répondit-il avant de se lever.

— Elrohir, l’interpellai-je, — Il se retourna vers moi —, ne dites à personne ce que je viens de vous dire… Au sujet de mes rêves ou d’Eru.

Il s’inclina avant de poser la main sur son cœur et je le vis remonter le sentier qui menait aux bâtiments principaux, me laissant une nouvelle fois seule en compagnie de moi-même et de mes démons.

Je restais encore un moment à me tourmenter quand une chanson parvint à mes oreilles.

Cette voix était emplie de tant de tristesse et d’amour que j’en eus les larmes aux yeux. Je ne comprenais pas le sens des paroles mais je reconnus la beauté de cette douce mélodie. L’elfe qui la chantait avait une voix vibrante et incroyablement riche en émotions. J’avais trouvé que Legolas chantait merveilleusement bien mais cet elfe-là… C’était de l’or encore plus pur qui s’écoulait de sa bouche. Attirée comme un aimant, je me levai pour aller à la source même de cette douce musique qui étreignait si fortement mon cœur.

Mes pas me portèrent en travers d’un bois luxuriant et bientôt, j’arrivai dans une sorte de petite clairière aménagée. Mon incroyable chanteur se trouvait à quelques mètres de moi, caché par l’obscurité, et hormis sa longue chevelure qui semblait blonde, je ne pouvais pas distinguer son visage.

J’avançai encore, le cœur battant la chamade. Il n’avait pas cessé de chanter et sa tête légèrement inclinée en arrière m’indiquait qu’il regardait le ciel étoilé.

— C’est magnifique ce que vous fredonnez, soufflai-je, intimidée par cet elfe qui avait su capter quelque chose en moi et qui m’avait profondément remuée. Bien plus que n’importe quelle autre chanson… Même celle de Legolas.

L’elfe se retourna, choqué que je l’interrompe ainsi, et mes yeux s’écarquillèrent de stupeur quand je reconnus l’interprète de cette mélodie.

— Cerise ?! s’exclama-t-il.

La lune, comme conspiratrice de cet instant aussi étrange qu’impromptu, éclaira de ses doux rayons son visage parfaitement abasourdi de me trouver ici. Je ne pouvais pas croire, je n’arrivais pas à croire que l’auteur de ce chant magnifique soit…

— Thranduil ? murmurai-je, encore sous le choc.

A Suivre


Annotations

– J’aurais aimé pouvoir développer plus sur les jumeaux d’Elrond, Elladan et Elrohir, car j’ai beaucoup aimé les interactions qu’ils ont eu avec Cerise. A voir pour des annexes.

– Et oui, Thranduil chante et il adore ça… Quoique je le vois mal participer à The Voice… Quoique ; )

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9 commentaires

  • Elle est étrange, la manie de Thranduil d’ordonner que tout se fasse à son idée, y compris et surtout les événements sur lesquels il n’a aucune emprise… Cet aspect de sa personnalité est un peu puéril, il ferait penser à un de ces enfants gâtés dont la phrase préférée est « Je veux ». Lui, ce serait plutôt « C’est un ordre », mais quelle différence, après tout ? C’est intéressant que Cerise le pousse à admettre ses propres contradictions. Il veut qu’elle soit la réincarnation de son épouse mais se déclare tout prêt à l’abandonner avant de prendre la mer. Dans sa conversation avec Legolas, on sent bien que Thranduil n’en a pas conscience… il évoque — certes à contrecœur — l’avenir de Cerise, se montre presque jaloux à l’idée qu’elle soit confier aux bons soins des jumeaux d’Elrond et l’idée ne lui vient visiblement pas de dire à son fils : « Comment oses-tu me faire envisager cette question alors que je suis de plus en plus persuadé qu’elle est la réincarnation de ta mère ? » C’est bien la preuve que dans le fond, il n’y croit pas vraiment, cela l’arrange et le rassure de le penser tout en donnant des explications un minimum rationnelles à l’attitude lunatique de Cerise et à sa connaissance de la langue quenya. Il est évident que Legolas, lui, ne croit absolument pas que la maîtresse de son père soit une réincarnation de sa génitrice. Il ne voit en elle qu’une jeune personne qu’il apprécie beaucoup et pour laquelle il s’inquiète. Pour le reste, on l’imagine bien se dire que les voies des Valar sont impénétrable et que si Cerise parle le Quenya, cela finira bien par s’expliquer à un moment ou à un autre. Cela étant, la propension de Legolas a dire les choses telles qu’elles sont et telles qu’il les voit fait qu’une fois encore, il aura manqué de diplomatie. C’est assez raccord avec le personnage, cela fait de lui quelqu’un qui n’est pas parfait, qui peut faire mal sans le vouloir et, paradoxalement, même si on souffre pour les réactions de Cerise, Legolas est d’autant plus touchant et nuancé. D’ailleurs, en décalage avec cette franchise un peu brutale, la douceur de Gimli est extrêmement émouvante. Non seulement il ne renvoie pas Cerise dans les cordes parce qu’elle a évoqué sans prendre de gants ses sentiments à l’égard de Galadriel mais en plus il évoque avec énormément d’amour l’ancienne maîtresse de Lórien et parvient à montrer qu’il est possible de faire la part des choses. Un Gimli sensible est trop peu vu, dans le fandom, donc ce passage est d’autant plus émouvant.

    La relation entre Cerise est Thranduil est effectivement très tendue mais ils nagent tous deux en pleine contradiction. Thranduil, donc, voudrait que Cerise soit la réincarnation de son épouse tout en sachant pertinemment qu’elle ne l’est pas. Cerise, elle, souhaite que Thranduil l’aime pour ce qu’elle est et qu’il ne l’abandonne pas tout en étant consciente que ce n’est pas possible. De fait, sachant leurs espoirs potentiellement déçus, ils se jettent mutuellement cette déception à la figure et se montrent infects l’un avec l’autre. Dans le même temps, le désir est toujours là et les sentiments profondément ancrés, quoique Thranduil ne l’ait toujours pas admis : quand il prétend être ravi à l’idée que Cerise éprouve un amour profond à son égard, il ne cherche pas à savoir pourquoi. Il est encore retourné se cacher, ce sale gosse. Bref, la situation est explosive mais, en un sens, inévitable compte tenu des circonstances. Dans les relations amoureuses entre un elfe et un être humain, on trouve souvent des solutions de facilité à coups de « deus ex-machina » d’occasion. Ce n’est pas le cas ici, ça fait un peu mal, on aimerait bien les voir arrêter de se prendre la tête cinq minutes et prendre le temps d’être heureux mais c’est trop compliqué et presque impossible. Aussi douloureux que ce soit, c’est une remise des pendules à l’heure qui n’est vraiment pas de trop. Et puis un couple qui se déchire pour autre chose que des broutilles… honnêtement, on ne va pas s’en plaindre.

    Pour finir, j’aime vraiment beaucoup les jumeaux d’Elrond. Si Elladan donnait l’impression d’un dragueur patenté qui fait des blagues, finalement il a tout de même cette pudeur un peu exagérée qu’on retrouve chez beaucoup d’Elfes, à couiner pour un bout de peau visible. Elrohir, lui, est un peu différent… il a une sorte de sensibilité mystique qui n’est pas sans rappeler celle de Galadriel. En ce sens, le personnage est très réussi. J’aime beaucoup leur attitude à tous les deux à l’égard de Cerise, ils font preuve de beaucoup de gentillesse et de respect même si a priori, ils ne sont pas aussi affectueux que Legolas, avec qui Cerise a eu un véritable coup de foudre amicale, si je puis me permettre l’expression.

    En résumé, c’est à nouveau un chapitre excellent qui ne se contente pas de raconter une histoire mais qui nous plonge aussi dans la psyché des personnages qui ne sont ni manichéens ni parfaits mais — et c’est le comble puisqu’il y a beaucoup d’Elfes dans le lot — profondément humains.

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    • J’arrive à trouver tes reviews plus pertinentes que mes chapitres. C’est grave docteur ? J’aime les relations compliquées dans lesquelles il faut y mettre un peu du sien pour que ça marche un tant soit peu normalement.
      Cerise va devoir se battre pour montrer à Thranduil qu’elle n’est pas juste ni une passage, ni un trou et encore moins la réincarnation de sa défunte épouse. enfin ce qu’elle croit car avec tout ce qui lui arrive soit elle cache quelque chose, soit elle se transformera en meringue avant la fin de cette histoire.
      En fait voilà, Cerise est une meringue… j’ai lâché le scoop XD

      Merci pour ta review ma belle ❤

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  • Bonsoir,
    Et l’histoire continue, avance, on s’attache, on est touché même que ce soit par la détresse de Cerise, qu’elle essaie de cacher au mieux où bien par Thranduil et des questions qu’il peut se poser, de cette attitude qu’il a, derrière la façade, il y a un Elfe qui est quand même très meurtris.
    L’alternance entre les moments disons, d’humour et la gravité de la situation, fait la balance et surtout rend ton histoire et tous ces personnages attachant.
    La discussion entre Legolas et Thranduil montre que leur relation père fils est quand même bien profonde et même au-delà de ça, puisque parler ainsi de Cerise, même si parfois Thranduil s’emporte, montre l’intérêt profond des deux elfes pour notre petite humaine.
    Le choix qu’il les suive jusqu’au Havres témoigne qu’il tient à elle et qu’il a peur de la suite, de ce qu’elle va devenir.
    Imladris, ma cité elfique favorite, j’aime cet endroit et j’avoue que la façon dont PJ l’a décrite dans les films colle tellement à ce que j’imaginais. Du coup, j’ai aucun mal à imaginer Cerise déambulant dans ces lieux enchanteurs. Les fils d’Elrond, deux personnages bien particuliers qui ont compris pas mal de choses eux aussi et qui s’inquiète du devenir de Cerise, en témoigne leur proposition.
    J’ai bien ris avec la scène où Cerise essaie de noyer Elladan et la façon si naturelle avec laquelle elle se comporte avec lui…
    L’explication d’Eru par Elladan, et tout ce qui va avec et les réactions de Cerise, j’ai bcp aimé, elle y croit pas à tout ça, elle a encore bien du mal.
    Je te le redis, je me répète mais tant pis, chronologiquement, c’est parfait, tu suis ta ligne historique, tu déploies ton histoire au fil des chapitres et les indices que tu y laisses, même infime prennent au fil de la lecture toute leur importance.
    C’est ce que j’aime depuis le départ, d’une simple fic marrante avec un personnage attachant, tu as su tisser une toile pour y écrire ton histoire, envers et contre tout ces jaloux.

    Et la fin… Est belle!
    Tu as bcp de mérite, j’aime cette fic et comment tu la mène.

    Je t’embrasse

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ta review Nizabulle 🙂 J’ai ma vision du personnage et j’essaie de faire au mieux pour ne pas trop trahir l’œuvre de base. C’est dur, mais ça vaut le coup.

      Je suis contente que cela continue de te plaire !

      Aimé par 1 personne

  • Bonsoir
    Comme toujours, après avoir laissé ma review à la suite de ton chapitre, je viens discutailler le bout de gras sur ton blog 😉
    Beaucoup de sentiments contradictoires dans ce chapitre et c’est ce qui le rend captivant. Deux êtres amoureux, peut être pas de la même personne….Le roi se perd dans ces méandres impénétrables. C’est très difficile pour lui, pour Cerise, mais il s’agit tout de même d’un roi et pas des moindres !
    Il souffre énormément et le chemin sera semé d’embûches, certes, aussi ne faut il pas juger de façon trop hâtive 🙂
    Sa façon de décréter tout de go qu’il veut que Cerise soit son Elenna démontre sa volonté à vouloir retrouver ce pour quoi il se bat : son Elenna. C’est si simple et si compliqué à la fois. C’est touchant parce que les mâles ne réagissent pas de la même façon face â l’amour. Il adore son épouse….c’est beau tout de même, ne l’oublions pas.
    Il veut y croire…c’est humain….oui mais c’est un elfe ? Eh bien il s’humanise voilà tout.
    Soyons magnanime. ;D
    Et nous en arrivons au problème soulevé par notre charmante Cerise qui n’a pas sa langue dans sa poche…
    Ah ah !! Oui, on pourrait penser, que lui ne se gêne pas pour se choisir des maîtresses sans avoir d’état d’âme….
    Ceci dit….préfèrons nous avoir affaire à un souverrain larmoyant et figé dans sa sacro sainte tenue exemplaire en rangeant dans son placard sa bistouquette elfique où préférons nous avoir affaire à un sérial loveur sexy en diable , sûr de lui….un dominant en somme ?
    Chacun se fera sa petite idée. De plus cela m’étonnerait beaucoup que les cavernes de Mandos ressemblent à une maison de plaisir 😀
    Pas de chance pour Elenna la pauvre 😉 Elle ne pourra pas égaler son époux dans ce domaine !
    Et puis après tout, le roi est le roi….voilà. Je t’absous de tes péchés mon roi 😉
    Quant aux disputes de ces deux amants, c’est très sain tout ça ! La haine, l’amour, la colère, l’envie, le sexe, tout ceci se mélange fort bien. Le sel de l’histoire….le piment de la recette…la cerise sur le gâteau …:D
    Ah, amuuur quand tu nous tiens ! Je relève tout de même ces mots forts du roi : vous êtes ma femme. Le MA, signifie tout pour un homme, euh elfe mâle. La possession est le sentiment ultime, et aucune femme où elleth n’y résisterait.
    Quant à Cerise qui affirme qu’ils ne font pas l’amour, mais la haine ! Autre sentiment fort, souvent relié, attaché, lié à l’amour…
    Deux mots, deux expressions made in love…d’où l’union brutale mais ô combien savoureuse de leurs deux corps !
    C’est comme çà l’amour, tendre, violent, mélancolique, difficile….Petit mot sur les jumeaux qui me paraissent fort sympathiques et semblent s’intéresser au sort de Cerise ce qui est un bon point pour eux, ils sont sensibles…
    J’attends la suite avec impatience…..
    Bisous Darkkline.

    Aimé par 1 personne

    • Je suis contente que ce nouveau chapitre t’ai plu Alienor 🙂 Thranduil a des sentiments pour Cerise, c’est indéniable mais le reconnaitre serait trahir ce qu’il ressent pour son épouse. Dur.Dur. Cependant, il ne veut pas non plus blesser plus que cela Cerise. Alors il espère qu’elle soit son épouse. Ça lui faciliterait la vie ^^. Malheureusement, Cerise n’est pas de cet avis alors ils se confrontent. J’aime ce genre d’interactions. C’est fort et, je l’espère, ça prend aux tripes.

      Merci pour ta review et tes encouragement ❤

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  • Et bien Cerise n’a pas fini d’en faire voir à thranthran et inversement. Chapitre intéressant, les sentiments qu’éprouvent Cerise et Thranduil l’un pour l’autre les rapproche autant qu’ils les séparent. Se serais si facile que notre petite blonde soit la réincarnation de l’épouse de sa majesté elfique. Toujours des questions en suspens, a se demander se qu’il adviendra de notre petit couple et du chemin qu’ils devront encore faire.
    Sinon concernant un avis débile si par un coup du sort ils avaient un enfant ces deux là. Je propose de laisser thranthran chanter les berceuses XD.
    Donc je ne m’étalerais pas plus n’étant pas douée pour les dissertations. Je reviens rapidement pour le chapitre 27.

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  • Salut salut !
    Oui, ça fait genre un mois que j’ai dit sur FF.net que j’allais reprendre la lecteur de « Une Quête Ratée » mais je l’avais toujours pas fait (shame on me)
    Je me rappelle la toute première fois que j’avais commencé, j’avais eu trop de mal à m’accrocher (même si au final j’y était arrivée) mais là c’était l’inverse. J’ai dis OUI tout de suite ^^ Parce que je savais un peu comment évoluait l’histoire ? Mystères et boule de gum.
    Enfin bref…
    Comment je me suis trop attachée au personnage de Thranduil, c’est un truc de fouuuuuu ! Le chapitre sur son passé m’a boulversé, j’ai pleuré comme une madeleine (et je le fais devant une fiction que quand c’est bien écrit !).
    J’aime aussi tellement les entrevues des sentiments de Cerise, j’ai de plus en plus envie qu’elle balance à son elfe ce qu’elle ressent. Au prochain chapitre après l’avoir entendu chanter ? Hahaha ! Je veux la suite…
    La seeeeeeeule chose qui me dérangerait, c’est que Cerise soit vraiment la réincarnation d’Elenna, je sais pas pourquoi mais je serais déçue. Parce que du coup, c’est pas Cerise que Thranduil aimera, mais sa femme morte revenue pour bousiller la relation Thrandise (c’est comme pour Brandgelina mais avec Thranduil et Cerise, batou-tssss!) !!! Ouais en fait, je suis comme Cerise, j’aime pas Elenna. Mais j’l’aime quand même parce qu’elle a donné naissance à Legolas :3
    Et sinon…. THRANDUIL VA QUAND MÊME PAS LA LAISSER AUX HAVRES GRIS POUR QU’ELLE RETOURNE VIVRE A IMLADRIS NON MAIS C’EST QUOI CETTE IDEE STUPIDE ? Ouiouijesuistoutafaitcalmequ’estcequivousfaitdirelecontraire ?
    Eumh…
    Après ce petit pétage de câble, je rajouterai aussi que j’ai hâte d’en découvrir plus sur Eru n_n
    J’ajouterai, afin de clôturer ce commentaire à rallonge, que j’adore ton histoire, qui sort de l’ordinaire des fanfictions dont les filles viennent de la Terre Tout Court se jettent dans l’aventure pour tuer les méchants et voler le coeur de Legolas ^^

    Des bisous et vivement le chapitre 27 que j’attends avec beaucoup (énormément) d’impatience !!
    Mathilde

    PS: Même si tu décris Thranduil autrement que Lee Pace, j’arrive quand même pas à m’enlever la tête de ce sublime et fabuleux acteur quand on parle de Thranduil dans ta fiction… c’est à dire presque tout le temps ^^

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  • Autant pour moi, je n’avais pas vu que les chapitres 27 et 28 étaient déjà en ligne, je vais les lire de ce pas ! :3

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