Chapitre 28 : Pour le Pire et Pour le Meilleur

Enchanted lake by Blinck

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Pour le Pire et Pour le Meilleur

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Cerise

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C’est ce qui s’appelait un départ des plus raté, un peu comme ma quête qui n’avait jamais vraiment eu lieu, cela dit. Non mais vraiment, j’avais une de ses poisses, franchement ! Cela faisait plus de deux heures que nous étions arrêtés, Thranduil, Gimli, Legolas et moi-même. Nous n’avions pas bougé d’un pouce depuis que j’avais pleinement repris conscience. Oui, je m’étais une nouvelle fois, comme qui dirait, endormie à la manière des elfes. Heureusement que Thranduil avait eu la bonne idée de me faire voyager avec lui. Ainsi je n’étais pas tombée à la renverse. Simplement, le retour à la réalité avait pour le moins été mouvementé et assez bouleversant.

— Vous ne vous souvenez vraiment de rien, Cerise ? me demanda pour la énième fois Legolas.

— C’est flou, soupirai-je faiblement… J’ai eu un moment de flottement avant de reprendre mes esprits et de revenir à la réalité. C’est on ne peut plus vrai, leur affirmai-je plus vigoureusement quand je constatai qu’ils étaient sceptiques. Mon rêve, si j’ai vraiment rêvé, m’apparaît encore plus flou que d’habitude. Depuis que je me suis réveillée, il ne me reste que des impressions et non des souvenirs.

— Cerise, vous ne saviez plus qui nous étions, continua-t-il sombrement, comme si nous étions devenus des étrangers pour vous ! Vous devez bien vous souvenir de cela, quand même ?!

Le fils de Thranduil, compris-je, commençait à perdre patience. C’était rare de voir Legolas s’énerver et quand il l’était, c’était assez épique à observer.

— Ça arrive de ne plus savoir où l’on se trouve et…

— Arrêtez d’extrapoler ! tempêta Thranduil qui marchait de long en large, les mains derrière le dos. Vous ne saviez même plus qui vous étiez ! termina-t-il en me décochant un coup d’œil assassin.

J’avais le tournis à le regarder aller et venir comme ça devant moi telle une balle de tennis sur le terrain de Roland Garros. Voilà une des raisons pour lesquelles je n’aimais pas le tennis… Même pour les belles fesses de Rafael Nadal. Revenant à mes moutons, ou plutôt à mon elfe, je vis qu’il continuait ses allées et venues, l’air plus préoccupé que jamais.

Quant à moi, j’étais assise par terre, adossée contre un arbre tandis que Legolas était à mes côtés. Gimli, qui se trouvait un peu à l’écart, nous regardait sans rien dire, appuyé contre sa hache en poussant quelques soupirs bien contrits. Concernant le reste de notre cortège, j’avais appris quelques minutes plus tôt qu’ils avaient continué la route sans nous. Thranduil avait été obligé d’agir ainsi pour ne pas les retarder plus longtemps, surtout à cause d’une simple humaine. Bon, cela, il ne l’avait pas dit, mais je savais que c’était ce que beaucoup pensaient de moi, même si j’avais fini par être appréciée par certains. Nous devions retrouver leur campement du côté de la Fourrée des Trolls, dans les plaines de Rhudaur, en fin de journée. Cependant, à ce rythme-là, nous n’y serions jamais et là, je n’y étais vraiment pour rien !

— Pensez-vous pouvoir reprendre la route ? me demanda finalement Legolas qui restait toujours aussi soucieux à mon encontre.

— Oui, dis-je. Je me suis juste endormie et je ne pensais pas que ce rêve me perturberait autant et vous mettrait dans des états pas possibles. Ce n’est pas la fin du monde vous savez !

— Très bien, dit-il sans prêter attention à mes grognements de femme indignée.

Thranduil, quant à lui, n’avait rien dit, se contentant de m’observer, la mine renfrognée. Cela n’augurait rien de bon. Legolas et Gimli m’aidèrent à me relever et tandis que j’époussetais mon manteau, le roi des elfes vint vers moi avec son élan qu’il tenait par la bride.

— Etes-vous prête ? me demanda-t-il de façon neutre et plutôt sèche.

J’acquiesçai avant qu’il ne m’aide à monter sur son caribou des îles. Tout comme à Imladris, il se hissa derrière moi sans rien dire de plus et récupéra les rênes de Rudolph.

Nous reprîmes le voyage dans un silence de mort, quoique même les morts doivent être plus loquaces que notre petite troupe. Thranduil ne m’avait pas adressé la parole une seule fois, quant à Legolas et Gimli, ils affichaient une mine à faire pleurer Jim Carrey ! C’était dire !

Je sentis mon cœur se contracter douloureusement. J’avais l’infime impression qu’ils ne m’avaient pas crue quand je leur avais dit que je ne me souvenais presque de rien. La vérité, c’était que c’était complètement faux. La culpabilité allait sans doute me dévorer parce que je n’aimais pas mentir aux gens que j’aimais, cependant, si je l’avais fait, c’était aussi pour me protéger. Je me souvenais de tout comme si je venais de le vivre à l’instant même. Je revoyais cette elfe agonisante dans la forêt sombre qui me suppliait de l’aider. Je revivais encore, avec une vivacité accrue, ma conversation avec le vieil homme et ces voix qui ne me lâchaient plus depuis tant de mois. Repenser à tout cela me donna des frissons d’angoisse. Quand bien même, je leur aurais dit la vérité, qu’est-ce que cela aurait changé, au fond, si ce n’est de l’inquiétude supplémentaire et des extrapolations à n’en plus finir ? Me sentant perdre pied, je voulus rechercher la chaleur de mon elfe préféré, en me pressant un peu plus contre lui, quand je le sentis se raidir derrière moi. Le petit courant d’air frais qui passa entre nous m’appris qu’il s’était légèrement éloigné de moi. Mais que lui arrivait-il ?

Il n’avait jamais agi ainsi à mon égard. Soit il se mettait en colère, soit il trouvait toujours un moyen de me faire sortir de mes gonds, mais là, il semblait simplement… distant. Cela me fit carrément flipper.

Ion nín, interpella-t-il son fils sans se retourner vers lui. Nous ferons une halte quand le soleil sera à midi dans le ciel pour une courte pause.

— Très bien, Adar, répondit Legolas d’une voix morne.

Pour éviter de trop cogiter, je me mis à observer le paysage qui défilait devant nous. D’un côté de la route, nous avions les abords d’une forêt et, de l’autre des étendues d’herbes vertes. Nous avancions sur un chemin de terre plus ou moins praticable. Heureusement, il faisait beau et le temps était plutôt agréable. Je fis donc abstraction de mes compagnons et de leurs humeurs, le temps que dura le trajet avant la pause déjeuner. Je partis vagabonder dans ma tête en quête de souvenirs et décidai de me rappeler de choses agréables, comme les séries TV que je suivais quand j’étais chez moi, mes acteurs favoris… Je me demandais si de nouvelles photos de Craig Parker étaient apparues sur le net ? J’espérai un jour revenir dans mon monde et me jurai d’aller à la Ring Con* en Allemagne juste pour avoir le plaisir de le rencontrer au moins une fois. Je ferais des photos avec lui en prenant des pauses stupides et j’en profiterai aussi pour lui montrer la photo du véritable Haldir que j’avais prise en Terre du Milieu. En espérant que mon smartphone soit réparable bien sûr. L’espoir faisait vivre, après tout. Et puis que je ferai-je d’autre ?

Passant à autre chose, l’image d’un beau brun aux cheveux en pétard me revint en mémoire, Marc… Ça faisait des lustres que je n’avais pas pensé à lui. Si je revenais dans mon monde, je prendrai mon courage à deux mains et j’irais tâter le terrain avec lui. Avant que je ne me retrouve dans ce monde de fous, nous étions en passe de faire quelque chose tous les deux mais, j’avais eu quelques réticences parce que ce n’était pas le genre de garçon que l’ont présentait à ses parents et qu’il me faisait un peu peur avec son piercing sur la langue et ses tatouages de Bad Boy.

Et ensuite…

Thranduil interrompit le cours de mes pensées en descendant, plutôt brutalement, de sa monture. Il m’arracha ensuite à Rudolph sans me prévenir. Ses gestes, loin d’être doux, étaient empreints d’une certaine violence qui me fit déglutir plusieurs fois.

— Nous allons déjeuner, me dit-il en regardant par dessus ma tête. Nous repartirons ensuite mais vous monterez avec Legolas, cette fois.

— Pourquoi ? voulus-je savoir mais il ne me répondit pas et emmena son élan vers un arbre pour le laisser brouter à l’ombre.

Son attitude me faisait beaucoup de peine et le voir m’ignorer de la sorte me mettait mal à l’aise. Je voulus aller lui parler mais au moment où je faisais un pas vers lui, il partit voir son fils qui venait de récupérer un sac contenant de quoi nous sustenter. J’avais l’impression d’être devenue invisible à ses yeux.

C’est le moral dans les chaussettes que je les rejoignis, non sans soupirer. Legolas me tendit un petit paquet enrubanné dans une sorte de feuille verte épaisse. J’affichai une grimace en reconnaissant de quoi il s’agissait.

— Super, du Lembas… Encore ! marmonnai-je.

Ce qui me valu un regard lassé de celui qui avait été jusqu’alors mon seul ami. Si même Legolas s’y mettait, qui me restait-il comme allié dans ce monde de fous ? Ce n’était franchement pas juste !

L’appétit coupé, je ne défis même pas ma ration et la reposai dans le sac de l’elfe brun sans dire un mot. Je me relevai et époussetai ma robe avant de faire quelques pas.

— Où allez-vous donc comme ça, Cerise ? me demanda Gimli de sa voix bourrue.

— Je ne sais pas, marmottai-je, trouver une compagnie plus agréable sans doute.

Je n’attendis pas qu’il me réponde et avançai d’un pas vif vers le cours d’eau que j’avais entraperçu un peu plus tôt et qui se trouvait non loin de notre halte du midi.

Arrivée sur place, je me baissai pour récupérer un peu de liquide transparent entre mes mains et m’aspergeai copieusement le visage pour me rafraîchir un peu. Au moment où je recommençais une seconde fois cette opération, j’entendis des pas derrière moi. Le cœur battant, je me retournai mais fus déçue de constater qu’il ne s’agissait que de Gimli. J’avais espéré qu’il me suive… Qu’il s’inquiète un peu pour moi, ce qui prouverait que… Je secouai la tête. Allons donc, arrête de prendre tes rêves pour des réalités, ma grande. En attendant, mon ami le nain était là, devant moi, et il semblait assez mécontent. Oh non, pensais-je, pas lui aussi quand même ?

— Pourquoi me faites-vous tous la gueule comme ça ? dis-je en me mordillant la lèvre inférieure et en baissant les yeux.

Le nain secoua sa lourde tête avant de respirer un bon coup. Il semblait un peu las, lui aussi.

— Vous n’êtes pas facile à comprendre, Cerise.

— C’est à dire ? dis-je, étonnée. Je n’ai rien fait pour que vous me traitiez de la sorte.

Je le vis avancer vers le courant pour récupérer un peu d’eau à son tour, avant de porter la main à sa bouche.

Il but d’une traite avant de reprendre :

— Vous gardez vos secrets pour vous. Personne n’est dupe, vous savez. Legolas et son père ne doutent absolument pas que vous nous cachiez des choses importantes.

Je passai mes bras autour de moi, comme pour me réconforter, refusant de croiser ses yeux. Ils étaient si clairvoyants… Parfois, j’oubliais que je n’avais pas à faire à des hommes, mais bel et bien à des créatures surnaturelles… Enfin, sur ma « terre », c’est ce qu’ils seraient.

— Et vous, le croyez-vous aussi ? demandai-je à brûle-pourpoint.

Gimli émit un son qui était bien plus proche du grognement que du rire.

— Ah ! Moi je ne crois rien, jeune fille. Si vous ne voulez rien dire, c’est un peu votre problème et sans doute n’êtes-vous pas prête à la faire, mais vous ne pouvez pas leur reprocher de s’inquiéter pour vous.

— De s’inquiéter pour moi ? Mais ils me tirent la tronche comme deux abrutis qu’ils sont, bordel ! m’emportai-je, la colère prenant le pas sur la peine que je ressentais d’avoir été si bien ignorée et sans doute d’autre chose mais je n’avais pas envie de l’analyser maintenant.

— Vous ne leur dites rien, ils ont le droit, eux aussi, d’être fâchés à cause de cela. Je crois, ma jeune amie, que ces deux elfes tiennent plus à vous que vous ne pouvez l’imaginer. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, après tout, mais si je peux vous donner un conseil, c’est de ne pas vous mettre à dos les seuls alliés que vous avez dans ce monde.

— Mais ! protestai-je, outrée et déçue qu’il ne soit pas de mon côté.

— Je dis ça, je ne dis rien, termina-t-il avant de prendre congé de moi sans autre forme de procès, me laissant seule avec ma colère et mes questions.

Je n’arrivais pas à croire que Gimli venait de me faire la leçon ! D’habitude, il prenait toujours des gants pour me parler ou alors, quand j’allais mal, c’était lui qui venait me réconforter avec sa bonne humeur et ses histoires de nains… Mais là… Là… Il venait de m’enguirlander à sa manière et… J’avais du mal à le digérer.

Je mis quelques minutes avant de revenir vers eux et je fus estomaquée de voir qu’ils étaient déjà tous prêts à repartir. Ils ne m’avaient même pas attendu pour me parler ou quoique ce soit… Non ils me faisaient bien comprendre que… je n’étais rien pour eux. Absolument rien. Quelque chose en moi se rompit et je sentis l’acidité de la bile me remonter dans l’œsophage, me brûlant les parois comme un horrible poison. Je me sentais mal, j’avais la tête qui tournait et je savais que je n’étais pas loin de lâcher prise, totalement, et tant pis pour les conséquences de l’ouragan qui allait se déverser sur eux. Je n’avais plus envie… Je ne pouvais plus rester là sans rien, dire, sans rien faire. C’était sans doute mal avisé de ma part, sans doute irresponsable — et oui ça l’était ! — mais mon humeur et ce que je ressentais actuellement allait au delà de ce qui pouvait se montrer raisonnable.

Furieuse et bouillant de rage, je me ruai droit vers Legolas dans le but de détacher Douce Etoile.

— Que faites-vous exactement ? me demanda-t-il incrédule, tentant de comprendre ce qu’il se passait.

— Je récupère ma monture ! Au cas où vous ne le remarqueriez-pas, je n’ai aucune envie de me retrouver devant ou derrière-vous.

— Il n’en est pas question, jeta froidement Legolas, avant de descendre de son cheval pour récupérer ma jument.

J’essayai de conserver la bride de la jument, mais il fut plus fort et rapide que moi.

Ce qu’il pouvait m’agacer quand il faisait ça. Le regardant droit dans les yeux, je ne fis pas attention à la petite lueur de tristesse qui traversait ses iris. Pour le moment, je n’avais qu’un désir, lui faire mal, aussi mal qu’il m’en avait fait en m’ignorant et en jouant les elfes froids à mon égard.

— Je ne veux pas monter avec vous, vous me faites carrément chier, là ! hurlai-je, laissant la rage remonter telle la lave d’un volcan en fusion.

C’était mal mais… Qu’est-ce que ça faisait du bien.

J’étais furieuse. Même si je savais qu’il aurait fallu que je me calme et que je leur ouvre enfin ma confiance, sans parler de ma conscience, pour qu’ils arrêtent de me faire la tête, j’étais bien trop fière et orgueilleuse pour cela et puis… J’avais peur. Terriblement peur ! C’est pourquoi j’étais partie pour me damner avec autant d’application que possible.

— Arrêtez de faire l’enfant, Cerise, et montez avec moi. Par Eru, ne comprenez-vous pas que nous agissons ainsi pour votre propre bien ?

La voix de Legolas avait claqué comme un fouet. Loin de me calmer, cela fit redoubler ma colère. Pour qui se prenait-il ?

— Vous savez quoi, Legolas ? répondis-je en haletant de rage. Allez vous faire foutre, vous, votre père et tous les elfes de cette maudite planète qui ne tourne pas rond ! Vous me gavez ! C’est bon, là, j’en ai marre ! Vous savez quoi encore ? — Je lui jetai la bride de Douce Etoile presque à la figure — Gardez-la, votre putain de jument. Moi je me casse, vous me prenez trop la tête.

J’eus le temps de voir son expression ahurie tandis que je tournai les talons dans le but de prendre la fuite. Il fut trop choqué pour esquisser un pas vers moi il semblait même carrément tétanisé et les remords commencèrent à prendre le pas sur ma colère.

Je courus comme une dératée, le visage en feu. Je me sentais mal. Putain, Cerise, qu’est-ce que tu viens de faire, là ? Tu ne pouvais pas garder ton calme et les écouter ? Non, il avait fallu que j’agisse comme la parfaite conne que j’étais.

— Bon Dieu Cerise, pauvre idiote que tu es, mais qu’est-ce que tu viens de faire ? murmurai-je avant de m’arrêter net dans ma course folle, mes jambes coupées par le poids de l’énormité que je venais de commettre…

Oh mon Dieu…

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Thranduil

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C’était la première fois que je voyais mon fils aussi choqué. Il faut dire qu’il n’avait pas connu Cerise à son arrivée dans notre royaume. Pour ma part, j’étais profondément frustré de voir à quel point elle ne nous faisait toujours pas confiance. Frustré et indéniablement déçu.

— Pars en avant, Ion nín, et rejoins notre groupe pour les prévenir que Cerise et moi, aurons probablement du retard, dis-je avant de faire faire demi-tour à mon élan.

— Très bien père, Gimli et moi y allons mais…

— Je sais ce que j’ai à faire Legolas, ne t’inquiète donc pas de cela.

Il n’ajouta pas un mot et reprit la route avec son nain qui le suivait non sans marmonner dans sa barbe.

Je les regardai partir un instant, avant d’éperonner Vif Argent. Les sentiments qui m’animaient étaient aussi confus que contradictoires. Je lui en voulais de garder ses secrets pour elle mais pas que pour cela…

Tandis que je remettais ma monture au trot, j’entendis des sanglots étouffés non loin d’un cours d’eau qui passait près des buissons. Il ne pouvait s’agir que d’elle. Je descendis lestement de Vif Argent et le laissai près d’un arbre. D’un pas sûr, j’avançai vers la provenance du bruit pour finir par la débusquer près de la rivière. Ses deux mains étouffaient de longs sanglots déchirants qui parcouraient son corps en de longs tremblements. Loin de m’en attendrir, son attitude me mit dans une rage froide. Elle s’était mise toute seule dans cet état. Nous n’y étions pour rien si elle ne savait pas se maîtriser et si elle ne nous faisait toujours pas confiance. Au fond, elle n’avait que ce qu’elle méritait.

Ce n’est que lorsque je fus à ses côtés qu’elle se retourna vers moi, le visage ravagé par des larmes qui ne se tarissaient pas. Pinçant les lèvres un instant, je me mis à rire méchamment. Elle devait être directement confrontée aux répercussions de ses actions. Le plus tôt serait le mieux.

— Vous êtes profondément ridicule.

Elle se figea en entendant ces mots. Que croyait-elle ? Que j’allais la consoler d’avoir été odieuse et infantile avec nous ? J’avançais encore d’un pas vers elle. Elle ne pouvait pas reculer au risque de tomber dans l’eau.

— Votre comportement envers mon fils est inqualifiable et difficilement pardonnable, continuai-je plus durement.

Ce qui était vrai. Legolas n’avait pas mérité un tel traitement de sa part, lui qui l’avait toujours protégée depuis qu’il la connaissait.

Elle enleva les mains de sa bouche. Ses lèvres étaient pincées sous le choc, très probablement, que lui causaient mes remarques. Je n’étais qu’à quelques millimètres d’elle. Encore un pas, et elle tomberait.

Je devais frapper fort et vite… Pour qu’elle comprenne… Enfin, je l’espérais.

— Votre façon d’agir envers nous est plus que déplorable et au-dessous de tout ce à quoi j’aurais pu m’attendre de vous, assénai-je, impitoyable. Vous aviez raison sur plus d’un point vous concernant, repris-je, vous ne pouvez être mon Elenna, même sans ses souvenirs, jamais elle n’aurait agi avec si peu d’intelligence. Vous n’êtes rien qu’une minable et misérable petite humaine à qui nous n’avons que trop donné d’importance et…

Je ne pus jamais terminer ma phrase car elle venait de me gifler violemment. Je pouvais sentir la brûlure cuisante enfler sur ma joue. Comment osait-elle…

— Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton, Thranduil, jeta-t-elle, la fureur ayant une nouvelle fois remplacé la peine.

Ce n’était pas ce que j’avais vraiment voulu obtenir d’elle.

— Vous seriez morte pour moins que cela, répondis-je en frottant ma joue endolorie.

— Alors tuez-moi ! Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! hurla-t-elle.

Elle me contourna dans le but de me fuir mais je la rattrapai avant de l’acculer brutalement contre un arbre.

— Ne me poussez plus à bout, petite, car c’est ce qui pourrait bien vous arriver si vous continuez à vous comporter de la sorte, crachai-je furieux.

— Je ne vous pousse pas à bout, je suis à bout. Au bout de tout d’ailleurs ! Je ne sais même plus qui je suis et ce que je fais ici, se lamenta-t-elle.

Je la scrutai un instant, tentant de trouver une faille, quelque chose qui me permettrait d’espérer qu’enfin elle allait se livrer…

— Est-ce si difficile que cela de vous confier à moi, de me dire ce qui vous perturbe autant ?

Elle se mordit la lèvre, fuyant mes yeux. Je soupirai.

— Je ne vous fais pas confiance, Thranduil.

J’avais beau le savoir, cela m’atteignit de plein fouet.

— Ni à Legolas ? demandai-je, tentant de garder le contrôle de mes émotions.

— Non, pas même à Legolas pour ce genre de choses.

Je compris qu’il ne me restait plus qu’un seul recourt possible. Une dernière carte à tirer et à jouer.

— Alors nous n’avons plus rien à nous dire, Cerise. Nous rejoindrons le plus vite possible Legolas et vous repartirez avec lui jusqu’à Imladris, dis-je d’une voix que je voulais posée.

Je me détachai lentement d’elle, quittant peu à peu son regard pour retourner auprès de mon élan.

— Vous… Vous êtes sérieux ? bégaya-t-elle.

— Il faut y aller, petite. Vous nous avez assez fait perdre notre temps comme cela.

Elle n’ajouta rien et finit par me suivre en traînant des pieds. Je l’aidais à monter, non sans prendre quelques distances avec elle. Nous reprîmes la route dans un silence absolu et je priai Eru Ilúvatar et Varda pour que Cerise finisse par enfin s’ouvrir à nous.

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Cerise

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Je n’arrivais pas à croire que tout soit allé si loin entre nous. Je me sentais anesthésiée de la tête aux pieds et manquai de vomir plusieurs fois en cours de route. Vomir sur son élan n’était sans doute pas une bonne idée. Je me sentais tellement mal, vidée. Tout ce qu’il m’avait dit m’avait affreusement blessée mais plus nous avancions, plus ma colère retombait à plat, et plus… Je m’en voulais d’avoir dérapé comme ça avec eux tous. Je ne voulais pas que ça se termine comme ça entre nous. Bordel, j’aimais cet elfe et il venait juste de me briser le cœur… Mais est-ce que finalement je ne l’avais pas un peu mérité ? Cela dit, il voulait que je me confie à lui mais, lui ne le faisait pas. Tout ce que je savais, c’était Legolas qui… Un terrible sentiment de culpabilité m’assaillis les sens.

Oh non ! Legolas avait toujours été d’une incroyable franchise avec moi… Pourquoi ? Parce qu’il te faisait confiance, idiote, et toi qu’est-ce que tu as fait ? Tu l’as traité comme de la merde quand il t’a demandé de faire de même avec lui. J’avais été profondément injuste, en fait.

Toute à mon monologue intérieur, je ne sentis pas Rudolph s’arrêter.

— Que se passe-t-il ? demandai-je.

— La nuit ne va pas tarder à tomber, soupira Thranduil. Nous allons devoir dormir à la belle étoile. Et ce par votre faute, jeta-t-il froidement.

Il oublia de m’aider à descendre et je pris sur moi pour me glisser, toute seule, en bas de Rudolph mais au moment où je passais ma jambe par-dessus lui, il recula d’un pas et je me vautrai lamentablement par terre. Saleté d’élan ! Si ça n’avait tenu qu’à moi, il aurait fini dans mon assiette. Ah, j’étais belle, étalée par terre. Thranduil se retourna à cet instant vers moi, la mine consternée, mais ne tenta ni de m’aider ni de me demander comment j’allais, comme si mon sort l’indifférait pour de bon. Sans doute était-ce le cas.

— Au lieu de vous endormir à ne rien faire, petite, venez m’aider à préparer notre dîner, m’ordonna-t-il en sortant un linge contenant de la viande fumée et des fruits.

— Et que voulez-vous que je fasse exactement ? demandai-je de manière presque agressive.

— Allumer un feu par exemple ?

Il se fichait de moi ou quoi ?

— Heu… Je veux bien mais, je ne sais pas comment faire, dis-je en grinçant des dents.

J’entendis « bonne à rien » et différents mots que je ne préférais pas relever. Au lieu de cela, j’allais m’asseoir dans un coin et le laissai faire.

Bientôt, un feu de camps vint égayer un peu la noirceur presque totale de cette nuit sans lune ni étoile. Le ciel était couvert. Thranduil me tendit un bol avec de la nourriture mais je n’avais pas faim. Je voulais juste m’allonger à même le sol et dormir.

— Vous devriez manger, vous n’avez rien pris depuis ce matin. Ce n’est pas prudent.

Serait-ce de l’inquiétude ? L’espoir n’était pas mort alors…

— Voilà que vous vous inquiétez pour moi maintenant ? jetai-je avec une certaine fureur contenue.

— Si vous tombez malade maintenant, vous serez une charge pour nous, petite, alors mangez, c’est un ordre !

Bien sûr, c’était trop beau pour que ce soit autre chose. Je décidai de capituler pour cette fois, en plus, j’entendis mon estomac ruminer doucement. Quelle poisse !

Je finis par faire ce qu’il m’ordonnait, non parce que j’étais conciliante mais parce que j’avais l’impression d’être retombée à nos tout début. Comme si notre relation s’était détériorée à un point de non retour… Par ma faute… Et mon orgueil mal placé. Je mis un temps infini avant de terminer la ration qu’il m’avait donnée qui n’était pourtant pas bien grande. Je ne pris aucun plaisir à manger. Perdue dans mes sombres pensées, je ne voyais pas le regard lourd de sens et d’inquiétude dont me couvait Thranduil.

— Quand vous aurez terminé, nous nous coucherons. Il n’y a qu’une paillasse mais elle sera suffisante pour nous deux, dit-il en rangeant les ustensiles et en préparant nos affaires pour la nuit. J’acquiesçai mollement.

Que devais-je faire pour que tout aille mieux entre-nous ? J’avais tellement envie de garder un bon souvenir de lui, je ne pouvais pas décemment continuer à l’ignorer et ignorer ce qu’il y avait au fond de mon cœur. A la vérité, je brûlais de m’épancher sur lui, d’avoir une oreille attentive et quelqu’un qui me rassure, me comprenne. Je voulais ensuite qu’il me prenne dans ses bras pour me câliner… En fait, je voulais un homme qui m’aime et qui tienne à moi et … Thranduil n’était carrément pas cet homme là. En plus, c’était un elfe.

Comment aurai-je pu me confier à lui alors que ce n’était qu’une illusion qu’il appréciait chez moi, une chimère, celle de sa défunte femme ? Quelle désillusion pour moi qui avait cru qu’il éprouvait à mon encontre presque autant que ce que je ressentais pour lui.

Avec un soupir, je finis par le rejoindre pour m’allonger à ses côtés. Il ne me prit pas dans ses bras et je préférai lui tourner le dos. Je me sentais tellement minable, et si stupide. Une larme coula contre ma joue et je finis par passer mes propres bras autour de mon corps pour me réconforter un peu. Il n’y avait pas à dire, j’avais la palme du pathétisme absolu. Severus Snape serait fier du petit cornichon sur pattes que j’étais.

La nuit était douce mais malgré tout, je frissonnais et tremblais de froid. Je levai les yeux vers le ciel et pus voir que seules quelques petites étoiles y étaient présentes. Le temps semblait m’avoir aussi abandonné.

« Dis-le lui« , m’intima une voix venue du plus profond de mon être. « Dis ce que tu as sur le cœur et la conscience, livre-toi. Ne reste pas comme cela, vous ne le méritez pas tous les deux. »

Je me retournai sur le dos et pris le ciel à témoin avant de débuter dans un murmure :

— Quand je m’endors, je rêve de choses étranges et perturbantes. Cela me parait tellement réel que parfois, je doute que cela soit vraiment un simple rêve…

Une nouvelle larme glissa le long de ma joue, tandis que mes yeux ne quittaient pas les petits points lumineux qui semblaient approuver ma décision en brillant doucement.

— Depuis peu, repris-je, ma voix s’enflant sans que je n’y prenne garde, je vois régulièrement un homme… Un vieil homme, plutôt, qui me parle de son œuvre… Il insiste à chaque fois et… Aujourd’hui j’ai enfin vu… Mais alors que j’allais finalement comprendre, je me suis sentie appelée par d’étranges elfes qui m’apparaissent depuis que j’ai failli mourir à Mirkwood… et…Voilà. Je ne sais pas ce que vous voulez vraiment savoir exactement parce que, à vrai dire, moi-même je ne comprends vraiment pas à quoi riment tous ses songes. C’est tellement étrange et surréaliste, comme si je les vivais vraiment.

— Ce ne sont pas que des rêves, Cerise, répondit Thranduil d’une voix douce. Qui est Elenwë ?

A cette question, je sentis poindre une immense tristesse dans mon cœur. Quelque chose que j’avais compris et qui semblait pourtant fou et complètement barré mais… Je savais que c’était là l’unique vérité possible.

— Je suis Elenwë.

C’est quelque chose que je ne comprenais absolument pas mais… Qui semblait juste… Et vrai.

Thranduil se redressa sur un coude tout en m’observant, les yeux plissés. Il se dégageait de lui une incroyable aura magnétique qui m’électrisa comme jamais.

— Etait-ce si difficile que de vous confier à moi ? Cela valait-il autant de confrontations et de peine ? me demanda-t-il tout en me caressant le visage de ses doigts fins, me faisant frémir des pieds à la tête.

Je n’avais qu’une envie, me blottir dans la chaleur de ses bras et oublier cette horrible journée. Mais je savais que c’était impossible. J’avais dit des choses atroces aujourd’hui, sous le coup de la colère. Parce que je m’étais sentie tellement mal, tellement seule. Allait-il seulement pouvoir me le pardonner ?

Je me mis à trembler de tous mes membres et quand Thranduil me pris dans ses bras pour me réconforter, me disant des mots en Sindarin, j’éclatai à nouveau en sanglots.

— Je… J’ai peur, avouai-je.

— Chut, Melda heri, ne pleurez pas, vous n’êtes pas seule, nous sommes là, me souffla-t-il contre mon oreille. Je suis là.

— C’est faux, Thranduil, vous m’abandonnerez aux Havres Gris… Vous allez me quitter pour toujours…

Et ça, je compris que je ne le supporterais pas. Pourquoi n’était-il pas resté le con imbu de lui-même dont j’aimais me moquer au début de notre rencontre ? C’était tellement plus simple… Ça serait tellement plus facile ensuite !

— Vous aurez Legolas avec vous, et puis vous serez bien entourée dans la dernière maison simple et…

— Mais vous ne comprenez vraiment rien ?! m’exclamai-je en me dégageant de son étreinte affectueuse.

Il me dévisageait, une expression perplexe sur le visage.

— Qu’y a-t-il Cerise ?

— Mais je ne veux pas vous quitter, moi ! Je… Je vous aime, sombre crétin !

Ma voix avait sombré dans les aigus, je savais aussi que sur mon visage devait se lire l’air le plus désespéré qui soit, mais avais-je encore le choix de ne rien dire ? Ce type me tuait à petit feu. J’essayai depuis des jours de me convaincre que personne ne mourrait de cette terrible maladie qu’était de tomber amoureuse et j’espérais, si ces sentiments n’étaient pas partagés, que je m’en remettrais au plus vite.

Pourquoi avait-il fallu que cela tombe sur moi ?

Son visage incrédule ne m’encourageait pas à aller mieux, bien au contraire. Il ne disait rien, me scrutant d’une manière qui me mit très mal à l’aise. Il finit, néanmoins, par se détourner un moment, comme si ma vue le gênait, avant de se tourner à nouveau vers moi. Doucement, il me releva le menton pour que nos yeux se croisent.

— Vous m’auriez dit cela il y a plus d’un an, je pense que j’aurai été profondément furieux. — J’allais me lever quand il me retint fermement par le bras.— Ceci dit, reprit-il, nous sommes aujourd’hui, et à ce jour, Melda heri, votre déclaration m’honore plus que vous ne pouvez l’imaginer. Bien que j’aie deviné depuis un certain temps que vous aviez des sentiments plus forts qu’une simple attirance à mon égard…

Je me mordis la lèvre inférieure, dardant sur lui un regard d’une telle espérance que j’aurais du en avoir honte mais si seulement, il pouvait m’aimer un peu, je…

— Thranduil, murmurai-je.

— Vous comptez pour moi, cela est indéniable, cependant, l’amour que je porte à mon épouse est aussi immortel que les étoiles de Varda.

Cela faisait très mal.

— Je vois, dis-je, le cœur en morceaux.

— Je suis navré, Cerise, de ne pouvoir vous donner plus…

Ses doigts quittèrent mon menton, puis il me caressa lentement le visage avant de m’embrasser avec toute la tendresse dont il était capable.

Mal… J’avais si mal, mais j’espérais que cela passerait, que bientôt, j’en rigolerais. Moi, amoureuse ? Non mais quelle idée débile ! Je suis trop bien pour toute cette merde, et l’amour… L’amour c’est de la pure connerie. Ça fait bien plus mal que ça ne fait du bien.

— Je hais l’amour, soufflais-je dépitée et écœurée.

— Ne dites pas cela… Sans doute un jour…

Mais il ne termina jamais sa phrase. J’avais vu une ombre passer sur son visage avant qu’il ne s’interrompe.

Lentement, nous nous recouchâmes, lui un bras enroulé autour de moi et moi, pleurant doucement tout ce que je n’avais pas perdu, tout ce que je n’aurais jamais. Décidément, ma vie était d’un tel pathétisme. Finalement, c’était mieux avant… Avant tout ça, avant lui.

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

Bien qu’étrange et parfois impénétrable, Cerise avait enfin cédé en me révélant les secrets qui perturbaient tant son sommeil. Il était indéniable que les Valar avaient un rôle dans ces mystères qui ne cessaient de l’entourer pour mieux me la rendre inaccessible et terriblement attirante.

Je doutais de plus en plus qu’elle soit ma chère Elenna, mais au lieu d’en nourrir une immense déception, bien au contraire, cette constatation me rassurait. Elles étaient si différentes. Cerise m’avait avoué son amour pour moi et là aussi, je m’étonnais moi-même. Loin d’être contrarié ou indifférent, sa déclaration avait remué quelque chose en moi de profondément endormi.

J’avais néanmoins gardé une certaine distance avec ce que je ressentais vraiment pour elle, allant même à lui dire qu’un jour, sans doute, elle rencontrerait quelqu’un digne d’elle mais… Je n’avais pas pu aller jusqu’au bout de ma phrase. L’imaginer avec un autre que moi m’étais juste intolérable. Pourquoi cela me chagrinait-il ainsi ?

Allais-je bafouer ce qui faisait de nous des elfes à l’amour aussi immortel que notre propre vie ? Allais-je devenir comme le roi Ñoldo, Finwë, en défiant nos lois ancestrales, en prenant une nouvelle épouse après la mort de la première ? Allais-je être maudit pour cela ?

J’avais beau ressasser tout cela dans le fond de mon esprit, une petite voix me disait que je ne pouvais me permettre de la perdre, elle aussi. Cerise, sans que je m’en rende compte avait pris une place, de par sa seule personne, bien plus importante que ce que je n’aurais pu imaginer un jour.

Resserrant mon étreinte contre elle, je me relevai un peu pour la regarder dormir. Elle semblait si paisible ainsi.

Que m’as-tu donc fait, petite mortelle, pour que j’en vienne à ne plus savoir imaginer ma longue vie sans toi à mes côtés ? lui soufflais-je en Sindarin.

Même ainsi, je ne voulais pas qu’elle me comprenne. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs, là où il n’y en aurait sans doute jamais. Elle n’avait pas besoin de savoir que de cette séparation, j’en souffrirais tout autant qu’elle… Voire plus.

Parce que peut-être, après tout, je tenais un peu plus à elle que je ne me l’imaginais. A cette révélation qui me coupa la respiration tout aussi bien qu’un énorme coup de point, je fermai les yeux vaincu.

Si j’en venais à ouvrir les vannes de mon propre cœur pour elle, je serai irrémédiablement perdu.

A Suivre


Annotations

– Deux chansons ont contribué à l’écriture de ce chapitre : Beautiful et The Voice Within’ de Christina Aguilera

– Les titres Paranoid et Hand of Doom de Black Sabbath , quant à eux, ont contribué à la part du boulot de la relectrice de cette histoire.

– Cerise est une grande fan de Harry Potter et notamment de Severus Snape (Rogue en français).

 

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27 commentaires

  • Ah, enfin j’ai pu lire ton chapitre en une journée (mais en deux fois quand même…)
    C’est un chapitre riche en émotion. J’ai trouvé qu’ils ont été particulièrement durs avec Cerise, la pauvre.
    Je n’aurai jamais cru que Thranduil soit capable d’être aussi insensible et sans cœur avec elle. Ça m’a fait mal de lire ce passage 😦
    J’ai bien aimé la partie où tu parles de Finwë (on sent que tu as relu le Silmarillion y a pas longtemps :-)) Mais à la différence de Thranduil, la première femme de Finwë fut la première elfe à mourir et elle a consciemment choisit de ne plus jamais revenir à la vie. Cela dit, on ne sait pas ce qu’a choisit la femme de Thranduil.
    J’espère que la relation entre Thranduil et Cerise va se réchauffer dans le prochain chapitre.
    Biz
    Sacrok

    Aimé par 1 personne

    • Je ne le trouve pas insensible et sans cœur, simplement il essaie de la pousser à lui révéler ce qu’elle lui cache. Sans doute s’y prend-t-il mal, je te l’accorde. Concernant l’allusion à Finwë de la part de Thranduil, c’est plus une peur qu’une vérité. Il ne sait pas lui même ce qu’il est advenu de sa femme. Le pauvre ^^.
      L’abcès est percé pour le plus gros, cela n’ira qu’en s’arrangeant entre eux … enfin, au moins, jusqu’aux Havres Gris 😉

      Merci pour ton comm’ ❤ !

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  • Je t’ai lu d’un trait,avec la musique en fond.qu’ils ont été durs avec cerise,la pauvre déjà hantée par ses visions,normal d’avoir péter un câble.se retrouver si seule et incomprise

    Aimé par 1 personne

    • Coucou Eric ! Merci pour cette belle review 🙂 Cerise va retrouver sa bonne humeur maintenant que l’abcès est percé 😉 La suite bientôt ^^.

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  • Oui , il s’y prend mal cet andouille.Il a été marié mais il y connait pas grand chose en faite aux femmes surtout les humaines du 21 ème siècle d’un autre monde. Bon Cerise a quand même vidé son sac, la pauvre, elle en prend plein la tronche en ce moment. Mon coeur compatis grandement , j’ai été très triste pour Cerise. Espérons que ça s’améliorera dans l’avenir.
    Chapitre arrivé rapidement, me suis dit déjà la reprise du rythme de super production de Darkklinne. L’histoire me plait toujours autant, moins d’humour mais plus d’émotions et d’intrigue. A quand la suite ….

    Aimé par 1 personne

    • Oui, ne t’inquiète pas, Cerise gère bien la crise… Enfin, maintenant que tout va mieux ou presque 😛 Pour le prochain chapitre, il arrivera certainement mercredi. J’ai été pas mal débordée la semaine dernière ^^.

      Merci pour ta review ❤

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  • ouf j’ai retrouvé ton histoire!! j’ai eu peur en ne trouvant plus rien sur fanfiction. J’ai donc lu deux chapitres et j’ai adoré.La situation se débloque entre eux et j’espère que Thranduil ne la laissera pas tomber.

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    • Coucou Athina ! Ravie de te voir dans mon humble demeure 🙂

      Vouiiii, la situation se débloque… enfin un peu 😉 Thranduil ? Laisser tomber Cerise ? Ce n’est pas au programme 😛

      Merci pour ta review ❤

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  • Bonsoir Darkkline.
    Me revoici moi et ma robe d’avocate. Je sens que sa majesté va avoir besoin de mes services, aussi je vais devoir faire du bon taf là. Bon, Cerise pète un cable, ce qui peut se comprendre certes, mais c’était à prévoir. A trop s’enfermer dans sa tour d’ivoire….elle s’isole, se conforte dans son impression que tout le monde lui en veut, que personne ne l’aime…D’ailleurs, elle le comprend toute seule par la suite. Il faut qu’elle se décide enfin à faire confiance à autrui peut éviter bien des souffrances.
    Nous avons là deux façons de gérer le stress et la colère. Cerise est directe, vive, tempétueuse. Cela n’aide pas vraiment à avancer, mais elle aime et ceci explique cela.
    Bon, sa majesté à présent. Non, il n’est pas insensible, non il n’est pas violent, il est juste frustré qu’on ne lui fasse pas confiance. Ce roi a vécu des tragédies dans sa longue vie, il connaît soudain un petit bout de femme dont il tombe amoureux et ne sait plus ce qu’il doit faire…
    Est-il condamnable parce qu’il ne veut pas aller dans son sens afin d’éviter à Cerise une souffrance de plus ? N’est il pas plus juste de lui dire qu’il ne peut lui offrir plus que ce qu’il possède ? Pourquoi lui donner de faux espoirs ?
    Ceci dit, il l’aime et son attitude aussi dure soit elle n’est qu’une forme de protection. Bien souvent, ce ne sont pas les chiens qui aboient qui mordent…
    La protéger reste Sa priorité. Lui aussi souffre, mais lui la cache cette souffrance ! ;(
    Des deux, je pense que c’est Thranduil qui souffre le plus car, malheureusement pour lui, sa condition de roi fait qu’il lui manque l’essentiel…Sa Liberté. Lié à son royaume, à son épouse, à son enfant… rien ne sera facile pour lui.
    Cerise a toute ma sympathie, et je pense que les choses s’arrangeront pour elle, mais mon roi lui aura toujours mon admiration, car c’est de lui que viendra le choix lorsqu’il,se présentera et là, il est fort à parier que des deux, c’est celui qui aura le plus à perdre.
    Voilà, voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je reste l’avocate de sa majesté, c’est un rôle que j’ai endossé depuis longtemps à présent.
    Et je continuerais à le faire. Encore bravo pour ce chapitre riche en émotion et coups de gueule.
    A bientôt .

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    • Tu as bien cerné ma façon de voir le personnage de Thranduil. Après est-ce qu’il souffre plus que Cerise ? Peut-être car après tout, quand un elfe aime ce n’est jamais à moitié mais qui dit que Cerise n’est pas comme lui ?
      Je suis contente de voir que tu as aimé ce nouveau chapitre.
      Merci pour ta review ❤

      J'aime

  • Les problèmes de communication entre les deux principaux protagonistes sont exponentiels… Pire est la situation, plus ils ont du mal à se parler… mais en un sens, ce n’est pas anormal. Au sens strict du terme, ils ne s’entendent pas. Chacun ne retient que ce qu’il souhaite des propos de l’autre. Et c’est le plus douloureux, au-delà même des mots et des gestes… quand ils parviennent enfin à se comprendre, quand la vérité s’impose, c’est encore plus violent après tous ces non-dits. Qu’ils ne parviennent à se parler, du moins que Cerise ne parvienne à s’épancher, qu’à la nuit tombée est lourd de sens. Ils ne peuvent pas se voir, il fait trop sombre. Les expressions, les regards qui pourraient trahir les sentiments deviennent invisible et, dans le même temps, aucune stimulation extérieure ne vient perturber le dialogue. Ils sont seuls, ne peuvent pas se voir, juste parler. Que Cerise prenne les étoiles à témoin de son propos a également une certaine signification à mon sens mais je ne me risquerai pas à en dire plus. Dans tous les cas, c’est marquant.

    On pourrait certes penser que Cerise est « seule contre tous ». Seulement, ce n’est pas vraiment le cas. L’attitude de Thranduil et, dans une moindre mesure, celle de Legolas et de Gimli ne sont pas forcément adaptées à la situation mais qui pourrait le leur reprocher ? Ils sont face à quelque chose qu’ils ne comprennent pas et à quelqu’un qui ne veut pas leur parler, même pour leur dire « Je ne comprends pas ce qui m’arrive, ça fait mal, arrêtez de me poser des questions auxquelles je ne peux pas répondre pour le moment. » Bien évidemment, Cerise souffre, et comme je te l’ai dit l’autre soir, il arrive que la souffrance rende méchant. Comme un animal qui s’isole pour lécher ses blessures et se montre agressif avec ses congénères, l’être humain peut être blessant et cruel, repousser les autres pour ne pas avoir à montrer sa peine. C’est le cas ici, elle est totalement perdue et perturbée, et donc elle est infecte. Le fait qu’elle ait été remarquablement dure avec Legolas — presque injuste, de surcroît — montre bien ce mécanisme de défense, bien plus que son attitude au regard de Thranduil. Legolas a toujours été d’une franchise presque brutale et, à trop vouloir bien faire, il n’a jamais ménagé Cerise. Elle le sait, elle est consciente que si elle lui parle, il lui dira des choses qu’elle n’a pas envie d’entendre, donc elle le rejette, quitte à le regretter profondément par la suite.

    Et que dire de Thranduil ? Bien entendu, on pourrait penser que c’est un con, qu’il manque de délicatesse et qu’avoir ce genre d’attitude ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Cela étant, son cheminement intellectuel est compréhensible. Il est de ceux qui pense qu’il faut botter le cul des gens pour les faire avancer alors qu’ils sont crispés sur leurs ennuis. En fait, il ne pense pas à mal mais il fait preuve d’une maladresse désolante, quoique très raccord avec le personnage tel que tu le présentes depuis le début. C’est par la suite, quand Cerise lui avoue ce qu’elle a sur le cœur, que ça fait le plus mal. On sent bien que lui dire que jamais il ne pourra avoir pour elle les sentiments qu’il a eus pour sa femme lui brise le cœur autant qu’à elle. On sent qu’il n’a pas envie de le lui dire parce qu’il ne veut pas la blesser ni se blesser lui-même parce qu’il a l’impression de faire une erreur, au nom de ses propres principes. Et il est évident qu’il ne voudra jamais la céder à quelqu’un d’autre… Sa difficulté à lui dire de ne pas renoncer au sentiment amoureux est une chose, mais il faut se rappeler son attitude vis-à-vis de Tamril au chapitre précédent…

    Bref, un chapitre dur et éprouvant par son réalisme. Et, en ce qui me concerne, une forme de catharsis, aussi. Je préfère ne pas en dire plus ici.

    Aimé par 1 personne

    • Quand je lis tes reviews, je me dis toujours qu’elles sont plus intéressantes que l’histoire en elle-même. Tu pointes avec justesse ce qui se cache entre les lignes et tes interprétations sonnent si juste. Bref, je suis ébaudie à chaque lecture d’une de tes appréciations.
      Merci d’être là, d’être ma bêta et avant et surtout, mon amie ❤ ❤

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  • Je souhaitais juste féliciter Lilou Black pour sa review assez remarquable. L’analyse est complète, très détaillée, fort juste…Darkkline, tu as beaucoup de chances d’avoir de telles reviews..
    Lilou Black, tu fais preuve d’une certaine psychologie et d’une sensibilité fort appréciable par les temps qui courent. Beaucoup devrait s’en inspirer.
    Relever un tel fait me semblait nécessaire. J’espère ne pas avoir été une intrusion dans vos échanges. Merci.

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    • Comme je te comprends :à Lilou me souffle toujours devant ses analyses. Bref, pas de soucis 😉 Et oui, je suis bien chanceuse de l’avoir mais aussi de bous avoir comme lecteur ❤ ❤

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  • Bonsoir,
    J’ai enfin pris le temps de lire ce chapitre, autant dire que depuis vendredi ce n’était pas l’envie qui me manquait mais plutôt le temps.
    Chapitre très riche en émotion, on sent Cerise perdre pied, se perdre, parce qu’elle ne sait plus où elle en est, qu’elle sait très bien que bientôt, ce qu’elle vit sera plus qu’un rêve pour elle, alors qu’elle ressent tellement pour Thranduil.
    D’un autre côté, on a toujours notre Roi Sylvain aussi perdu mais, il veut faire comprendre à Cerise qu’il s’inquiète, qu’il tient à elle, d’où le passage très fort où il est odieux avec elle.
    On sent très bien le manque de confiance mais comment en vouloir à Cerise?
    C’est complexe pour tout les protagoniste ce qui se passe, car personne n’avait imaginer tout ça…
    Plus on avance, plus c’est complexe, plus on est mal pour Cerise mais, on comprend aussi Thranduil.

    Tu gères ton histoire à merveille, désolée si je ne suis pas très disons, clair dans ce que je dis, j’espère que tu me pardonneras.
    J’aime toujours autant lire cette histoire, qui a tellement évolué depuis le départ.

    Bravo pour ton talent de nous faire ressentir tout cet imbroglio de sentiments.

    A bientôt.

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ce commentaire. Je suis contente que la suite de l’histoire te plaise, enfin même si tu la connaissais déjà. J’ai très bien saisi ce que tu voulais dire t’inquiète 😉

      Merci encore ❤ ❤

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  • Comme je suis pas très intelligente, je n’avais pas vu qu’il y avait deux autres chapitres après le 26 u_u’
    Dooooooooonc ! Concernant toute l’histoire, se référer au chapitre 26.
    Concernant ce chapitre, se référer à ce qui suit :

    Pêtage de câble fénoooooomééééénaaaaal, qui m’a mit super super mal a l’aise pour tout le monde. Et Gimli, ah ! Mon cher Gimli qui dit sa façon de penser sans se soucier qu’il marche ou non sur des oeufs ^^ Je ne comprend pas pourquoi Cerise a tant de mal a se confier. Elle n’aime pas tout les conflits qu’il y a entre Thranduil et elle et de plus, le fait est qu’à cause de ses secrets, elle se fâche avec Legolas ! Heureusement qu’au final elle a un minimum de bon sens et qu’elle balance tout à Thranduil. Bon sang de bois !
    D’ailleurs, j’ai un message à faire passer à ce bon vieux roi des Elfes : Cerise n’est peut-être pas ton Elenna, mais elle compte pour toi un peu plus que pour la baise non ? Ben dis lui que tu l’aimes bon dieu ! On s’en fou que tu te perde, tant que c’est pour Cerise ! Arrrrgh !

    Enfin, il est tard, je ferais peut-être mieux d’aller me coucher au lieu de dire des ânneries.

    Merci pour ce chapitre qui m’a fait faire du yoyo avec cette cacophonie de sentiments !
    Bisous 🙂

    Mathilde

    Aimé par 1 personne

    • Coucou Mathilde !

      Merci pour toutes tes reviews !! Ca me fait très chaud au cœur et vu le temps, ça fait « très » du bien XD Je te l’avais dit, la seconde partie est plus… sérieuse et joue beaucoup avec les émotions des héros. Cerise a muri et doit affronter ses sentiments pour Thranduil et le mystère qui l’entoure. C’est une jeune femme de notre monde qui doit faire des choix et ce n’est pas simple. Je voulais la rendre, normal, comme n’importe qui…

      Merci de m’avoir suivi dans mon humble demeure, si tu ne l’as pas déjà fait, tu peux suivre les publications en t’abonnant à la newsletter du blog.

      Bisous et au plaisir de te lire sur le nouveau chapitre qui devrait être bientôt posté 🙂

      J'aime

  • C’était un chapitre très touchant, la pauvre Cerise… C’est dur d’être amoureuse surtout quand celui qu’on aime, aime une morte. J’ai hâte de connaître la suite, c’est très agréable à lire en tout cas, et ta vision de la Terre du Milieu est bien respectée, ça se voit que tu fais des recherches et que tu t’investis à 100% dans ton histoire.

     Hâte de lire la suite, ( J'espère demain ) des gros bisous :))
    

    Aimé par 1 personne

    • Effectivement, j’ai surtout lu les livres de Tolkien, ça aide 🙂 Le silmarillion a été une très grande aide pour la dernière partie. Ecrire une histoire oui, mais qui a du sens dans ce qu’elle empreinte, est ce que je dirais, être logique ^^.

      La suite arrive mercredi prochain, j’ai été pas mal débordée cette semaine 🙂

      Merci pour ta review ❤

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  • on peut avoir la suite pleeeeeaaaaase!!

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  • Les émotions de tes personnages ont si bien été décrites que j’en ai eu mal pour eux. Cette histoire d’amour unique, d’âme-soeur, peut devenir un véritable poison quand l’autre vient à mourir ou disparaître.
    Thranduil ne fait que retarder l’échéance. Garder Cerise avec lui jusqu’aux Havres Gris ne rendra la séparation que plus difficile. Et il se fait du mal à lui-même puisqu’il sait que quand il partira, Tamril restera avec elle. Je ne pense pas qu’il supportera cela, même s’il ne veut que son bonheur.
    J’ai vraiment hâte de lire la suite, surtout depuis que je peux consacrer plus de temps à mes lectures, puisque j’ai fini d’écrire mon mémoire, première année.
    Bon courage dans tes études !!!

    Aimé par 1 personne

  • Oh, j’ai envie de pleurer comme une merd* (oui, l’astérisque cache tout)

    Aimé par 1 personne

    • Ce chapitre était dur à écrire parce que je savais exactement ce que chaque perso ressentait. Je suis contente de voir que les sentiments soient bien passé ❤ 🙂 Merci !

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  • Comme dit ma « prof d écriture »!il faut écrire avec ses tripes…ses ressentis au plus profond de nous mêmes…ce que tu fais…

    Par contre petit lapsus.. Coup de poing pas point lol

    Merci miss pour ces écrits…bon j y retourne !!

    J'aime

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