Chapitre 36 : Ombre est Lumière

Elenna (Illustration d'auteur inconnu

36

Ombre est Lumière

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

Etait-ce une trahison envers Cerise que de vouloir revoir celle qui avait partagé mon âme et ma vie pendant tant de millénaires ?

Cette question, je me l’étais posée un millier de fois depuis que j’avais quitté le port.

J’allais revoir Elenna et cela m’emplissait d’allégresse. Pourtant, une autre part de moi pleurait pour le mal que je ne manquerais pas de nous faire, à Cerise et moi.

Je l’aimais.

J’aimais Elenna.

Je n’aurais pas du.

J’avais trahi.

Fauté.

Je risquais le courroux des Valar pour avoir eu le cœur si lâche et volage.

Je ne voulais que le bonheur de mes deux aimées. Si je ne pouvais pas avoir les deux, et je savais que cela était impossible, je souhaitais que ma douce humaine puisse retrouver les siens. A cette idée, mon cœur saigna.

Pourquoi ?

Cela ne se pouvait…

A moins que…

Voilà un jeune elfe Sinda animé par bien des doutes ! entendis-je une voix me dire, venant de partout et nulle part à la fois.

Un long frisson glacé me parcourut l’échine.

Tout à mon dilemme intérieur, je m’étais enfoncé sans y prendre garde dans les cavernes qui m’apparaissaient maintenant aussi froides et lugubres que mon ancienne forêt sous l’emprise du serviteur du mal. Cependant, ce n’était pas un poison maléfique qui en parcourait les roches.

Tournant la tête de tous côtés en plissant les yeux dans l’espoir vain de mieux voir, je continuai à avancer comme si une force surnaturelle me poussait encore plus loin dans les profondeurs de cet antre si peu accueillant.

Ces cavernes ne sont pas un endroit pour les vivants. Peu y viennent, rares sont ceux qui en sortent !

La voix continuait de proférer des phrases toutes aussi lugubres les unes que les autres. Elle s’immisçait en moi et savait trouver mieux que quiconque mes peurs les plus enfouies… les plus obscures.

Les elfes ne sont que la moitié d’une seule âme, la moitié d’un tout. Une même pièce séparée en deux, telle est la volonté d’Ilúvatar, père de toute chose.

Le poids de la culpabilité, alors, me submergea corps et âme. Suffocant à moitié, je dus me retenir à un rocher pour ne pas tomber à terre. J’avais du mal à respirer et mon cœur, si stable autrefois, battait d’une manière presque erratique.

Ma fin était-elle proche ?

Allais-je mourir, puni sous le poids de mes pêchés ?

C’est alors que mon esprit se remémora tout ce que j’avais accompli depuis que j’étais venu au monde… Mes actes les plus braves, ce que j’avais fait et ce que je n’avais pas fait. Mon recul dans les cavernes de Mirkwood… Ma peine immense d’avoir perdu la mère de mon unique enfant… A cette vision, je sentis la pointe acide et fatale du chagrin me traverser la poitrine, puis je me revis plus récemment avec Cerise et… Quelque chose se produisit. Le chagrin disparu pour laisser place à un sentiment d’apaisement et de plénitude que je n’avais jamais ressenti auparavant dans toute ma longue existence.

Profitant de ce répit impromptu, je repris mon ascension vers les profondeurs de ce lieu si insolite. Etrangement, je n’avais pas revécu les mois passés avec Cerise comme une trahison envers ce que j’avais éprouvé pour Elenna… Bien au contraire, et je ne savais pas du tout comment je devais l’interpréter.

Cependant, cela me donna la force de continuer à avancer. Cerise, depuis qu’elle avait fait partie de ma vie, sans le savoir ni le vouloir, m’avait poussé vers l’avant. Je ne m’en étais jamais rendu compte moi-même… Jusqu’à présent. Cette petite humaine m’avait ramené à la vie, elle m’avait laissé entrevoir ce qu’était le véritable bonheur. Elle m’avait rendu vivant. Pour cela, et quoiqu’il se passe, je lui en serais éternellement reconnaissant. Je savais aussi que quoiqu’il arrive, elle avait réussi à capturer une part de mon cœur et de mon âme. C’était, bien sûr, et selon nos mythes, impossible, et pourtant, je le revendiquais haut et fort comme tel.

Fort de cette idée, je hâtais le pas, bien décidé à affronter la suite des événements et à revoir mon Elenna quoique cela m’en coûtât.

Il me fallut beaucoup de patience ainsi qu’une très grande volonté pour parvenir jusqu’à un carrefour qui me laissa quelque peu surpris. Je ne savais pas quelle direction prendre. Etait-ce encore un tour de ces cavernes qui m’exhortaient à trouver par moi-même le bon chemin ? Une nouvelle épreuve ? Car je ne doutais pas un seul instant d’être soumis à ce genre d’examen en ces lieux.

Me dressant de toute ma taille, je levai la tête vers les cieux et fermai les yeux. Je fis le vide en moi et attendis.

Je ne sus combien de temps cela dura… Quelques secondes ? Quelques minutes ? Des heures, sans doute ? Mais jamais je ne faillis. Je devais rester concentré et…

Enfin je vis la voie à emprunter et c’est toujours les yeux fermés que je bifurquai sur ma gauche et pénétrai dans un nouveau dédale de pierres.

Au bout d’un interminable couloir aussi sombre qu’une nuit sans étoiles, je parvins finalement dans une salle sobrement décorée. En son centre se tenait une immense jarre posée à même un pilier et, au fond sur la droite, se trouvait une sorte de trône taillé directement dans la paroi.

D’étranges volutes de fumées vertes ne cessaient de danser dans les airs, provocant en moi de terribles frissons glacés.

Ne soyez pas timide, fils d’Oropher, il ne s’agit là que de quelques âmes, serviteurs des cavernes de Mandos, me lança une voix dure et forte qui se trouvait juste derrière moi.

Instinctivement, je me reculai tout en me retournant lentement.

J’écarquillai les yeux en découvrant qui m’avait adressé la parole. L’homme était d’une taille impressionnante. J’étais moi-même assez grand, mais il me dépassait facilement de deux têtes. Sa sombre chevelure, aussi noire que les dédales de ces grottes, retombait en cascade raide contre des tuniques noires et bleues nuit superposées les unes sur les autres, le rendant encore plus colossal qu’il ne l’était déjà. Sur sa tête était posé un diadème brillant, contrastant avec sa sombre tenue. Ses yeux avaient l’air de deux puits sans fond dans lesquelles une myriade de petites étoiles semblait scintiller. Jamais je n’avais été confronté à un tel être et… Je compris enfin à qui j’avais affaire.

Prestement, je mis un genou à terre en faisant une ample révérence.

— C’est un incommensurable honneur que de vous rencontrer Ô grand Námo, maître et roi des Cavernes de Mandos ! dis-je dans un seul souffle tout en gardant les yeux baissés vers la terre en signe de respect

Allons, allons, jeune elfe, redressez-vous ! Vous en avez assez fait pour me convaincre de votre savoir-vivre.

— Je… C’est un très grand honneur, balbutiai-je une nouvelle fois, voulant faire preuve de bonne volonté. Dire que j’étais impressionné et… effrayé par la même occasion ? Je pouvais me l’avouer à moi-même mais oui, la réponse était mille fois oui !

Námo avança lentement vers moi, ses mains jointes sur le devant de ses robes. Ses yeux semblaient fouiller au plus profond de mon âme et même au-delà.

Rares sont ceux qui se présentent ici de leur vivant. Rares sont les vivants ayant mon accord pour passer ici sans contrepartie, Thranduil, fils d’Oropher.

Sa phrase sonnait comme une sentence, mais je décidai de ne pas me laisser impressionner. J’étais là pour une sollicitation honnête. Celle d’un mari éploré qui voulait savoir pourquoi sa douce épouse ne lui était jamais revenue.

Votre requête est justifiée, mais ce n’est pas à votre demande que nous vous avons fait venir jusqu’ici, commença le Vala tout en tournant autour de moi, m’observant toujours de ce regard intense qui me mettait mal à l’aise. Nous attachons beaucoup d’importance aux traditions instaurées par notre bien aimé Père. Il y a eu des leurres et une personne très chère à vos yeux vous devait certaines vérités.

J’ouvris la bouche, surpris. J’allais rétorquer quelque chose mais Námo me devança.

Certaines vérités peuvent être dures, voire pénibles à entendre. Il ne tient qu’à vous de savoir écouter et de voir au-delà des simples mots qui seront bientôt prononcés.

Puis il se tut et leva son bras en un geste gracieux et presque irréel. Je me sentis alors aspiré dans les ténèbres avant de me retrouver propulsé vers un autre endroit fait essentiellement de brume. Je ne voyais plus rien. Seul le bruit du vent venait frapper sourdement à mes oreilles sensibles. Scrutant les environs, j’essayai tant bien que mal de me situer quand j’aperçus une silhouette qui me parut plutôt familière.

— Thranduil, Mellon nín, murmura une voix que je ne pensais plus jamais entendre.

Mon cœur manqua de chavirer à jamais.

— Elenna ! Melleth nín, pourquoi te caches-tu de moi ? dis-je, la voix chargée d’émotions, tout en essayant de mieux l’apercevoir.

Un rire cristallin, qui m’était si cher, me répondit cependant, elle n’avança pas pour autant.

N’y tenant plus, ce fut moi qui comblait les quelques mètres qui nous séparaient l’un de l’autre, avant de la prendre dans mes bras sans plus attendre.

Etouffant un sanglot de joie, je la serrai contre moi, elfe trop heureux d’avoir retrouvé ce qu’il avait perdu et chéri depuis tant de millénaires…

— Ma moitié, enfin tu m’es rendue ! soufflai-je en soupirant de contentement.

A peine avais-je prononcé ces quelques mots que l’atmosphère changea de manière presque imperceptible. Je sentis non sans mal, mêlé à la joie de ces retrouvailles, de la peine, mais aussi… De la culpabilité ?

Pourquoi ?

Me redressant, je la lâchai pour mieux l’admirer. Elle était restée telle que dans mon souvenir. Tellement semblable à Legolas. Si belle et désirable… Mais… Si différente de ma Cerise…

Coup de poignard en plein cœur.

Je ne savais pourquoi je me sentais si coupable. D’avoir trahi Elenna ? Ou d’avoir oublié ma petite humaine l’espace de quelques minutes ? Ma conscience fut écartelée douloureusement. Moi, déchiré entre deux amours aussi différents que vitaux à mes yeux.

Je fus vite ramené au présent par le toucher des doigts glacés, mais doux de ma femme sur mon visage.

— Que de tristesse sur ces traits si fiers, murmura-t-elle tout en me regardant droit dans les yeux.

Les siens semblaient si doux et tristes… Avait-elle compris ?

— Je ne sais que dire, Elenna, sinon une question : pourquoi ?

Elle pencha la tête de côté, l’air de ne pas comprendre.

Je soupirai. Je savais que ce qui allait suivre ne serait pas facile.

— Pourquoi nous as-tu abandonnés, Legolas et moi ? demandai-je d’une voix méconnaissable.

Elle recula d’un pas comme si je venais de la blesser cruellement.

— Je ne t’ai jamais abandonné, commença-t-elle doucement. J’ai prié les Valar pour que celle qui t’était destinée te soit enfin rendue, mais… Non je ne t’ai jamais abandonné. Je n’ai jamais voulu cela.

— Tu n’es pas revenue, répondis-je dans un souffle, mettant de côté ce qu’elle venait de me dire et que je ne comprenais pas vraiment.

— Ce n’était pas mon destin que de revenir vers toi, Thranduil. Quand bien même je serais revenue, cela aurait été sur Valinor et non en Terre du Milieu. Tu le sais bien.

A ces mots, je sentis une incontrôlable colère poindre. C’était plus fort que moi.

— Tu es mienne, Elenna ! Tu étais tout ce qui m’importait le plus ! Comment cela ne pouvait-il pas être ta destinée que de revenir combler celui qui te pleurait corps et âme ?! Sais-tu tout ce que j’ai enduré depuis le moment où je t’ai tenue déchiquetée entre mes bras et celui où j’ai du abandonner ta dépouille ? Sais-tu à quel point je suis mort ce jour-là et que je n’ai plus jamais été le même ?! Ton fils à souffert, j’ai souffert comme un damné ! Ces propos que tu tiens aujourd’hui sont cruels et indignes de toi !

J’aurais du haïr les larmes d’amertume, de peine et de chagrin qui s’échappèrent — traîtresses qu’elles étaient — de mes yeux, mais les sentiments qui m’animaient étaient si forts que je ne pus faire autrement. Elenna se mit à pleurer, elle aussi, et je la repris dans mes bras, enfonçant ma tête contre son épaule pour étouffer mes profonds sanglots.

Sanglots déchirants, restés bloqués en moi pendant autant de décennies, d’années, de siècles et de millénaires passés sans elle. C’était affreux de souffrir autant et je compris que mon âme et ma conscience se libéraient enfin de ce trop plein de chagrin gardé prisonnier depuis si longtemps.

Je ne sus combien de temps dura cette libération émotionnelle, mais une fois que je pus enfin redresser la tête, je me sentis indéniablement plus léger… Et presque serein.

Elenna, quant à elle, essuya les derniers vestiges de ce chagrin commun avant de soupirer comme pour se donner du courage.

— Je n’ai jamais voulu te faire souffrir, Thranduil, telle n’était pas mon intention mais…

— Mais quoi ?

Je la vis détourner légèrement la tête avant de la redresser.

— Ma mort fut comme une délivrance à mon âme et conscience.

Je redressai la tête, choqué par ses propos.

— Cela ne se peut, Elenna ! Nous étions tout l’un pour l’autre, deux faces d’une même…

— Tu te trompes, me coupa-t-elle, les larmes débordant à nouveau de ses yeux.

Je ne pouvais croire à ce que j’entendais. D’être resté prisonnière aussi longtemps de ces cavernes avait très certainement dû altérer son jugement.

— Tu ne sais pas ce que tu dis…

— Oh si, Thranduil, je le sais plus que tout, plus que toi ! Et j’aurais du te le dire. J’aurais du, mais j’ai été lâche.

Un affreux pressentiment s’insinua en moi. Je savais que la suite ne serait pas pour me plaire. Loin de là.

— Tu n’as jamais eu l’intention de revenir, soufflais-je d’une voix atterrée.

— Non, Thranduil, je ne le souhaitais pas et de toute façon, jamais Mandos ne m’aurait laissée repartir d’ici.

— Mais pourquoi ? voulus-je savoir, le cœur battant.

— Parce que j’ai fauté et quand je l’ai compris, je n’ai rien fait pour réparer mes erreurs et me montrer honnête avec toi.

Poussant un affreux grognement, je me précipitai vers elle pour la prendre par les bras.

— Elenna, j’ai assez souffert pour que tu te joues de moi ! Je ne mérite pas cela !

— Non, Thranduil, tu mérites d’être heureux avec celle qui fera battre ton cœur d’un amour débordant et unique et…

— Avec toi, Elenna ! Cela ne peut-être et n’est qu’avec toi !

Un doute immense s’affola dans ma poitrine et si… Si elle savait pour Cerise et moi ?!

— Il y en aura une autre…

— Non, Elenna, il n’y aura que toi…

— Il n’y aura jamais qu’elle, Thranduil. Un jour…

— Non, non !

— Je n’ai jamais été celle qu’il te fallait.

— Tu es mon âme sœur !

— Je ne suis pas ton âme sœur !

Notre dernière phrase avait été dite en même temps et mon cœur s’arrêta quand je compris ce qu’elle venait de m’affirmer.

Cela ne pouvait être vrai. C’était même impensable.

— Elenna, jouer avec mes émotions n’est pas digne de toi, commençai-je d’une voix dure.

— Justement, répondit-elle en me regardant tendrement. J’ai joué trop longtemps avec toi et j’ai été l’obstacle qui t’a empêché de vivre. Tu n’es pas mon âme sœur, Thranduil, je l’ai cru un temps mais… Je m’étais trompée.

— Mais… Tu m’as aimé, épousé, tu… Nous étions destinés l’un…

— Je t’ai pris pour quelqu’un d’autre !

Sa voix claqua, dure et cruelle dans cet espace clos. A la guerre, elle m’aurait porté le coup fatal qui m’aurait mis à terre définitivement. J’eus l’impression d’être percuté de plein fouet et je dus me courber en deux, la main crispée sur mon cœur, sous le coup porté. Cela faisait mal. Très mal.

— Thranduil, avant toi, j’ai aimé au-delà de ce qu’il est possible d’aimer ! continua-t-elle, insensible à la douleur qui m’animait. Mais je l’ai perdu, il est mort avant que nous puissions être unis devant nos pères. Avant son dernier souffle, il m’a juré qu’il reviendrait pour moi… Que ce jour là, je ne pourrais me tromper, mais…

Elle s’interrompit sous mon regard acéré et plein de haine car à cette seconde même, je haïssais cette femme qui se présentait sous les traits de ma bien aimée Elenna et qui avait sa voix. Cela ne pouvait être elle. Un démon pour me leurrer, un envoyé du mal. Pas ma douce épouse !

— C’est bien moi, Thranduil, et mon cœur saigne encore de te faire autant souffrir, mais je te dois la vérité, toute la vérité ! m’asséna-t-elle, son air doux mais sa voix impitoyable.

— Je t’ai vu, Thranduil, un soir de pleine lune, et pourtant les étoiles semblaient avoir été de connivence pour t’auréoler de la lumière d’Elbereth. Alors j’ai cru… J’ai cru que tu étais lui et que l’on me l’avait ramené. Je savais que tu n’aurais pas les souvenirs de notre vie passée, mais quand tu as posé tes yeux sur moi, j’ai vu que toi aussi tu savais, que…

— Je croyais que tu étais celle qui m’était destinée, Elenna ! aboyai-je, désespéré et furieux car moi aussi j’avais été abusé par la lumière des étoiles de Varda ce soir-là.

— Je le croyais aussi, Mellon nín. J’ai voulu y croire, mais plus les siècles et les millénaires passaient et plus je dus me rendre à l’évidence que tu n’étais pas lui.

— Alors c’est pour cela, murmurai-je plus pour mon intention personnelle que pour elle.

— Que veux-tu dire ?

— Tu es devenue distante et mélancolique. Même la naissance de Legolas ne t’as pas déridée et…

Repenser à l’enfant que nous avions eu ensemble me broya le cœur. Legolas était mon trésor, ma joie de vivre et ma fierté la plus grande. L’enfant né d’un amour… Enfin l’avais-je cru.

— J’aime notre enfant, n’en doute jamais ! me répondit-elle comme si elle avait deviné mes pensées. Je t’aime aussi, Thranduil. Et c’est cet amour que je te porte qui me donne le courage aujourd’hui de tout te dire. Je te le dois, à toi, mais aussi à celle qui un jour, si tu ne l’as pas encore rencontrée, fera ton bonheur.

Je me sentis vide et las. J’aurais donné tout pour pouvoir me vautrer dans l’oubli dû à un trop plein d’alcool. Hélas, je n’étais pas à Eryn Lasgalen, mais dans les cavernes de Mandos, affrontant une vérité aussi fatale qu’une lame de Morgul que l’on m’aurait insérée en plein cœur.

Elle en aimait un autre. En quelque sorte, elle m’avait trompé dès notre première rencontre. Je ne pouvais le croire ! C’était inimaginable ! De mémoire d’elfe, cela ne s’était jamais produit et c’est à moi que ça arrivait. N’avais-je déjà pas assez souffert ?!

—Qui était-il ? demandai-je, non sans une certaine amertume.

Elle tiqua brièvement avant de fermer les yeux puis de les rouvrir.

— Un elfe de Doriath, répondit-elle doucement. Il s’appelle…

— Non ! la coupai-je brutalement, je ne veux pas savoir son nom.

Si je le connaissais, je risquais… Je ne sais pas… Je ne voulais pas connaître son nom, c’était aussi simple que cela.

— Non, vous ne vous connaissiez pas, Thranduil, dit Elenna, d’une voix douce contrite.

— Tu étais encore très jeune alors.

— Oui, je l’étais… A peine arrivée à l’âge adulte. Nous devions nous unir, mais une terrible bataille me l’a arraché trop tôt. J’ai longtemps prié les Valar pour qu’ils me le rendent et quand je t’aie vu… J’ai su… Non, se reprit-elle, j’ai cru que tu étais lui.

Cela faisait mal, mais cela me rappela aussi ce que j’avais vécu et dit à Cerise. Que je la prenais pour la réincarnation de ma femme et que si je l’avais aimée, ce n’était non pas pour elle, mais pour cet espoir fou qu’elle soit quelqu’un d’autre. S’était-elle sentie trahie par moi ? Quoique je ne lui avais jamais rien fait espérer…

Menteur, me susurra la voix implacable de ma conscience, vers la fin de notre histoire, je n’avais pu taire des sentiments plus forts, des sentiments que j’avais même accueillis, non comme un baume réconfortant sur mon cœur, mais comme une trahison envers mon âme sœur ! Âme sœur qui, selon les propos que me tenaient Elenna aujourd’hui, n’avait jamais existé… Enfin, je ne l’avais pas encore rencontrée ! Mais alors, qui était-elle ? Si je l’avais ignorée alors qu’elle se tenait près de moi alors que j’étais trop obnubilé par la perte d’Elenna… Si…

— J’espère que tu la trouveras un jour, murmura celle que j’avais aimée pendant tant de millénaires, celle que je n’avais jamais cessé de pleurer.

— M’as-tu seulement aimé un peu pour ce que je suis, ou as-tu fait semblant quand tu as compris que je n’étais pas lui ?

Poser cette question me tordait le cœur et me faisait si mal que je crus que ma bouche allait saigner sous les mots prononcés.

— Oh oui, Thranduil, Mellon nín, je t’ai aimé de tout mon cœur ! J’ai été heureuse avec toi.

— Pourtant ça ne t’a pas suffi…

— Non, effectivement, je me sentais incomplète et je n’aspirais qu’à le retrouver.

— Mais il était mort et sans doute, tout comme toi maintenant, il n’avait pas l’intention de revenir !

Mes propos touchèrent Elenna en plein cœur. Pourtant, cela ne m’apporta aucun réconfort de la voir souffrir à son tour.

— C’est ce que j’ai finis par me dire, effectivement… murmura-t-elle dans un souffle.

— Alors tu as commencé à dépérir.

— Je ne pouvais décemment pas te le dire. J’avais tellement peur de lire le chagrin sur ton visage… Et puis, il y avait Legolas. Je ne pouvais pas vous faire cela.

— Alors tu as menti.

— Non, Thranduil, je me suis tue et j’ai espéré qu’un jour la mort me ravisse à jamais. Ainsi, personne n’aurait jamais su.

— Nous ne comptions pas assez pour toi.

— Justement, c’est parce que vous comptiez beaucoup pour moi. Legolas était assez grand pour voler de ses propres ailes. Quant à toi, quelqu’un t’attendait quelque part et je ne pouvais égoïstement pas te garder tout en sachant cela…

Je ne m’étais jamais senti aussi seul de toute ma longue existence. J’avais l’impression d’avoir vécu la vie d’un autre. Une vie qui n’était pas la mienne, un amour qui ne m’était pas destiné.

— Pourquoi suis-je ici ?

Ma question sonna comme un coup de fouet, une accusation. Cependant, j’avais beau essayer, je ne pouvais pas la détester. Je l’avais aimée et, quelque part au fond de moi, quoiqu’il arrive, je l’aimerais encore et pour toujours. Elle m’avait donné tellement de joie, de bonheur et puis, elle était aussi la mère de mon fils. Cela comptait plus que tout… Plus que cette trahison.

— Parce que nous devions nous revoir pour que tout soit éclairé entre nous, parce que je n’avais pas le droit de partir sans te rendre ta liberté.

— Pourquoi ? insistai-je.

— Parce que malgré tout et quoiqu’il arrive, je t’aime, Thranduil. Tu n’as pas été celui que j’attendais, mais je n’oublie pas tous les siècles de bonheur que nous avons passés ensemble. Nous devions nous revoir parce que je t’aime et que malgré tout, après t’avoir dit la vérité, tu comptais et compteras toujours pour moi. Tu es le père de mon enfant.

Comprenant que nous faisions nos adieux et parce que je me sentais anesthésié de toute émotion — le contrecoup de toutes ces révélations, vraisemblablement —, j’attrapais son bras et la tins contre moi avant de l’embrasser doucement sur la bouche, scellant ainsi notre séparation définitive.

— Adieu, Elenna, mère de mon enfant. Repose en paix.

— Merci, Thranduil, répondit-elle, son enveloppe charnelle commençant à s’estomper lentement.

—Elenna, l’interpellai-je une dernière fois. Je t’aime et… Je te pardonne !

A ces mots, son visage s’illumina avant de disparaître, laissant place à une fumée verte qui s’estompa à son tour et bientôt je fus à nouveau seul… Face à moi-même.

Qu’allais-je faire, dorénavant ?

Sonné, je titubais jusqu’à un rocher et m’y écroulai sans grâce, laissant les ténèbres m’envelopper de leur doux manteau sombre.

Je me sentais plus perdu que jamais.

oO0Oo

Cerise

oO0Oo

J’avais très mal dormi la nuit dernière. Plusieurs fois, je m’étais réveillée en sursaut en priant pour que les derniers événements de la veille ne soit qu’un mauvais cauchemar.

Malheureusement, c’était loin d’être le cas. J’étais toujours aussi seule et perdue avec des gens qui voulaient, encore une fois, que je sois une personne différente de ce que j’étais. Cela devenait vraiment une manie dans ce monde sans queue ni tête. Et puis, au-delà de tout, je me sentais abandonnée par celui que j’aimais plus que tout. Me rappelant l’affreux cadeau d’adieu qu’il m’avait laissé, je sentis des larmes d’amertume et de rage couler le long des mes joues.

Soufflant doucement, je n’osais regarder ce qui se tramait autour de moi depuis le moment où je m’étais réveillée. Tous les habitants de la ville de Valimar se préparaient à une immense fête qui débuterait ce soir et ne se terminerait que dans sept jours.

Se trouvait non loin d’ici, le fameux Taniquetil, montagne majestueuse et demeure des deux Valar, Manwë Sulimo et son épouse Varda.

Ces gens appartenant à un peuple différent de celui des elfes, à ce que j’avais compris, nous feraient l’immense honneur de leur présence dans le but de me rencontrer prochainement.

Moi, Cerise Martin, humble petite humaine qui n’avait rien à faire ici, même si eux pensaient le contraire. Je ne pouvais croire que ce genre de conneries digne d’une fanfiction m’arrivait à moi.

Pour couronner le tout, en plus d’être mal à l’aise avec ça, je me sentais horriblement mal avec en plus des nausées et des maux de cœur qui me gâchaient l’existence depuis que je m’étais réveillée.

La vie pouvait franchement être dégueulasse. Vraiment ! Je n’avais pas mérité ça. Encore aujourd’hui, je priais pour me réveiller dans mon lit douillet à Paris et non ici.

— Ah ! Cerise, vous voici enfin, je vous ai cherchée partout !

Redressant la tête, je vis Tamril se diriger vers moi.

Je ne l’avais pas revu depuis la veille. Il s’était changé et portait des vêtements de ville simples qui lui allaient très bien. C’était la première fois que je le voyais habillé de cette façon, tout de vert scintillant. En général, il portait toujours la tenue des gardes royales d’Eryn Lasgalen.

— Ces vêtements vous vont très bien, le complimentai-je tout en esquissant un pauvre sourire.

Je pouvais au moins faire ça pour lui. Mes éloges le firent rougir.

— Bien, merci. N’étant plus en fonction, je ne pouvais décemment pas rester habillé comme le garde royal d’un royaume qui n’existe plus pour le moment.

A ces mots, je sentis un vague espoir naître au creux de mon cœur.

— Qu’entendez-vous par « pour le moment  » ? demandai-je, l’air innocent.

Tamril soupira et vint s’asseoir sur le rebord des marches de la maison, sur lesquelles je me trouvais, tout à côté de moi.

— Eh bien, le seigneur Thranduil, quand il sera de retour, se verra octroyé de la part des Valar un bout de terre. Il aura l’occasion d’y faire ce que bon lui plait. Un nouveau royaume, une maison simple… Ses anciens sujets auront le choix de venir avec lui ou de commencer une nouvelle vie.

— Thranduil n’est donc plus roi ?

— Techniquement, non, pas ici. Bien sûr, il le restera éternellement dans le cœur des elfes Sindar.

— Et vous, Tamril, qu’allez-vous faire une fois qu’il sera revenu ? … S’il revient un jour bien sûr.

L’elfe ébaucha un doux sourire avant de me regarder droit dans les yeux.

— Je ne sais pas encore, Cerise. Tout dépendra de beaucoup de choses…

Je soupirai, comprenant que je devais être claire une bonne fois pour toute avec lui.

— Je vous estime beaucoup Tamril, mais je ne pense pas pouvoir un jour tomber amoureuse de vous.

— Je sais, me répondit-il simplement. Je l’ai bien compris et ne vous importunerai plus avec cela. Sachez néanmoins que si vous aviez besoin de moi, je resterai votre humble serviteur…

— Une sorte de garde du corps personnel ? ricanai-je doucement.

— Oui, répondit-il, si vous le souhaitez, mais un ami avant tout. Si vous le voulez bien.

— Pourquoi pas, dis-je, rassurée par ses propos.

Puis il se leva et me dévisagea un instant.

— Vous savez, Cerise, vous ne devriez pas rester ici, sur le perron de cette maison à vous morfondre. Il finira par revenir, malgré nos traditions, malgré ce qu’il pense, je ne doute pas qu’il tienne assez à vous pour ne pas vouloir vous faire souffrir.

Je secouai la tête en entendant ses paroles de réconfort.

— Ne me donnez pas trop d’espoir, Tamril. Je préfère la vérité crue à de vaines espérances. Il est parti retrouver son épouse. Qui suis-je et quel poids pourrais-je avoir contre ça ? Soyons lucides, vous et moi.

— Certes, mais vous avez tort de vous morfondre autant. Vous avez tant de choses à découvrir de ce monde et puis… Sans doute les Valar pourront-ils vous ramener chez-vous. Rien que pour cela, vous devriez reprendre espoir.

Sur ces derniers mots, il s’inclina brièvement avant de me laisser seule de nouveau.

Bien sûr, il avait raison sur beaucoup de points, mais me lever de ces marches s’avéra être digne de la pire des épreuves.

Me massant les fesses sans délicatesse, je gravis le perron avant de pénétrer dans cette demeure, qui, il était vrai, était des plus accueillantes.

Au détour d’un couloir, je finis par tomber sur la maîtresse de maison qui arbora un immense sourire en me voyant arriver.

— Enfin vous voilà, Elenwë, nous…

— Cerise, marmonnai-je, je m’appelle Cerise.

Ce qui eut le don de la déstabiliser un bref moment.

— Bien sûr, Cerise, murmura-t-elle, un peu décontenancée, mais elle se reprit bien vite. Allons, venez avec moi, nous devons vous préparer pour ce soir ! Il y a tant de choses à faire et à vous dire !

Sans attendre elle m’attrapa joyeusement par le bras avant de me traîner vers la chambre qu’elle m’avait assignée.

Bien qu’encore d’humeur maussade, je me laissai faire, sentant la curiosité me gagner. Après tout et malgré tout, peut-être devrais-je profiter de cet endroit tant que j’y serais. Qui sait, je finirais peut-être par rencontrer quelqu’un qui me ferait oublier Thranduil…

Oui, je l’espérais de tout mon cœur !

oO0Oo

Depuis bientôt trois jours, la fête battait son plein.

Quand Galadriel était revenue me voir avec Estë, j’avais appréhendé ce nouvel entretien. Finalement, l’elfe blonde avait été assez sympathique à mon égard et avait eu le tact de ne pas trop me poser de questions. J’espérais juste qu’elle n’avait pas essayé de lire dans mes pensées à mon insu. Là, je me serais fâchée rouge. Ensuite elle était sortie et Estë m’avait auscultée de la tête aux pieds en marmonnant dans sa barbe. Plusieurs fois, j’avais compris les mots « humaine » et « trop longtemps restée dans cet étrange monde »… Et puis, elle m’avait annoncé que j’étais enceinte d’un mois environ.

Cela ne m’avait pas réjouie du tout. Encore une fois, je lui avais demandé s’il n’y avait vraiment aucun moyen de me débarrasser du parasite qui s’était logé à mon insu et contre mon gré dans mes entrailles, mais elle avait refusé catégoriquement.

Cela ne se faisait pas, c’était inconcevable et puis selon elle, toute elfine qui se respecte aurait sauté de joie à l’annonce de cette merveilleuse nouvelle.

Comment dire…

Déjà, et d’une, je n’étais pas une de ces putains d’elfes, de deux j’avais été élevée dans un pays dans lequel l’IVG* était un droit acquis des femmes et de trois, je ne me sentais pas du tout l’envie d’être mère. Ni maintenant, ni dans un futur proche…Ni lointain d’ailleurs.

Bien sûr, une petite voix me rappela que cette chose était aussi l’enfant de Thranduil, mais au lieu de me réconforter, cela me mit dans une rage noire.

En plus d’avoir tiré son coup plusieurs fois avec cette andouille de petite humaine, il l’avait engrossée puis abandonnée comme un vieux paquet de linge sale et tout ça pour quoi ? Pour retrouver sa femme chérie !

Haine, rage et confusion.

Bordel, j’avais toujours eu du mépris pour les filles qui sortaient avec des hommes mariés et qui finissaient par se retrouver dans une grosse merde. Ah bah, bravo ma fille ! Tu as réussi à faire tout ce que tu abhorrais ! Bravo encore une fois ! Vraiment !

Sincèrement, j’avais eu du mal à me calmer.

Ensuite, des elfes étaient venues me trouver pour me préparer tandis que je ruminais toujours contre les terribles malheurs qui m’accablaient. Mes parents auraient dû m’appeler Sophie*, pas Cerise.

Cette fois-ci, je fus parée d’une robe somptueuse, blanc crème et rose pastel. Le vêtement avait un col arrondi, rehaussé par des voilages transparents retenus au niveau de mes épaules et dont le bout des voiles étaient jetés en drapés derrière mon dos. Mes cheveux avaient été longtemps coiffés et agrémentés de petites fleurs et un diadème cerclait mon front.

J’aurais pu me trouver assez jolie, mais pour l’heure, je me trouvais aussi hideuse que jamais ! J’étais fâchée contre moi-même, contre Thranduil et le reste du monde. Les paroles de Tamril me revinrent en mémoire, mais n’arrangèrent qu’à peine mon état.

Puis la fête avait débuté, je fus alors présentée à l’assistance par mes hôtes et, loin de me regarder comme une bête curieuse, je fus accueillie comme un enfant trop longtemps parti de chez lui. C’était étrange de voir la joie illuminer les traits de tous ces gens que je ne connaissais même pas.

Pendant la première soirée, plusieurs elfes se présentèrent à moi et je pus enfin faire la connaissance, officiellement, du gendre de Galadriel, Elrond. Ce dernier était accompagné d’une elfe au regard habité. On m’apprit qu’il s’agissait de son épouse, Celebrian. Malgré son retour précipité à Valinor, elle souffrait toujours d’avoir été le jouet d’une bande d’Orques affamée de haine à l’encontre des elfes. J’eus de la peine pour ce couple qui paraissait si complémentaire, mais dont la complicité avait été brisée par un funeste évènement. Elrond passa le plus clair de son temps à surveiller les moindres faits et gestes de son épouse, le regard empli d’amour mais aussi d’un douloureux chagrin. Me sentant gênée de les observer ainsi à la dérobée, je détournai le regard et passait à autre chose.

Les deux autres jours, je les vécus comme un rêve, non que cela me comble, mais je me sentais un peu anesthésiée par tout ce faste. Comme si tout ce qui m’arrivait, ce n’était pas vraiment moi qui le vivait.

Ce soir là, cependant, je me sentis légèrement mieux. Tandis que je discutais avec Tamril et Finlenn, Galadriel et Estë vinrent me chercher.

— Il est temps pour vous d’y aller, Aranel, ils vous attendent, m’annonça la dame blanche.

Soupirant, je hochai la tête avant de la suivre. Tamril et Finlenn voulurent venir avec moi, mais Estë le leur refusa poliment. Moi seule étais conviée à cet entretien.

Nous marchâmes près d’une heure avant d’arriver au pied de la montagne, le Taniquetil. Je fus estomaquée de découvrir à son entrée un immense portail argenté qui scintillait de mille feux dans la nuit éclairée par la lune et les étoiles.

— Vous devez continuer seule, m’annonça Galadriel qui s’était arrêtée avec Estë.

— Mais pourquoi ? demandai-je suspicieuse.

— Seule vous avez été conviée. Nous ne pouvons aller plus loin.

Secouant la tête, je pris mon courage à deux mains avant d’avancer vers l’immense portail qui s’ouvrit à mon passage.

Lançant un dernier regard derrière moi, je pénétrai dans cet endroit, non sans appréhender ce qui allait m’arriver ensuite.

A l’intérieur, la lumière était si vive que je crus bien être en plein jour. C’était très étrange.

Un long couloir se trouvait sur la gauche tandis que deux grandes portes me faisaient face. Je ne savais pas vraiment par où aller. J’allais appeler quelqu’un à l’aide quand une voix au timbre grave m’interpella.

— Nous vous attendions avec impatience, Aranel.

Avisant le nouveau venu, je faillis avoir un mouvement de recul.

L’homme, qui semblait être un garde, était en fait un elfe d’une stature colossale. Plus que sa taille, se furent son visage peu conventionnel et ses cheveux qui me firent écarquiller les yeux… d’effroi et de surprise.

L’elfe avait les cheveux rouge magenta tirant presque sur le rose foncé. En Terre tout Court, je l’aurais accusé de forcer un peu trop sur la coloration, mais étrangement, ça lui allait très bien et n’altérait aucunement sa masculinité. Il faut dire qu’avec un visage et une carrure pareils, il aurait eu bien du mal à passer pour une tapette.

En plus d’une affreuse et énorme cicatrice qui lui couvrait la majeur partie du côté droit, son œil était complètement blanc, vitreux, certainement touché lui aussi par un coup d’épée. L’autre côté, par contre, était saisissant de beauté. Son œil valide était d’un bleu-vert pétillant d’intelligence, un nez droit et fin et des lèvres ourlées, pas trop pulpeuses. Oui une chose était certaine, cet elfe détonnait complètement dans cet univers !

Mais … Qui était-il ?

A Suivre

* Interruption Volontaire de Grossesse.
** Les Malheurs de Sophie, roman pour enfant écrit par la Comtesse de Ségur.

Note de l’auteur

Nous sommes en pleins dans les choses sérieuses si je puis dire. Ce chapitre est dur pour nos deux protagonistes mais nécessaire pour la suite ^^.

J’ai eu beaucoup de peine pour eux deux. Ils vivent chacun de leur côté des choses douloureuses. J’ai trouvé vraiment intéressant le parallèle qui se crée entre leur deux points de vues. J’avoue prendre beaucoup de plaisir à écrire ces chapitres. Plus sérieux, l’humour a quasiment disparu mais je pense qu’il serait malvenu dans pareille situation. En tout cas, sachez que c’est un véritable plaisir que de partager cette histoire avec vous tous ! Merci de me lire et de me laisser un petit mot quand le cœur vous en dit 🙂

Et puisqu’est venu le temps des remerciements, un immense et énorme merci à mes deux relectrices de choc : Lilou Black et Gwendoline ! Je vous ❤ les filles !

Ah et je profite de ce petit encart pour vous rappeler que vous pouvez toujours répondre à mon petit sondage pour savoir quelle sorte de bonus vous aimeriez pour Noël !

Sur ce, je vous dis à bientôt 🙂 ❤ !

Publicités

24 commentaires

  • Bonsoir ma belle ❤

    Cette fois, dès lu, dès reviewé, ça m'évitera de me perdre en route.
    Tu m'as fais monter, une nouvelle fois, les larmes aux yeux. Toute la partie avec Thranduil et Elenna est juste à fond poignante et on sent tellement le désarrois et de l'un et de l'autre…
    Tout s'explique presque ici, si je peux dire, du moins, sur le pourquoi Thranduil a fauté et toute la myriade des sentiments qu'il peut avoir envers Cerise.
    C'est à la fois disons, rassurant, car oui, il va pouvoir peut-être se tourner vers Cerise et vivre avec elle ce qu'il recherche et ce qu'il a découvert, comme le montre tout le travail sur lui qu'il fait au départ.
    On voit et découvre au travers tes mots, un Thranduil tellement différent du début de ta fic (et d'il y a même quelques chapitres) et de le voir si… "humain" est très plaisant.
    Il est presque à plaindre, face à ce qu'il découvre et le pardon qu'il accorde à Elenna prouve combien c'est un Homme euh non pardon, un elfe capable de beaucoup plus que ce qu'on peut penser.
    Tu m'as fait aimé un personnage pour lequel j'avais grandement du mal, je dois l'avouer…

    Pour Cerise, là aussi c'est dur, être seule, se retrouver à devoir être celle qu'on attend d'elle alors que non, de son point de vue elle n'est pas Elenwë… Juste Cerise, la petite Humaine qui pige rien, qui voudrait qu'on la laisse, qui ne se voit pas maman, qui ressent un tas de sentiments que personne ne peut comprendre. C'est super dur pour elle aussi, la pauvre…

    Je suis vraiment contente de la présence de Tamril, vraiment et puis l'apparition de ce nouveau personnage fort intriguant…

    C'est un véritable disons, travail en eux même, une sorte aussi de découverte si je puis dire, un chemin qu'ils doivent encore, et Cerise, et Thranduil, faire avant de se retrouver: Cerise en acceptant, je l'espère, ce qu'elle est et Thranduil en découvrant qui est cette âme soeur, mais peut être le sait-il au fond de lui, sans l'avouer encore.
    Ils sont à la fois le tout, mais aussi le contraire.

    J'espère ne pas être trop brouillonne dans ce que je te dis, j'ai beaucoup aimé ce chapitre, que j'ai découvert dans le bus, en rentrant ce soir, j'étais contente.

    Et qui va t'elle rencontré… Mystère et boule de gomme, bien qu'il ne manque plus grand monde dans son horizon à notre belle Cerisette!

    Merci pour ces merveilleux moments à te lire, à vibrer, à frissonner pour ton histoire.

    Je t'embrasse très affectueusement, prend soin de toi et de ta crevette, dis lui d'arrêter de te martyriser, pas encore né et déjà rebelle!

    Tendresse

    Niza

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ta belle review. Je suis bien contente que ce chapitre t’ai plu et émue. Maintenant que tout est dit pour Thranduil espérant qu’il trouve vite le chemin vers la lumière 😉

      Bisous à toi ❤

      J'aime

  • Bonsoir 🙂
    J’aime toujours autant cette histoire, et les chapitres me semblent toujours trop courts (c’est bon signe !).
    J’ai hâte que Thranduil et Cerise se retrouvent ! Mais les voir évoluer seuls est aussi intéressant 🙂
    Sinon le dernier volet du Hobbit sort demain, vas-tu retourner le voir ? 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Contente que ça te plaise toujours ! Moi aussi j’ai hâte des retrouvailles, parce que ça risque de promettre de grands moments entre eux 🙂

      Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y retourner (vive la vie de famille) mais ça devrait être fait d’ici la fin de l’année avec le chéri et le fiston 😉

      Merci pour ta review ❤ !

      J'aime

  • Bonjour!
    Aura-t-on le nouveau chapitre avant Noel? Ou pour Noel? Peux-tu m’offrir le prochain chapitre en cadeau? XD Oh Darklinne ma maman Nowel!
    J’ai beaucoup aimé ce chapitre mais la fin me titille…. je veux savoir!
    Bisous,
    Elena

    Aimé par 1 personne

    • Coucou 🙂

      Je vous réserve deux OS bonus pour le réveillon et Noël. On retrouvera la suite à la rentrée ^^. Ah ah ! Je comprends que la fin te titille 😉

      Bisous et merci pour ta review ❤ !

      Aimé par 1 personne

  • Ce chapitre nous fait enfin comprendre pourquoi Thranduil aimait deux personnes très différentes. J’ai tellement de peine pour lui, ça doit être horrible de se rednre compte que pendant des millénaires, on a été trahi par qqn que l’on pensait être son double ! J’aimerais bien connaître la réaction de Legolas sur ce point … si un jour on le retrouve 🙂
    Et notre pauvre Cerise toute seule (ou presque) … j’imagine que c’est Manwë le mec aux cheveux magenta ! Une tapette ?! J’ai explosé de rire en lisant cette comparaison XD
    Maintenant que les vraies révélations ont commencé, on a envie d’en savoir encore plus ! C’est une torture ! 😉
    Des gros bisous !
    LK

    Aimé par 1 personne

    • C’était important car l’amour chez les elfes suit des règles et des coutumes qu’il est bien difficile de contourner. Ma version est sans doute un peu tirée par les cheveux, mais c’est la plus crédible à mon sens. Après tout, eux-même ne sont pas exempt d’erreurs ;).

      La suite viendra à la rentrée 2015. Je vous ai préparé deux OS qui je l’espère, vous plairont !

      Bisous à toi et merci pour ta review ❤

      J'aime

  • J’adore^^ vivement la suite que nos deux amoureux se retrouvent et que Thranduil apprenne qu’il va être papa.
    Félicitations pour ton bout de chou^^

    Aimé par 1 personne

  • Quel coup pour notre suzerain préféré,je n’avais pas imaginé une telle chose ,j’espère qu’il va s’en remettre et qu’il va retrouver cerise afin de s’expliquer et apprendre qu’il va être de nouveau père.je pense que ça sera décisif pour la suite des événements.j’ai appris que tu attendais un heureux événement alors les félicitations sont de rigueur,bisous bisous et passe de bonnes fêtes

    Aimé par 1 personne

    • Merci Eric.

      Oui, pour un elfe apprendre que sa moitié, ne l’ai pas vraiment… c’est… Assez surprenant et sans doute traumatisant aussi. Mais Thranduil a vécu bien pire, je gage qu’il saura se retourner ^^.

      Et merci pour ta review ❤

      J'aime

  • Bonsoir Gente dame,

    Voici un chapitre qui nous apprend beaucoup…Elenna avoue avoir fauté. Ceci dit, elle était persuadée dès le départ, lorsqu’elle a rencontré ce magnifique monarque au doux nom de Thranduil, que l’âme de son premier amoureux se trouvait en lui…

    Je ne lui jetterais pas la première pierre ni la seconde d’ailleurs.
    Avec ces histoires de réincarnation, une erreur de cette importance peut, malheureusement , se produire, il faut donc être magnanime et savoir pardonner.
    Ensuite, elle s’est attachée à son roi et ne pas révéler un secret aussi lourd et pénible a dû être une torture sans fin.
    Elle a espéré des retrouvailles qui ne sont jamais venues mais elle a aimé cet ellon, au point de faire un enfant avec lui. Après avoir compris qu’elle s’était trompée, elle n’a pas eu le courage de tout avouer et a préféré vivre cet amour qui à mûri bien malgré lui. Cela ne peut être assimilé à de la tromperie à partir du moment où une réincarnation peut survenir chez un sujet sans la souvenance. Elle vient avec le temps, voilà pourquoi Elenna ne doit pas être mise au banc des accusés. Notre magnifique souverain l’a bien compris.
    Ceci dit, lui aussi comprend beaucoup de choses et notamment certains de ses agissements.
    Pour preuve, il pardonne à Elenna avec toute sa sensibilité et son amour pour elle.
    Il fait preuve dune si grande mansuétude…ce roi est parfait. Ne vous l’avais-je point dit tout au long de ce récit ? Un autre que lui aurait condamné. Pas lui. Au fond, il est comme tout être vivant avec ses doutes, ses peurs, ses craintes…sauf qu’il est…roi !
    Ceci explique cela.
    La suite sera tout aussi passionnante, surtout les retrouvailles avec Cerise qui pour l’instant pense comme une jeune femme de son temps avec ses règles bien précises.
    Mais elle aussi finira par se souvenir je pense.

    C’est vrai que le ton de ce récit à changé. L’histoire a évolué vers quelque chose de beaucoup plus sérieux, le côté merveilleux de cette passion que l’on devine est là bien présent.
    Toutefois, pour avoir lu depuis le début cette histoire passionnante, j’ai la nostalgie du Thranduil des débuts. Un peu cabotin, un peu soupe au lait, un peu lointain, mais passionnément amoureux, fougueux, autant dans ses paroles que dans ses actes.
    Il me manque un peu ce roi là…
    J’ai hâte de retrouver sa passion envers Cerise. Le fait de ne plus être un monarque sur ces Terres sacrées le rendra-t-il plus passionné ? Il finira par se lâcher enfin…
    L’avenir le dira.
    Si tu ne postes pas d’ici Noël, je te souhaite de bonnes fêtes. Si tu postes, alors je réitérerai mon souhait. Mieux vaut deux fois qu’une 😀

    Bisous à toi Gente dame.

    Aimé par 1 personne

    • Un chapitre important quant à la suite…

      Elenwë ne se souviendra jamais de ce qui a été. Sa vie d’aujourd’hui, elle doit la construire sur ce qu’elle est et ce qu’elle accepte et acceptera ou pas. Rien n’est simple et surtout pas l’amour.

      Quant à ta nostalgie du Thranduil des débuts, eh bien, je te dirais qu’il a évolué et que je le vois mal être froid et distant avec celle qu’il a aimé, perdue et pleurée. Après les interactions Thranduil/Cerise me manquent aussi alors j’espère qu’il va vite se remettre et retrouver son chemin vers les terres de Valimar.

      Comme je le disais il y a quelques jours sur le groupe Facebook que j’ai créé et dédié à mes fics; je prévois deux OS bonus pour le réveillon et Noël. La suite de l’histoire sera pour la rentrée 2015.

      bisous à toi aussi et merci pour ta review ❤

      J'aime

  • Ai lu cette superbe fic en l’espace d’une journée ! Vive les congés paillasses XD ! Que dire… Je suis juste fan ! J’ai beaucoup ri (on m’a d’ailleurs très certainement pris pour une folle dans les transports en communs mais soit). J’aime vraiment la manière dont tu interprètes les personnages, les pensées successives de cerise puis de notre chèr seigneurs des elfes ! Intrigue superbement bien décrite, plausible, original surtt quand on sait que legolas is black ! (moi qui l’imaginait arborant fièrement une crinière dorée comme son papounet) mais rien n’enlève à son charme ! gimli je kiffe y a rien à dire 🙂 un petit bout qu’on a envie de bichonner ! Tu sais nous mettre dedans et j’ai hâte de lire la suite : une cerise et son chéri d’amour qui va lui annoncer qu’ils auront un mini legolas et qu’elle était l’amour de sa life qu’il s’est fourvoyé et ils finiront par baiser comme des lapins sur du Barry White pendant que galadriel sera sidérée de la teneur des pensées de thranduil et ira péter son câble auprès de célébron pour n’être qu’un incorruptible frigide ! (bref j’arrête je hâte de lire les bonus 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Hello Sam !

      Ta review m’a bien fait rire ! Bon d’abord, je suis vraiment contente que cette histoire te plaise 🙂 Ensuite… Heum, je ne pense pas que Celeborn soit frigide. Bien au contraire 😉 Sa relation avec Galadriel est belle bien que peu mise en avant dans les récits de Tolkien mais je pense que c’est parce qu’ils sont juste heureux ensemble. Ils n’ont pas un amour contrarié comme Cerise et Thranduil justement 😉

      Et toi alors ? Comment vont tes amours avec Legolas Vert-Feuille ? ^^

      J'aime

  • J’ai mal au coeur pour eux. Elenna a fait à Thranduil ce qu’il a lui-même fait à Cerise. En plus de ça, il ne sait pas qu’elle est enceinte et qu’elle n’a absolument aucune envie de devenir mère ! J’aime encore moins Elenna, mais elle a au moins le mérite de se retirer de la partie, bien que cela soit un peu tard.
    Pour ce qui est du personnage qui intrigue Cerise à la fin de ce chapitre, j’imagine bien un bruit de respirateur et une phrase culte : « Je suis ton père ». Désolée, il fallait vraiment que je l’écrive, je ne pouvais pas garder ça pour moi !!! Lol.
    C’est clair qu’un elfe aux cheveux roses ne doit pas se rencontrer tous les jours !
    J’ai hâte de lire la suite et te souhaite de bonnes fêtes et bon courage pour cette nouvelle année qui s’annonce pleine de changements ! 😉

    Aimé par 1 personne

    • Pour ma part, j’aime beaucoup Elenna et l’air de rien, elle amène à réfléchir sur ce que Thranduil a fait à Cerise. Clairement c’est blessant et assez humiliant quand la personne que tu aimes te dit qu’elle t’a pris pour un/une autre. Espérons que tout ceci lui ouvrira les yeux.

      LOL Pauvre Cerise, fille de Dark Vador :lol;

      La suite sera publiée à partir de la rentrée 2015. Je vous prévois 2 Os bonus pour le réveillon et Noël.

      Merci pour ta review ❤

      J'aime

  • Je sais, je sais, miss en retard de 20 kilomètres vient enfin d’arriver à destination. Passons sur le fait que mon dos et mes yeux me le font payer en ce moment même, j’attaque mon blabla.
    Effectivement, un chapitre très dur pour nos deux petits amoureux. C’est dommage qu’Elenna n’apprend a thranduil qu’il n’est pas son âme soeur que maintenant , tout le chemin parcourut pour la retrouver, il a les pattes sciées dans les deux sens du terme pour le coup. Je ne reviendrai pas sur Cerise et sa non motivation et joie envers l’enfant qu’elle porte. Un peu d’amour d’un ancien seigneur elfe lui fera peu être du bien. et la fin du chap, j’ai tiqué sur la couleur de cheveux XD mais bon, je ne vois pas qui cela pourrait être. J’ai des lacunes, de grosses lacunes concernant le monde créer par monsieur tolkien. Ce fut un plaisir de lire ton chapitre et je te dit à bientôt.

    ps: ça va être comique ma lecture du chapitre de néréa et celui de toutouille, ils sont tellement grand que je me demande en combien de fois je vais bouclé ma lecture pour pas me flinguer plus les yeux et le dos XD

    Bisoux +++< ❤

    Aimé par 1 personne

    • Oui Cerise a besoin de son Thranduil, elle porte son enfant et en tant que tel, elle a besoin de son soutien. C’est dur pour elle. Mais ce qu’elle ne sait pas c’est que lui aussi va avoir besoin de son soutien plus que tout. Les retrouvailles promettent d’être intense.

      Bon courage pour ta lecture en retard. Si tu as une imprimante sors les sur papier.

      Bisous et merci pour ta review ❤

      J'aime

  • La fille qu’elle est toujours en retard, bonjour…

    On y est donc arrivés… On connait donc enfin le fond de l’affaire, tous ces détails laissés ici et là, tous ces sous-entendus plus ou moins inconscients… et tous ces millénaires passés sur une imposture. Une double-imposture, en fait, car mine de rien, Thranduil et son épouse y auront cru tous les deux, du moins au début. On voit ici, à travers ce jeu de miroir sur lequel je reviendrai par la suite, à quel point cette « réincarnation » elfique est fourbe. Que l’âme revienne est une chose, mais si le corps et les souvenirs sont absents, c’est entièrement différent parce qu’on ne peut que croire sans être sûr et risquer de se tromper. Une erreur qui est venue d’Elenna, en premier lieu. Le plus dur, c’est que tout était inconscient. Elle y a cru au début, puis s’y est raccrochée désespérément, mais elle n’a pas pu s’empêcher de souffrir puisque cette douleur faisait partie de ce qu’elle est. Sans doute aurait-elle souhaiter avoir une longue vie heureuse et sans histoires aux côtés de Thranduil (dans une moindre mesure vu les événements extérieurs qui se sont produits dans la forêt, merci Sauron), parce qu’elle l’aimait beaucoup et ne souhaitait pas le voir souffrir, sans compter qu’ils ont eu un enfant ensemble. Finalement, on se rend compte ici que l’amour éternel pour une seule personne a beau être très beau et très romantique sur le papier, dans les faits c’est autre chose. C’est un piège. Un drame survient et il n’y a aucune possibilité de se reconstruire. La mort, ici, est une délivrance. Il est inévitable qu’Elenna ait dû souffrir le martyr durant ces siècles passés dans les cavernes, à devoir attendre de révéler la vérité à celui qui fut son mari… pour lui rendre sa liberté au prix de bien des chagrins. Cela fait, elle peut, effectivement, reposer en paix puisque tout est dit. Mais ç’aura été bien difficile…

    Thranduil, lui, obtient une réponse à toutes ses questions, même celles qu’il n’osait pas se poser et qu’il cachait derrière des arguments plus ou moins branlants. Aimer deux femmes en même temps ne faisant pas partie de sa nature, il s’est débrouillé comme il l’a pu quitte à souffrir et à faire souffrir. Bien sûr, en un sens, apprendre que l’une de ces deux femmes n’était pas « la bonne » est un soulagement… mais ça n’est pas ce qu’il aurait voulu entendre. Avoir connu une imposture, vécu une vie de famille basée sur une erreur est très déstabilisant et ça fait mal. Surtout qu’après la mort d’Elenna, il a souffert pour rien, a priori, même si on peut se demander du coup si cette déchéance n’était pas dûe à l’attente de « la bonne personne »… puisque sa rencontre avec Cerise, non contente de bouleverser intégralement son univers, a fait de lui quelqu’un de meilleur dans une moindre mesure. Sa colère et son chagrin n’en sont pas moins légitimes et ses réactions sonnent très juste, quitte à serrer le cœur du lecteur. Cela dit, si le « cas Elenna » est réglé, il n’en est pas moins à la croisée des chemins et il va devoir faire un choix, trouver lui-même ce que le destin lui réserve… et cette fois sans se tromper. L’enjeu est de taille et il en est bien conscient.

    Je ne saurais une fois de plus qu’applaudir le jeu de miroirs sur ces réincarnations. Elenna qui a vu en Thranduil la nouvelle enveloppe corporelle de son âme-sœur et Thranduil qui a vu en Cerise celle de son épouse décédée. Ce quiproquo douloureux appuie de façon féroce sur ce qui est dit plus haut, que cette histoire d’âme sœur est une prison, finalement, et que la moindre erreur peut s’avérer fatale. Cette vision de l’amour chez les elfes, assez extrême, montre que finalement, l’éternité n’a rien d’une sinécure et que « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » est une issue un rien simpliste. On en arriverait presque à envier les cœurs d’artichauts de ceux qui passent d’une moitié à l’autre parce que les elfes, eux, n’en ont pas la possibilité et que finalement, ça fait très mal.

    Quant à Cerise, elle subit de plein fouet le décalage entre le monde dans lequel elle a vécu et celui d’où elle s’avère finalement originaire. Valinor n’a rien à voir avec la terre du milieu et son statut dont elle ne sait pas encore tout ne facilite guère sa situation. Elle est par ailleurs confrontée à l’incompréhension générale de ceux qui l’entourent. Autres temps, autres lieux, autres mœurs, dans cet univers qu’elle ne comprend pas et qui ne la comprend pas, elle ne cherche pas à s’adapter. A cet ensemble de nouveautés s’ajoute le passif de sa relation avec Thranduil qui l’a abandonnée et la nouvelle de sa grossesse n’arrange rien. Elle n’y est pas prête et n’a même plus la maîtrise de son propre corps. Tout lui échappe, à commencer par elle même. C’est d’autant plus symptomatique qu’elle persiste à se faire appeler « Cerise » malgré les « Elenwë »et autres « Aranel » dont on insiste à l’affubler. Je noterai ici le peu d’efforts de Galadriel, qui a connu Cerise à Eryn Lasgalen et qui sait ce qu’il en est tout en préférant adopter le profil bas aux côtés des Valar plutôt que de l’aider. L’intervention de Tamril, elle, est tout à fait opposée et le passage le mettant en scène est particulièrement émouvant. Une fois les choses réglées une bonne fois pour toute entre eux, leurs rapports s’annoncent a priori des plus sains, l’ancien sbire de Thranduil s’annonçant par avance comme un soutien salvateur. Ça fait du bien.

    Je ne dirai pas grand chose sur la fin, je risquerais de spoiler les gens. N’empêche, la suite s’annonce passionnante sous bien des aspects et… on a encore rien vu :p

    Aimé par 1 personne

    • Tu as complètement cerné les personnages, à tout le moins, ce qu’ils ressentent. Pour moi il était important de trouver ce qui pourrait libérer Thranduil et mener mon histoire à bien et j’ai trouvé que lui renvoyer ses propres erreurs vis à vis de Cerise, au visage en était une excellente.

      Est-ce qu’il ouvrira les yeux pour autant… Ça, l’avenir nous le dira… Mais comme tolkien sait si bien le faire, j’aime les amours tortueuses et compliquées. Ce sont les plus belles à mes yeux, même celles qui se terminent mal.

      Gros bisous ma belle ❤ ❤

      J'aime

  • Je m’attendais point à ce revirement de situation pour Thranduil face à Elenna…enfin plutôt l’inverse…et qui est cet elfe borgne et majestueux ? Me voilà donc à la fin de ce que tu as écris en attendant la suite..je vais lire tes bonus…tu écris admirablement bien…j espère que tu auras autant de plaisir a me lire que moi j’en ai pour tes écrits… 😀

    Aimé par 1 personne

Laisser une review

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s