Chapitre 27 : Le Songe d’une Nuit de Printemps

Chapitre 27

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Le Songe d’une Nuit de Printemps

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Thranduil

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Après avoir laissé Cerise partir, j’étais resté seul dans notre chambre, essayant de remettre de l’ordre autant dans mes idées que dans mes vêtements. Ce qu’elle m’avait dit avait touché une nouvelle corde sensible en moi. Je ne voulais pas lui faire de mal ni la forcer en quoi que ce soit. Si elle n’était pas celle que je croyais, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même. Mais si Elenna n’était pas revenue, comment et quand la retrouverai-je ? Cette idée me mit très mal à l’aise. Je n’aurais pas du l’être. Elle était celle qui m’importait le plus et pourtant, une part infime de ma personne se disait que si Elenna ne revenait pas, il me restait toujours Cerise. Cette idée m’emplit d’un tel ravissement que j’en fus immédiatement perturbé. Peut-être devrais-je songer à prendre mes distances avec elle et à me recentrer sur la quête de mon âme sœur. Soupirant un bon coup, je me passai ensuite la main sur le visage. Je me sentais tellement harassé.

N’étant pas d’humeur à supporter la présence des autres elfes, je décidai de rester dans ma chambre et partis en quête d’une carafe de vin. J’en fus pour mes frais. N’étant pas dans mes appartements à Eryn Lasgalen ou même dans notre tente, Galion n’avait pas cru bon de m’apporter quoi que ce soit à boire. Comprenant que je devrais soit faire sans, soit sortir pour trouver de quoi m’abreuver, je grognai de frustration. Depuis que nous avions entrepris ce long voyage, j’avais du prendre sur moi pour réduire considérablement ma consommation quotidienne. Bien sûr, je me rattrapais le soir quand je le pouvais mais la plupart du temps, j’étais freiné par Cerise. Elle n’aimait pas me voir empâté par l’alcool.

Cerise. Invariablement, mes pensées revenaient vers elle. Elle avait tellement changé depuis que nous la connaissions. Plus les jours passaient et plus elle me paraissait indispensable, un peu comme l’air que nous devions respirer pour survivre. Ah, Varda, que m’arrivait-il ?! Seule mon Elenna m’avait un jour fait ressentir ce genre de choses. Comment était-ce seulement possible ?!

Totalement perdu, je sortis sur la terrasse qui surplombait la chambre et m’affalai dans un des fauteuils qui se trouvait près d’une petite table. Malgré mon abattement, je ne pus m’empêcher d’apprécier le lieu. Elrohir et Elladan nous avaient fait un bien beau cadeau en nous octroyant l’une des plus belles pièces d’Imladris.

Face à moi s’étendaient de magnifiques rangées d’arbres ponctuées, tous les trois mètres environ, par d’impressionnantes cascades ; ces eaux provenaient des hauteurs enneigés des monts Brumeux. Un endroit aussi magnifique qu’indompté. Nous avions l’impression de le connaitre et pourtant, il pouvait toujours nous réserver de nouvelles surprises. Tout comme Cerise, songeai-je avec dépit. Cette petite était en train de me faire perdre la tête. Jamais je ne m’étais senti aussi confus de toute ma longue existence.

Quand l’heure du repas de midi arriva, je partis à la recherche de Galion pour qu’il puisse m’apporter de quoi me sustenter dans mes appartements privés. Mon envie de solitude ne s’était pas encore tarie. En chemin, je croisai quelques elfes, des Ñoldor pour la plupart, et quelques elfes verts, d’autres invités des jumeaux. Ils me dévisagèrent un instant tout en échangeant des messes-basses et en secouant leur tête. Passant près d’eux mais les ignorant superbement — un roi était au dessus de tout cela — j’entendis toutefois, « cri », « dispute » et « l’humaine ». Cela n’aurait pas du me surprendre. Tout Imladris devait être au courant de cette altercation. J’avais grande hâte de partir d’ici.

Enfin, je tombai sur mon échanson et lui demandai de m’apporter mon repas. Je ne vis pas Cerise en parcourant les couloirs et me dis qu’elle devait probablement goûter la compagnie de mon fils ou d’autres elfes. Je ne la cherchai pas, c’était mieux ainsi.

L’après-midi se passa sans heurts et plus vite que je ne l’aurais cru, puis vint l’heure du crépuscule où chaque elfe se retrouva sur les différentes terrasses de la demeure, profitant de l’instant présent et cette fois-ci, je décidai de me montrer.

Les jumeaux étaient en pleine conversation avec Legolas, Finlenn et le nain. J’allais les rejoindre quand je fus interpelé par le bras droit de Finlenn, Tamril.

Ce dernier avait une démarche fière et assurée. Son regard était franc et plein de défi. Je haussai un sourcil interrogateur. Que me voulait-il ?

— Mon Seigneur, me permettriez-vous de m’entretenir un bref instant avec vous ? me demanda-t-il, sa main sur le cœur.

J’acquiesçai avant de désigner une table en retrait qui était couverte, comme toutes les autres, de mets aussi somptueux qu’appétissants.

— Que me veux-tu, Tamril ? le questionnai-je en me servant une assiette de crudités — j’avais oublié qu’à Imladris, on mangeait si peu de viande.

— Mon Seigneur, loin de moi l’idée de vous offenser et croyez bien que cela ne me viendrait jamais en tête mais… J’aimerais connaitre vos intentions vis-à-vis de Cerise.

Je mastiquai lentement avant de me tourner vers lui, les yeux plissés. Pourquoi, par Mandos, me demandait-il lui aussi une chose pareille ? Je voyais mal mon fils s’entretenir de cela avec un simple garde à moins que… Je déglutis avant de prendre la parole.

— En quoi mes intentions vous concernent-elles ? demandai-je très froidement.

— Cela me regarde car j’ai l’intention de lui faire la cour comme il se doit. Cerise mérite d’être aimée et respectée par quelqu’un qui l’apprécie vraiment.

Il m’avait dit cela sans ciller, en me regardant droit dans les yeux. J’aimais sa témérité. Cependant…

— Vous pensez être la personne qu’il lui faut ? questionnai-je en l’avisant de la tête aux pieds, essayant par la même occasion de le déstabiliser.

— J’aimerais l’être, oui.

Je haussai, à nouveau, un sourcil. Il avait l’air plus déterminé que jamais.

— Donc vous ne venez plus à Valinor avec nous, je présume, dis-je négligemment en prenant une tranche de pain et en portant un morceau à ma bouche.

Du coin de l’œil, je le vis pâlir. Parfait.

— Je… souhaiterais l’emmener avec moi. Si elle accepte de devenir ma compagne, je me porterai garant d’elle.

Je partis d’un grand éclat de rire.

— N’ai-je jamais entendu quelque chose d’aussi stupide et naïf ?! répliquai-je durement.

Mon sourire de façade fit place à un masque dur.

— Aucun humain n’a été, n’est, et ne sera jamais accepté sur les Terres Immortelles des Valar. Vous le savez tout aussi bien que moi, Tamril. À moins que la grande Varda Elbereth et son époux Manwë Sulimo, dans leur immense mansuétude, ne lui octroie l’immense privilège d’être transformée en elfe et vous savez bien que cela reste une légende.

— Alors je resterai avec elle ! cria-t-il en se levant.

Ses yeux, toujours fixés aux miens, exprimaient autant de colère que de détermination. Il n’en démordait pas. Cela était tout à son honneur, je devais bien en convenir.

— Asseyez-vous, dis-je plus bas.

Je ne voulais pas que nos voisins entendent notre conversation même si je me doutais que les plus proches ne devaient pas en perdre une miette.

— Je n’irai pas à Valinor, continua-t-il à me dire tout en reprenant sa place.

— Comment pouvez-vous fomenter des projets avec une personne qui ne vous voit même pas ? repris-je dégouté.

Car cela, je le savais et le tenais pour acquis, Cerise n’entretenait aucun tendre penchant pour lui.

— Mais elle le sait ! s’exclama-t-il. Je lui ai déjà fait part de mes intentions. Je ferai tout pour me montrer digne de son amour… Si elle m’aime un jour…

Cette conversation commençait à m’agacer. Il se berçait d’illusions, néanmoins. Je ne supporterais pas qu’il la séduise sous mes yeux.

— Elle n’est pas à vous, Tamril, et ne le sera jamais !

— Mais Mon…

— Ecoutez-moi bien, dis-je en serrant les dents, elle m’appartient. Tant que je n’aurai pas quitté la Terre du Milieu, je vous interdis de tenter quoique ce soit avec elle. Cerise est à moi, et à personne d’autre.

Je n’attendis pas qu’il proteste et me levai pour partir. Tout cela m’avait coupé l’appétit.

Je marchai un moment dans les sentiers qui serpentaient en contrebas et me retrouvai dans une clairière qui semblait avoir été laissée à l’abandon. Au loin, je pouvais entendre le bruit des chutes qui se déversaient dans la Bruinen. Le ciel était dégagé, laissant apercevoir ses étoiles qui brillaient d’une douce lueur, apaisant mon esprit torturé. Je me souvins alors d’un chant que j’avais moi-même composé il y a de cela des millénaires. Comme pris par la magie du moment, je ne pus à peine empêcher le son de ma voix de s’échapper d’entre mes lèvres entrouvertes.

Je ne chantais plus depuis la mort d’Elenna et pourtant ce soir, cette envie fut comme un besoin irrépressible, aussi vital que l’air était nécessaire pour respirer. Il fallait que je chante cette mélopée devant le firmament de la nuit étoilée, seul témoin de ma trop grande faiblesse passagère.

La mélodie sortait d’entre mes lèvres sans que je puisse l’arrêter et sans que je ne cherche à l’en empêcher. Les mots étaient doux et s’envolaient, bercés par la brise fraiche de Manwë Sulimo. C’était bon, et cela faisait mal en même temps.

— C’est magnifique ce que vous fredonnez, me dit une voix qui arriva à mes oreilles comme un délectable murmure. Je l’aurais reconnu entre toutes. Je me retournai pour la dévisager. Elle ne m’avait pas reconnu car j’étais caché dans l’ombre mais moi, j’avais tout de suite su que c’était elle.

— Cerise ?! m’exclamai-je, un peu décontenancé de la trouver là et… Elle m’avait entendu.

— Thranduil ? l’entendis-je en retour comme le propre écho de mon étonnement de me retrouver face à elle ici.

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Cerise

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 Si on m’avait dit un jour que j’entendrais le grand roi d’Eryn Lasgalen chanter, j’aurais ri devant la personne qui aurait osé me dire ça. Parce que j’imaginais mal Thranduil ouvrir la bouche pour chanter. Il semblait tellement… inaccessible. J’avais déjà du mal à me dire que lui et moi faisions l’amour alors… Ce fut un peu trop pour mon pauvre petit cœur qui décida de jouer les saltimbanques. Il rata plusieurs battements avant d’accélérer et je sentis la panique monter en moi. Je n’arrivais plus à respirer et je crus bien m’étouffer. Je me serais probablement écroulée par terre si Thranduil n’avait pas été si rapide. Il me rattrapa, à temps, par le bras.

— Merci, dis-je, aussi essoufflée que si j’avais couru un marathon.

— Que vous arrive-t-il ? demanda-t-il d’une voix remplie d’inquiétude.

Je me relevai en inspirant un bon coup. Ma poitrine me fit très mal. Je venais d’avoir une crise de tachycardie assez violente. Je détestais quand ça m’arrivait.

— Ce n’est rien, juste… Une forte émotion, répondis-je en rougissant comme une gamine.

— Une forte émotion ? répéta-t-il comme si j’étais devenue stupide.

Voulant changer de sujet et n’appréciant pas son air des plus inquiets, je fis ce que je pus pour faire diversion. Je ne voulais pas qu’il pense que j’étais une pauvre chose fragile et sans défense.

— Ben oui, vous entendre chanter, c’était quelque chose ! Christophe Willem et Josh Groban peuvent aller se rhabiller, vous avez une de ces voix, putain ! Vous avez jamais songé à faire « La Nouvelle Star pour les Elfes » ou « The Voice Spécial Elfes » ? Non sérieux quoi, vous assurez grave !

Fière de ma connerie, j’attendis qu’il s’énerve mais au lieu de cela, il me prit le menton entre ses doigts pour relever mon visage.

— Vous ne m’aurez pas cette fois, Melda heri, me dit-il me dévisageant avec une telle intensité que ça me mit mal à l’aise. Tous les elfes gris savent chanter, c’est un de leurs plus beaux dons.

Je me mordis la lèvre inférieure, ne sachant que lui dire et je me souvins que nous étions toujours fâchés. Et pourquoi l’étions-nous, déjà ? Ça y est ! L’Alzheimer me guettait. Je dus rembobiner le disque de la journée pour m’en souvenir. Ah oui …

— Lâchez-moi, Thranduil, je suis toujours fâchée contre-vous !

Loin de me laisser partir, il raffermit sa prise sur moi en passant un bras derrière mon dos.

— Allez-vous me dire réellement ce qu’il se passe dans votre petite tête depuis ce matin ? Vous êtes froide et aussi inaccessible que le grand Ouest peut l’être.

Le dévisageant à travers mes paupières baissées, je vis que cela le chagrinait vraiment… Mais pourquoi ? Que lui importait ce que je ressentais, après tout.

— Je ne peux pas, Thranduil, soufflais-je, désemparée.

Mon cœur se remit à battre sourdement. Si je ne mourrais pas d’une crise cardiaque dans l’heure, ce serait un miracle.

— Dois-je appeler Legolas pour que lui puisse connaitre ce que vous me refusez de révéler ? cracha-t-il sourdement.

Le calme semblait avoir laissé place à la tempête. Je ne comprenais pas.

— Que viens faire Legolas dans tout ça ? balbutiai-je, perdue.

Cette fois-ci, il me relâcha et fit quelque pas à travers le bois avant de revenir vers moi.

— A moi, vous ne dites jamais rien. Je vois bien que quelque chose ne va pas mais vous me refusez l’accès de votre cœur, Cerise.

A ces mots, je crus que j’allais m’étouffer. Se rendait-il compte de ce qu’il me demandait ?

— Vous êtes sûr que vous allez bien, Thranduil ? me moquai-je un peu trop durement. Vous voulez que je vous livre sur un plateau ce que je réserverais à la seule personne en qui j’aurais une confiance absolue et un amour aveugle ? Mon âme sœur, si je puis dire ?

Je secouai la tête, tentant de faire partir le chagrin qui commençait à déferler en moi. Au loin, je l’entendis soupirer.

— Je ne vous en demande pas tant, Cerise, je veux juste savoir ce qui ne va pas et pourquoi vous m’ignorez depuis ce matin.

Ces mots me firent bien plus mal que je ne l’aurais voulu. Mais quel égoïste !

— Je vous ai entendu, Legolas et vous, parler de mon avenir ce matin. Je n’ai pas apprécié d’être rabaissée au rang de chose inutile, voire encombrante.

— Vous ne l’êtes pas, Cerise.

Il tenta de me prendre dans ses bras mais je le repoussai.

— Non, effectivement. Je refuse d’être juste prise pour une idiote, Thranduil. J’ai bien compris que si vous avez changé à mon égard, c’est parce que vous me preniez pour votre femme. Je ne sais même pas quelle mouche vous a piqué de croire une connerie pareille ! Je ne sais même pas pourquoi je parle cette autre putain de langue, je ne m’en rends même pas compte, qui plus est. Pourquoi je fais ce genre de rêves bizarres et pourquoi ce vieil homme veut me montrer son œuvre ? Je ne sais pas et ça m’énerve, ça me rend folle, même ! Je veux rentrer chez moi, Thranduil ! Revoir les gens qui m’aiment et qui tiennent vraiment à moi, et pas parce qu’on me prend pour une autre qu’on voudrait bien que je sois !

J’avais le cœur en bandoulière et je sentis des larmes couler le long de mes joues. Je m’en voulais de me montrer aussi faible devant lui mais… Il fallait que ça sorte, sinon j’allais exploser.

— Cerise, tenta t-il doucement.

— Je n’ai pas fini, le coupai-je, ma voix tremblant légèrement. Vous ne savez pas ce que c’est que d’être arraché à votre monde et de vous retrouver dans un univers complètement inconnu. Vous n’avez même pas idée de ce que je ressens et vous vous en fichez, ça je l’ai bien compris, mais vous savez quoi ? Moi je vais vous le dire, ce que j’ai sur mon putain de cœur ! Je vous déteste de me faire ressentir le dixième de ce que je ressens pour vous ! Depuis le jour où je suis tombée sur vous, vous avez fait de ma vie un enfer et un cauchemar. Vous vous servez de moi depuis le début et vous vous donnez de fausses excuses pour pouvoir m’apprécier un tant soit peu mais ce n’est pas moi que vous aimez, finalement, mais cette… Cette Elenna de malheur ! crachai-je écœurée.

— Je vous interdis de…

— Je n’ai toujours pas fini, putain d’elfe borné et égoïste que vous êtes ! Vous êtes l’être le plus ignoble que je connaisse. Finalement, j’aurais préféré mourir dévorée par une araignée géante au lieu de poser les yeux sur vous ! Je vous déteste de vous aimer comme une folle ! Je vous hais et vous méprise parce que sans vous, j’ai l’impression que jamais plus je ne saurai vivre normalement ! Vous êtes content, là ? Je suis amoureuse de vous et vous… Vous ne me voyez même pas, vous voyez l’autre !

J’allais m’enfuir, ne supportant plus de me ridiculiser comme ça devant lui mais il fut plus rapide que moi et je me retrouvai bientôt coincée entre ses bras. Folle de rage, de désespoir et de peine combinés, je tentai de me débattre en le frappant à la poitrine mais il me tenait fermement contre lui. Je perdis toute contenance quand sa main vint caresser doucement ma tête. De quel droit faisait-il cela ? Je me mis à pleurer comme jamais, tout en geignant comme une sale petite morveuse. Comme je m’en voulais de me laisser aller comme ça devant lui. Je n’avais plus pleuré de cette manière depuis le premier mois où j’étais arrivée dans ce monde de fous.

Sauf que cette fois-ci, Thranduil ne me regardait pas faire avec un air de curiosité et d’écœurement mélangés, non, il me consolait me chuchotant des mots en Sindarin que je ne comprenais pas mais qui firent redoubler mes pleurs. Je compris que j’en avais besoin.

Je le sentis à peine me soulever de terre pour me prendre tout contre lui comme une simple petite fille. Par réflexe, j’accrochai mes bras autour de son cou, continuant à pleurer mais plus doucement et me laissant porter jusqu’à notre chambre.

Nous restâmes enlacés, je ne sais combien de temps, mais je finis par sombrer dans l’inconscience. Je n’avais même pas remarqué qu’il me fredonnait une chanson à l’oreille tout en me caressant le dos. Toute à ma détresse, je n’avais pas eu conscience que mon désespoir l’avait bien plus touché que je ne l’aurais imaginé.

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Thranduil

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Je l’avais ramenée dans la chambre que nous occupions, elle pleurant contre mon cou et moi… Complètement remué par tout ce qu’elle venait de me dire, de m’avouer. Je me détestai d’être à ce point préoccupé par son mal-être. Seule mon Elenna aurait du m’importer mais ce n’était pas mon épouse qui avait besoin de moi dans l’immédiat, mais bel et bien Cerise.

Quand j’avais voulu l’allonger sur le lit, elle n’avait pas voulu desserrer son étreinte contre moi et je n’avais pas eu le cœur à l’abandonner comme cela. Elle continua à pleurer un moment puis ce fut le silence. Je crus qu’elle s’était endormie mais elle me prit au dépourvu quand je tentai une nouvelle fois de m’éloigner d’elle.

— Restez, s’il vous plait, dit-elle d’une voix rauque.

— Cerise, il faut que je m’absente quelques minutes, je reviens le plus vite possible.

— Non, s’il vous plait ! insista-t-elle.

— Je ne peux pas, dis-je en rougissant bien malgré moi.

Elle releva la tête pour me regarder fixement, intriguée de mon embarras manifeste.

— Que se passe-t-il ? me demanda-t-elle.

Elle ne m’avait toujours pas lâché.

Je me mordis la langue mais à son haussement de sourcils, je compris que je n’avais pas le choix.

— Il faut que j’aille au cabinet d’aisance.

Voilà, je l’avais dit mais ce n’était pas le genre de conversation que je voulais avoir avec elle.

— Oh ! dit-elle en comprenant enfin mon malaise.

Elle me libéra enfin et j’eus tout à fait honte de me lever aussi rapidement que possible avant de prendre la fuite.

Je revins quelques minutes plus tard comme je le lui avais promis et je fus rassuré de voir qu’elle était toujours là, assise contre le montant du lit. Son visage, cependant, était blême et ses yeux rouges et gonflés.

— Ce que vous m’avez dit tout à l’heure, Cerise…

— Je le pensais, me coupa-t-elle. Tout ce que je vous ai dit, je le pensais.

Je m’approchai d’elle avant de prendre place à ses côtés.

— Je le sais bien, Cerise, mais ce n’est pas de cela que je voulais vous parler. Malgré votre petite scène de tout à l’heure, j’ai la sourde impression que vous ne m’avez pas tout dit.

Elle se contracta légèrement et ses yeux commencèrent à lancer des flammes.

— Parce que vous croyez que j’ai juste fait une « scène », Thranduil ?

— Non, je ne le voyais pas ainsi, dis-je en me frottant les yeux.

— Alors que vouliez-vous dire ?

— Malgré tout, ma chère petite humaine, je sens, non, j’ai l’intime conviction que vous me cachez encore beaucoup de choses essentielles.

Elle lissa les plis de sa robe et j’étais extrêmement curieux de savoir à quoi elle pouvait bien penser.

— Et… Si je n’étais pas qu’une simple humaine ? me demanda-t-elle doucement.

Mon cœur, à ses mots, se mit à battre plus fort. Se pouvait-il que…

— Que voulez-vous dire, Melda heri ?

Elle soupira, mettant ma patience à rude épreuve.

— Vous parler est si difficile, j’ai l’impression que vous vous fichez royalement de moi, Thranduil. Vous me demandez d’être honnête et de vous faire confiance, mais vous ? Que me donnez-vous en retour ?

Elle me scrutait intensément, attendant une réponse de ma part, très certainement, pour poursuivre enfin ses révélations.

— Vous avez toute mon attention, Cerise, ma protection et… Autant de choses que je suis en mesure de vous donner. N’est-ce pas assez suffisant ?

Elle fit alors une chose à laquelle je ne m’attendais pas : elle se pencha vers moi et replaça une mèche de cheveux derrière mon oreille, l’effleurant au passage, ce qui provoqua en moi une myriade de sensations tout aussi excitante que plaisante. Je dus prendre sur moi pour garder contenance. Ce n’était pas le moment pour ça.

— On ne se connait pas vraiment, vous et moi. Vous ne me demandez jamais comment je vais. Quels sont mes couleurs et séries TV préférées, ce que j’aime… Vous ne savez rien de moi, finalement, et vous voulez que je vous livre mon âme sur un plateau d’argent. Ce n’est pas équitable, Thranduil.

J’inclinai la tête sans savoir si je devais être agacé par la tournure que prenait cette conversation ou si je devais, au contraire l’y suivre.

— Qu’attendez-vous ? Que voulez-vous de moi, Melda heri ? repris-je un peu plus durement. Mon respect ? Sachez qu’il vous est acquis depuis bien des mois. Mon attention ? Vous l’avez et l’avez toujours eue, bien que nous ayons connu un début assez difficile, j’en conviens. Mon admiration ? Combien de fois faut-il que je vous honore de mon corps pour que vous compreniez que vous l’avez aussi ?

J’allais ajouter quelque chose, mais elle se leva précipitamment tout en me poussant.

— Ce que vous pouvez être énervant ! Je sais tout ça et je m’en fiche. Ce n’est pas ce que je veux mais je crois qu’au final, je me demande si je ne devrais pas tourner la page et passer à autre chose.

— Je vous demande pardon ? dis-je doucement en essayant de suivre le cheminement de sa pensée.

Elle s’arrêta devant moi.

— Il faut que vous sachiez, Thranduil, que, non, définitivement non, je ne suis pas votre épouse. Je doute d’être sa réincarnation.

— Vous doutez, mais vous n’en êtes pas sûre, objectai-je à mon tour.

Elle se plaqua les deux mains sur ses oreilles en remuant dans tous les sens, faisant balancer ses hanches. Qu’elle pouvait être mignonne à se donner ainsi en spectacle. Je dus me retenir une nouvelle fois de ne pas la prendre contre moi pour passer à des choses bien plus agréables. J’avais envie d’elle.

— Vous êtes bouché ou quoi ?! Non, je ne le suis pas ! grogna-t-elle. Et en partant de ce principe, est-ce que ça va changer quelque chose à votre attitude à mon égard ? Allez-vous m’abandonner ici et finalement m’oublier pour tenter de la retrouver, elle ?

Assurément, cette conversation tournait en rond et me prouvait que j’avais bien affaire à une femme, ce qui me donna envie d’y couper court. Je me levai donc du lit pour l’acculer contre le mur qui nous séparait de la terrasse.

— Pour le moment, la seule chose que j’ai envie de faire, c’est de vous faire l’amour et passer un agréable moment avec vous. Allez-vous m’en vouloir pour cela ?

— Heu… no… non mais…

— Cerise, murmurai-je, capturant sa bouche en un baiser doux et empli de promesses de volupté qu’elle ne me refusa pas.

Heureusement pour nous. Bien au contraire, elle s’abandonna entre mes bras et j’en profitai pour couvrir son cou et la naissance de sa gorge de tendres baisers.

— Thranduil, gémit-elle en me caressant les bras et en basculant la tête en arrière en signe d’une capitulation totale.

Je dénudai alors sa poitrine et fus heureux que ses yeux soient fermés. Elle ne verrait pas mon sourire victorieux. J’avais gagné cette manche mais pour combien de temps encore ?

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Cerise

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 Si on m’avait dit que le roi des elfes sylvains était un obsédé du sexe, je ne l’aurais jamais cru. Je pense même que j’aurais ri au nez de celui qui m’aurait dit un truc pareil. Pourtant… Thranduil semblait vraiment porté sur la chose.

Finalement, je lui avais dit ce que j’avais sur le cœur et il n’en n’avait absolument pas tenu compte. Enfin si, mais dans une certaine mesure seulement.

J’étais sur la terrasse principale, terminant mon café en savourant mes derniers moments ici. Nous repartions d’ici quelques heures. Malgré les quelques mauvais moments que j’avais passés à Fondcombe, j’aimais beaucoup le lieu et…

— Alors, Cerise, avez-vous réfléchi à la proposition que nous vous avons faites, de revenir parmi-nous, une fois votre voyage jusqu’aux Havres Gris terminé ? me redemanda Elladan qui me faisait face.

Je bus une gorgée de ma boisson favorite avant de lui répondre. Je prenais mon temps, ce que je n’avais pas fait depuis des lustres. Le vent frais jouait avec mes cheveux. Il ne faudrait pas que j’oublie de les natter avant de partir. Le matin, comme ça, avec un peu d’air pour nous rafraichir l’esprit, c’était juste agréable. Je me serai presque crue en vacance.

— Je pense qu’il y a de fortes chances que je revienne vous embêter d’ici quelques mois, effectivement, répondis-je enfin.

Observant mon interlocuteur, je vis qu’il avait un large sourire sur les lèvres. J’en fus étonnée.

— A vous voir sourire comme ça, j’ai l’impression que je viens de vous faire rudement plaisir, Elladan !

Son sourire se fana un peu et il leva les yeux au ciel.

— Vous nous confondez encore, Cerise ! s’exclama-t-il en riant doucement.

Je me mis à rougir.

— Ce n’est pas de ma faute si vous vous ressemblez autant, tous les deux. Et puis je ne vous connais pas assez…

— Certes, me répondit Elrohir et non Elladan, mais nous gageons qu’après quelques mois passés en notre compagnie, vous ne vous y tromperez plus.

Sur ce, il s’inclina poliment devant moi. — Nous nous reverrons pour vous souhaiter bon voyage, Gente Dame.

Je le regardai partir quand je sentis quelqu’un derrière-moi. Me retournant, je vis Thranduil, habillé, prêt pour le voyage.

— Vous n’êtes pas encore prête, Cerise ? me demanda-t-il m’avisant de la tête aux pieds.

J’étais encore en robe d’intérieur. Quant à lui, il avait revêtu une tunique d’un gris sombre aux motifs elfiques argentés sur des chausses marron foncé agrémentées de bottes souples qui lui arrivaient jusqu’aux genoux. Ses cheveux blonds voletaient au gré du vent et la couronne, enfin, le diadème qu’il avait sur le front brillait d’autant d’éclat que le soleil déjà bien haut dans le ciel.

— Je finis mon petit-déjeuner et j’y vais, dis-je en prenant un fruit dans un saladier.

Thranduil ne m’avait pas quittée des yeux et hocha brièvement la tête à ma réponse. Pensant qu’il allait vaquer à ses occupations, je fus surprise de le voir s’avancer jusqu’à moi pour prendre une chaise dans le but de s’assoir à mes côtés.

— J’ai réfléchi à la discussion que nous avons eue hier soir, commença-t-il, le regard perdu dans le lointain. Je ne vous cache pas qu’une grande partie de mon être espère que vous vous trompiez et que vous soyez bien celle que j’ai perdue qui m’est enfin rendue. Cependant, Cerise, je veux que vous compreniez que celle qui m’attire aujourd’hui, c’est vous et personne d’autre. Sachez aussi que j’ai eu très peu de maîtresses, contrairement à ce que vous pouvez croire. Pour tout vous dire, continua-t-il en me prenant la main, vous aurez été la troisième.

— Je ne suis pas…

— Je sais fort bien que vous ne l’êtes pas, que vous n’aimez pas ce terme — Il pencha la tête, son regard était plus doux, moins tourmenté et mon cœur chavira devant le bleu de ses prunelles. Aujourd’hui, il semblait si différent. — Vous êtes ma compagne, observa-t-il.

— Je préfère, affirmai-je en lui renvoyant un beau sourire.

Celui que je réservais en général à mon entourage le plus intime; ceux que j’aimais.

— Essayons de bien nous entendre jusqu’aux Havres Gris, finit-il par dire avant de se lever. Cerise, ne trainez pas trop. J’aimerai reprendre la route d’ici une petite heure.

Il se pencha alors pour me donner un baiser sur le sommet du crâne et il s’en alla sans que je ne puisse ajouter quoique ce soit.

J’étais partagée entre l’agacement et le bonheur. Il était juste venu s’assurer que je ne taperai pas de nouvelles crises pendant le voyage. Bien joué, Thranduil, mais cela dit, il n’avait pas non plus tort. Autant profiter l’un de l’autre dans de bonnes conditions plutôt que de passer notre temps à nous disputer.

Terminant rapidement mon café qui avait eu le temps de refroidir, je repris direction de la chambre pour m’habiller pour le voyage.

J’étais en sous-vêtements quand la porte s’ouvrit en grand sur…

— Legolas ?! Dehors, espèce d’imbécile pervers ! fulminai-je honteuse qu’il ait pu me voir en petite tenue.

Il ne se fit pas prier mais au lieu de refermer la porte directement, il y resta derrière, un instant.

— Je suis désolé, Cerise, je suis extrêmement confus. Mais je vous jure que je n’ai rien vu et…

— Menteur, répondis-je un peu trop fort et en me retenant de rire. Allez, avouez, Legolas, que vous êtes comme tous les hommes qui se respectent. Ça ne vous démange pas le…

— Cerise ! s’écria-t-il, outré. Je vous conjure de cesser cela. Je ne suis pas… Ce n’est pas dans mon tempérament de surprendre les jeunes femmes nues, balbutia-t-il.

Je terminai de mettre ma robe et mon legging quand j’entendis de nouveaux pas près de la porte.

— Mais pourquoi êtes-vous aussi rouge qu’une tomate, mon ami ? s’exclama la voix bourrue de Gimli.

— Ce…, en fait…

Impossible de ne pas éclater de rire en imaginant ce pauvre Legolas dans un tel embarras. Riant toujours, je finis de me natter les cheveux à la va vite avant d’ouvrir la porte en grand et… De me retrouver par terre, plaquée par le corps puissant et chaud de Legolas.

— Par tous les Valar, Cerise, je suis navré, je…

Mais le pauvre fut interrompu par nos énormes éclats de rire à Gimli et moi-même.

— Legolas, dis-je en soufflant, je ne veux pas être désagréable mais… Vous êtes quand même un peu lourd !

L’elfe se redressa avant de se confondre une nouvelle fois en excuses tandis que Gimli et moi-même nous moquions gentiment de lui.

Ce ne fut que quand les deux compères furent partis rejoindre leurs montures que je me rendis compte que Legolas ne m’avait pas dit pourquoi il était venu. Tant pis, je le lui demanderai plus tard.

oO0Oo

L’heure du départ avait sonné et je cherchais désespérément ma monture, Douce Etoile. Quand je vis qu’elle était attachée à un autre cheval, l’étalon sur lequel Legolas était monté, je fronçai les sourcils en allant jusqu’à lui.

— Pourquoi ma jument est-elle prisonnière de votre étalon ? demandai-je à l’elfe, tout en tapant du pied.

— Parce que mon père en a décidé ainsi, me répondit-il avec une moue contrite.

Je soufflai de mécontentement. Je n’avais aucune envie de marcher. Je me sentais un peu lasse depuis tout à l’heure.

— Cerise, m’interpella alors Thranduil, juché sur son caribou des plaines canadiennes, qui me toisait le nez relevé, — pas Thranduil, hein, mais Rudolph — venez ici.

Je partis donc vers lui pour savoir ce qu’il avait à me dire mais je n’eus même pas le temps de protester que Thranduil, aidé de son capitaine de la garde, me portèrent pour m’installer devant lui.

J’allais voyager avec Thranduil ?

— Mais pourquoi ?

— Vous serez mieux installée ici, Melda heri, murmura Thranduil à mon oreille. Cela ne vous fait-il pas plaisir ?

Incapable de dire quoique ce soit, j’acquiesçai et je sentis une douce chaleur se propager dans tout mon corps quand il passa un de ses bras autour de ma taille pour mieux m’installer contre lui. C’était si bon d’être ici. Fermant les yeux un instant, je les rouvris pour découvrir certains elfes qui me dévisageaient avec une certaine réticence. J’avais une envie de folle de leur dire ma façon de penser. Oui, baiser avec leur roi me conférait certains privilèges, et alors ?!

A mon grand étonnement, je vis cette poufiasse de Tintallë me renvoyer un grand sourire, un vrai de putain de grand sourire, et elle se tourna vers les curieux qui me regardaient d’un œil accusateur pour leur crier quelque chose en Sindarin que je ne compris pas, mais qui les détourna enfin de moi. Je ne l’aurais jamais reconnue avec sa coupe à la garçonne mais… Même comme ça, elle était terriblement belle.

Avant que nous partions, les jumeaux nous saluèrent une dernière fois et enfin notre cortège put se remettre en route. Profitant de la chaleur de mon compagnon, je finis par m’endormir complètement contre lui, bercée par le chant des elfes et le doux balancement de sa monture… Mandieu, que c’était agréable.

oO0Oo

Je me réveillai en sursaut, le cœur au bord des lèvres, avec l’impression que je tournoyais sans fin dans les airs. C’était la sensation la plus désagréable qui soit. Ouvrant grand les yeux, je ne vis que les étoiles qui m’environnaient. C’était comme si j’étais montée dans un grand 8 ou une grande roue. Je ne contrôlais plus rien.

Prenant mon courage à deux mains, je baissai les yeux pour voir le sol et je faillis vomir quand je me rendis compte que je n’étais pas sur Terre mais bel et bien dans le ciel. En contrebas, je distinguais quelqu’un de mal en point. Désirant voir de plus près ce qui se passait, je me sentis tomber comme si on m’avait lâchée d’un coup. Je n’avais jamais fait de saut à l’élastique mais je pense que la sensation devait être la même. Je vis alors que la personne, une elfe, était dans un sale état. Elle agonisait en émettant de longues plaintes de souffrance, mais je fus abasourdie de découvrir son regard rivé au mien, comme si elle me voyait. Mais c’était impossible. Je dus me concentrer pour comprendre ce qu’elle disait.

— C’était prédestiné… Je vous en supplie… Ne l’abandonnez pas… Il mérite tellement d’être heureux et de connaitre le bonheur.

— Qui… Qui êtes-vous ? m’écriai-je choquée.

— Je vous en conjure de le rendre heureux car moi je ne… peux plus…ne veux plus souffrir ! Aaah…

— Attendez, hurlai-je, qui êtes-vous ? Et qui dois-je rendre heureux ?

…. …. … … … … … … … … … …

Elenwë, Elenwë, tu ne dois pas être ici, tu ne dois pas voir cela ! Cela ne te concerne pas. Reviens à nous, Elenwë. Ta place est parmi les tiens …

…. …. … … … … … … … … … …

Me retournant au son de ces voix que je commençais à connaitre trop bien, je fus alors attirée, comme aspirée par une lumière incandescente.

L’atterrissage fut des plus éprouvants mais je reconnus sans peine l’endroit où je me trouvais. Ce couloir d’un blanc immaculé et cette porte qui me narguait. Sans attendre, je plongeai ma main vers elle pour l’ouvrir.

Le vieil homme était assis à son bureau et semblait plongé dans sa lecture.

— Heum, heum, dis-je en toussant contre ma main pour lui faire remarquer ma présence.

— Mais j’avais bien deviné que vous étiez là, Elenwë mais… Je ne vous attendais pas si tôt.

— Parce que vous m’attendiez ? dis-je incrédule.

— Bien sûr, jeune enfant. Il referma son livre d’un coup sec et se leva. Approchez donc, jeune Damoiselle et allons admirer mon œuvre.

Je soupirai une nouvelle fois. Je savais que j’allais encore voir simplement une vitre d’un blanc lumineux, mais désespérément opaque. Cependant, je vins à lui pour lui faire plaisir.

— Regardez-donc, chuchota-t-il en me prenant par les épaules pour que j’observe… et…

— … Je … Je vois enfin ! m’exclamai-je en riant doucement.

Il n’était pas si fou que ça, ce vieux monsieur.

Devant moi, s’étendait une forêt luxuriante et je vis un groupe de personnes qui avançaient, à cheval ou à pieds. Etrange, ces gens me rappelaient vaguement quelque chose.

— Mais… Qui sont ces personnes ? demandai-je à voix haute sans pour autant lui poser la question directement.

— Mes premiers enfants, soupira avec amour le vieux Monsieur.

— Vos enfants ?

— Oui Elenwë, toi qui rêvais de devenir l’un des leur, tu sais mieux que quiconque à quel point ils sont précieux et uniques…

Précieux et unique, murmurai-je en mon for intérieur, précieux et unique… Il y avait quelque chose… Quelqu’un que j’avais un jour considéré comme cela mais…

Avisant mon interlocuteur, je vis qu’il commençait à s’étioler… Mais je n’étais pas prête à partir, j’avais encore tant de questions !

— Nous nous reverrons bientôt, Elenwë…

Un blanc puis…

— Mais je ne m’appelle pas Elenwë ! Je suis Cerise ! Et je viens d’un autre monde !

Cerise ?! Cerise ! Réveillez-vous, c’est un ordre, Melda heri !

Qui m’appelait ? Cerise ! …

Elenwë…

…. …. … … … … … … … … … …

Elenwë, reviens à nous Elenwë. Ta place est parmi les tiens. …

…. …. … … … … … … … … … …

Cerise…

Elenwë…

Cerise ?!

Un autre blanc… Les étoiles bienveillantes et l’amour de ma mère…

— Mais ? Mais qui est Cerise ?! m’écriai-je à l’elfe blond qui me tenait dans ses bras.

Un autre elfe brun ainsi qu’un homme plus petit et trapu m’observaient complétement sidérés et puis… Je sentis que j’allais une nouvelle fois m’évanouir.

 

A suivre

Note de l’Auteur

Non, vous ne rêvez pas, voici un nouveau chapitre (on reprend les bonnes vieilles habitudes). Cette fois, Cerise a enfin dit à Thranduil ce qu’elle avait sur le cœur et pourtant, c’est loin d’être tout. La suite sera encore plus compliquée entre eux et à un moment donné, que ce soit Legolas ou Thranduil, ils feront tout pour comprendre ce qui arrive à Cerise, quitte à la mettre au pied du mur. Connaissant la jeune femme, ça risque d’être terriblement épique.

Encore une fois, je voulais aussi remercier mes bêtas : Lilou Black et Chouquette pour leur travail de correction sur ce chapitre, ainsi que Essaidel pour ses remarques judicieuses.

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21 commentaires

  • Coucou!!!! Je suis très contente de voir qu’en cette fin de semaine, j’ai pu lire la précieuse suite des aventure de Cerise! J’ai adoré ce chapitre, Cerise qui révèle ce qu’elle à sur le coeur et la manière de réagir de Thranduil! La fin m’intrigue énormément!! Je trépigne d’impatience à l’idée de lire la suite! Vivement vendredi prochain!!! Bises!!!

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    • Et oui, on reprend ces bonnes vieilles habitudes ! 😉 Thranduil est toujours un peu à côté de la plaque ou pas en fait. On ne sait pas trop… en fait, si je sais mais bon, vous le découvrirez au fur et à mesure. Les choses et évènements mystérieux se resserrent. Cerise passera-t-elle aux aveux ? Wait and See ^^.

      Merci pour ta chouette review ❤ 🙂

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  • J’ai vu pleins de Rudolph pendant mes vacances !!! ^^
    Sinon j’ai beaucoup aimé ce chapitre, et malgré les déclarations de Cerise, Thranduil est toujours aussi bouché ma parole !
    La scène avec Legolas m’a bien fait rire, pauvre chéri !
    Tu recommences les publications le vendredi ?
    Bisous !
    LK

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    • Et tu ne m’en as pas rapporté un ? 😥 Snifouille XD Vouiii, Thranduil devrait arrêter de se voiler la face mais c’est tellement plus facile pour lui aussi. Ou et comment éviter de se prendre le chou. C’est bien un mec tiens 😛
      Quant ce cher Legolas, oui, faut dire qu’il peut être assez maladroit quand il s’y met et ce, au plus grand bonheur de Cerise.
      Concernant les délais de publications, je pense oui, continuer tous les vendredaï comme avant. J’ai jusqu’au chapitre 33. Il faut juste que mes bêtas puissent suivre. Mais je ne mettrai pas trois plombes entre chaque chapitres 😉

      Merci pour ta belle review 🙂 ❤

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  • Thranduil est perspicace à ses heures mais égoïstement, il ne l’est pas pour les bonnes raisons… En un sens, il a toujours cette attitude d’enfant gâté qui veut toujours obtenir davantage sans donner de lui-même pour autant… ou à tout le moins, sans donner ce qu’il faudrait. Il pourrait le faire mais son histoire personnelle, son caractère, ses névroses fait qu’il en est incapable. Il n’y est pas prêt. Quoiqu’il en soit, il a parfaitement compris que le sentiment amoureux que lui voue Cerise n’est pas la seule cause de ses tracas, donc de son attitude lunatique. Il souhaite donc en savoir davantage parce qu’il est ainsi fait, il considère que sa compagne lui appartient, corps, âme et cellules nerveuses comprises. Manque de chance pour lui, Cerise n’a pas toutes les cartes en main. Ce « dédoublement de personnalité » (ne nions pas que ça y ressemble) l’épuise, la blesse et la plonge dans le flou. Elle ne fait pas suffisamment confiance à Thranduil pour évoquer le sujet avec lui, à raison d’ailleurs et elle l’explique très bien : en un sens, ils ne se connaissent pas. Ils partagent le même lit mais n’ont jamais eu ce genre de conversation qui permet de cerner une personne, ses rêves, ses goûts, cette forme d’intimité qui fait de quelqu’un ce qu’il est. On ne confie pas ce genre de secret effrayant à quelqu’un qui ne s’est jamais intéressé de savoir quelle est votre couleur préférée. Que Thranduil prenne conscience ou non de ce déséquilibre, il contourne le problème. Sciemment. En l’admettant. Même s’il sait que s’il a gagné une bataille, la guerre est loin d’être finie. Comme aurait dit mon vieux pote Winston Churchill, il y aura encore de la sueur, du sang et des larmes.

    Et curieusement, il ne semble pas avoir vraiment percuté la profondeur des sentiments de Cerise. Il parle de « scène ». Il ne lui répond pas vraiment. C’est comme s’il prenait pour un fait acquis quelque chose dont il se doutait, ce qui est d’ailleurs plus que probable. Et lui répondre… à mon sens, il éprouve peut-être de la gêne — il n’est pas du genre à s’épancher, après tout — et il sait aussi que si lui aussi disait ce qu’il avait sur le cœur serait encore plus douloureux. Non seulement il n’a pas encore admis ses propres sentiments mais en plus il attend toujours sa femme.

    C’est douloureux à lire mais bon sang, c’est beau et c’est réaliste. Parce qu’avouer ce genre de chose à quelqu’un qui ne vous rend pas la pareille, ça fait mal. Les propos font mal et l’humiliation qui vient derrière — parce qu’elle existe, ne nions pas que c’est toujours un peu humiliant de s’épancher ainsi surtout quand on n’y est pas habitué — fait mal aussi. Alors on souffre pour ce personnage, cette petite bonne femme qui a tellement changé depuis le début de ses aventures, qui de l’espèce de gamine mal poussée est devenue une adulte dans la douleur, en essayant de se sortir conjointement de plusieurs pétrins à la fois. La Terre du Milieu, ce monde qu’elle ne connaît pas, ses sentiments pour Thranduil et son attitude parfois pénible.

    Le départ d’Imladris, a priori, est relativement paisible. La dernière partie du voyage s’annonçaient sous les meilleurs auspices jusqu’à ce que les rêves se manifestent à nouveau. Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour deviner l’identité de cette femme blessée et agonisante. La suite reste ce mystère qui s’épaissit plutôt que de se résoudre, poussant Cerise jusqu’aux frontières de la schizophrénie… elle n’a pas fini de cracher ses tripes et elle n’est pas la seule.

    Mais cette histoire en vaut la peine. Parce que même si c’est parfois noir, douloureux, pas marrant, ça reste réaliste, aux antipodes des conneries à la Disney (et à la Lilou Black, aussi, soyons honnêtes une minute), et c’est ce qui est bien. Quand un récit nous remet les idées en place et nous montre que la vie est une chienne. Une magnifique chienne, mais une chienne. Qui peut se coucher en rond à vos pieds le soir ou vous mordre. Au choix.

    P.S. Je serais quand même bien curieuse de savoir ce qu'a dit Tintallë.

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    • Mandieu, quand je lis tes commentaires, j’ai toujours l’impression d’avoir écrit un super truc méga profond et tout… J’adore ton analyse qui sonne et qui est très juste. Cerise n’est pas née de la dernière pluie et Thranduil oublie un peu trop vite qu’elle a un cerveau en bon état de marche. Cependant, je pense aussi que lui même se voile la face avec de gigantesques peau de banane sur la conscience. Il ne fait pas d’introspection de lui-même car au fond, il aurait très peur d’y trouvé des choses assez déplaisante en son âme et conscience. L’amour n’est pas quelque chose de facile ni de guimauveux, c’est une construction de longue haleine qui demande la confiance absolu des deux parties. Entre Cerise et Thranduil, c’est loin d’être le cas.

      Merci ma Lilou ❤ !!

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  • Ah Thranduil, toujours aussi bouché. Et pourtant, c’est pas faute de lui dire ce qu’elle a sur le cœur. Il donne même l’impression de passer vite à autre chose, comme s’il ne prenait pas le temps de s’appesantir sur ce que lui reproche Cerise, ni ne se posait les bonnes questions, comme par exemple de se remettre en cause et peut-être se regarder un peu moins le nombril.
    C’est à la fois profondément exaspérant (suis-je la seule à avoir envie de lui botter le cul?) mais c’est aussi ce qui fait le charme du personnage. Après tout, c’est un roi, plutôt imbu de lui-même et qui a reçu une éducation qui a façonné l’homme qu’il est. Dur donc de lui demander de s’en affranchir et d’oublier tout cela.
    La fin m’a fait sautiller sur mon siège, juste cette petite phrase : « Oui Elenwë, toi qui rêvais de devenir l’un des leur, tu sais mieux que quiconque à quel point ils sont précieux et uniques… »
    Hiiiiiiii, serais-je sur la bonne piste ?!? Celle d’une chanson à propos d’une certaine étoile ?!?
    Même si la soudaine amnésie de Cerise m’inquiète un peu, je ne peux m’empêcher de me ravir de voir que non, ce n’est pas la défunte femme de Thranduil (enfin, c’est ainsi que je l’entends). Désolé Thranduil. ^^
    Au chapitre prochain.

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    • C’est vrai que Cerise avoue enfin à Thranduil ce qu’elle a sur le cœur et ce dernier n’a pas la réaction qu’on aurait pu être supposé attendre de lui. Quant à la fin… Ah ah ! Les choses se précipitent un peu plus et liassent supposer beaucoup de choses mais Cerise serait-elle prête à en parler vraiment ?
      Mystère… et au cœur du mystère ?…

      Merci pour ta chouette review ❤ ! 😀

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  • PaulinaDragona
    Non !!! Pourquoi, alors que la situation commence à s’éclaircir, Cerise devient amnésique ? C’est pas juste ! Et couper ton histoire en plein suspense, c’est cruel ! Na ! Mais j’ai beaucoup aimé ce chapitre, d’abord parce que Cerise s’ouvre enfin à Thranduil, mais également parce que Tamril est là, et qu’il tient tête au grand roi des elfes pour faire la cour à Cerise. C’est tellement mignon ! J’adore ce personnage ! Et j’ai hâte de lire la réaction des autres vis-à-vis de l’amnésie de Cerise.
    🙂

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    • Coucou PaulinaDragona et bienvenue dans mon univers et celui d’Une Quête Ratée ❤ !

      Ah ah ! Oui la fin est des plus surprenant et tu sais quoi ? Cela m'a surprise aussi. Vraiment. Et oui, Tamril le retour et bien prêt à dire ses quatre vérités auprès de son roi.

      La suite, si tout va bien sera en ligne d'ici la fin de la semaine prochaine.

      Merci pour ta chouette review ❤ 🙂 !

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  • Ce roi attire toujours les foudres à ce que je constate, cependant, au risque de me faire l’avocate du Diable, (encore une fois, parce qu’il le vaut bien 😀 ), je ne pense pas qu’il ait la volonté de faire du mal à Cerise. Cette jeune femme souffre ce qui est bien compréhensible. Elle souhaiterait tant que les choses soient claires, parfaitement expliquées, mais une fois de plus, il faut se remettre à l’esprit que cet amour qui la submerge et qu’elle ne peut plus contrôler, est tout sauf ordinaire.
    Il s’agit d’un monarque et non un homme de son époque, un elfe dont les valeurs rattachées à l’amour sont extrêmes. Les époux sont liés par delà la mort, ce n’est pas rien.
    Ce qui pourrait être interprété pour de la froideur et du manque d’intérêt de la part de Thranduil, n’est en somme qu’un sentiment de désarroi.
    S’il n’avait cure de cette jeune femme, aurait il pris la peine de lui parler avant leur départ de Fontcombe ? Lui aurait il avouer qu’elle n’était que sa troisième maîtresses, depuis la mort de son épouse ? Je comprends fort bien que le terme maîtresse la dérange, cela est en accord avec son mode de fonctionnement correspondant à Son Epoque, toutefois, pour le peuple elfe ce terme n’a peut être pas la même connotation.
    Encore une fois, les sentiments qu’il a pu éprouver pour son épouse n’enlève en rien son attirance pour Cerise. Si ce n’était que sexuel, se poserait il toutes ces intérrogations ?
    J’ai l’intime conviction que Thranduil n’est pas à fustiger. Aïe, j’entends déjà les reproches pleuvoir 🙂 , et que Cerise mériterait plus de considération, ce qui n’est pas tout à fait faux et qu’il ne sait pas ce qu’il veut….
    Ceci dit, n’oublions pas qu’au départ, Cerise connaissait le personnage et qu’elle savait tout de même un tant soit peu où elle mettait les pieds…L’amour est venu s’ajouter sans crier gare au deal de départ…
    C’est un peu partagé non ?
    Bien, je remet ma protection anti -reproches sur les oreilles ;D Décidément, c’est plié, personne n’arrivera à me faire détester ce roi, tout comme Cerise d’ailleurs, car bien qu’elle soit en rogne contre lui, elle sait tout au fond d’elle qu’elle doit continuer à y croire.
    Et voilà, :D, c’est fini pour aujourd’hui, j’arrête de mettre du poil à gratter. Ah, ça c’est la faute à mon grand blondinet ! T’inquiètes Cerise, je m’en vais lui faire un peu la leçon. En plus il chante divinement bien 😀 ….J ‘enfonce pas un peu le clou là ? Si j’avais un marteau…..:D
    En ce qui concerne la fin du chapitre, je devine assez bien l’idendité de l’elfe agonisante. Celle d’Elenwë, j’ai une petite idée pêchée dans le Silmarillion et un bouquin intitulé « L’encyclopédie illustrée de Tolkien » , mais je ne mettrais pas encore ma main au feu vu qu’elle m’est encore indispensable.
    Je verrais cela la semaine prochaine, tout comme je serais de retour moi et mon costume d’avocate au service de sa majesté 🙂

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    • Tu as tout à fait cerné mon point de vue sur Thranduil. Il a bel et bien des sentiments pour Cerise, c’est évident, le soucis, c’est qu’il est un elfe et qu’il a déjà aimé et que sa femme est quelque part, il le sait. Dur pour lui dans de telle condition de la ranger dans un coin au profil de Cerise. Alors il préfère plutôt ranger dans un coin ses sentiments pour la jeune humaine. C’est beaucoup plus simple pour lui.
      Le soucis, c’est que Cerise est loin d’être une potiche qui attend ou subie. Elle n’hésite pas à le mettre au pied du mur même si ça fait mal pour eux deux. Finalement, Cerise a une sacrée force je trouve.
      Oui bien sur que c’est un peu partagé même plus que ce Thranduil ne voudra jamais admettre. Même que bientôt tu le verras tenir des idées pour les moins… surprenantes. Bref, rien de simple mais j’aime quand ça se bouscule et qu’il faut y mettre du sien pour que ça marche 😀 !
      Concernant Elenwë, tu verras qui elle est… à la fin de cette deuxième partie au chapitre 34 (que je dois encore écrire, j’espère pouvoir le faire demain).
      J’ai terminé le Silmarillion et j’ai récupéré l’encyclopédie illustrée cette semaine. Une mine d’or qui va bien me servir.

      Merci pour ta chouette review, mon « autre amoureuse » de Thranduil ❤ 😉

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  • Prend sa plus belle plume de clavier pour te laisser un commentaire digne de ce nom cette fois.
    Je viens de relire, ce chapitre, j’ai pris le temps qu’il fallait, ça m’a un peu détendu de ma journée.
    Tu me demandais ce que je pensais du retravaille et de la relecture, je te répondrai que tu as du talent pour nous faire ressentir les émotions de Cerise mais aussi, celles plus délicates, plus torturés de Thranduil. Tu as rajouté certaines choses, approfondis certains passages qui donne encore plus une dimension particulière à cette histoire, une dimension plus réaliste, si je puis dire
    En sachant le travail que tu fournis à côté pour que ce soit cohérent, je ne peux que m’incliner devant toi.
    Thranduil ne se rend pas compte du mal qu’il fait à Cerise, il croit, il veut retrouver Elenna, quitte à se fourvoyer en pensant qu’elle peut être sa réincarnation.
    Je ne sais pas si je peux dire qu’au fond, il le sait, il s’en doute, mais il préfère ne pas y penser, parce que ça serait comme si il admettait qu’il l’a trahit.
    Cerise l’aime, mais elle aussi elle est perdu, elle sait à quoi s’en tenir, elle est lucide, peut-être même plus que Thranduil sur ce coup là…
    Il se justifie, il dit être attiré par elle, juste par elle, mais pourquoi alors s’entête t-il? Les Elfes sont bornés moi j’te dis! xD
    J’ai bien aimé le passage avec Tintallë, je me suis là aussi, demandé, comme bcp, ce qu’elle avait pu dire aux autres! Il n’empêche que les regards des autres elfes sur Cerise, n’est pas facile à porté pour notre pauvre humaine chérie…

    Les rapports avec Elladan et Elhroir sont particuliers, on a l’impression qu’ils ont comme disons… Compris quelque chose mais qu’eux même ne savent pas trop quoi…

    La fin laisse sur sa faim… Le retour des rêves et ce qu’ils dévoilent, doucement mais sûrement…

    Tu as fais de l’excellent travail ma belle, ce chapitre comme les autres est riche en émotion, en sentiment, on a de la peine, on vibre pour notre couple, en ce demandant, quand, Thranduil, va t-il ouvrir les yeux…

    Je t’embrasse

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    • Merci pour ta review. C’est dur ce qu’il leur arrive en fait mais je ne voulais pas tomber ni dans le mélo ni dans la guimauve ou tout se résout ‘un coup de baguette magique. Quant à savoir quand notre royal elfe ouvrira les yeux… mystère XD

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  • Oui, je sais ,Cerise n’est pas une potiche et oui elle a une grande force de caractère surtout quand on aime quelqu’un. C’est cette passion qui la guide et la pousse au delà de ses limites.
    Et oui, Sa majesté Thranduil y viendras parce qu’on fond de lui, malgré l’espoir de retrouver son épouse, il a un coeur ! Il ne fait que que poser un voile sur ses sentiments en déroute. Repousser signifie parfois je te veux mais je ne peux pas.
    Tu verras l’encyclopédie est une petite pépite, d’ailleurs il m’a beaucoup servi et continue à le faire, tout comme les trois tomes de « Cinquantes nuances » non pas pour les scènes érotiques qui sont fort bien écrites au demeurant, mais pour la psychologie du personnage de Monsieur Grey. Finalement, les supports pour écrire ne se cantonne pas uniquement aux documents de Monsieur Tolkien. Observer, écouter, rêver sont les points départ de l’envie d’écrire un récit.
    Tes personnages sont le reflet d’une partie de toi même, voilà pourquoi ils en deviennent attachant.
    Cerise est forte, elle a son courage et sa détermination pour poursuivre cette aventure. Allez ma choupinette, viens un peu par là que je te réconforte et te raconte deux ou trois petites choses sur sa majesté qui te rendront le sourire 😀 , c’est que tu sais, je le connais si bien…
    Et oui, l’autre amoureuse de Thranduil n’a pas fini de lui tresser des couronnes de laurier 😉 ♥♥

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  • Il en a fallut du courage a Cerise pour cracher ce qu’elle avait sur le coeur. Je suis triste pour elle bien que l’on sait que sa seigneurie thranthran, l’aime mais il est tiraillé avec son amour pour sa femme ce qui est compréhensible. Et la fin ,non mais la fin , j’en croyais pas mes yeux. Pouf plus de Cerise mais Elenwé il me semble, ça augure des sacrées complications.
    A bientôt pour la suite+++

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    • Oui, il va y avoir des complications mais pas pour les raisons que tu pense, enfin je ne sais pas, tu verras 😉 Pauvre Cerise, elle en voit des vertes et des pas mures et je trouve ça un peu cher payé pour juste avoir une amourette avec le Thran-Thran 😉 Heureusement, c’est une héroïne forte.
      Merci pour ta review ❤ !

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  • C’est une très belle histoire que tu nous offre. C’est une histoire assez compliquée et je suis sûre que Cerise n’en sortira pas indemne. Je suis contente que Tamril fasse son mâle alpha et fasse réagir un peu Thranduil. J’ai hâte d’en savoir plus sur le fameux mystère d’Elenwe. L’histoire avec Elena me fait penser à Miriel la femme de Finwe qui se laisse mourir parce qu’elle a plus la force de vivre.

    Des bisous et à la prochaine 🙂

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    • Merci Toutouille 🙂 Oui, c’est une histoire compliquée pour plusieurs raisons. Cerise et Thranduil vont devoir faire face à beaucoup de choses pour trouver la voie vers la paix et tout le tralala ^^. On peut faire effectivement faire un parallèle avec l’histoire de Finwë et de sa première épouse… d’ailleurs c’est un peu la hantise de Thranduil … dans un sens.

      Merci de suivre et de commenter cette histoire.
      Bisous à toi aussi 🙂

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  • Salut,
    Ayant un moment de répit dans l’agitation de mes vacances, j’ai décidé de finir de lire ton dernier chapitre (j’ai du m’y reprendre 4 fois pour le finir…)
    Sympathique ton nouveau blog, j’aime beaucoup. D’ailleurs, j’ai eu peur quand j’ai voulu lire tes chapitre sur ff.net. Je me demandais pourquoi ta fic n’y était plus.
    Encore un bon chapitre. Tamril le retour!!! Il n’a pas peur de parler ainsi à son roi. C’est vraiment osé. Ça sent le combat de coqs tout ça 😀
    Thranduil et Cerise toujours les mêmes… pas un pour rattraper l’autre. Entre Cerise qui est dans les excès des émotions et Thranduil qui est plutôt dans la retenue, ils ont pas fini de se prendre la tête.
    Hâte de lire la suite, vu comment se termine ton chapitre
    Biz
    Sacrok

    Aimé par 1 personne

    • Coucou 🙂

      En fait ça faisait un moment que je voulais tout centraliser ici plutôt que là-bas. J’aime être « chez moi » ^^. contente que le nouveau design du blog te plaise :).
      Oui, tu as bien résumé Cerise et Thranduil : ils se prennent la tête et … c’est loin d’être fini ^^.

      Merci pour ton comm’ ❤ 🙂

      J'aime

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