Chapitre 31 : Happiness Therapy

Old Tavern by Sabin Boykinov

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Happiness Therapy

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Cerise

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Je suivis Thranduil à travers les bois. Il semblait bien décidé à prendre le plus de distance possible avec nos compagnons. Mais pourquoi agissait-il brusquement ainsi ? Il semblait si… Furieux ? Qu’avais-je bien pu faire ou dire encore pour le mettre dans un état pareil ?

Je soupirai. Je n’avais rien fait, bien sûr, mais les habitudes avaient la vie dure.

Bientôt, nous débouchâmes dans ce qui ressemblait de près à une sorte de fourrée. Il s’arrêta devant un arbre et en étudia l’écorce du plat de la main. Il ne semblait pas prêt à dire quoique ce soit et je compris qu’il devait tenter de reprendre contenance devant moi. Je déglutis d’appréhension tout en me triturant les mains. Je n’aimais pas ce genre de situation où je ne savais jamais à quelle sauce j’allais être mangée… Surtout que je n’avais clairement rien fait pour le mettre dans cet état !

— Ce n’est pas juste, murmurai-je à voix haute bien contre mon gré.

Thranduil se retourna vers moi, tout en me regardant intensément, un sourcil relevé, l’air quelque peu perplexe.

— Plaît-il ? Qu’est-ce qui n’est pas juste ? me demanda-t-il d’une voix mesurée mais dans laquelle perçait une pointe d’urgence étrange.

Cette fois, ce fut moi qui fus étonnée par son ton.

— Vous semblez être furieux contre moi alors que je n’ai rien fait, commençai-je tout en mordillant ma lèvre inférieure avec les dents.

Il soupira, fit un pas dans ma direction, puis s’arrêta.

— Ce n’est pas vous, Cerise, vous n’y êtes pour rien, répliqua-t-il en me fixant un instant. Si je suis en colère, c’est parce que je dois prendre certaines décisions à votre encontre et que… C’est loin d’être si simple, termina-t-il dans un souffle.

— C’est à cause de Tamril ? demandai-je malgré tout.

Il me regarda, surpris un instant, avant de reprendre un air grave.

— Il m’a demandé votre main, dit-il d’une voix atone.

Chez lui, j’avais compris que ce genre d’attitude cachait des sentiments bien plus profonds. Je comprenais ce que Thranduil venait de me dire mais je voulais détendre un peu l’atmosphère que je jugeais trop lourde.

— Ma main ? Et que veut-il en faire exactement ? répondis-je de façon ironique, un collier ? Une tapette à mouche ?

Le roi des elfes secoua la tête et, cette fois-ci, il combla totalement la distance qui nous séparait pour agripper fermement mes bras de ses mains.

— Il souhaite que vous deveniez sa compagne, Melda heri, SA femme !

L’entendre prononcer ces mots de sa bouche donnait une telle dimension à la chose que je faillis voir rouge. Tamril ne manquait pas de culot ! Que croyait-il ? Que j’étais une pauvre petite fille du Xème siècle qui avait besoin d’un mâle dominant pour vivre ma vie et être protégée de moi-même pendant qu’on y était ? Je ne l’aurais jamais cru capable de ça. Cependant, il était vrai que j’avais tendance à oublier que leur mœurs n’avaient rien avoir avec celle du XXIème siècle de ma Terre tout Court.

Il n’empêche que… Il n’avait pas à demander la permission à Thranduil pour ce genre de connerie. Mon elfe n’était pas mon père, encore heureux cela dit, donc Tamril aurait du s’adresser directement à moi. Quel poltron ! Je restais certaine qu’il l’avait fait exprès rien que pour gâcher la fin de mon voyage. Je regrettai presque qu’il ne se soit pas fait dévorer en cours de route par un Troll ou un Orque égaré. Ça lui aurait fait les pieds, à cette andouille !

— Je ne veux pas ! marmonnai-je entre mes dents, les gardant serrées pour éviter de me mettre à hurler. Je ne l’aime même pas, terminai-je… Et c’est un gros con ! repris-je à voix basse, plus pour moi-même que pour les oreilles chastes de mon compagnon.

Thranduil m’embrassa sur le front, ce qui me rasséréna quelque peu.

— J’ai bien compris, ma belle amie mais… Ne serait-il pas plus sage que vous y réfléchissiez quelque peu ?

Je relevai la tête, surprise par l’attitude de cet elfe qui, il y a encore quelques minutes, était prêt à bondir sur le premier venu tellement sa rage était évidente.

— Mais enfin ! Je… Je ne veux pas !

J’avais failli lui dire que j’étais à lui, que je ne voulais personne d’autre que lui mais je m’étais ravisée. J’allais juste me ridiculiser une nouvelle fois alors qu’apparemment, lui avait déjà fait son choix… Ou peut-être pas mais qu’en savais-je ?!

— Je n’en ai pas envie non plus, Cerise mais, je vais bientôt prendre la mer et faire route vers l’Ouest. Là où je vais, vous ne pouvez pas venir avec moi. Croyez bien que cela me chagrine tout autant que vous. Si cela avait été possible, je vous aurais emmenée et gardée mais… La volonté des Valar ne peut-être ni bafouée et encore moins transgressée ou défiée.

— Alors vous voudriez que je devienne la compagne de Tamril ? Juste parce que je peux pas venir avec vous ? Que je le laisse me faire l’amour encore et encore, jusqu’à ce que je sois vieille et que je meure, et ensuite ? Il partira à son tour pour votre maudite île ? C’est ça que vous voulez ? hurlai-je, presque hystérique. Qu’ai-je fait au ciel et à ce putain de Bon Dieu pour qu’il me déteste de la sorte ?! Je veux rentrer chez moi, je veux retrouver mes amis, Thranduil. C’est tout ce que je veux actuellement et dans l’ordre des choses ! Je ne veux pas me retrouver seule ici ou vivre ici ! Ce n’est pas mon monde. Si vous n’y êtes plus, alors je n’ai plus rien à y faire non plus !

J’hésitais à m’enfuir ou à taper de la pointe de ma chaussure dans un éventuel caillou pour exprimer toute la rage qui coulait en moi mais finalement, j’optai pour me jeter pitoyablement dans les bras de Thranduil en lâchant un sanglot d’impuissance.

Comme j’en avais pris l’habitude aux cours de ces derniers mois, j’enfouis mon visage contre sa poitrine, respirant l’odeur d’elfe et de chèvrefeuille qui embaumait sa tunique. Je ne me permis pas de pleurer pour autant. Ce n’était pas l’envie qui m’en manquait mais je me sentais vidée de toute substance. La seule chose dont j’avais envie pour l’instant, c’était qu’il m’aime, si ce n’est avec des mots, avec son corps mais c’était impossible car les autres nous attendaient non loin de là.

— Si j’avais la solution pour vous renvoyer chez vous, Cerise, croyez-moi que nous y œuvrerions déjà, souffla-t-il tristement contre mon oreille. Cependant, c’est loin d’être le cas et vous m’en voyez navré. La seule chose dont je sois sûr, c’est que je veux pouvoir partir d’ici en vous sachant heureuse et en sécurité. Je suis las de me battre avec mes sentiments. Je serais fou de ne pas vous dire que je vous considère bien plus qu’une simple amie. Vous êtes ce qui se rapproche le plus d’une véritable compagne de cœur et d’âme… Seulement, je ne peux accéder à mes envies ainsi qu’aux vôtres. J’appartiens déjà à mon âme sœur. — Il resserra son étreinte contre moi — Je suis vraiment navré… Tellement désolé, Cerise.

Il referma ses bras autour de moi en une étreinte lourde de sens et, pour la première fois depuis que nous étions ensemble, je me sentis vraiment… Aimée.

Néanmoins, ses paroles me firent autant de bien que de mal. Il venait de m’avouer à demi-mot que mes sentiments pour lui étaient partagés mais voilà… Il aimait déjà l’Autre et, même si elle était morte, cela ne semblait pas remettre en question sa fidélité — toute relative à mon avis — envers sa femme. Mon seul tort dans cette histoire à l’eau de rose nauséabonde, c’était de ne pas avoir été là la première.

Une image complètement stupide s’imposa à ma conscience malmenée. Des millénaires plus tôt, je me voyais bien mettre une belle droite à cette Elenna pour l’étaler par terre avant que Thranduil ne pose les yeux sur elle. Alors, et à cet unique instant, c’est moi qu’il aurait vu et plus aucune question sur qui il devait aimer ne se poserait. C’était stupide mais ça me soulagea de quelques degrés… Juste un tout petit peu.

Pinçant les lèvres, je fis pression contre ses bras pour qu’il les desserre et je pus ainsi m’échapper de sa chaleureuse étreinte. Il ne bougea pas. Lentement, je relevai la tête vers lui. Son regard était empreint de tant de choses, encore une fois, que je sentis ma poitrine se serrer.

— Embrassez-moi, Thranduil, dis-je en levant ma tête vers lui.

Ses yeux se firent plus doux avant qu’il n’accède à ma demande. Ses lèvres se posèrent spontanément sur les miennes, douces et tendres, mais ce n’est pas ce que je voulais. Pas maintenant. Je n’étais pas d’humeur amoureuse, bien au contraire j’étais dans une telle situation d’urgence que lorsque je le forçai à ouvrir la bouche, je me ruai sur lui comme une affamée, ma langue l’envahissant, plus dévorante qu’aimante, et je ne pus résister à la tentation de mordre sa lèvre inférieure avant de reprendre notre baiser en un ballet aussi vorace qu’exaltant. Je l’entendis gémir sourdement contre moi et, me rappelant une nouvelle fois, où nous nous trouvions, je mis fin à notre étreinte aussi brutalement que j’en avais eu l’initiative.

Je me tenais devant lui, le visage rougi par la passion que j’avais sentie monter en moi. Quant à lui, il haletait doucement, ses joues ayant pris, elles aussi, une belle couleur carmin. Il me désirait et c’était une évidence que même l’Autre ne pourrait rien changer. J’éprouvai une cruelle satisfaction à cette pensée.

Cela dit, heureusement que nous nous étions séparés à temps car, quelques minutes plus tard arriva Tamril, l’air plus déterminé que jamais. Instinctivement, je me reculai vers Thranduil. Fermant à demies les paupières, je dus reconnaître que cet elfe avait une sacrée prestance et que, oui, si Thranduil n’avait pas été là avant, alors peut-être aurais-je pu succomber. Quoique, je n’aimais pas ses manières primitives. Il avait l’air doux et inoffensif au premier abord mais quand on grattait la surface… Il était indéniable que Tamril, bras doit du Capitaine de la garde royale, était loin d’être un enfant de cœur.

— Mon Seigneur, commença-t-il en posant la main sur son cœur, en signe de respect pour son roi, avez-vous pu parler à Cerise ?

Il ne me regarda pas une seule fois en prononçant sa phrase, comme si j’étais quantité négligeable. Je sentis l’agacement monter en moi.

— Oui, confirma Thranduil, laconique, tout en passant sa main dans mon dos en un geste rassurant.

Cela ne me calma pas pour autant.

— Hey oh ! Je vous rappelle que je suis là, dis-je, sentant la moutarde me monter au nez encore un peu plus.

Tamril se tourna enfin vers-moi, l’air plus sérieux que jamais, tandis que Thranduil croisait les bras contre son torse, nous dominant de toute sa hauteur comme un père surveillant ses enfants.

— Cerise, reprit Tamril avec douceur, je n’attends pas de réponse immédiate et vous…

— Non, dis-je furieuse contre lui et ses pseudo-manières de gentleman qui ne me touchait plus du tout.

— Non ? reprit l’elfe avec incertitude.

Ah ! Ah ! On est déstabilisé ? pensai-je méchamment.

— Non, je ne veux pas devenir votre compagne, encore moins votre femme ou votre bonne à tout faire !

— Cerise, reprit Thranduil, vous devriez réfléchir. Tamril attendra votre réponse quand vous serez prête à la lui donner.

— Mais, dis-je déconcertée, je suis s…

— Pas maintenant, petite, me tança doucement le roi des elfes.

Comprenant qu’il ne valait mieux pas tergiverser plus longtemps sur ce sujet, je lâchais un soupir avant de les dépasser tous les deux. J’étais bien décidée à ne pas continuer cette conversation ridicule. De toute façon, personne ne m’écouterait. Un comble !

Je vis que Tamril allongeait le pas dans le but de me rejoindre mais Thranduil l’en empêcha en le retenant par l’épaule. Il avait des choses à lui dire… Apparemment.

Tandis que je revenais vers nos montures où nous attendaient Gimli, Legolas et Finlenn, je fus abordée par ce dernier qui affichait une mine à faire peur. Décidément, ils s’étaient tous passés le mot pour me prendre la tête aujourd’hui !

— Ma Dame, j’aimerais vous parler en privé, me dit-il en inclinant la tête sur le côté.

— Allons donc, qu’avez-vous à me dire, vous aussi ? On dirait bien que c’est ma journée et …

— C’est au sujet de Tamril, et je ferais vite, reprit-il. Je sais ce que vous représentez pour notre roi, je ne le cautionne absolument pas mais c’est ainsi. Cela dit, Tamril est un ami très cher à mes yeux et je refuse de le voir souffrir une nouvelle fois et à cause d’une imprudente mortelle.

— Pardon ? dis-je, surprise mais aussi vexée.

— Vous ne l’avez sans doute pas vu, répondit-il, pensant que je lui donnais l’autorisation de me raconter ses griefs contre moi, mais il est s’est épris de vous. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, sans vouloir vous manquer de respect, vous êtes loin d’égaler les beautés que nous avons l’habitude de côtoyer. J’ai cru un instant qu’il ne voyait en vous qu’un nouvel attrait, une « curiosité » somme toute naturelle mais cela va bien plus loin, je m’en suis rendu compte. Il ne parle que de vous, il n’y a pas un jour où il ne s’inquiète pas de ce que vous devenez. Malgré votre rebuffade passée, il a continué à espérer. Ne vous leurrez pas, Cerise, Tamril n’est pas un de ces elfes doux que l’on peut mener par le bout du nez. C’est un grand guerrier, un fervent soldat, aussi impitoyable dans une bataille que juste et bon dans la vie de tous les jours. C’est un observateur qui attend, tapi. Il n’agit que lorsqu’il juge que le moment est venu. — Finlenn, expira un coup avant de reprendre : — Il vous aime. Vraiment et sans condition.

— Puis-je en placer une, moi aussi ? répliquai-je agacée de sentir que j’étais la responsable de tout.

Encore une fois, j’étais celle que l’on accusait. J’en avais un peu marre.

Finlenn, me toisa avant d’acquiescer.

— Bien, débutai-je. Déjà, je vous remercie pour ces compléments d’informations quant à votre ami mais tout à fait entre nous, et soit dit en passant, je n’ai rien fait pour le séduire. Oui, j’avoue, dis-je rapidement, en le voyant ouvrir la bouche pour protester, j’ai agi une fois stupidement à son encontre. Croyez bien que je m’en suis terriblement voulu après coup. Vraiment. Je me suis excusée et je pensais l’affaire réglée. Certes, je ne suis qu’une humaine et une mortelle. Il le sait et je le lui ai rappelé autant de fois que je l’ai pu mais croyez-vous que je sois totalement responsable de son attachement à mon encontre ?

— Certes pas, marmonna Finlenn à contrecœur, mais je sens que je vous allez lui faire du mal. Il a déjà tant souffert.

Le capitaine de la garde de Thranduil attisait ma curiosité. Qu’était-il arrivé à Tamril pour que son ami veuille le protéger ainsi ?

— Que s’est-il passé exactement ? demandai-je alors, ne pouvant taire ma curiosité évidente.

Finlenn secoua la tête.

— Ce n’est pas à moi de vous en parler, Ma Dame. Je voulais juste vous mettre en garde et vous rappeler que Tamril n’était ni un jouet ni un sot. S’il en est là avec-vous, c’est parce qu’il tient vraiment à votre personne. Ne soyez pas trop dure avec lui… S’il vous plaît.

Il ponctua sa phrase en me tendant la main. Je la pris et il retourna la mienne pour la porter à ses lèvres. Je compris alors que cet elfe n’avait rien contre moi. Il protégeait juste les intérêts de son ami. Devrais-je lui en vouloir pour cela ? Un petit peu quand même, mais pas trop non plus. Je pouvais comprendre son attitude à mon égard.

— Je ferai attention et le ménagerai, dis-je cependant en lui souriant doucement.

Il parut étonné par mon attitude et m’en fit part.

— Vous avez changé Ma Dame. Vous semblez si… Mûre et pleine de sagesse…

Je haussai un sourcil.

— Si vous le dites, répliquai-je en haussant les épaules avec désinvolture avant de prendre congé de lui pour retrouver ma bouée de sauvetage… Gimli !

Il était le seul qui me comprenne totalement de A à Z. Si on m’avait dit que je m’entendrais si bien avec lui, je ne l’aurais jamais cru. J’avais toujours aimé ce personnage mais je n’avais pas réalisé à quel point il était devenu important à mes yeux. Gimli était le grand frère que j’avais toujours voulu avoir. Bien sûr, il y avait aussi Legolas mais… Notre relation, parfois, je la trouvais bizarre. Il savait ce que son père représentait pour moi et ce que moi je représentais pour son père. Il nous avait toujours conseillé d’agir avec notre cœur mais… Cela faisait si mal.

Pour résumer, je lui en voulais d’être si… Lui-même.

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Thranduil

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Parler avec Cerise n’avait amené à rien sinon qu’à approfondir mon incertitude concernant les décisions à prendre. Si je tenais vraiment à elle, son bonheur m’importerait bien plus que mes propres volontés personnelles. Cependant, même si une petite voix au fond de ma conscience me jurait que la demande de Tamril était la meilleure des solutions, à tout le moins une plausible parmi tant d’autres, une autre se rebellait à cette idée. En plus de n’appartenir qu’à moi, Cerise était mortelle. Quel avenir — pour celui qui n’en restait pas moins un de mes sujets—, lui resterait-il après sa disparition ? Etaient-ils fait l’un pour l’autre ?

Cela ne semblait pas être le cas pour Cerise. Elle ne le voyait pas comme lui semblait la voir. Quelle sorte d’être égoïste étais-je pour ne vouloir la partager avec personne ?! Mais pouvais-je par conséquent la laisser vivre avec un être dont elle ne voulait pas et qui, en plus de souffrir, se retrouverait sans doute être le dernier de sa race vivant sur ces terres ? Quant à elle, que deviendrait-elle ?

— Thranduil, murmura Cerise d’une voix douce, vous me faites mal.

Sortant de mes pensés, je m’aperçus effectivement que je la serrais un peu trop fortement contre moi. Je relâchai ma prise sur elle et je la sentis soupirer d’aise. J’avais du vraiment lui faire mal. Je m’en voulus encore davantage.

— Veuillez-me pardonner, j’étais perdu dans mes pensés et je n’ai pas senti ma force.

— Ce n’est pas grave, répondit-elle avant de se lover un peu plus contre mon torse.

Nous avions repris la route depuis quelques heures. Nous arriverions très bientôt au port des Havres Gris. Cette constatation aurait dû m’emplir de joie mais à l’idée de ne bientôt plus la voir, ni entendre sa voix, je me sentis indéniablement mal… Triste, sans aucun doute.

Les paysages défilaient devant nous et je me pris à repenser à notre première rencontre. Elle avait été d’une telle stupidité et d’une telle insolence à notre égard. Baissant les yeux, je l’admirai un moment. Jamais je n’aurais pu croire qu’elle puisse prendre une telle importance dans nos vies. Elle avait chamboulé tant de choses. Elle m’avait renversé la tête et l’esprit et m’avait changé irrémédiablement. Je ne savais pas si cela était une bonne chose. J’avais vécu tant de temps, tant d’événements. Ma retraite sur Valinor devait sonner le début d’une paix intérieure qui durerait, je l’espérais, pour toute l’éternité. J’avais toujours imaginé des retrouvailles avec Elenna qui m’auraient empli d’un tel bonheur que tous ces siècles de souffrances en auraient étaient effacés comme par magie.

Cependant, Elenna n’était pas revenue et si j’avais pu croire que cette petite humaine en était la réincarnation, cette idée s’amenuisait au rythme de notre voyage qui touchait bientôt à sa fin. Toutefois, j’avais toujours cet infime espoir qu’elle le soit, ce qui expliquerait tout ce que je pouvais ressentir pour elle, qui justifierait que cette attirance physique se soit transformée en un sentiment qui n’était pas seulement plus tendre mais… Instinctif. J’avais besoin d’elle, de sa présence et de son amour pour pouvoir continuer à avancer. Comment cela était-il seulement possible ?

Si elle n’était pas mon Elenna, quelle sorte d’elfe étais-je pour bafouer les sentiments que je portais à mon âme sœur, ma bien aimée ?

Abandonner Cerise, retrouver Elenna. Oublier Elenna, rester avec Cerise. Quel cruel dilemme ! Si un jour, j’avais eu un choix à faire — et ce qui n’arriverait certainement pas — je n’étais pas sûr de savoir le faire. Qu’Eru ait pitié de moi dans sa grande mansuétude, je ne pense pas que j’aurais cette force là. J’avais tenté de transformer cette attirance pour cette humaine en haine. Combien de fois m’étais-je regardé dans le miroir de mon âme, m’adjurant de cesser cette idiotie ? Elle n’était qu’humaine, même pas digne que je pose les yeux sur elle, ni que je la touche. Et pourtant, j’avais fait bien plus que la toucher, je faisais bien plus parce que… Je l’aimais.

Tout ceci n’était que pure folie.

Rouvrant les yeux, que j’avais fermés sans m’en apercevoir, je vis que le soleil déclinait dans son horizon. Il était temps de s’arrêter pour la nuit. J’avisai mon fils, qui se trouvait non loin de moi, d’un signe de tête. Finlenn et Tamril restaient en retrait derrière nous dans le but de couvrir nos arrières, au cas où.

— Mon Seigneur, m’interpella le capitaine de ma garde, nous arrivons non loin du Golf du Lhûn, je suggère que nous nous arrêtions dans les environs pour ce soir. Nous le traverserons demain, je sais où se trouve le port d’embarcations qui nous conduira ensuite de l’autre côté.

J’acquiesçai en signe d’accord.

— Très bien, Finlenn.

Nous continuâmes sur quelques lieux avant de déboucher sur une route qui nous conduisit directement à une auberge située en amont.

Pendant que nous menions nos montures à l’écurie, Finlenn et Tamril partirent réserver nos chambres.

— Ah ! Une nuit dans une auberge et non à la bonne étoile ! Quelle bénédiction ! s’écria l’ami nain de mon fils.

Ce qui fit rire ma petite humaine.

— Comme je vous comprends Gimli, répliqua-t-elle, je crois que je commence à en avoir marre de dormir dehors.

Son affirmation me donna envie la taquiner un peu. J’étais d’humeur joyeuse malgré notre avenir commun plus qu’incertain.

— Si vous ne nous aviez pas fait perdre notre temps, sans doute n’auriez-vous eu jamais à dormir dehors, petite, mais bel et bien dans une tente royale.

Je terminai ce reproche en lui caressant doucement le bas du dos pour qu’elle comprenne que ce n’était pas une remontrance de ma part. Cela dit, c’était tout aussi vrai. Ma remarque dut la toucher car elle se tut et devint aussi rouge que le vin que j’affectionne tant.

Quand nous pénétrâmes dans l’auberge, celle ci nous offrit une certaine surprise. A ce que nous pouvions constater, nous n’étions pas les seuls elfes à avoir fait halte en ces lieux.

— Que Mahal nous vienne en aide, grogna le nain sans éducation qui accompagnait mon fils, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant d’oreilles pointues dans un même lieu et, qui plus est, dans une auberge ! termina t-il plus fort en poussant des grognements qui semblaient s’apparenter à un rire tonitruant.

Quel manque d’éducation, songeai-je. Fort heureusement, nous en serions débarrassé d’ici quelques jours.

— Mon Seigneur, votre chambre est prête, m’informa Finlenn qui vint vers nous accompagné d’une jeune servante qui ressemblait à une petite souris apeurée.

Je lui adressai un signe de tête puis le suivis sans attendre en compagnie de Cerise et des autres. Après avoir monté des escaliers assez spacieux et richement décorés, nous arrivâmes dans un grand couloir éclairé de chandelles accrochées au mur. Le sol était recouvert d’un tapis rouge très épais qui étouffait nos pas.

La servante désigna alors une première chambre pour Legolas et Gimli, puis une autre pour mes gardes et une pour Cerise. Je fronçai les sourcils mais c’était sans doute mieux ainsi. Avisant cette dernière, elle ne me jeta même pas un seul regard avant de pénétrer dans la pièce qui lui était destinée. Quant à moi, je me vis octroyer une chambre spacieuse et confortable. Rien à voir avec celle de l’autre fois qui m’était apparu bien misérable. Je pénétrai dedans, suivi par mon Capitaine tandis que la servante nous faisait une révérence avant de prendre ses jambes à son cou.

— Merci Finlenn, tu peux disposer.

— Si vous avez besoin de nous, Mon Seigneur, Tamril et moi-même serons dans la chambre à côté de la votre.

Il s’inclina avant de refermer la porte derrière lui.

Une fois seul, j’observais ce qui m’entourait. Le lit était assez large pour deux. Fort bien. Ce n’était pas parce que la convenance voulait que ma belle amie ait sa propre chambre, que je dormirais seul ce soir. Le temps qui nous restait était bien trop court pour que je me plie à la bienséance et à la volonté d’un de mes gardes.

Me débarrassant de mon manteau, j’avisais un broc d’eau fraîche que je versai dans une cuvette avant de me rafraîchir le visage. Après m’être essuyé avec une serviette propre qui avait été mis à ma disposition, je sortis de la chambre et entra dans celle de Cerise sans frapper.

Elle poussa un glapissement en m’entendant arriver.

— Ce n’est que moi, dis-je en refermant la porte et en y mettant un coup de verrou. Vous auriez du la verrouiller, petite, si vous aviez l’intention de faire un brin de toilette, dis-je en allant m’installer dans un fauteuil qui me semblait des plus confortable. Cerise sortait de son bain. Elle avait eu à peine le temps d’enrouler un drap autour d’elle pour protéger sa nudité lorsque j’étais entré dans la pièce.

— Vous m’avez fait une peur bleue, Thranduil, répondit-elle le souffle court.

Ne répondant pas, je préférai la regarder s’habiller. Au fond de moi, je savais que j’étais en train de graver dans ma mémoire immortelle ses moindres gestes, ses moindres postures. Pour l’éternité qui me resterait sans elle.

Elle tremblait un peu quand elle passa ses sous-vêtements puis sa robe, je la vis se rendre devant une coiffeuse sommaire et prendre une brosse.

— Attendez, dis-je en me levant et en allant vers elle — je lui pris la brosse des mains— Laissez-moi faire.

Une impulsion subite. Une envie qui se transforma en besoin vital.

— Très bien, comme vous voulez, répondit-elle la gorge nouée.

Se rendait-elle compte du privilège qu’elle m’octroyait en me laissant faire ?

Prenant un tabouret rembourré, je m’installai derrière elle, avant de commencer à la coiffer. Elle avait de magnifiques cheveux, d’un blond qui rappelait la lumière éclatante des étoiles. Pris d’une impulsion, je lui fis deux tresses élaborées sur chaque côté de la tête que je ramenai ensuite en arrière avant de les attacher avec quelques mèches, puis je pris une autre masse plus importante que je travaillais avec art et applications avant dans faire un chignon compliqué. Ainsi, elle m’apparaissait encore plus belle, plus royale, plus… Plus mienne. Une fois que j’eus fini, je déposai un baiser entre son cou et son épaule. Elle frissonna d’anticipation.

Melda heri, murmurai-je contre son oreille, où est le collier que je vous ai offert ?

— Un collier ?

Elle ne semblait pas comprendre.

— Celui que Lalaith vous avait apporté à Imladris.

Je la vis sourire à travers le miroir qui nous faisait face. Elle se pencha pour attraper son sac et en sorti le fameux bijou. Je l’avais fait faire avant de partir d’Eryn Lasgalen. Elle ne le savait pas, mais j’avais pensé à ce dessin complexe pour elle. Sans attendre, je le lui pris des mains pour l’attacher à son cou, puis je la fis se lever pour la retourner vers moi.

Bien que simple humaine, je ne doutais pas un seul instant qu’elle ne se rendait pas compte de la transformation qui s’était opérée en elle depuis que nous nous connaissions. Bien sûr, elle ne pourrait jamais égaler la beauté éthérée des elfines mais il y avait indéniablement quelque chose en elle qui forçait l’admiration.

— Vous êtes superbe Melda heri, dis-je avant de saisir ses lèvres en un doux baiser. Elle fondit dans mes bras. J’aimais cet abandon qu’elle manifestait de plus en plus ouvertement. Qu’est-ce que cela aurait été de vivre éternellement à ses côtés ? Hélas, je savais que cela n’arriverait jamais.

Je mis fin à notre baiser bien malgré moi.

— Cerise, je vais vous laisser, le temps que vous finissiez de vous préparer. Je vous attendrai en bas, pour le repas du soir.

Puis je sortis de la chambre sans attendre de réponse.

Il fallait que je m’éloigne d’elle et je devais parler à mon fils.

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Cerise

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Cela ne faisait même pas deux minutes qu’il était parti que quelqu’un frappa à la porte. Je l’ouvris en grand tout en souriant de toutes mes dents, persuadée que c’était lui qui était revenu.

— Vous ne pouvez décidément plus vous passer de… Oh !

Il ne s’agissait pas de Thranduil mais du bras droit du capitaine de sa garde. Il me regardait avec intensité, attendant que je ne l’invite à entrer dans la chambre.

— Tamril, dis-je surprise avant de le laisser entrer.

Je ne m’attendais pas à le voir. Enfin pas maintenant. Ce dernier affichait un regard étonné, mêlé à autre chose. Ses yeux brillaient d’un étrange éclat que je n’étais pas certaine de réellement apprécier.

— Cerise, vous… Vous êtes magnifique, balbutia-t-il.

Je m’écartai un peu trop vivement en le laissant passer mais ne dis rien. A le voir ici dans ma chambre… Mon cœur rata un battement : il semblait si grand, si imposant. Serait-il capable de me blesser si je me montrais désagréable avec lui ? Mais pourquoi est-ce que je pensais à ça ? Tamril était un elfe, pas un homme de ma génération qui ne savait pas comment traiter un refus féminin.

— Que voulez-vous, Tamril ? demandai-je laconiquement.

Je n’avais qu’une envie, retrouver Thranduil et profiter encore de sa présence. Tamril me faisait perdre notre temps et cela m’agaça quelque peu. Peut-être finalement était-ce moi qui allait devenir violente ?

— Je voulais m’excuser auprès de vous, Cerise. Je ne vous ai pas donné l’habitude d’être aussi entreprenant et je pense que je vous dois quelques explications, en plus de mes excuses.

En l’écoutant, je n’avais qu’une envie, qu’il s’en aille. C’était plus fort que moi. Cependant, je devais écouter ce qu’il avait à dire. Me comporter comme une idiote immature n’arrangerait rien et je ne pourrais plus me regarder en face si j’agissais ainsi avec lui. Je lui présentai alors une chaise qu’il prit et lui servis un verre d’eau que je lui tendis. L’hôte parfaite !

— Merci, me dit-il.

Je m’assis au bord du lit et lissai machinalement les plis imaginaires de ma robe.

— Je vous écoute, Tamril, commençai-je d’une voix posée, que vouliez-vous me dire ?

Il se passa la main sur le visage avant de fixer son regard au mien.

— J’ai sans doute agi avec une certaine maladresse à votre encontre, Cerise, et j’en suis désolé, commença-t-il, sa voix forte et puissante, sans défaut envahissant la pièce.

Je le scrutai sans comprendre.

— Je ne vois pas, fis-je, je…

— Lorsque je vous ai prise à part en vous avouant, plutôt en vous imposant, mon envie de vous séduire, reprit-il me coupant la parole. Je me rends compte que j’ai tout fait de travers. Je vous ai laissé croire, après votre premier refus, que j’avais tourné la page alors que c’était faux. De plus, je vous ai donné une image de moi très peu flatteuse. Je suis loin d’être aussi autoritaire et orgueilleux que je vous l’ai laissé croire.

— Vous ne devriez pas, Tamril, insistai-je doucement.

— S’il vous plaît, Cerise, écoutez-moi jusqu’au bout, c’est peut-être le seul moment que nous aurons où je puisse m’expliquer.

Je l’observai un instant, il avait l’air de réellement tenir à me fournir des explications. Peut-être serai-je avisée de les écouter, après tout, je ne risquais rien mais… Ce n’était pas aussi simple. Je n’en avais pas envie. Ce n’était pas le moment, j’avais beau essayé de me forcer, je n’avais qu’une envie actuellement, c’était de fuir. Ce que je fis. Tant pis pour la sagesse et la politesse.

— Je suis désolée Tamril mais… Je ne peux, pas… Désolée !

Je me levai sans demander mon reste et sortis aussi vite que possible de ma chambre. Prise d’une incontrôlable envie de liberté et de solitude. Je descendis les escaliers deux par deux, bousculant au passage quelques personnes qui pestèrent devant mon manque d’éducation flagrant avant de sortir dehors. Je m’arrêtai non loin de l’auberge, je n’avais fait que quelques pas, pour me retrouver devant un joli champ de fleurs. Relevant la tête, je humai l’air, tentant de remettre mes idées en places. Bon sang, j’avais vraiment l’impression d’avoir atterri dans une romance à deux balles.

— Je n’en avais pas terminé, Cerise, et vous ne me fuirez plus ! s’écria la voix parfaite de l’elfe que j’avais pensé avoir semé dans ma chambre.

Malheureusement pour moi, Tamril avait décidé que cette discussion aurait bel et bien lieu, que je sois d’accord ou non. Je ne me retournai pas pour autant.

— Vous ne me lâcherez jamais, pas vrai ? dis-je d’un ton morne tout en m’appuyant sur la barrière en bois qui se trouvait devant moi.

Je l’entendis soupirer.

— Ce n’est pas cela, simplement, je me rends compte que vous ne me connaissez pas. — Il s’arrêta un moment avant de se poster à côté de moi. — Vous ne voulez même pas me regarder dans les yeux. Suis-je si hideux que cela ?

Sa voix s’était faite plus douce et cajoleuse. Je secouai la tête.

— Non, dis-je, vous êtes un elfe, la laideur chez vous, c’est comme la richesse chez les pauvres, ça n’existe pas. — Je donnai alors un coup de pied dans un caillou, qui alla rouler dans le champ qui se trouvait derrière la clôture où je me tenais. — Je ne vois même pas pourquoi vous me harcelez comme cela. Je ne suis pas des vôtres et il y a bien plus attrayant que moi.

— Certes, me dit-il, et je fus tellement surprise qu’il ne tente pas de me contredire que je tournai vivement mon visage vers lui. Cela le fit rire doucement. — Non, vous n’êtes pas la plus belle créature que j’aie eu l’occasion d’admirer, Cerise, et vous dire l’inverse serait vous mentir et vous prendre pour une imbécile, ce que vous n’êtes absolument pas. Ce que j’ai aimé chez vous, et ce que j’aime, c’est votre force intérieure, votre combativité. Quoiqu’il arrive, vous ne baissez jamais les bras et ce depuis le début que je vous connais. Je me souviendrai éternellement de votre arrivée parmi nous. Vous paraissiez si sûre de vous et hautaine…

— Arrêtez Tamril, quand je suis arrivée, je ne croyais pas un gramme ni une seule seconde que je puisse me retrouver dans un tel lieu. Cela dépassait l’imagination la plus farfelue. Je me suis permise de faire et de dire des choses dont je me serais dispensée si j’avais réellement su que tout ceci était vrai.

— Peut-être, concéda-t-t-il, mais même après, malgré toutes les épreuves, vous avez toujours tenu bon. Vous avez même osé défier notre roi et la Dame de Lumière !

Etais-je en train de rêver ou voyais-je réellement de l’admiration dans ses yeux ? Cela me gêna. Il n’y avait rien dans ce qu’il avait dit qui soit faux pourtant… Je ne l’avais pas fait exprès. Je n’étais pas ce genre de fille. Et jamais je n’aurais cru que ce fut cela qui l’attirait tant chez moi… Et pourtant…

— Je ne suis pas une guerrière, Tamril.

— Non, vous êtes une survivante, Cerise… Un peu comme moi.

Je fus dans ses bras avant que je ne puisse dire quoique ce soit. Ses lèvres se posèrent sur les miennes, dures, exigeantes. Par reflexe, j’entrouvris les miennes et il en profita pour glisser sa langue dans ma bouche. Trop fort pour que je puisse faire quoique ce soit, il me tenait fermement contre lui, ses mains me retenant les bras, je ne pus que subir. Un sentiment d’impuissance et de peur me saisit sans que je ne puisse faire quoique ce soit. Son baiser était certes agréable mais ce n’était pas ce que je voulais et si j’avais eu encore un doute, je sus que jamais je ne succomberais comme j’avais succombé avec Thranduil. Enfin, il relâcha mes bras, j’étais libre de bouger et alors que j’allais rompre notre étreinte, Tamril fut projeté violemment contre la barrière qui se brisa dans un affreux craquement.

Je mis un moment pour comprendre que quelqu’un venait de le frapper, mais qui ?

Estomaquée et tétanisée, je vis que son agresseur n’était autre que…

— De quel droit osez-vous poser vos mains sur ce qui est à moi ?!

— Thranduil ! hurlai-je, non pas ça !

Ce dernier, aveuglé par la rage, se rua sur son subordonné.

Ce qui était à prévoir arriva. Tamril ne fit rien pour se défendre, préférant se protéger des coups donné par son roi. Toutefois, je me devais d’intervenir. Toute cette histoire commençait à aller trop loin et je n’étais pas certaine d’aimer ça, voire pas du tout d’ailleurs. Si je n’étais pas aussi angoissée, j’aurais ri devant l’incongruité de cette situation.

— Ca suffit ! Criai-je à nouveau avant de tenter de m’interposer entre eux.

J’agrippai avec désespoir, le bras de Thranduil mais il me repoussa durement.

— Allez-vous en, Cerise, cela ne vous concerne pas ! haleta-t-il avant de donner un coup de pied dans le ventre de son sous-capitaine qui émit un gémissement de douleur.

— Si, ça me concerne, justement !

Ma voix était montée dans les aigus mais je m’en fichais. Je me sentais tellement mal. — Mais qu’est-ce qui vous prend, Thranduil ? N’est-ce pas vous qui l’avez poussé à me séduire ? Vous vous attendiez à quoi, au juste ?

Il ne m’écoutait pas et bientôt il agrippa Tamril par le revers de sa tunique avant de lui cracher des mots en Sindarin que je ne comprenais pas, puis il le repoussa cruellement. L’elfe s’affala sur le dos.

— Arrêtez ça immédiatement !

Je me jetai contre le dos de Thranduil cette fois avant de le ruer de coups de poings. Ma peur se transformant petit à petit en colère amère.

— Vous êtes ignoble de jouer avec les sentiments des autres, espèce de sale elfe buté ! Roi ou pas roi, vous n’avez aucun droit de battre comme plâtre votre garde parce qu’il a voulu m’embrasser ! C’est vous qui avez donné votre accord ! Vous ! Vous ! Vous ! Et je vous déteste pour ça !

Je ne compris qu’il avait arrêté d’en découdre avec Tamril que lorsqu’il se retourna enfin vers moi, les traits figés. J’avais fini par fondre en larme. Je n’aimais pas ce genre de situation idiote. Ca ne pouvait pas m’arriver, c’était exclu ! Je méritais mieux que ça !

— Je ne peux pas, répliqua Thranduil. J’ai essayé, mais je ne peux pas, Cerise, vous m’en demandez trop. Je… Nous en discuterons plus tard.

Puis il nous laissa. Pas une seule fois il ne se retourna vers Tamril, pas une seule fois il ne m’adressa un regard bienveillant. Ses traits s’étaient figés, durs, amers et son regard lourd d’une jalousie que je ne pensais pas voir un jour sur lui. Il était… Effrayant.

Me retournant vers Tamril, je vis que ce dernier s’était relevé. Il semblait aller bien mal. J’allai vers lui pour l’aider mais il m’arrêta de la main.

— Non, Cerise, je n’ai pas envie que Mon Seigneur me tombe une nouvelle fois dessus. Cela dit, je comprends mieux pourquoi vous tentiez de me fuir mais… Je suis surpris…

Il semblait buter sur les mots. Je ne voyais pas pourquoi il était surpris… Enfin si, l’attitude de Thranduil était surprenante, mais au delà de ça…

— Je ne comprends pas Tamril.

— Le Seigneur Thranduil m’a dit que vous étiez à lui, que vous étiez sa femme et qu’il n’accepterait jamais de vous voir avec un autre que lui. Qu’il n’y arrivait pas… termina-t-il amèrement.

Je le regardais sans comprendre. J’allais lui dire qu’il se trompait et que Thranduil était un gros con, complètement taré mais il me dépassa avant de partir vers l’auberge sans plus un regard vers moi.

Je nageais en plein délire. Un coup Thranduil disait oui et presque amen et de l’autre, pris sur le fait accompli, il pétait un câble. Mais What The Fuck quoi ! Je ne savais pas comment réagir à ça.

Complètement sonnée par les derniers évènements qui venaient à peine de se dérouler, je restai plantée là comme une idiote.

Sa femme, il avait dit à Tamril que j’étais sa femme.

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21 commentaires

  • Coucou, je viens de terminer ton chapitre et comme d’habitude j’adore ! Je dois dire que dans ce chapitre Cerise m’a un peu (beaucoup) tapé sur le système ! J’avais trop de peine pour Tamril ! Aussi par rapport à la « maladie » de Cerise dans le chapitre dernier j’espère trop que ce soit un petit Thranduil junior ! Ça rajouterais du piment et puis ça serait trop mignon ! 🙂 Dans tout les cas j’adore ta fic et j’attend la suite avec une grande impatience bisous !

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    • Il est vrai que Cerise fait un peu l’enfant en prenant la fuite et en ne voulant pas écouter Tamril. C’était d’ailleurs intéressant lors de l’écriture de ce passage car autant Tamril avait des choses à dire autant Cerise était aussi renfermée qu’une huitre. Ce personnage, je l’aime beaucoup et plus je le côtoie et plus il m’intrigue aussi 🙂

      Je suis vraiment contente que tu aimes ma fic ! Vraiment ça me touche beaucoup et j’espère que la suite te plaira tout autant !
      Merci pour ta review ❤ !

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  • Ça m’a fait plaisir de retrouver cerise et tout son petit monde.c’est toujours un plaisir de te lire et j’ai de la Peine pour tamril,se faire éconduire puis frappé ce n’est vraiment pas son chapitre.j’attend la conclusion avec fébrilité bisous bisous

    Aimé par 1 personne

    • Hello Eric !

      C’est un plaisir que de te retrouver par ici :). Oui Tamril n’a pas été très bien traité pour le coup alors qu’il n’avait rien fait de mal. il a surtout servie de révélateur pour Thranduil… C’est un personnage qui reviendra dans les annexes. Il mérite le bonheur lui aussi !

      Merci pour ta review ❤ !

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  • Happiness therapy… J’ai oublié de te demander le pourquoi du titre parce qu’il est un poil cynique à mon sens. Presque tout le monde en bave, là-dedans ! Thranduil est perdu (et on le comprend), Cerise se serait bien passée de ce genre de désagrément, Tamril se prend à la fois un râteau et une raclée, Finlenn s’inquiète pour son ami… et j’imagine que même si la plupart des scènes consignées ici se passent quasiment sans témoin, Legolas n’en mène pas large, empathie oblige, et Gimli… entre ça et le fait d’être quasiment cerné d’oreilles pointues, il aura beau faire la part des choses, l’ambiance n’est pas facile. Pour parodier Kaamelott, il est où le bonheur ? Il est bien caché ?

    A dire vrai, ils font tous de la peine. Maintenant que Thranduil a pleinement accepté ses sentiments à l’endroit de Cerise, il ne peut plus revenir en arrière et doit faire face à un choix qui, quel qu’il soit, sera douloureux. Evidemment, la solution la plus simple est de partir sans un regard en arrière, de se dire que le temps et celle qui l’attend de l’autre côté de la Mer effaceront aussi bien le malaise que les regrets mais dans les faits, c’est plus compliqué et le roi des Elfes en est bien conscient. On sent bien que, même s’il ne le dit pas explicitement, il doute. Il se répète qu’Elenna est son âme sœur, c’est sa femme, la mère de son fils, celle qu’il a perdue trop tôt et attendue des siècles durant sans la voir revenir… comme pour se persuader que c’est le cas. Est-il sincère avec lui-même ? Ce n’est pas évident, ni pour lui ni pour nous lecteurs. Il retourne par ailleurs son raisonnement en évoquant Cerise telle qu’elle était à son arrivée en Terre du Milieu, quand Eryn Lasgalen s’appelait encore Mirkwood, quand il y avait de grosses araignées partout et que lui, Thranduil, était un roi aigri que les névroses rendaient despotique. Bien entendu, il ne remet pas en cause son attitude de l’époque. Ce serait trop lui demander et il est beaucoup trop orgueilleux pour ça. Cela dit, il pense à Cerise qui était une peste, qui agissait en dépit du bon sens, persuadée qu’elle était de se trouver dans un cauchemar… et il constate son évolution en tant que personne, parallèle aux sentiments qu’il a développés pour elle petit à petit. On sent qu’en un sens, ça l’aurait bien arrangé qu’elle reste la gamine infecte du début, mais il n’a pas conscience qu’il est responsable de son évolution… sans le vouloir. Ce n’est pas en la « dressant » qu’il l’a fait changer : c’est en pétant un plomb et en l’enfermant dans un cachot. Il est là, le clou de l’histoire. Seulement, il l’ignore et ce n’est pas dit que ça arrangerait ses affaires. Et c’est parce qu’elle a changé qu’il a commencé à la voir autrement que comme une humaine mal élevée. Il le sait, il lui en veut un peu pour ça, comme il s’en veut à lui-même d’avoir peur, d’être soumis au poids des traditions… et comme il s’en veut de l’aimer au point de ne pas vouloir la céder à un autre.

    Cerise, elle, aurait volontiers profité des derniers jours qui lui restent en compagnie de son souverain elfique. Sans l’affaire Tamril, elle subissait déjà la situation en ce sens où la séparation se profile à l’horizon sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle ne peut donc que saisir ce qui est à sa portée et on ne peut décemment lui en vouloir. Cela dit, elle ne le peut pas. Sans doute la situation aurait-elle été moins pénible sans la présence de son soupirant. C’est une femme au caractère entier et, contrairement à ce que ses détracteurs auraient pu penser d’elle (Finlenn notamment, mais j’y reviendrai), elle ne joue pas avec les sentiments des gens. Les sentiments que lui inspire Tamril ne vont pas au-delà d’un certain stade et elle sait que, pour leur bien à tous les deux, elle doit refuser ses avances. C’est douloureux et embarrassant, elle le sait, mais elle sait aussi que si elle lui cédait sans l’aimer, ce serait encore plus pénible sur le long terme. Alors elle refuse, et elle en paie le prix quand même, entre Tamril qui s’improvise mâle alpha et Thranduil qui laisse sortir sa part d’ombre… en la laissant dans le désarroi le plus absolu à la fin. Bien sûr, elle n’était pas sensée savoir la teneur des propos en sindarin de son royal amant mais, en un sens, l’entendre dire en langage commun : « De quel droit osez-vous poser les mains sur ce qui est à moi ? » est assez parlant…

    Quant à Tamril, ma foi… il cumule les coups au cœur et les coups de pied dans l’estomac. Pour lui, c’était du quitte ou double. Contrairement à Thranduil, personne ne l’attendait dans l’Ouest, il avait donc la possibilité de rester aux côtés de Cerise, et il n’avait pas de choix douloureux à faire. Si elle avait accepté, il serait resté à ses côtés et aurait pris la mer ensuite. Seulement, la vie est mal faite. Non seulement Cerise ne veut pas de lui mais en plus, après avoir vaguement et sans enthousiasme donné son aval, Thranduil ne veut pas de cette histoire non plus. En un sens, ce n’est pas le refus de Cerise et la raclée infligée par le roi des Elfes qui font le plus mal : en désirant la jeune humaine, en voulant créer quelque chose avec elle, il a servi de « révélateur » à son corps défendant. Il en paie donc le prix de multiples façons et est obligé de s’effacer, d’aller lécher ses plaies ailleurs, en ayant l’impression d’avoir été le dindon de la farce et ce sans pouvoir le reprocher à qui que ce soit. Il ne pouvait pas forcer Cerise à l’aimer. Il ne pouvait pas imaginer qu’elle soit autre chose qu’une maîtresse, même très proche, de son roi. On peut se demander s’il se serait effacé de la même façon devant quelqu’un d’autre. Ici, il n’a pas le choix, mais s’il s’était agi d’un autre elfe, ou même d’un humain… Il est très ambivalent, Tamril. Au début, à sa première tentative de séduire Cerise, il était très pataud, timide. Ensuite, il a développé un côté dominateur qu’il a dû faire taire vu la tournure des événements. Bien sûr, on pourrait penser que son attitude du début, celle de l’Elfe gentil, galant, etc., était due à un désir d’amadouer Cerise, virago de Mirkwood à ses débuts… qui sait. En plus, vraisemblablement, il trimbale lui aussi un bon paquet de névroses, ce qui le rend encore plus complexe… et donc intéressant.

    J’ai beaucoup aimé le passage avec Finlenn. Ce personnage, un peu taciturne quoique dévoué, a un petit développement inattendu et passionnant. On aurait pu croire, au début, qu’il ne vivait que pour sa fonction consistant à servir et à protéger son roi. Finalement, il s’inquiète aussi pour son ami dont il parle presque comme s’il s’agissait d’un petit frère un peu fragile. Par ailleurs, s’il a des a-priori (somme toute légitimes) à l’endroit de Cerise, il l’écoute attentivement, prend acte de ses arguments et montre à son endroit un respect des plus touchants.

    Alors oui, ce chapitre est dur, mais il est aussi réaliste que dans la vraie vie. Les petites fleurs et les petits oiseaux, c’est uniquement du fantasme. Ici, on est dans du concret et, suivre les aventures de ces personnages dans un monde imaginaire n’empêche pas d’être dispensé des happy-ends à la sauce mélasse.

    Et ça, c’est bien.

    _<

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    • Que dire à tout cela ? tu as bien cerné l’évolution, les tenants et les aboutissants. Ecrire une romance, est toujours un challenge car il y a le risque de tomber soit dans le trop mièvre soit dans le trop peu. Puis j’aime quand il y a des obstacles et que les personnages doivent un peut se battre pour ce qu’ils veulent. C’est le piment de la vie 😉

      Merci pour être toujours présente à mes côtés et pour tes reviews toujours aussi incroyable ! ❤ ❤

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  • j’ai adoré! j’espère que thranduil trouvera une solution pour rester avec cerise.

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  • Coucou!!! Comme d’habitude, j’ai attendu ce chapitre comme le messie! Je n’ai pas été déçue. Effectivement, les personnages ont beaucoup évolué, comme je te l’avais déjà dit dans un commentaire. C’est ce que j’adore avec cette fan-fiction. Au début, cela pouvait se résumer a une succession d’âneries engendrées par Cerise dans le but de faire enrager Thranduil, puis tout à changer,l’histoire, les personnages, l’objectif se sont transformés en des choses plus profondes et j’adore. C’est vraiment la première fois que je lis une histoire qui évolue autant et de cette façon. C’est pourquoi, ton histoire et l’une de mes favorites. Bref, tout ça pour dire: « Vivement la suite » Je n’en ai jamais assez!! Je suis devenue addict! Bonne continuation et à bientôt!! Bisous!

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    • Au départ, c’était clairement de l’humour pour se détendre et au final, c’est bien plus que ça. D’ailleurs, j’ai commencé à réviser la première partie (les 3/4 1er chapitres) pour alléger certaines réparties humoristiques qui étaient « trop ». Mais dans l’ensemble j’ai vite su que ça serait bien plus ^^. Pour te dire, j’ai eu toute l’histoire vers le 5eme chapitre… Il était clair que cela allait évoluer et c’est aussi cela que je voulais apporter : un récit entier qui évolue.

      Je suis vraiment ravie que ça te plaise toujours autant 🙂 J’essaie d’écrire quelque chose qui se tient.

      Merci pour ta review et à très bientôt 😉 ❤

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  • Han, la raclée qu’il a prit Tamril. Je ne pensai pas à un truc aussi violent de la part du thranthran. Il a beau faire ce qu’il veut ,là le câble à pété sec et il s’est déchaîné sur le pauvre Tamril mais bon.Il a enfin dit qu’elle était sa femme hum, me demande ce que ça va entraîner pour la suite.
    Allez la suite escl…heu mad… s’il te plaît 🙂 .
    A bientôt ^^.

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    • Thranduil peut étonner lui aussi. Je dirais que sa violence est aussi due à son indécision et aux sentiments qu’ils se cachent de moins en moins. L’air de rien, il souffre beaucoup et Tamril a servi d’exutoire en quelque sorte.

      😆 Ah ah ! La suite toute de suite 😉 Ou presque (sans doute demain matin au plus tard 😛 )

      Merci pour ta review ❤

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  • J’en ai mal au coeur de voir la souffrance de tes personnages.
    Tamril aime Cerise, sans condition et comme une fou, malgré le fait qu’elle soit humaine, qu’elle soit donc mortelle, qu’elle ne l’aime pas, qu’elle en aime un autre, qui de plus est son roi, qui est également son rival puisque Thranduil l’aime aussi.
    Cerise, pauvre fille paumée en pleine Terre du Milieu, isolée du reste du monde, amoureuse du roi des elfes qui part en Valinor, se préparant à la séparation d’avec Thranduil qui l’aime aussi mais qui va l’abandonner pour sa femme qui doit probablement l’attendre en Valinor.
    Thranduil, qui aime sa femme défunte et qui espère son retour, qui aime une jeune humaine effrontée débarquée d’un autre monde, ayant un rival qu’il ne veut pas voir près de son aimée alors qu’il ne veut que son bonheur.
    J’aime la façon dont tu amènes tes personnages à débattre leurs arguments et mettre à nu leurs sentiments.
    J’aime aussi la façon particulière que tu as de décrire leur dualité, ce qu’ils ont envie de faire, ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils décident finalement, avec toutes les conséquences qui découleront des décisions prises.
    J’admire vraiment ta manière d’écrire, ta « patte » comme on dit. Je ne peux que te souhaiter de continuer d’écrire avec autant de talent et d’envie.
    🙂

    Aimé par 1 personne

    • Ca me touche beaucoup ce que tu me dis Paulina ❤ J'aime faire des histoires un brin compliqué. Que les personnages puissent faire des introspections sur ce qu'ils ressentent… Les sentiments mis à nu, l'amour et la raison etc,… Bien sûr, sans tomber ni dans le pathos, ni dans la mièvrerie. J'aime ce genre de romance en fait.
      Et si je me débrouille bien, ça ira en crescendo 😉

      Merci d'aimer, de suivre et de commenter cette histoire ❤ !

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  • Bonsoir gente dame Darkklinne.

    Nous voici parvenus à un virage serré de ton histoire. Je dirais même un virage en épingle tant les sentiments sont exacerbés et explosent dans toutes les directions.
    La discussion entre sa majesté et Cerise dans la forêt démontre l’envie de Thranduil de bien faire en soumettant à celle-ci la proposition de Tamril.

    Cerise est contre bien entendu, puisque son coeur bat pour un autre. Elle est déroutée, voire franchement fâchée par le fait que Tamril la demande en tant que compagne.
    Autre temps, autre moeurs, autres convenances. Ainsi en va t’ il pour les elfes, fort désireux de prendre soin de leurs compagnes.
    Ce n’est ni avilissant, ni rédhibitoire,mais simplement ainsi que l’on s’acquitte d’un amour elfique.
    Cerise le comprends bien, d’ailleurs, mais le sang de la femme libérée bouillonne en elle.
    Hors n’est pas la plus libre celle que l’on imagine.
    Le roi lui même est enfermé, dans son conditionnement. Il subit la loi elfique qui veut que la compagne d’un elfe se lie à son époux tout le long de son immortalité…
    Avouons le, cela fait peur…mais bon, ainsi l’ont voulu les Valar.

    Maintenant, rien n’est immuable, sauf pour ce roi. Il occupe une fonction d’importance et ne peux briser une telle loi quasi divine. L’amour, malheureusement vient perturber tout cela.
    On sent que ce monarque souffre. Il se pose des questions, il doute…
    La dualité est le principe même d’un amour contrarié, et c’est ce qui le sublime.
    Le collier, passé au cou de Cerise par le roi lui même, est le fait marquant de lui prouver combien il l’attache à lui. Il a fait confectionner ce bijou à son intention.
    Le fait même d’avoir penser à la conception de ce dernier est révélateur. Il crée un symbole pour les unir.

    C’est un peu sa marque qu’elle porte sur elle. Bon, c’est un mot qui peut paraître dur, mais en amour, la violence des sentiments fait toute la différence.
    Ne le porte t elle pas avec fierté, ce symbole ?
    Un attachement, qu’il soit représenté par un bijou, un acte, des paroles…reste le lien le plus puissant entre deux êtres. Visible où invisible, il représente le ciment qui va consolider le sentiment amoureux.

    Et pour terminer…une belle correction de notre monarque favoris. Là, Darkklinne, j’ai été étonnée par la violence des coups qu’il donne à Tamril. Coup de pied dans le ventre….Et bien..Tu me l’as bien déchaîné cet ellon.

    Pour un peu, je ne le reconnaissais pas.
    Nous avons affaire là à un dominant de première qualité. Cette rage, cette envie de possession… un vent de folie souffle sur ce souverain déchaîné.
    Il n’en est que plus sublime. Le mâle dans toute sa splendeur. Et Cerise a beau essayer de le raisonner…peine perdue.

    On ne dérange pas un mâle dominant en train de donner une correction. Cela ne saurait être fait !

    Et bien tout ceci promet un joyeux final ! Laissons à sa majesté le temps de se calmer et de reconnaître que …oui, ce n’était sans doute pas l’idée du siècle de jeter Cerise dans les bras de Tamril.

    D’ailleurs, je sens la souffrance chez cet ellon. Qu’a t’ il pu lui arriver pour être aussi sombre et mystérieux ?
    A voir, a voir…
    Eh bien, il va falloir que nous lecteurs, nous remettions d’un tel chapitre. Je propose une tournée générale !!!

    Et ce n’est pas ce cher Gimli qui crachera sur ma proposition !
    Ensuite, il sera toujours temps de calmer, sa majesté, avec quelques douces paroles biens choisies et servies sur un plateau d’argent cela va de soi.

    Je me propose comme volontaire…mais était ce vraiment une surprise ?? 🙂
    Allez à la semaine prochaine gente dame Darkklinne et ,ne m’abîme pas mon Seigneur et maître… 🙂

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    • La violence dont Thranduil fait preuve est moins étonnante que toute la retenue qu’il y a mis 😉 Thranduil a beau être un elfe et ancien monarque de sa forêt, il n’en reste pas moins un être avec des sentiments. Sa propension aimer l’alcool et les fêtes montrent que c’est un « bon » vivant (pour oublier ?), un être qui se domine plus ou moins. Ce qu’il s’est passé avec Tamril a été un déclencheur de ce qu’il retenait depuis un bon moment. Thranduil est un elfe avec des vices. L’alcool et l’avarice. C’est un fait.
      Depuis quelques semaines, il boit moins et donc se retrouve confronté à des vérités qu’il ne peut plus taire sous l’indolence dû à l’alcool. Alors il était somme toute logique, qu’il finisse par exploser.

      J’aime la tournure que prend cette histoire et la suite n’en sera que plus épique et bientôt il faudra répondre de ces actes… Ca promet !

      Merci pour ta fidélité et pour ta review. j’espère que cette romance continuera à te plaire ❤ !

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  • Horreur et damnation !
    J’ai fait une grosse faute.
    Hors n’est pas la….
    Je corrige…Or, n’est pas la…

    Voilà voilà.
    Et une seconde tournée générale ! D’ici à ce que le nain roule sous la table…
    Je vais l’avoir à l’oeil !

    Bisous.

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  • Hello c’était un chapitre vraiment génial. J’adore la manière dont tu as fait évoluer tes personnages. Bonne chance pour la suite :D, je serai au rdv !

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  • 🙂 Et bien, j’aime beaucoup Tamril et j’ai adoré ce chapitre qui, je ne sais pourquoi, est l’un de mes préférés (parmi de nombreux autres hihi)

    Aimé par 1 personne

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