Chapitre 37 : Une Nouvelle Vie

Tableau de Pino Daeni

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Une Nouvelle Vie

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Cerise

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Au lieu de me répondre, l’inconnu continua de me fixer sans rien dire comme si une deuxième tête venait de sortir de mes épaules. C’était pour le moins frustrant, voire exaspérant d’être ainsi dévisagée.

Sentant ma patience s’émousser, je réitérai une seconde fois ma question d’une voix légèrement contrariée :

— Qui êtes-vous, bon sang ?

L’elfe aux allures de guerrier barbare inclina la tête sur le côté avant de se détourner de moi pour partir. Je compris qu’il ne me répondrait pas et que je n’avais d’autre choix que de le suivre si je voulais savoir qui il était… Enfin, s’il daignait, bien sûr, m’adresser la parole.

— Hey, quoi ?! marmonnai-je dans ma barbe. Je pue, c’est ça ?! Génial comme accueil !

Nous commençâmes alors un périple dont je me serais bien passé à travers des dédales interminables de couloirs d’un blanc immaculé qui me rappelèrent l’un des innombrables rêves que j’avais fait durant mon voyage jusqu’aux Havres Gris. Le colosse, dont j’ignorais toujours le nom, marchait tellement vite que je dus bientôt me mettre à courir derrière lui pour ne pas le perdre de vue, ce qui ne me plaisait pas du tout, soit dit en passant. Je n’avais pas une grande endurance et puis… Vous avais-je déjà dit à quel point j’adorais le sport ? Oui, souvenez-vous, particulièrement les matchs de rugby, et devant ma télé de préférence. Non là, j’avais vraiment du mal à tenir la cadence et ce grand nigaud semblait s’en ficher comme de sa première tétine ! J’étais vraiment en veine ce soir.

— Hey ! Toi, le mec sans nom, tu peux marcher moins vite s’il te plait ?! dis-je en haletant sous l’effort.

N’y tenant plus, je m’arrêtai en plein milieu de ma course pour reprendre mon souffle. Relevant la tête, le front en sueur, je vis que l’elfe barbare — et un peu barbant aussi — m’attendait patiemment, les bras croisés devant les premières marches de ce qui devait être un escalier.

Pitié, non, pas ça, gémis-je intérieurement.

Passant la main sur ma nuque détrempée, je soufflai un bon coup pour me donner du courage et me relevai. Dès qu’il vit que je m’étais remise, il reprit son ascension sans même m’attendre. Je ne savais pas ce que je trouverais en haut mais à ce rythme là, je serais morte avant même d’avoir gravi la dernière marche !

La pauvre humaine que j’étais se trouvait déjà en bien piteux état !

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Quinze étages plus haut, et après avoir fait au moins quinze pauses entre chaque, nous arrivâmes enfin devant une immense porte richement décorée. Je pus enfin souffler et me détendre carrément. Non, parce que j’avais vu que les escaliers continuaient toujours plus haut, mais là je crois que je serais morte avant la fin d’une insuffisance cardiaque. Je n’étais pas habituée à tant d’exercice physique.

Conan le Barbare, quant à lui, n’avait eu aucune compassion pour la pauvre mortelle que j’étais. Il ne s’était pas retourné une seule fois vers moi pour savoir comment j’allais, comme si mon état l’indifférait totalement. Saleté d’elfe ! Toujours sans me regarder, il ouvrit la porte avant de me laisser passer. Avisant un fauteuil aussi confortable que providentiel, je dus me retenir pour ne pas me jeter dessus.

— Vous n’êtes pas bien endurante, Aranel, dit enfin Conan de sa voix basse et profonde.

— Oh Mon Gieu ! m’écriai-je tout en mimant de la main une grande frayeur, vous avez parlé ! Vite qu’on l’écrive dans les annales du manoir ! C’est un miracle !

Je venais de me moquer de son attitude, mais cela sembla glisser sur lui comme sur les ailes d’un canard. Nullement touché, il haussa seulement un sourcil avant de se poster sur le côté droit de la porte. Le voir ainsi me donna quelques sueurs froides. Il était terriblement effrayant, surtout qu’il ne me lâchait pas des yeux.

Mal à l’aise, je décidai de l’ignorer en pensant à autre chose. Par curiosité, je me mis à observer l’endroit où nous nous trouvions.

Je dus admettre que cette pièce immense, bien que sobre dans sa décoration, était plutôt chaleureuse. Une immense baie vitrée donnait une vue imparable sur les paysages de… De… Je ne connaissais pas avec exactitude le lieu où je me trouvais, à moins que ce ne soit Valinor tout simplement. Galadriel m’avait donné le nom de la capitale mais je ne l’avais pas retenu. Oubliant ma sourde envie de faire la carpette sur le fauteuil confortable qui semblait m’appeler de toutes ses forces, la curiosité me poussa une nouvelle fois à regarder un peu plus autour de moi.

De fait, je n’entendis pas la porte s’ouvrir, ni Conan s’avancer jusqu’à moi.

— Bonjour mon enfant, dit une voix féminine au timbre si claire qu’il en paraissait presque surnaturel.

De surprise, je sursautai violemment avant de pousser un petit couinement tout en posant une main tremblante sur mon pauvre petit cœur bien malmené.

Une fois calmée, je regardai les nouveaux arrivants et poussai une nouvelle exclamation de surprise en reconnaissant l’homme que j’avais vu avant de débarquer ici.

— Vous ! m’écriai-je.

— Je t’avais dit que nous nous reverrions bientôt.

L’homme et la femme n’étaient pas des elfes, mais une chose était certaine, ils n’étaient pas non plus humains. Chose encore plus surprenante, ils ne m’effrayaient pas… Et pourtant, croyez-moi, ils avaient tout pour !

Leur taille devait avoisiner facilement les deux mètres dix, deux mètres vingt à tout casser. Non, je n’exagérais rien. J’avais trouvé Conan super grand, mais il paraissait presque petit à leurs côtés. De plus, il émanait de leur corps une drôle de lumière d’un bleu quasi électrique. Sans parler de leurs yeux aux pupilles presque irréelles. Comme à notre première rencontre, lui n’avait pas changé, je me focalisai donc sur sa compagne et écarquillai les yeux quand je découvris que sa chevelure n’était pas d’un beau noir d’ébène, mais bel et bien d’un bleu outremer presque noir sur lequel semblait briller mille éclats d’étoiles en mouvement. Incroyable !

Toute à mon incroyable découverte, je ne me rendis pas compte qu’ils faisaient de même avec moi, et tout cela sous l’œil impassible du barbare elfique qui semblait s’être figé en statue de marbre.

Notre inspection mutuelle aurait pu durer des heures mais la femme à la drôle de chevelure s’avança vers moi, un sourire lumineux se peignant sur son visage.

— Elenwë, je suis si heureuse de pouvoir enfin te revoir, ma douce, ma chère enfant.

Encore cette Elenwë, qu’est-ce qu’ils m’agaçaient à vouloir à tout prix changer mon identité, entre ça et Thranduil qui m’avait prise un temps pour sa femme… Ne surtout plus penser à lui au risque de finir par me ridiculiser en fondant en larmes devant ces êtres incroyables.

— Je ne sais pas pourquoi vous persistez à m’appeler par ce nom, mais je m’appelle Cerise Martin, répliquai-je vertement.

La femme s’avança encore vers moi et se pencha avant de passer ses deux mains sur mon visage. Elles étaient douces et incroyablement chaudes.

— Nous savons tout ceci, mon enfant. Tes parents se nomment Georges et Hélène Martin, vivant dans une partie lointaine et parallèle d’Arda, un autre monde d’un autre siècle sur des millénaires avancés…

Je secouai la tête pour qu’elle me relâche. Je ne comprenais pas ce qu’elle me disait, comment pouvait-elle savoir d’ailleurs ? A moins que…

— C’est vous qui m’avez envoyé dans ce monde de fous ? Je veux rentrer chez moi ! S’il vous plaît !

Autant se montrer polie. Je n’avais pas envie d’éveiller leur fureur.

— Oui, c’est bien nous, répondit l’homme. Mais il faut que tu comprennes que c’est aussi nous qui t’avons envoyée à Georges et Hélène Martin. Le monde d’où tu viens n’est pas celui dans lequel tu es née.

— Heu… Je ne comprends absolument pas ce que vous me dites. Vous pouvez vous exprimer plus clairement ? demandai-je, le cœur battant.

Une partie de moi pensait avoir saisi, mais l’autre se rebellait même à cette idée. C’était impossible et complètement farfelu !

— Ce que mon époux essaie de te dire, c’est que tu es née ici. Que ton destin n’est pas sur cette Terre qui t’a vu grandir mais bel et bien parmi nous, auprès des tiens.

Je refusais de croire à ces conneries. C’était tout bonnement impossible. Je n’avais rien d’elfique ni de magique, ni de quoique ce soit en commun avec les habitants de ce monde !

— Il doit y avoir erreur, c’est impossible ! Je n’ai rien à voir avec vous !

Les deux époux, puisqu’apparemment ils l’étaient, se consultèrent du regard.

— Je suis Varda, épouse de Manwë et gardienne de la lumière et des Etoiles de ce monde, mais avant tout et pour toi, je suis celle qui t’a portée durant un an et mise au monde.

Mon cœur, à cette information, rata un battement. Comment pouvait-elle affirmer un truc pareil ? Je n’avais rien de commun avec eux. Je ne leur ressemblais même pas… Hormis mes cheveux qui auraient peut-être pu rivaliser avec ceux de certains elfes, je n’étais pas comme eux.

— Nous comprenons tes angoisses et ta perplexité. Tes années sur cette terre lointaine t’ont irrémédiablement changée. Tu es aussi humaine que n’importe quel être humain et pourtant coule en toi un sang bien différent. Depuis ton arrivée en Terre du Milieu, tu n’as cessé de te battre contre ta véritable nature, te créant ainsi de grandes faiblesses physiques et morales.

L’homme, Manwë avait dit cela d’un ton sans appel et je me souvins des fortes fièvres qui m’avaient assaillie lorsque j’étais à Mirkwood. Ce ne pouvait pas être à cause de ce qu’il disait. Si j’avais été malade, c’était parce que les cachots de Thranduil étaient insalubres et que…

— Ne te mens pas à toi-même, Elenwë, tu sais que c’est l’unique vérité. Depuis ton arrivée, nous n’avons jamais cessé de t’observer, de t’appeler à nous, de…

— Alors c’était vous ces voix que j’entendais dans ma tête ? m’exclamai-je d’un coup.

— Oui, répondit la dénommée Varda.

Je ne comprenais plus rien, et j’avoue que j’étais aussi complètement sonnée. Il fallait que je m’assoie quelque part, que je me repose, mais… seule. Je savais que je n’étais pas en mesure d’en entendre plus. Peut-être que ça marchait à merveille dans les fanfictions ou dans les histoires abracadabrantes mais là, il s’agissait de ma vie. Prise d’un doute, je me pinçais jusqu’au sang mais la douleur belle et bien là m’apprit que je ne délirais pas.

— Ashräm, interpella Manwë d’une voix douce, emmène ton Aranel dans ses nouveaux appartements. Elle a besoin de repos et de réflexion. Ce que nous venons de lui apprendre représente beaucoup d’informations à digérer.

Le barbare, qui ne s’appelait finalement pas Conan — dommage, ça lui allait si bien —, s’inclina avant de tendre la main vers moi d’un geste doux.

N’ayant plus la force de quoique ce soit, je le suivis sans adresser le moindre regard à ces deux êtres qui étaient en train de bouleverser ma vie de bout en bout et sans aucune once de remord. Je savais que les elfes les considéraient comme des divinités ici-bas, mais je n’arrivais pas à m’enlever ce sentiment d’injustice et de doute qu’ils m’inspiraient.

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Nous dûmes redescendre cinq étages avant que le guerrier ne me désigne une porte au fond d’un couloir éclairé par de petites lanternes. La lumière était si vive qu’on aurait pu croire qu’elle était fournie par de l’électricité. Mais je savais qu’il n’en n’était rien.

L’intérieur de la pièce était sobre, mais chaleureux. On était loin des chambres de princesses de contes de fées, mais ça me convenait tout à fait pour ce que j’avais envie de faire présentement. Je me ruai vers le lit avant de m’effondrer dessus et de pleurer à chaudes larmes. Cela faisait longtemps que ça ne m’avait pas pris, mais là, j’en avais franchement besoin et c’est avec douleur et soulagement que je me laissais aller à cet état de désespoir qui ne semblait plus me quitter depuis que j’étais arrivée dans ce pays de malheur.

L’elfe, cet Ashräm, n’avait pas bougé d’un pouce depuis qu’il était entré à ma suite. Lorsque je relevai la tête, une demi-heure après, il fronça carrément les sourcils en voyant mon visage ravagé par le chagrin et la détresse. Une partie de ma conscience se rappela que Thranduil avait réagi de la même façon la première fois qu’il m’avait vue avoir ce genre de crises. Penser à l’elfe qui m’avait abandonnée dans ce monde inconnu faillit avoir raison de moi car pour l’heure, je n’aspirais qu’à une chose : le réconfort de ses bras et sentir sa douce odeur de chèvrefeuille contre moi. Il me manquait tant !

De nouvelles larmes perlèrent aux coins de mes yeux déjà bien rougis et gonflés.

— Vous êtes différente de ce à quoi je m’attendais, Aranel.

La voix grave, riche et profonde de mon compagnon d’infortune me rappela que je n’étais pas seule.

Me redressant, je m’assis sur le lit tout en m’essuyant sommairement les yeux avec une des manches de ma robe. Il ne me proposa pas de mouchoir ni ne m’apporta de verre d’eau. Non, il se contenta de me regarder d’un air doux et pénétrant. Me souvenant de ce qu’il venait de me dire, je faillis voir rouge.

— Vous m’en voyez navrée si je ne suis pas à la convenance de monsieur le barbare ! grognai-je, insultée par sa précédente réplique. Mais pour qui se prenait-il ?

Il tiqua au mot barbare et son regard se rembrunit d’un coup.

— Je vous sens fâché contre moi, continuai-je, surprise qu’il ne me réponde pas.

— Je ne le suis pas, Aranel. Vous êtes fatiguée et votre constitution fragile mérite que vous preniez un peu de repos.

Je le vis avancer vers moi, tendre la main puis… se raviser. Au lieu de cela, il me fit la révérence et partit sans un mot de plus, me laissant enfin seule. J’aurais du m’en sentir soulagée, d’être enfin débarrassée de lui mais… La solitude me pesa plus que tout. Qu’allais-je faire maintenant ? La soirée avait été des plus éprouvantes et, comprenant que je ne retournerais pas ce soir chez nos hôtes, je finis par m’allonger habillée sur le lit.

Décidément, je ne savais plus quoi penser de tout ce qui m’arrivait. J’avais l’impression de vivre une mauvaise farce.

Je me sentais perdue et plus seule que jamais. Impossible de ne pas penser à Thranduil dans un moment pareil. Mon cœur se serra à l’imaginer avec son épouse. M’avait-il déjà oubliée ? Reléguée aux oubliettes… Coulait-il des jours heureux avec son âme sœur ? Me retournant sur le côté, je me forçai à penser à autre chose… Mais ce fut dur… Toutefois, le sommeil finit par avoir raison de moi et m’emporta dans un monde sans rêve. Je n’en demandais pas tant, mais ce fut un véritable soulagement !

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Thranduil

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Je ne savais pas depuis combien de temps j’errais comme ces âmes en peine dans les cavernes de Mandos mais étrangement, je n’en avais que faire.

Le monde sur lequel j’avais construit mon passé puis mon présent s’était écroulé tel un château de cartes aux bases fragiles. J’avais du mal à accepter les révélations d’Elenna. Une partie de moi voulait croire à un mauvais rêve, une sorte de cauchemar aussi vicieux qu’intolérable… Et pourtant, il s’agissait bien de la vérité. La seule qui importait, mais je ne me sentais pas encore prêt à l’assimiler dans son entier. Comment l’aurais-je pu quand cela signifiait devoir remettre en question tout ce que j’avais appris, aimé ? Ni Legolas, ni moi ne méritions cela.

Tandis que je ruminais, j’errais sans fin dans ce lieu de mort, me demandant s’il ne serait pas préférable que je finisse, moi aussi, par quitter ce corps de chair et de sang devenu trop lourd à supporter.

Je ne pouvais penser à rien d’autre. Seule la noirceur des ténèbres semblait vouloir m’envelopper pour mieux m’étouffer.

Ne jamais me réveiller.

Un guerrier agissait-il ainsi ? Avais-je déjà franchi le seuil de la fleur de l’âge ? N’y avait-il donc aucune rédemption pour moi en ce monde ?

La vision d’une jeune fille blonde s’imposa à mon esprit. Souriante et malicieuse. Décontenancé, je finis toutefois par la chasser de ma tête. Elle n’avait rien à faire là. Elle méritait mieux… Tellement mieux.

Le temps ici sembla se figer… Mais je m’en moquais. Etais-je lâche ? Peu importait, après tout… Et le temps ? Le temps, passait inexorablement sans que je m’en préoccupe, sans que je m’en aperçoive…

Et c’était mieux ainsi.

Figé pour l’éternité.

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Cerise

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Quatre putains de longs mois venaient de s’écouler et je n’avais toujours aucune nouvelle du retour de l’Autre. A croire qu’il était tellement occupé à se vautrer dans la luxure avec sa pouff‘ qu’il en avait oublié sa promesse à mon égard.

En fait, il m’avait totalement oubliée et ça me faisait mal au cœur de penser à ça.

Aranel ! me lança Ashräm, me sortant de mes tristes pensées, regardez où vous mettez les pieds.

Avisant le sol de terre battue, je vis quelques petites mottes éparses qui auraient pu me faire tomber la tête la première. Vu mon état et ma maladresse avérée, il valait mieux éviter, c’était certain.

— Merci, dis-je à ma baby-sitter attitrée tout en caressant mon ventre qui s’arrondissait doucement mais sûrement.

Du temps avait coulé sous les ponts depuis mon arrivée ici. J’avais toujours du mal à admettre que j’étais, en quelque sorte, la fille des deux Valar les plus adorés et respectés de Valinor, que les autres me considéraient un peu comme leur nièce… Bref, que j’étais ici quelqu’un, alors que plus les jours avançaient et plus je n’aspirais qu’à une chose : retourner dans le monde qui m’avait vue grandir.

Ce n’était pas égoïste mais réaliste. Ce n’était pas parce que j’étais censée m’extasier et hurler ma joie de vivre — avec des cœurs dans les yeux — dans une sorte de conte de fées que je devais l’accepter pour autant.

Avisant l’elfe colossal à côté de moi, je poussai un petit soupir de frustration. S’il y avait une chose à dire sur lui, c’était qu’il était peu loquace. Cependant, j’en étais venue à véritablement l’apprécier. Il était gentil avec moi et quand il pensait que je ne le voyais pas, il me lançait des regards empreints de bien plus de douceur qu’il n’y mettrait jamais dans ses attitudes.

Au fur et à mesure, j’avais réussi à glaner auprès d’autres elfes de Valimar, la capitale de Valinor — Je m’étais renseignée depuis — dans laquelle nous nous trouvions, quelques informations sur lui. Ashräm avait été recueilli alors qu’il n’était pas encore tout à fait adulte par Manwë lui-même. Ashräm était vieux, très vieux et ses blessures, il les devait à l’attaque des Ñoldor contre les Teleri, peuple auquel il appartient, lors de leur exode vers la Terre du Milieu.

Depuis, il s’était renfermé sur lui-même et parlait peu. Ses blessures étaient autant physiques que psychiques et… Sans doute à cause des hormones, j’avais pleuré comme une madeleine en apprenant ce grand drame qui avait secoué son existence. Toute sa famille était morte et il avait même vu sa mère se faire trancher la gorge sous ses yeux. Quelle horreur ! J’en tremblais encore rien qu’à y penser.

Bien sûr, jamais je ne me serais permise d’étaler ma compassion à son encontre ni de la lui témoigner… Je tenais à la vie !

— Vous me paraissez bien songeuse, Aranel, dit l’objet de mes pensés tout en passant sa large main bardée de cicatrices contre mon dos douloureux.

— Pas plus que d’habitude, et pourquoi ne voulez-vous pas m’appeler par mon prénom ? dis-je en me retournant vers lui, les poings sur mes hanches qui s’épanouissaient à vue d’œil.

— Elenwë… répondit-il de sa voix forte et grave.

— Non ! m’exaspérais-je. Pas ça, mon véritable prénom !

— Il l’est.

— Non, grognai-je, mécontente, je m’appelle Cerise. C. E . R. I . S . E

Ashräm secoua la tête, l’air plus sérieux que jamais. Chez lui, sourire s’apparentait à un miracle de Noël et je n’étais pas sûr que les elfes en connaissent le concept. Dommage ! Peut-être un jour devrais-je leur en parler… Histoire de !

— La Cerise, reprit-il, est un fruit que l’on mange et non le nom qui sied à une princesse.

J’avais besoin de me défouler un peu et c’est furieuse que je lui rétorquai :

— Ça suffit avec ça, je ne suis pas une princesse !

Je me désignai de la tête aux pieds :

— Est-ce que j’ai l’air d’une princesse ? Non ! De plus, Elenwë ne devrait même pas être mon prénom au vu de vos sacro-saintes légendes puisque c’est celui de ma première génitrice ! Donc, j’étais, je suis et serai Cerise. Cerise ! Cerise et encore Cerise ! Nom de fruit ou pas, je m’en contrefiche, non mais !

Loin de s’énerver, il combla la distance qui nous séparait et se pencha lentement vers moi.

— Vous énerver n’est pas bon pour l’enfant que vous portez, Elenwë, ni pour vous.

Il accentua exprès le nom d’Elenwë et, comme par magie, je me mis à rire comme une idiote, ce qui eut pour effet de le déstabiliser. Foutues hormones.

Décidant de l’ignorer, j’accélérai le pas quand nous arrivâmes devant une sorte de chaumière plutôt bien agencée. Un bruit de marteau frappant sur du métal parvint jusqu’à nos oreilles. Intriguée, je contournai la bâtisse pour me retrouver nez à nez avec un géant torse nu et luisant de sueur en plein labeur. Ashräm arriva quelques secondes après-moi.

— Nous ne devrions pas être ici, me murmura-t-il à l’oreille mais peine perdue car le forgeron l’avait entendu.

— Au contraire, c’est un plaisir que de rencontrer enfin l’Aranel de Valimar, répondit l’homme en se tournant vers nous, un sourire carnassier éclairant sa figure légèrement rougie par le feu.

Je fus surprise par l’allure qu’il arborait. Il avait les cheveux plutôt court et blond foncé. Son visage splendide était agrémenté d’une barbe fine se terminant par un bouc. Sa stature, de part son travail, était impressionnante et, étant fan des joueurs de rugby, je dus m’avouer qu’il était loin de me laisser insensible.

L’homme reposa son marteau et lança un seau d’eau sur l’âtre d’où s’échappaient maintenant des volutes de fumées épaisses. Avisant Ashräm du coin de l’œil, je vis qu’il avait croisé les bras tout en fixant avec respect le forgeron qui terminait de s’essuyer le front avec un linge, avant de récupérer une chemise en flanelle qu’il enfila avec aisance pour être plus décent. Dommage, je l’aimais bien torse nu, moi.

— Alors, que fait l’Aranel fraîchement débarquée de la Terre du Milieu en pleine campagne alors qu’elle pourrait tranquillement se prélasser dans la demeure du vénérable et non moins vénéré Manwë Sulimo ?

Je lâchai un soupir d’exaspération en entendant cette question maintes fois dites à demi-mot autour de moi depuis que j’étais arrivée ici. Comme si le fait d’avoir eu une naissance hors norme et de l’apprendre avait fait de moi quelqu’un d’autre. On me prenait vraiment pour une bille et je n’étais pas certaine d’apprécier.

— C’est marrant, commençais-je tout en le détaillant sans aucune vergogne — C’est qu’il était vraiment à croquer ! — mais cela va faire plus de quatre mois que j’ai débarqué ici et vous savez quoi ? Je ne me sens pas plus différente qu’avant. Ah ! Si ! J’ai pris du ventre, mais ça je n’y peux pas grand chose. Mais non, l’Aranel, comme vous dites, n’a pas envie de se prélasser, en fait elle ne veut qu’une chose : rentrer chez elle en Terre tout court !

— Elenwë, m’avertit Ashräm d’une voix sourde.

— Cerise ! Je suis Cerise, bordel ! C’est pas difficile à comprendre… Si ?!

Je n’avais pas envie de l’écouter et le forgeron, loin d’être courroucé, semblait au contraire plutôt enchanté.

— Intéressant, répliqua-t-il. Vous n’êtes pas comme toutes ses elfines qui arrivent par le port…

— Peut-être parce que je n’en suis pas une ! dis-je vertement. Non, mais il m’avait bien regardée ?

Parce que oui, on avait beau me rabâcher que j’étais la fille légitime et reconnue des deux Valar les plus aimés de Valinor, ça ne changeait pas le fait que… Eh bien j’étais humaine ! Quel beau pied de nez. J’en jubilais encore, dites donc !

— C’est exact, répondit l’homme qui rangea ces ustensiles sans plus m’accorder un regard. Vous n’avez rien d’une elfine … En fait, c’est cela qui est le plus étrange chez vous, c’est que malgré tout ce qu’on a pu vous dire, vous vous obstinez à vouloir être simplement … Humaine.

— Et c’est mal ?

— Non, c’est inattendu, mais pas « mal »…

— Alors peut-être vous êtes-vous trompé de personne ? Je ne suis sans doute pas cette Aranel que tout ce pays semblait attendre comme une sorte « d’Elue ».

Le forgeron partit d’un grand éclat de rire avant d’enfiler un long manteau richement décoré.

— Non pas comme une élue, me dit-il, juste comme une enfant chèrement attendue par toute sa grande famille. Vous devriez être moins braquée sur cette vérité qui vous dérange tant. Sans le vouloir, vous faites du mal à ceux qui ont à cœur votre bien être, petite fille. Ne donnez pas une image négative de vous-même et ne fermez pas la porte de votre cœur à ces personnes qui ne vous veulent que du bien.

Il se détourna alors de nous pour aller récupérer un cheval d’une taille gigantesque avant de l’enfourcher.

— Attendez ! criai-je, je ne sais même pas qui vous êtes.

— Nous nous reverrons bientôt, petite fille. En attendant, attendrissez-vous un peu.

Et il nous planta là dans un énorme nuage de poussière.

— Mais quel malpoli, marmonnai-je irritée, il aurait pu me dire son nom.

— Il s’agissait du grand Aulë, répondit Ashräm qui se trouvait à mes côtés.

— Aulë ?

— Il s’agit d’un des Valar les plus puissants après vos parents…

Hormis mes « parents » et Estë, je n’avais rencontré aucun autre de ces pseudos dieux. Les Valar étaient vénérés par les elfes comme des divinités mais Varda m’avait assuré qu’ils n’étaient que d’humbles serviteurs d’Ilúvatar. Quand je voyais les regards de certains elfes depuis qu’ils savaient qui j’étais… Je n’étais pas sûre qu’ils soient tous du même avis qu’elle sur la question.

Depuis mon arrivée ici, je n’étais pas beaucoup sortie de ma nouvelle tanière, trop sidérée pour aller affronter ce monde qui me dévisageait avec des yeux d’adoration. Je n’avais pas l’habitude d’autant de ferveurs. Quand j’avais revu Finlenn et Tamril, ces derniers s’étaient carrément excusés à plat ventre du comportement qu’ils avaient eu à mon égard.

Bande de cons ! C’est moi, Cerise ! Malgré cette nouvelle, je suis toujours la même. Bon, cela dit, je m’étais quand même regardée sous toutes les coutures pour voir si je n’avais pas changé et force était de constater qu’hormis ma poitrine qui me faisait un mal de chien et mon ventre qui semblait de plus en plus ballonné, je ne m’étais pas transformée en sylphide à la magie digne de l’autre illuminée de service*. Non, j’étais Cerise et resterais Cerise vraisemblablement, et ce n’était pas en me donnant de l‘Aranel ou du Elenwë à tout bout de champ que ça allait changer quoique ce soit. C’est que j’étais têtue et surtout… Humaine.

Le retour à Taniquetil’s House, comme je l’appelais, se passa sans encombre. Ashräm était aussi bavard qu’une tombe scellée et cela me convenait tout à fait. Depuis qu’on me l’avait collé dans les pattes, il ne me quittait plus. Son rôle oscillait entre le garde du corps personnel, le guide et la nounou. Cependant, plus, je passais du temps en sa compagnie et plus il m’intriguait. Il semblait être pas mal craint parmi les elfes et se mêlait rarement aux autres. J’avais tenté d’en apprendre un peu plus sur lui mais c’était comme tenter de faire un trou dans un mur en béton armé… Impossible !

L’avantage de me focaliser sur lui, c’était que je pensais un peu moins à Thranduil, à savoir que j’étais passée de quelques secondes à quelques minutes. Cela dit, difficile d’oublier l’homme, enfin l’elfe qui faisait battre votre cœur. Sans parler de ces maudits rêves… Et certains étaient loin d’être chastes. Si je ne savais pas ce que cela voulait dire mourir de désir… Je lui en voulais d’autant plus. Il m’avait fait entrevoir quelque chose dont j’avais du mal à me passer. Je pensais qu’avec cette grossesse, mon envie de lui s’estomperait, mais au contraire, il n’avait fait que le renforcer comme si mes hormones me criaient que j’avais besoin de lui pour continuer à vivre. C’était débile mais je m’en étais tout de même ouverte auprès d’Estë et sa réponse ne m’avait pas forcément plu.

Les elfes ont besoin de communier entre eux lors d’une grossesse, m’avait-elle répondu. Une elfine a besoin de son compagnon car c’est lui qui lui communique une partie de sa force et renforce son Hröa avec son Fëa. C’est très important pour le bien-être de la future mère et de l’enfant à naître.

Mais je ne suis pas une elfine, juste … Moi !

Cela peu importe car l’âme de cet enfant qui grandit en toi en est un.

Ça va être compliqué, je sens…

Non petite étoile, nous serons là pour toi… A défaut de ce compagnon qui n’est pas à tes côtés…

Finlenn n’avait pas eu de nouvelles de celui qui restait son Seigneur et Roi. Personne n’en avait eu, d’ailleurs. Il semblait avoir tout simplement disparu de la surface de Valinor. Je ne pouvais pas croire qu’il soit parti sans même dire au revoir à ceux de son peuple. Même pour retrouver cette épouse dont la mort l’avait irrémédiablement changé.

Une partie au fond de moi espérait qu’au moins lui était heureux parce que moi, je ne l’étais pas du tout. J’avais tout perdu quand on m’avait arrachée à mon monde, et puis Thranduil m’avait fait apprécier la Terre du Milieu par sa simple présence… Et il y avait eu Liamarë, Legolas, Haldir, Gabrielle et mon cher Gimli. Je les avais tous perdus en suivant Thranduil, pensant que nous aurions encore quelques jours heureux ensemble mais… Il n’était plus là et j’étais de nouveau seule.

Allongée sur mon lit, je sentis les larmes perler aux coins de mes paupières. Je me sentais si seule ici… On avait beau me mettre sur un piédestal, je n’en voulais pas, j’aurais tout donné, mon nouveau statut, cette destinée de merde pour être encore un peu avec celui qui me manquait tant.

Je l’aimais et il était parti. Qu’est-ce que ça faisait mal, si mal…

Perdue dans mon chagrin, je finis par me rouler en boule tout en pleurant celui que je n’avais plus.

Je ne le voyais pas, mais Ashräm se tenait au pied de mon lit, le visage et les poings crispés.

Aranel.

oO0Oo

.*.*.*.*.

oO0Oo

Beaucoup plus loin, dans les cavernes du gardien des âmes, un elfe tomba à terre, lacéré par la peine et le chagrin incommensurable qui lui rongeaient le cœur. Námo se sentait désolé pour cette âme qui avait su garder une certaine pureté dans son cœur malgré les millénaires et les horreurs qu’il avait vécues.

Il pensait avoir aimé d’un amour fou et l’être en retour. Il avait été trompé et pourtant alors que la vérité était là devant lui, il continuait à se leurrer lui-même dans un océan de désespoir aussi intense qu’incommensurable. Námo n’allait pas l’aider car lui seul devait trouver le chemin vers la lumière qui le sortirait à jamais des ténèbres qu’il appelait si chèrement à lui.

A Suivre


Annotations

– L’autre illuminée de service : heum, il s’agit de Galadriel bien sûr !

– Je ne le fais pas exprès mais Cerise est fan de rugby. Ce soir il y a un match France/Ecosse à ne pas louper ! Parce que oui, le sport c’est beau… aheum…

Note de l’auteur

Avant toute chose, je vous souhaite une excellente année 2015 avec tous mes meilleurs vœux !

Puis, je sais que vous attendez toutes et tous avec grande impatience que Thranduil et Cerise soient enfin réunis… Vous savez quoi ? Moi aussi ^^. Ils me manquent ces deux là mais… Heureusement, c’est pour bientôt !

L’air de rien, on approche petit à petit de la fin de cette histoire… Bon rassurez-vous, il reste encore quelques chapitres à passer ensemble 😉

Une nouvelle fois je ne peux que vous remercier de suivre cette histoire ❤ Cela me fait vraiment plaisir !

Et puis un autre merci à mes deux relectrices : Lilou Black et Gwendoline.

Je vous dis, à bientôt pour la suite !

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11 commentaires

  • Coucou!! Quelle belle surprise!! J’ai adoré ce chapitre (comme d’habitude!). J’avais hâte que Cerise rencontre ses parents, et c’est fait, même si on ne les voit pas trop ensemble. J’espère que cela changera un peu. J’adore Conan-Ashräm. Ce n’est pas de tout repos de s’occuper d’une Cerise enceinte! Je l’admire! =) Ton petit mot de la fin est plein de promesses! J’espère que Cerise retrouvera bientôt son Thranduil! Les pauvres! Sinon, pour l’entrevue avec Aulë, je m’attendais, avant qu’on ne découvre son nom, à ce que ça soit un Valar. Faire une scène ainsi, c’était obligé que ça soit devant quelqu’un d’important! Miss Lagaffe c’est jamais bien loin!
    Je te souhaite une bonne et belle année 2015, plein de bonnes choses, et surtout, une excellente santé!! Bisous!!

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  • bien content de retrouver nos héros,ce chapitre est un peu particulier avec la rencontre de ses parents.c’est terrible pour cerise,seule,enceinte,loin de son amour et particulièrement dur aussi pour Thranduil qui a vu sa vie se désagréger,j’espère qu’ils vont vite se retrouver et enfin se dévoiler vraiment l’un à l’autre afin de vivre une vie un peu plus normale (si la normalité existe en valinor).reçoit tous mes vœux pour cette nouvelle année qui débute!!! Bisous bisous

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  • Bonne et heureuse année 2015 et beaucoup d’ecriture et de lecture en perspective!!!

    Big kisses!

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  • Super chapitre! j’ai hate que nos deux amants se retrouvent (cerise a lui mettre un coup de pied ou je pense). vivement la suite!!!

    bonne année^^

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  • Si la situation s’est enfin éclaircie, en ce sens où on connaît et comprend ce qu’a traversé Cerise — les malaises, les mystérieux rêves — les choses n’en sont pas simplifiées pour autant. Après Thranduil et son imposture de mariage, c’est au tour de Cerise d’apprendre que tout ce qu’elle a vécu était, en quelque sorte, une erreur et qu’elle n’est pas ce qu’elle-même croyait. C’est difficile à accepter. Elle cède à la tentation de se raccrocher désespérément au passé, à tout ce qu’elle a connu et été sur la Terre tout court, parce que c’est plus simple et que changer d’identité du jour au lendemain n’est pas simple, même si on a du sang de Vala dans les veines. D’où la persistance de l’incompréhension mutuelle entre Cerise d’un côté, les Valar et Conan le Barbare de l’autre. Elle veut rester Cerise, humaine de vingt-cinq ans, de Paris, qui s’est construite ainsi. Eux, ils voient Elenwë, leur « princesse » enfin revenue au bercail et dont l’absence n’aura été à leur sens qu’une parenthèse. Curieusement, derrière leurs paroles se cacheraient presque des reproches… « Tes années sur cette terre lointaine t’ont irrémédiablement changée », « vous êtes différente de ce à quoi je m’attendais »… Tous autant qu’ils sont semblent à côté de la plaque et on aurait envie de leur citer la pub de Schweppes : « What did you expect ? » Retrouver une princesse qui les accueillerait à bras ouvert et qui s’adapterait en cinq minutes à leur monde après l’avoir laissée dans un univers si différent du leur à la naissance, c’est un peu croire au Père-Noël… ou aux Mary-Sue. En soi, c’est ce qu’on aurait envie de penser mais au fond d’eux, on les sent perplexes et perdus. Bien évidemment, retrouver une personne conciliante et qui ne ferait pas d’histoire les aurait bien arrangés… or Cerise a son caractère, bien trempé si on peut dire, et en plus elle est enceinte et en pleins déboires amoureux… peut-être les choses auraient-elles été différentes si Thranduil avait été à ses côtés et si son état n’avait pas été si perturbant pour ses nerfs…

    Dans tous les cas, parmi tous ces gens dont l’attitude est tellement gênante pour cette pauvre Cerise, c’est Aulë qui s’en sort le mieux. Il est très sympathique en soi (en plus il a l’air très beau, ce qui est indéniablement un plus, gniark gniark gniark), mais en plus, il est franc, ne fait pas de manière et pousse notre héroïne à envisager les choses de façon plus saine… et avec beaucoup de gentillesse. Reste à espérer qu’elle en fasse cas malgré les difficultés qu’elle traverse et… qui fendent le cœur, quand même. Parce que la solitude peut se cacher au milieu des autres. Entourée de gens qui ne la comprennent pas, qui ne tiennent pas suffisamment compte de ses états d’âme et de ses faiblesse, Cerise a besoin de ses amis, pas seulement de Thranduil même si sa présence lui serait plus salutaire que tout le reste. Elle semble perdue au milieu d’un immense puzzle fait de millions de pièces dispersées partout. C’est compliqué et elle n’a pas les clés en main pour se sortir de cette situation qui la fait tellement souffrir.

    Quant à Thranduil, il a du mal, lui aussi, à encaisser les révélations que lui a faites sa femme. S’il a fait l’effort de rester aussi stoïque que possible en sa présence, une fois qu’il se retrouve seul, c’est bien plus difficile de ne pas céder au désespoir. Effectivement, la solution à ses problèmes, à sa douleur, se trouve sous son nez… Seulement, il va devoir l’accepter et quand on connaît le personnage, ça s’annonce compliqué. Dans tous les cas, il est dans un aussi triste état que Cerise et on retrouve leurs douleurs parallèles, preuve s’il en est que… entre eux, c’est spécial. Dans le bien comme dans le mal. Et on espère qu’un jour, il y aura un rayon de soleil par la fenêtre et que ce sera non seulement pour le pire, mais pour le meilleur aussi.

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  • Hello, j’ai eu du retard dans la lecture de ta fiction et le rattraper a été un réel bonheur. Je suis toujours aussi fan de ta plume et de ta connaissance de la mythologie de Tolkien. Cerise est une Oc touchante qui mérite d’être heureuse. Vraiment, être enceinte et devoir assumer ça toute seule sans avoir le moyen d’avorter, ça doit être vraiment horrible. En plus, elle s’imagine que Thranduil s’est cassé pour jouer à touche pipi avec son épouse. Tu as commencé cette fiction un peu en même temps que moi et ça me fait un pincement au coeur de savoir qu’elle sera bientôt terminée. Le fait de savoir que tu publieras d’autres histoire aussi bien que celle-ci me rassure, en tout cas. Peut être une fiction avec Haldir ? ça me ferait kiffer à mooooort.
    Je te fais des gros bisous et toutes mes félicitations pour ton mariage!

    Besoooooooos ❤

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  • alienormazinsky2662

    Bonsoir Gente Dame.

    Avant toute chose, je tenais à souhaiter une bonne année 2015 à toutes les personnes qui suivent ton récit et à toi aussi bien entendu 🙂
    Enfin, Cerise fait la rencontre avec ses parents. Apparemment, cela ne se passe pas tout à fait comme ils l’espéraient. Cerise s’entête à rester Cerise et cette obstination est l’arbre qui cache la forêt 🙂
    Vivre un début de grossesse dans ces conditions, ressemble plus à une épreuve qu’à un rêve !

    Les elfes ont » besoin de communier entre eux pendant la grossesse » ? Quel peuple charmant…Il me semble qu’ils ont bien compris la nécessite d’être deux. Un plus un, ou autrement dit un avec un. Encore un bienfait à mettre à leurs crédits 😀
    J’ai grande hâte de retrouver Sa Majesté Majestueuse en meilleure condition et le voir remplir son rôle d’Elfe communiant 🙂
    Sans doute devrait-il se refaire une petite santé avant d’accéder aux nombreux désirs de Cerise ? 🙂

    Pour l’instant, on dirait que Sa Précieuse Majesté doit se remettre de cette..trahison ? Le mot ne convient sans doute pas tout à fait à ce qui s’est passé…quels mots apposer à cette souffrance commune ?
    Rêve brisé ? Espoir déçu ? Punition divine ?
    Peut importe, la souffrance est là.
    Chacun devra l’encaisser à sa façon et Mon Roi, va y faire face avec toute l’abnégation qui est sienne j’en suis persuadée 🙂
    Il ne peut en être autrement.
    Le temps s’est écoulé, et j’entrevois déjà l’éclaircie offrir la rédemption à ces deux êtres que tout à toujours séparé mais qui pourtant sont destinés à se rapprocher pour le reste de leur immortalité….
    Bien, quand aurons-nos droit aux dragées ?? 😀

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  • BONJOUUUUUUUUUUUUR !

    Avec les examens, je n’avais pas encore pris le temps de passer lire les chapitres qui me manquaient, mais la je profite de la graaaaaande pause que je fais (depuis 10h du matin je suis sur de la biochimie et j’en peux juste plus) pour rattraper mon retard.

    Well, well, well…

    Ah comment mon coeur souffre pour Cerise. Elle me fait trop de la peine la pauvre. J’ai envie de pleurer avec elle, et honnêtement, j’en suis pas loin.
    Pour moi, son garde du corps restera Conan le Barbare dans ma tête parce que j’arrive pas à me souvenir de son nom d’un passage à l’autre. Alors Conan me semble pas trop mal x)
    Petite note pour Cerise : certes tu veux rentrer en Terre tout court, certes tu souffres à cause de Thranduil, mais pour ton bien (et celui de la petite vie qui pousse en toi), il faut t’ouvrir un peu aux autres et arrêter de te comporter aussi égoïstement. Un environnement tendu se répercute sur le bébé (ça ne se voit pas du tout que je fais des études de Sage Femme, si ?)

    Thranduil ! Cherche la lumière ! Sors des ténèbres ! Petits indices : les ténèbres sont Elenna et la lumière c’est Cerise, juste pour info. Après moi je dis ça, je dis rien… ^^

    Je suis bien contente d’avoir rattrapé mon retard (et les bonus de Noël que je lis seulement maintenant, même si c’est plus trop la période) parce que j’adore toujours ta façon d’écrire. Un réel bonheur pour mes yeux et mon cerveau.

    J’ai eu une idée folle. Quand Thranduil et Cerise seront réuni (mais vraiment pour de bon, genre bisous câlins et tout et tout), y aura un mariage ? Ooooh, la grande romantique que je suis aimerai tellement ça :3

    J’ai pas envie que cette histoire finisse moi, mais toutes les bonnes choses ont une fin apparemment. C’est trop injuste…

    BISOUS PAUVRE FOLLE (et à la prochaine).

    Mathilde 😀

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  • je viens tout juste de finir ta fic et je peux te dire que je suis accro.il me tarde d’avoir la suite avec impatience. La manière dont tu imagines Valinor est totalement fantastique. Cerise et juste remarquable et tordante, elle me fait beaucoup penser à moi. Et bien évidemment, thranduil enduit il est exactement comme je l’imaginais je trouve ça extraordinaire qu’elle soit enceinte de lui.
    j’aime tellement ta fic, que j’adorerais la voir en film. Tu as une imagination peu fantastique !

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  • Désolé mais je voulais marquer : tu as une imagination fantastique ! Pas peu ….
    Sorry ….

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  • Arrive sur la pointe des pieds, passe la tête par l’entrebâillement de la porte et regarde à droite et à gauche, personne
    Tousse pour s’éclaircir la voix

    Euh , je crois être en retard de mouarf Cinq mois. Je mérite des claques là. Bon, le manque de motivation et la santé n’aidant pas à aussi cette époque. tout ce blabla pour enchaîner avec mon avis.
    Malgré cette longue absence, j’ai replongé en quelques secondes auprès de Cerise. La pauvre choupette, on lui balance dans la tronche « nous sommes tes parents », y a de quoi être dubitative et pas très joyeuse. Quand au thranthran, il est passé en mode dépression très active, il va falloir qu’il se bouge hein, une petite humaine qui attend son fils ou sa fille et qui l’aime l’attend un peu beaucoup.
    Ton histoire est toujours aussi addictive et prenante. Ton travail est d’une qualité rare.
    Bon je me sauve , je reviendrai pour le prochain chapitre d’ici peu. reposes -toi bien.

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