Chapitre 38 : Un Retour Inattendu

The Elv Land par Mrsvein

38

Un Retour Inattendu

oO0Oo

Cerise

oO0Oo

Je sentis des lèvres, chaudes, douces et légèrement humides se poser sur les miennes. Les yeux clos, je poussai un petit gémissement avant de l’étreindre contre moi. Mon cœur s’apaisa en reconnaissant son odeur de chèvrefeuille. Enfin il m’était revenu, je n’osais y croire. Soupirant contre lui, je m’écartai légèrement avant de relever mes paupières encore lourdes de sommeil.

Un lent sourire me vint en découvrant le visage de l’être aimé.

— J’ai longtemps erré dans les ténèbres Melda heri et alors que je me pensais irrémédiablement perdu, je vous ai trouvée.

— Thranduil, murmurai-je tout en caressant amoureusement son visage. Je pensais ne jamais vous revoir. Vous m’aviez abandonnée.

— Chut, dit-il doucement. Ne dites rien de plus.

Sans prévenir, il s’allongea auprès de moi tout en enfouissant son visage contre mon cou. C’était si bon de le retrouver.

Plusieurs secondes se dispersèrent dans la nuit avant qu’il ne se redresse légèrement et qu’il ne commence à délacer ma robe de nuit. Mon cœur battait la chamade. Mon besoin de lui était si fort que je suivis ce qu’il faisait sans en perdre une miette. Il avait l’air si concentré, si sérieux. Une fois ma robe totalement ouverte et dévoilant ma nudité, il commença à égrainer une pluie de petits baisers en partant de ma clavicule tout en descendant toujours plus bas. Mon souffle se bloqua quand il mit un temps d’arrêt sur mon ventre légèrement renflé. Il ne le savait pas, bien sûr, et ce n’était pas comme cela que j’aurai aimé qu’il le découvre.

— Thranduil, commençais-je, la voix chevrotante.

Mîr nín*, soupira t-il avant de revenir contre ma bouche.

Les mots que je voulais prononcer furent étouffés par toute la passion qu’il mit dans ce baiser. Comprenant que le temps n’était pas aux mots, je me laissai emporter par le désir qui me consumait doucement. J’avais tant envie de lui.

Notre union fut douce et passionnelle. Je sus qu’il avait compris pour le bébé car il fit attention à ne pas trop peser sur moi. Au fur et à mesure que la délivrance d’un orgasme éblouissant approchait, je me pris à rêver qu’il m’aimait. Si ce n’était pas entièrement, du moins juste un peu ? La façon qu’il avait de me regarder, de me toucher, je me pris à y croire très fort…

Quand l’instant magique fut passé, je me sentis somnoler contre lui. Il ne cessait de me dire des choses en Sindarin, cela semblait si tendre et si doux… Pour la première fois depuis que nous étions amants, je me pris à regretter de ne pas avoir appris, de manière plus sérieuse, cette langue qui lui était si chère.

Je finis par m’assoupir quelques secondes, le ronronnement de ses paroles agissant sur moi comme un somnifère.

oO0Oo

Quand mes paupières papillotèrent quelques instants plus tard, mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Prise d’un étrange sentiment, je me redressai vivement sur ma couche, haletante. Je me rendis compte que je n’étais plus nue. M’avait-il rhabillée entre temps ? Avisant la place à côté de moi, je compris que j’étais seule. Le ciel au dehors était bleu, je sus que la journée serait belle et chaude, et pourtant… Pourtant mon cœur avait froid, je me sentais glacée de la tête aux pieds.

Je compris non sans mal que tout ce que je venais de vivre avec lui n’avait été qu’un simple rêve. Pourtant, il avait eu l’air si réel que je n’avais pas douté un seul instant de sa véracité. Je sentais encore sur moi, l’odeur de chèvrefeuille si propre à mon elfe. Ses caresses m’avaient touchées plus que jamais… Cependant, ce n’était qu’un rêve… Un stupide rêve qui venait de se terminer brutalement, me ramenant à une réalité que j’aurais préféré ne jamais avoir à me rappeler.

Des larmes d’amertume coulèrent doucement sur mon visage puis, incapable de me retenir, je laissai échapper des sanglots qui me déchirèrent jusqu’à l’âme. Je me sentais mal, j’aimais et détestais tout à la fois cet elfe, cet homme qui m’avait tant donné et tout repris en l’espace de quelques secondes à peine. Il m’avait abandonnée et maintenant je me sentais plus seule et désemparée que jamais.

Je le voulais et ne voulais plus jamais le voir de ma vie. Je voulais le voir heureux mais aussi le voir connaître la souffrance qu’il m’infligeait.

J’étais amoureuse et je savais que jamais je ne pourrais m’enlever ce sentiment si beau et si ignoble à la fois.

— Mais qu’est-ce qui m’arrive ? murmurai-je pour moi-même, ce n’est que de l’amour, ça devrait passer avec le temps… Pas me rendre aussi triste et malade. J’ai l’impression que s’il ne revient jamais, je finirai par en mourir !

A peine avais-je prononcé ces inepties que je me mis à rire de ma propre bêtise. Je ne me reconnaissais plus. Où était passé la Cerise qui aurait mis une branlée à ces conneries et qui serait allée de l’avant ?

— Tu n’es plus seulement « humaine », petite Aranel, dit la voix si particulière d’Estë qui me fit sursauter de surprise tant je ne m’attendais pas à avoir de visite à cette heure.

— Je suis humaine, marmonnai-je tout en m’accolant contre la tête du lit.

La Vala secoua la tête en venant s’asseoir à mes côtés.

— Depuis ton arrivée à Valinor, ton essence profonde reprend ses droits. Ce que tu ressens en ce moment n’est ni une ineptie ni quelque chose de non concevable. Tu as besoin du père de l’enfant que tu portes.

— C’est ridicule ! la coupai-je avec un rictus de dérision.

— Les humaines ne vivent pas l’amour et les relations charnelles comme les elfines. Quand ces dernières attendent un enfant, elles ne peuvent le porter sans l’aide de leur conjoint. La grossesse se vit à deux. Plus qu’une question d’étique, il en va de la survie de la mère et de l’enfant.

Je fronçai les sourcils tant ce qu’elle me disait n’avait aucun sens pour moi.

— Et en bon français, ça veut dire quoi ?

Le visage d’Estë se peignit d’un petit sourire triste.

— Cela signifie que tu as besoin du père de ton enfant. Quand cet elfe gris reviendra de sa quête personnelle, il devra prendre soin de vous deux. Je gage qu’il en sera plus qu’heureux et sans doute attristé de t’avoir laissée dans un tel état.

Songer à Thranduil m’apporta une nouvelle crise de larmes. Je me détestais d’être devenue aussi molle et sentimentale.

— Il s’en fiche, grognai-je entre deux sanglots. Entre sa bien-aimée femme et moi, il a choisi. Je serai seule et de toute façon, je ne veux plus jamais le voir, ni en vrai ni encore moins en peinture ! Je le hais !

J’entendis Estë soupirer avant de me caresser doucement les cheveux.

— Ne dis pas des choses que tu pourrais ensuite regretter, Elenwë, la vie est loin d’être toujours simple. Il faut savoir se battre pour ce en quoi nous croyons.

— Je m’appelle Cerise, putain ! criai-je tout en me dégageant brutalement de son étreinte.

Qu’elle soit une Vala, je m’en fichais éperdument, elle n’avait pas le droit de me faire la leçon. Je n’étais pas comme eux, ni comme les elfes. J’étais moi, c’est tout et si ça ne tenait qu’à moi aussi, je serais déjà rentrée en Terre tout court et je me serai faite avorter dans l’heure.

Estë se leva. Son regard sur moi était un peu plus dur mais ça m’était bien égal.

— Tu es têtue, Elenwë mais il faudra bien un jour que tu acceptes ce que tu es. Sans doute n’aurions-nous dû jamais t’envoyer aussi longtemps là-bas mais nous n’avions pas le choix. Tu es fatiguée et je pense sincèrement que tu devrais apprendre à te détendre et faire confiance aux gens qui t’entourent ici. Nous ne te voulons que du bien. Ne l’oublie jamais. Quant à ce Thranduil, sache qu’un elfe n’abandonne jamais celle qu’il aime, encore moins celle qui attend son enfant. Ce n’est pas seulement une question de bravoure, c’est dans leur sang. C’est ce qu’ils sont et ce qu’ils font.

A peine avait-elle fini ce qu’elle avait à dire qu’elle sortit de ma chambre. Je l’avais irritée. Et alors ? Qu’est-ce que ça pouvait me faire après tout ?

oO0Oo

La journée promettait d’être plutôt morose. Je persistais à rester enfermée dans mes nouveaux appartements, trompant le temps en regardant à travers l’immense fenêtre du salon. Je savais qu’Ashräm se trouvait non loin de moi. Je me mis à soupirer.

— Vous n’en n’avez pas marre de me surveiller comme une enfant de trois ans qui ne saurait faire que des bêtises ?

— Une enfant aurait besoin de bien moins de surveillance que vous, Aranel.

J’avalai ma salive de travers en entendant ces paroles.

— Sympa, l’elfe ! Si ça vous embête tant que cela, allez voir ailleurs si j’y suis !

Avec simplement quelques mots, il avait le don de me rendre folle de rage. Le soucis avec Ashräm c’est que rien ni personne ne semblait jamais l’atteindre et c’était encore plus énervant.

— Je suis très bien ici, Aranel, me répondit-il calmement. Vous ne devriez pas vous énerver, ce n’est pas bon dans votre état.

Je l’aimais bien mais là il me saoulait cordialement. Jugeant préférable de ne pas continuer dans cette voie, je le plantai là et sortis de la pièce.

Quelques minutes plus tard, mes pas me portèrent jusqu’à une pièce fermée. Cette dernière me rappelait quelque chose. Fronçant les sourcils, je restais devant à tenter de remettre de l’ordre dans ma mémoire de poisson rouge.

— Tu nous sembles bien songeuse, ma fille, me dit la voix trop irréelle du Vala Manwë.

J’avais encore du mal à croire que cet être incroyable puisse être de ma famille… Non, rectification, je n’y croyais absolument pas, toutefois, cela ne m’empêcha pas de lui répondre :

— Je ne sais pas pourquoi mais cette porte et ces couloirs me rappellent quelque chose mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Manwë me renvoya un sourire empreint d’une certaine tendresse.

— C’est parce qu’ici, petite étoile, tu es déjà venue, me répondit-il simplement.

Je faillis rire en entendant sa réponse digne d’un maître Yoda de pacotille… Cela dit, il devait être un équivalent de Maître Yoda, aussi sage et fort que lui. Oh oui, maître, apprenez-moi à contrôler la Force et promis, je ne tomberai pas dans le côté obscur comme Dark Vador. Je serais un gentil petit padawan tout plein de reconnaissance envers vos si précieux enseignements.

— Nous sommes ravis de constater que tu vas mieux, reprit-il sèchement, me sortant de mes pensées débiles.

Son regard s’était fait plus sévère et je compris qu’il m’avait « entendu ». Au lieu d’être en colère, j’en rougis de honte.

— Désolée, c’était plus fort que moi mais… Je ne me souviens pas être venue ici ces derniers mois.

Le Vala pencha sa tête sur le côté.

— Ton hröa, ton corps terrestre, n’y était jamais venu, c’est vrai, mais pas ton fëa. C’est ici que tu as eu l’immense honneur de rencontrer notre bon père Eru.

Je me souvins de ces rêves étranges et très surréalistes. Ma bouche se transforma en un beau O de surprise.

— Il ne s’agissait pas juste de simples rêves ?

— Non pas. Notre bon père voulait faire la connaissance de cet être né de la compassion des Valar.

Me rappeler le peu d’effort que j’avais fournis à croire ce que ce vieil homme me racontait me mit assez mal à l’aise. J’espérais qu’il ne me verrait pas présentement… Ni jamais !

Manwë se mit à rire et, chez lui, le rire sonnait presque de manière très effrayante. Un truc à vous donner des sueurs froides.

— Eru voit et sait tout, petite étoile, il n’y a rien que tu ne puisses lui cacher car après tout, il est le père de toute chose en ce monde, et bien au-delà.

Bien que prononcé sur le ton de la conversation, ces mots sonnaient vraiment comme un avertissement. Comprenant, que je ne pourrais pas me mesurer à lui, je baissai la tête et au moment où je la relevai, je fus surprise de constater qu’il n’était plus là. Je ne l’avais même pas entendu partir ! A moins qu’il ne se soit évaporé tout simplement.

oO0Oo

L’après-midi arriva à une vitesse affolante et, prise d’une envie subite de sortir, je me décidai à chercher ma « nounou personnelle » pour lui dire que j’allais me rendre en ville.

— C’est une excellente initiative, Aranel, répondit Ashräm. Si vous le permettez, je connais un endroit qui pourrait vous plaire et vous changer les idées.

— Pourquoi pas, dis-je avec une ébauche de sourire.

C’est ainsi que nous nous rendîmes dans les Jardins de Valimar et je restai un moment interdite devant la splendeur des lieux. Cela semblait si… féerique, presque surréaliste ! Par certains aspects, cela me rappela les jardins de la femme de Thranduil à Mirkwood. Repenser à cette période de mon existence me serra la poitrine. C’était aussi là-bas que j’avais perdu ma virginité. A l’époque, mon cœur m’appartenait toujours mais j’avais beau essayer, je n’arrivais pas à regretter ces instants, même s’ils n’avaient rien eu de géniaux, j’en convenais.

Ashräm, conscient de mon besoin de solitude, resta à distance, me laissant parcourir à loisir les allées de fleurs quand mon regard tomba sur deux personnes, deux elfes assis l’un à côté de l’autre. Ils se tenaient la main et l’elfe brun semblait dire des choses à l’elfe blonde qui regardait au loin sans jamais se tourner vers lui.

Je n’osais les déranger mais l’elfe dut me voir car il se leva, caressa doucement la tête de sa compagne avant de partir dans ma direction. J’allais m’enfuir quand nos yeux se croisèrent. C’était trop tard et je me sentis rougir de honte. Je ne voulais pas qu’il croie que je les épiais.

— Bien le bonjour Aranel Elenwë, me dit-il en me saluant poliment.

— Bonjour, marmonnai-je.

J’étais gênée, je ne voulais pas qu’il pense que je les espionnais, lui et sa femme.

— Souhaiteriez-vous faire un bout de chemin avec moi ? me proposa-t-il gentiment, ce que je ne pus lui refuser.

— Pourquoi pas, balbutiai-je.

Pendant que nous marchions côte à côte, je ne pus m’empêcher de l’observer à la dérobée. S’il y avait une chose que l’on pouvait dire de lui, c’était qu’il était très beau, encore plus que ses deux fils, Elladan et Elrohir. Il se dégageait de lui une aura et une prestance vraiment intimidante.

— A quoi pensez-vous, Aranel ? me demanda-t-il en me lançant un coup d’œil bienveillant.

— Je me disais juste que vous étiez bien plus jeune et beau que le Elrond des films de Peter Jackson, commençai-je en souriant. J’adore Hugo Weaving mais il faut quand même avouer que physiquement, il est loin de vous rendre justice.

Ma comparaison le surpris et il se retourna vers moi, tout en me dévisageant avec intérêt.

— Vous êtes bien étrange mais j’ai effectivement entendu dire que vous veniez d’un monde bien différent du notre.

— On vous a bien renseigné et sachez que de là d’où je viens, vos vies sont des histoires relatées dans des roman et transposés ensuite au cinéma.

— Votre monde vous manque-t-il ?

— Affreusement, répondis-je avec une certaine tristesse dans la voix, cependant, ce n’était pas de mon monde dont je me languissais en ce moment.

— L’amour peut prendre divers chemin, reprit-il, comme s’il avait lu dans mes pensées. Il peut être apaisant ou bien au contraire éreintant. Il n’est jamais aisé d’aimer et pourtant, c’est ce qui nous rend entier… Bien que parfois, le sort tente à s’acharner contre les plus purs d’entre nous.

Sa voix s’était voilée, et je ressentis toute la tristesse qui émanait de ce simple aveu. J’en compris la raison quand je vis qu’il avait les yeux fixés sur la belle elfe qui était resté assise sur son banc, un peu plus loin. J’avais entendu dire que sa femme avait été attaquée, en Terre du Milieu par une bande d’Orques et qu’ils l’avaient torturée sur plusieurs jours…

— Elle ne s’en ai jamais remise, dis-je prudemment.

— Celebrian, mon épouse, a longuement souffert et malheureusement son fëa, son esprit, n’a jamais pu se remettre totalement des horreurs dont elle a été la victime. Valinor lui a tout de même permis de se reposer sans craindre la menace d’une nouvelle attaque. Cependant, elle ne sera plus jamais la même, habitée par des fantômes dont je ne peux l’en défaire.

Elrond baissa la tête et je compris qu’il était lui-même malheureux de ce constat. J’eus l’envie de le réconforter mais je ne le connaissais pas assez pour m’y risquer.

— Vous avez le cœur pur, Aranel, et je remercie les Valar d’avoir eu l’immense honneur de vous rencontrer.

A ces mots, je fus prise d’une crise de rire qui le décontenança totalement.

— Désolée, dis-je, suffocant presque, mais c’est plutôt moi qui suis chanceuse d’avoir pu vous parler. Vous savez, je ne suis qu’une pauvre humaine perdue dans un monde extraordinaire qu’elle a encore du mal à concevoir.

— Votre corps est certes de nature humaine, ce que nous avons du mal à comprendre mais je puis vous assurer que vous êtes bien plus que ce que vous vous évertuez à penser. Vous êtes très jeune et avez encore beaucoup de choses à apprendre et sur ce monde tout autant que sur vous-même.

A ces mots, mon malaise revint encore plus fort. Je ne voulais pas être cette princesse, ça sonnait tellement faux…Et ridicule !

Voyant Ashräm qui m’attendait près d’un rosier blanc, je décidai de retourner auprès de lui. Ma bonne humeur était sur le point de s’envoler et je n’avais pas envie d’en faire payer les frais à Elrond. C’était un elfe sage, alors que moi-même j’étais loin de l’être.

Le retour se fit dans un silence pesant. D’ordinaire, j’aimais asticoter ce grand guerrier peu bavard qui me servait de baby-sitter mais là, je n’avais qu’une envie : rentrer vite et m’enfouir sous une tonne de couvertures pour ne plus jamais sortir de mon lit…

Pouvoir oublier.

— Pourquoi cet accès de tristesse, Aranel ?

Je poussai un soupir en entendant la voix basse d’Ashräm.

— Parce que j’en ai envie ! lâchai-je sèchement avant d’accélérer le pas.

Nous arrivâmes au palais en peu de temps et tandis que je me dirigeais vers les escaliers, une des elfes Vanya de Varda m’interpela.

Aranel, avança-t-elle de sa voix douce et rassurante, un visiteur vous demande audience.

— Audience ? répétai-je un peu bêtement.

Ça voulait dire quoi, d’abord ? Et qui pouvait bien vouloir me voir ? Puis je pensai à Tamril ou bien encore à quelqu’un que je pouvais connaître et c’est curieuse que je m’avançais jusqu’à la salle où se trouvais ce fameux visiteur.

— Il parait que vous voulez me voir ? dis-je en entrant avec une certaine désinvolture.

Cependant, quand je vis la longue chevelure blonde de l’étranger, mon cœur se mit à battre plus fort et quand il se retourna vers moi, il s’arrêta totalement.

— Cerise ? me dit-il. Est-ce bien vous ?

oO0Oo

Thranduil

oO0Oo

Je me réveillai en sursaut. Ce rêve était d’un tel réalisme que je ne doutai pas qu’il fût vrai un seul instant. Je pouvais encore sentir le goût de ses lèvres et de sa peau sur ma bouche. Elle m’était apparue encore plus belle et lumineuse qu’auparavant. Comment avais-je pu l’abandonner ainsi ?

Si ce songe était un cadeau d’Irmo, ce que je ne pouvais remettre en question, je me devais de me hâter à rentrer auprès d’elle. Je l’avais vu épanouie, un enfant niché au creux de son ventre et, bien qu’humaine, je pressentis qu’elle avait terriblement besoin de moi.

Me redressant et m’époussetant avec empressement, je me mis à courir entre les dédales de roches. Les esprits de Mandos tentèrent bien de me barrer la route mais cette fois-ci, j’avais la conviction que mon destin n’était pas de dépérir en ces lieux. Mon temps n’était pas venu et à tout le moins, j’espérais qu’il n’arrive jamais !

Ce regain d’énergie, je le devais aux Valar qui, dans leur grande mansuétude, m’avait montré la voie même si je savais que rien ne serait acquis une fois là-bas. Je ne savais pas quel destin nous attendait, je ne savais même pas si ma petite humaine était celle qui deviendrait ma compagne éternelle… Et au vu de sa mortalité, je ne me faisais pas d’illusion mais… peu m’importait à cette heure, je me devais de me dépêcher.

Comme par miracle, je passai une arche embrumée qui me propulsa vers l’extérieur des Cavernes de Mandos. Je n’étais pas du même côté que lorsque j’y étais entré mais un cheval attendait, semble-t-il, mon bon vouloir.

Mon empressement à la retrouver ne semblait avoir aucune limite et je me mis à galoper comme si je courrais après ma propre vie. Je laissais derrière moi des millénaires de souvenirs mais je compris une chose : jamais je ne pourrais ni oublier, ni enterrer l’amour que je portais à Elenna. Nous nous étions appartenus l’un à l’autre bien trop longtemps pour que je puisse l’oublier ainsi. Bien qu’amer de cette découverte qui venait de bouleverser mon existence, je me devais d’avancer. Pour celle que je considérais comme ma compagne actuelle et pour cet enfant à naître que j’avais vu en rêve. Je ne savais pas combien de temps j’étais parti et espérais que le songe était un fait du futur et non du présent. Je ne pouvais concevoir de l’avoir laissée aussi longtemps démunie.

oOoOo

Quand les portes de la Capitale de Valimar furent à portée de mes yeux, je poussai un soupir de soulagement. D’ici une petite heure, j’aurais franchi le gué. Je n’avais pris aucun temps de repos. J’en avais pris bien assez chez Mandos.

Je remerciai ma monture en Sindarin et l’encourageai pour quelques efforts supplémentaires en lui promettant autant d’attention qu’elle en méritait pour cette chevauchée interminable.

Une fois arrivé dans la Capitale, je me dirigeai vers le centre ville encore plein d’animation malgré l’heure tardive.

— Veuillez m’excuser, hélai-je un badaud, ne sauriez-vous pas où ont pris refuge les elfes sylvestres de la forêt d’Eryn Lasgalen venus de la Terre du Milieu ?

Ce dernier me regarda perplexe avant de se retourner vers sa compagne.

— Nous ne saurions vous le dire, messire, mais tout ce que nous savons des elfes sylvestres arrivés récemment en Valinor, c’est que le capitaine de leur garde et son compagnon, ont pris demeure à l’auberge de l’Etoile du Sud.

Il devait probablement s’agir de Finlenn et Tamril. Assurément, je ne doutais pas de trouver ma petite humaine en leur compagnie. Il fallait que je me hâte.

— Et où se trouve cette auberge, gente dame ? demandai-je poliment et déjà impatient de les retrouver.

— Elle se trouve à deux kilomètres d’ici, répondit-elle en pointant un doigt sûr.

Je la remerciai d’un signe de tête, en posant une main sur mon cœur avant de les planter là.

Quand l’auberge fut en vue, je descendis prestement de mon cheval qui fut vite récupéré par un garçon d’écurie, un elfe des lieux qui me souhaita la bienvenue et me montra l’entrée d’un signe de tête.

Pressé comme jamais, j’entrai à l’intérieur et parcourus la salle des yeux avant de tomber sur mes deux gardes, Finlenn et Tamril. Ces derniers semblaient en grande conversation. C’est sans attendre que je me ruai vers eux.

— Où est-elle ? demandai-je sans m’embarrasser du moindre signe de politesse.

Finlenn releva la tête et écarquilla les yeux quand il reconnut son seigneur et roi.

— Majesté ! s’exclama-t-il, nous parlions justement de vous. Nous ne pensions jamais vous revoir, à tout le moins, pas dans l’immédiat.

— Où est-elle ? répétai-je, me fichant éperdument de leurs états d’âmes.

— Elle n’est plus ici et sans doute jamais nous ne la reverrons, marmonna Tamril, qui venait de croiser les bras tout en me jetant un regard froid.

Je fronçai les sourcils devant ce manque évident de courtoisie mais me rappelai à temps que j’avais plus urgent pour l’heure.

— Que veut-il dire ? questionnai-je Finlenn.

Ce dernier lâcha un profond soupir de lassitude.

— Cerise nous a bien tous surpris. Et je pense qu’elle même a du être encore plus étonnée que nous tous réunis.

Tamril se mit à ricaner, ce qui m’agaça au plus haut point. Je ne comprenais rien.

— En termes plus clairs, Finlenn ?

— Votre précieuse maîtresse est retourné chez elle et a retrouvé ses parents… Ses véritables parents et là où elle se trouve, nous n’avons pas été conviés.

C’était Tamril qui venait de parler et je sentis ma poitrine se serrer d’une telle appréhension que je dus faire un suprême effort pour ne pas m’écrouler. Je me sentais si las.

— Ainsi elle a pu repartir dans son monde, soufflai-je atterré.

— Mon seigneur, reprit Finlenn qui lança un regard noir à l’attention de son bras droit, Tamril s’est mal exprimé. Veuillez le pardonner mais depuis le départ de Cerise, il est d’une humeur plutôt revêche.

Comprenant que Finlenn avait des choses à me dire, je fis un signe de main envers son acolyte pour qu’il nous laisse seuls. Je faillis voir rouge quand je le vis se lever non sans pousser un profond soupir. Depuis quand se montrait-il si peu affable envers son roi ?

— Encore une fois, veuillez l’excuser, me dit Finlenn, beaucoup de choses ont changé depuis votre départ.

Fatigué, je me passai une main sur le visage.

— Combien de temps suis-je parti ?

— Près de cinq mois, mon seigneur, avança-t-il prudemment.

Par tous les Valar, pensai-je, c’était bien pire que ce que j’aurais pu imaginer ! Le temps, dans les cavernes de Mandos, avançait bien différemment d’ici. Il m’avait semblé être resté à peine quelques jours… Et encore !

— Donc Cerise se trouve chez elle, c’est bien cela ?

— Oui, elle l’est mais pas dans cet autre monde. Mon seigneur, il faut que vous sachiez que Cerise ne s’appelle pas vraiment Cerise ici…

— Elenwë ! dis-je en acquiesçant.

Oui, cela je le savais bien mais au-delà de son prénom, indéniablement elfique, je ne voyais pas qui elle pouvait être… Elle était humaine, c’était indéniable.

— Vous le saviez donc, soupira Finlenn et pourtant cela ne vous a pas empêché d’en faire votre maîtresse au risque d’essuyer le terrible courroux de tous les Valar réunis.

Il semblait déçu… mais surtout surpris.

— Je ne comprends toujours pas ce que les Valar et Cerise ont à voir ensemble ?! De fait, Cerise était bien plus une compagne, voire une amante qu’une maîtresse !

Je me souvenais qu’elle avait toujours détesté ce terme qu’elle trouvait trop péjoratif.

Finlenn secoua la tête, désabusé.

— Cerise, enfin Elenwë est l’enfant chérie des Valar, mon Seigneur, la fille légitime de Manwë et Varda envoyée dans un autre monde pour la protéger et protéger Valinor des agissements de Melkor par l’intermédiaire de Sauron.

Je mis un moment à comprendre ce que venait de me dire Finlenn et, quand l’information arriva jusqu’à mon cerveau, je me mis à rire de dérision.

— C’est complètement stupide ! répliquai-je en m’essuyant les yeux. Qui vous a mis de telles sornettes en tête ? Elle ?! Je ne la pensais pas menteuse, finis-je par dire, un peu déçu qu’elle soit capable de tels boniments.

Le capitaine de ma garde roula des yeux presque effrayé en avisant quelque chose derrière moi.

— Ah, très jeune ami, vous ne devriez pas douter des paroles de votre compagnon, répondit une voix dans mon dos.

Avec stupéfaction, je vis un homme, et non un elfe, s’asseoir avec une certaine désinvolture sur le même banc que moi. Il avait une bière à la main et un sourire satisfait sur le visage. Comment des hommes pouvaient-ils vivre sur Valinor ?

Celui-ci semblait être un forgeron avec ses bottes et ses gans de cuir et pourtant, il semblait émaner de sa personne quelque chose de presque irréel. Il avait les cheveux blond foncés, coupés assez court avec une fine barbe se terminant en bouc sur son menton. Cependant, ce qui me permis de juger qu’il devait être plus qu’un simple forgeron fut le diadème qu’il avait sur le front et qui témoignait d’une certaine noblesse.

— Que voulez-vous dire ? demandai-je prudemment.

— Notre Aranel mérite le respect de tout ellon foulant Valinor, petit. Vous devriez apprendre à la respecter.

En entendant ces mots j’écarquillai un instant les yeux. Comment osait-il me parler de la sorte ? Oubliant mon instinct avisé qui m’ordonnait au silence, je ne pus retenir les mots qui suivirent.

— Ce n’est pas un simple petit humain, crachai-je dédaigneux, qui va me dire ce que je dois faire et ne dois pas faire et…

Tandis que Finlenn, faisait de grand geste à mon intention, je vis les gens de l’auberge se reculer tandis que l’atmosphère se faisait de plus en plus lourde.

— Vous ne devriez pas encourager mon courroux qui est déjà bien grand, enfant d’Ilúvatar ! Ici, vous n’êtes rien sinon un simple sujet de Valinor ! En plus d’être prompt aux erreurs, vous êtes imbu de votre personne au point d’en oublier de voir au delà de simples apparences. Vous êtes décevant, fils d’Oropher, et ne méritez aucunement notre Aranel.

Sur ces avertissements, il repartit sans un regard vers nous. Tétanisé et ne comprenant pas ce qui venait de se passer, je vis néanmoins les regards de compassion que me lançaient divers elfes non loin de moi.

— Félicitations Seigneur ! lança Tamril qui se trouvait accoudé à une autre table, vous venez d’énerver Aulë !

Aulë ? Cela ne se pouvait !

— Mon Seigneur, nous nous trouvons sur la terre des Valar et ceux-ci aiment se mêler aux gens de Valinor. Il s’agissait bien d’Aulë et non, Cerise n’est pas une menteuse. Elle était tout aussi surprise que vous et je ne doute pas que même aujourd’hui elle en fasse voir de toutes les couleurs au Taniquetil !

— Au Taniquetil ? repris-je en dévisageant Finlenn. Elle se trouve là-bas ?

Il acquiesça.

— Il faut que je m’y rende sur le champ !

Me levant d’un bond, je courus presque vers la porte non sans entendre un « bonne chance » pleins d’ironie de la part de Tamril.

Je me fichais de la chance, du courroux des Valar ou de n’être qu’un elfe à la vision parfois étriquée ! Je n’avais qu’une idée en tête : la retrouver ! Je savais, non, j’avais la certitude qu’elle m’attendait, qu’elle avait besoin de moi autant que j’avais besoin d’elle !

Trouver la montagne fut un jeu d’enfant. Cela fut moins le cas pour passer les grilles de la grande demeure des deux Valar les plus puissants de Valinor.

— Que voulez-vous, ellon ! demanda l’un des deux gardes qui se trouvaient à l’entrée.

— Je désire voir Ce… L’Aranel, me repris-je in extremis.

Le garde, qui était lui-même un ellon, me toisa un moment avant d’aviser son compagnon. Quelques secondes plus tard, la grille s’ouvrit et je pus entrer.

Je laissai mon cheval au devant avant de gravir les marches. Sur le perron m’attendait une elfine à la beauté si grande que j’en fus quelque peu intimidé.

— Bien le bonjour à vous, messire, dit-elle. Que nous vaut l’honneur d’une telle visite en ces lieux sacrés ? Avez-vous été invité par les Valar ?

— Non, ma Dame, répondis-je, je suis Thranduil Oropherion et je voudrais voir ma compagne.

— Votre compagne ? demanda-t-elle surprise.

— Je demande audience auprès de l’Aranel, c’est très important et je suis certain qu’elle sera ravie de me revoir, avançai-je d’une voix sûr car je ne doutais pas un seul instant que Cerise serait heureuse de mon retour…

L’elfine rentra dans la demeure, me laissant seul dehors. Je dus attendre dix bonnes minutes avant d’être autorisé à rentrer dans ce qui s’apparentait à un véritable palais. On me conduisit dans un petit salon et c’est le cœur battant que j’attendis.

Quand la porte s’ouvrit enfin, je me sentis aussi gauche qu’un jouvenceau et quand enfin elle m’apparut, plus réelle que jamais, je ne pus empêcher un large sourire fendre mon visage.

— Cerise, dis-je doucement. Est-ce bien vous ? dis-je le cœur battant. Je suis enfin de retour !

Hormis un réel embonpoint qui ne laissait aucun doute à la nature exacte de son état, elle n’avait quasiment pas changé. Toujours aussi humaine, toujours aussi… « elle ». Je vis, non sans plaisir, plusieurs émotions passer sur son adorable visage. Ses beaux yeux qui m’avaient tant manqué se remplir de larmes.

— Thranduil, murmura-t-elle. C’est bien vous, ce n’est pas un rêve ?

— Non, petite, répliquai-je doucement, c’est bien moi.

Sans plus attendre, je la vis soupirer avant de s’élancer vers moi. Je lui ouvris mes bras, trop heureux de la voir aussi ravie de mon retour et…

Je reçu une gifle magistrale. Ne m’y attendant pas, je sentis ma tête rouler vers le côté et fit un pas en arrière sous le choc et la surprise.

— Espèce de sale connard prétentieux ! hurla-t-elle, la rage ayant remplacé la surprise et l’émotion de me revoir. Vous pensiez vraiment que j’allais vous sauter dessus avec joie et amour ? Après… Après tout ce que vous m’avez fait ?!

Elle m’asséna une nouvelle gifle que je ne vis pas venir, comme la première et mon plaisir de la revoir se mua en froide exaspération !

— Mais qu’est-ce qui vous prend ? Vous êtes devenue folle ? hurlai-je à mon tour.

Décidément, moi qui avait imaginé des retrouvailles pleines d’émotions, j’en étais pour mes frais !

A Suivre


Annotations

Mîr nín : mon joyaux en Sindarin.

Note de l’auteur

Vous attendiez ce moment avec impatience et moi aussi, je l’avoue ! Enfin Thranduil est revenu ! Cela, il a du bien déchanter par l’accueil de cette chère Cerise. J’avoue que j’ai pris un plaisir particulier à écrire ce chapitre ! On ne se demandera pas pourquoi 😉

Maintenant que nos deux tourtereaux sont réunis, je pense que l’histoire va s’accélérer bien que… Vous ne soyez pas au bout de vos surprises !

Un énorme merci à Lilou Black pour les corrections ! Et puis un grand merci à ceux et celles qui me lisent ❤ !!

Publicités

7 commentaires

  • trop biiiiiiennnn mais coupé trop tôt! le petit padawan ronge son frein. peux avoir la suite sy ti plait « yeux de chat potté bien larmoyants »

    J'aime

  • J’adore ce chapitre surtout quand Thranduil retrouve Finlenn et Tamril. Ce dernier est visiblement encore épris de Cerise et ne cache nullement son déplaisir de revoir Thranduil.
    Et la petite apparition de Aulë qui remet en place notre elfe blond était bien sympathique (j’avoue que j’aime bien le fait de le rendre aussi insignifiant qu’un simple elfe).
    Dis moi, encore combien de chapitre avant la fin définitive de ta fic?
    A bientôt
    Biz
    Sacrok

    J'aime

  • Affirmer que Thranduil et Cerise font le même rêve parce qu’ils s’aiment et qu’ils sont faits l’un pour l’autre serait, à mon sens, une interprétation un peu facile. Aussi beau et touchant qu’ait été ce songe — quoiqu’il semblerait que cet aspect ait d’avantage touché Cerise, Thranduil s’étant focalisé… sur Cerise, justement, et sur la grossesse — c’était en quelque sorte nécessaire pour les deux personnages. Comme je te l’ai dit en d’autres lieux, Thranduil était plus ou moins en train de se laisser mourir : les allusions dans les précédents chapitres suite à sa conversation avec sa défunte épouse étaient assez claires et par ailleurs, si on suit son cheminement intellectuel depuis le début de l’histoire et en se basant sur ce qu’on sait dans l’œuvre originale, la guerre de la Dernière Alliance l’a marqué définitivement, il a passé un troisième âge éprouvant dans une forêt remplie la plupart du temps de fort peu engageantes bestioles, il ne s’est jamais remis de la mort de son père ni de celle de sa femme. Apprendre que son mariage était une imposture a été le coup de trop et il aurait laissé son esprit dériver si le rêve n’était pas survenu. Cerise, elle, avait besoin de comprendre mais elle se le refuse. Quelle que soit sa nature profonde, humaine ou enfant chérie des Valar, elle ne croit pas du fait de son éducation à l’aspect prémonitoire des rêves chez les elfes. Pour elle, rêver d’un Thranduil particulièrement aimant et affectueux survenant dans son lit pour lui faire l’amour n’est qu’un produit de son inconscient, de ce qu’elle souhaite au fond d’elle et qui ne se produira jamais. Estë essaie de le lui expliquer mais cet aspect de la vie des elfes confinant le mysticisme passe au-dessus de la tête de la pauvre Cerise qui reste — rébellion, hormones ou perte du contrôle de sa propre vie obligent — totalement imperméable à tout ce qui concerne son nouvel environnement.

    On est en droit de se demander la raison de ce rêve. Qu’il soit œuvre valarienne est évident mais on a vu dans les chapitres précédents que les Valar, justement, ne tiennent guère Thranduil en haute estime. Quoi ? Qu’est-ce que c’est que cet elfe gris de rien du tout qui a séduit notre princesse ? Pour qui se prend-il ? Que fait la police ? Cependant, étant loin d’être les derniers des imbéciles, ils ont compris que l’attachement de Cerise à l’égard de Thranduil n’a rien d’une passade et qu’elle a besoin de lui, malgré sa colère et au-delà du besoin spécifique des elfes enceintes d’avoir auprès d’elles le père de leur enfant. Ils tentent donc, à mon sens, de rassurer Cerise et de lui remonter un peu le moral et de faire en sorte que Thranduil bouge son popotin et ne moisisse pas indéfiniment dans les cavernes de Mandos alors qu’il va avoir un enfant. J’imagine qu’ensuite, ce sera à lui de faire le boulot. S’il est évident que Cerise le voit plus ou moins comme son âme sœur, lui hésite encore, cherchant désespérément ce qui s’est trouvé sous son nez. Il va falloir qu’il se rende à l’évidence et vu les ramponneaux qu’il s’est pris dans la figure, reconquérir Cerise ne sera pas une sinécure…

    En passant, je ne partage pas l’avis de Madame Sacrok au-dessus (pas taper) concernant l’attitude de Tamril : à mon sens, il n’est plus amoureux de Cerise et a parfaitement compris que jamais rien ne sera possible entre eux. Par contre, il en veut quand même à Thranduil de l’avoir fait souffrir et il a parfaitement intégré le fait que Cerise soit la progéniture bien-aimée des Valar. De fait, prendre pour maîtresse l’enfant de Manwë et de Varda et la jeter comme un vieux mouchoir même quand on n’est pas au courant de son identité ne se fait pas. A fortiori pour revenir ensuite la réclamer comme si de rien n’était. En résumé, l’attitude de Tamril se résume à : « Il s’est conduit comme un malotru, Cerise est l’enfant des Valar et il n’a pas à revenir et à la faire à nouveau souffrir sans que j’aie mon mot à dire, bon sang de zut. »

    Je voudrais revenir pour finir sur le passage avec Elrond. Au-delà du fait qu’il s’agisse de mon personnage préféré et qu’il fasse dégouliner mon cerveau par mes oreilles (gniiiiiii ❤ ) j'ai beaucoup aimé la façon dont tu le traites, avec cette sagesse si particulière et le fait qu'il traite Cerise quasiment comme son égale même s'il l'appelle "princesse". Il partage avec elle sa douleur de ne plus accéder à l'esprit de sa femme, de sorte que cette symbiose qui caractérise les couples d'elfes n'est plus possible ici. Par cette confidence — douloureuse s'il en est, il faut dire ce qui est — il fait passer un message à Cerise, lui faisant comprendre que rien n'est acquis ni facile, qu'il s'agisse de l'amour ou de la vie en général. Qu'il ne sert à rien de rester assis à pleurer sur l'injustice de l'existence, que c'est comme ça et qu'il faut faire avec. D'une part, c'est extrêmement raccord avec le personnage original et d'autre part, il lui fait la leçon sans en avoir l'air, ce qui est un superbe tour de force. Cerise en prend acte d'ailleurs et préfère s'éclipser plutôt que de se fâcher après lui comme elle l'a fait un peu plus tôt avec Estë. On sent qu'elle éprouve à son endroit un respect supérieur à ce qu'elle ressent à l'égard des Valar, peut-être parce qu'elle sait "qui" il est et aussi parce que c'est un elfe, mine de rien, même un semi-elfe avec du sang humain, ce qui pourrait lui prêter à penser qu'elle est plus proche de lui dans sa façon d'envisager les choses que des Valar.

    Le bout du chemin approche pour ce jeune padawan qu'est Cerise mais mine de rien, elle aura encore un tas d'épreuves et de boss de fin à affronter. Reste à espérer qu'elle regardera dans la bonne direction pour trouver la lumière, au bout du tunnel… pas si loin que ça, finalement.

    J'aime

  • Je suis contente que ce chapitre soit sorti!! =) J’avais tellement hâte d’avoir la suite!!! Et quelle suite!! Je suis ravie de voir que notre beau roi des elfes soit de retour! Il m’avait manqué!! Je ne m’attendais pas forcément à ce que nos deux tourtereaux se revoient maintenant, mais je suis contente! J’adore vraiment la fin, je m’attendais a un truc comme ça! C’était excellent, j’ai beaucoup rit! Pauvre Thrandi-chou!! XD J’imagine la scène, hilarant! Sinon, j’espère que tout va bien pour toi!! Bisous! ❤

    J'aime

  • Bonjour,
    Cerise Martin, championne de la distribution de mornifle… J’en connais un qui va devoir s’accrocher à son caleçon pour reconquérir sa belle. Du sport en perspective?… Ou pas?
    Quoi qu’il en soit ça fait plaisir de les retrouver tous les deux et leurs retrouvailles s’annonces piquantes à souhait.
    A bientôt pour la suite…
    Te lire et toujours un plaisir.

    J'aime

  • alienormazinsky2662

    Bonsoir Darkklinne !

    Ravie de te retrouver et d’avoir enfin des nouvelles de Sa Précieuse Majesté Thranduil 😉
    Comme il me manquait mon bellâtre 🙂

    Cela commence par un bien joli rêve teinté d’un érotisme troublant et fortement révélateur du désir enfouit de la belle Cerise, Aranel ? Au final, on ne sait plus comment la nommer. Je pense que je vais commencer à l’appeler Aranel, après tout, c’est bien son nom ?

    Eh oui, une elfine portant en elle la; vie, se doit de partager ce moment de grâce avec son compagnon. C' »est une belle aventure qui a commencé à deux et qui se poursuit en tandem avant que cela ne se transforme en trio. Un plus un égal trois, chez les elfes comme chez les humains, le compte est vite fait 😉

    Alors Sa Majesté se laissait mourir dans les cavernes de Mandos ? Il est vrai qu’après une telle révélation concernant son épouse, on comprend que cela lui ait fait un choc…mais…ce n’est pas ainsi que j’avais perçu la chose.
    Pour moi, ce roi, n’avait pas prévu d’abandonner Aranel. Tout juste souhaitait-il avoir une confrontation avec son épouse afin de la rencontrer, justement pour se rendre compte par lui-même de la teneur de ses sentiments envers elle.

    Tamril, lui, a réagi ainsi, parce qu’il y a une forme de jalousie qui est restée ancrée en lui. Quoique l’on puisse en dire, le fait de s’être fait éconduire n’a pas effacé pour autant ce qu’il ressentait pour elle. Donc, il bat froid Thranduil parce qu’il lui en veut d’avoir traité ainsi Aranel, mais aussi parce que, quelque part, il envie son ancien monarque ! 🙂

    Du moins, c’est ainsi que j’ai interprété la chose. Lors de la lecture, je l’ai compris de cette façon ! Maintenant, chacun peut extrapoler selon l’opinion que l’on se fait de ce monarque.
    En ce qui me concerne, pour avoir lu ce récit depuis le début, je ne l’ai jamais imaginé comme un être sans cœur se jouant des sentiments de Cerise. Au début, il a eu du mal avec elle, mais il y a eu très vite des sentiments puissant pour Cerise d’abord et pour Aranel ensuite lorsque son identité l’a rattrapait petit à petit.

    Donc, je ne lui jetterais pas la pierre et j’aurais tendance à penser comme Sacrock que je salue ! Ainsi, je remarque que nous sommes deux à avoir eu ce même sentiment concernant Tamril.
    Un homme éconduit n’aime pas se trouver dans cette position, question d’ego, alors sans doute qu’un elfe pense la même chose ???Pourquoi pas ?
    Bon ensuite ce n’est que mon impression.

    Cela me fait drôle tout de même lorsque je lis que sur Valinor, Le grand roi Thranduil n’est plus le monarque tant respecté sur les Terres du Milieu 😦
    Sans doute que les Valar à eux seuls représentent la quintessence et que personne n’est en droit de rivaliser avec eux.

    Enfin, concernant les retrouvailles de nos deux tourtereaux…
    Aïe, aïe, aïe…je ne voyais pas la chose ainsi !
    Le pauvre s’est pris deux mandales dans la caboche et il a dû entendre sonner les cloches célestes 😉
    Bon, il va falloir mettre de l’eau dans ton vin Précieuse Majesté…elle a la rancune tenace la petite 😉

    Mais, je suis certaine que cela lui passera vite…
    Comment résister à un tel rayon de soleil ? A cet astre flamboyant, à ce trésor elfique….
    J’en ai encore pleins dans ma besace….promis juré !
    Il ne sera pas dit qu’un jour un mot me manquera pour cette merveille 😀

    Voilà voilà ! Il ne reste plus qu’à attendre les VRAI retrouvailles et celle-ci seront très certainement…comment dire…
    Majestueuse ?
    D’ici là, portes-toi bien et fais-nous rêver avec ce magnifique ellon !
    A bientôt !

    J'aime

  • Enfin ils se retrouvent,mais quel accueil,bonjour la claque magistrate que cerise met à Thranduil.jamais je n’y aurait penser et me laisse perplexe, mais surtout j’attend la suite encore tout émoustillé de ma lecture

    J'aime

Laisser une review

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s