Chapitre 42 : L’Amour en Fuite

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L’Amour en Fuite

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Thranduil

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Les enfants dormaient depuis un petit moment quand je vis Cerise s’asseoir à mes côtés dans le salon. J’étais en train de me reposer d’une dure journée de labeur. Le palais dans lequel nous allions habiter était enfin prêt à nous accueillir. Tamril et Finlenn, mes plus fidèles proches, étaient partis superviser la bonne marche à suivre de la maisonnée tant que nous n’y habitions pas.

J’avais confiance en eux pour faire au mieux. Ils avaient eu toutes les directives nécessaires pour ce faire. De plus, ils n’étaient pas seuls car la plupart de mes gens qui nous avaient suivis jusqu’ici avaient décidés d’y vivre avec nous ainsi que d’autres elfes de différents clans. Le murmure d’une nouvelle maison se créant avait fait venir à nous des elfes de tous horizons.

C’était une aubaine mais je savais bien que le but véritable de ces gens était de se rapprocher de cette Aranel à l’inconcevable ascendance. Sans véritablement l’envisager, j’avais créé une alliance des plus surprenantes avec les Valar en m’unissant à leur enfant chérie. Avisant Cerise, je m’aperçus qu’elle était plongée dans ses pensées, comme souvent ces derniers temps. Depuis notre arrivée à Valinor et depuis tout ce que nous avions appris sur elle, j’étais des plus étonné de voir que rien n’avait changé en elle. Personne ne savait pourquoi elle restait ainsi, désespérément « humaine ».

Même la naissance des jumeaux avait eu lieu bien plus tôt que prévu, comme si tout en elle voulait cacher ce qu’elle était vraiment : une elfine pleine de grâce. Estë, la guérisseuse, m’avait dit que le jour où elle serait prête à accepter ce qu’elle était, son corps reprendrait ses droits. Après tout, elle était née les oreilles en pointes et avait été bénie par chaque Vala d’Aman et pourtant, à la voir à ce jour, personne ne pouvait le deviner.

J’allais me plonger dans un livre quand elle se tourna vers moi, se mordillant la lèvre inférieure et se tordant les mains d’appréhension.

— Que vous arrive-t-il, Melda heri ?demandai-je doucement en reposant l’ouvrage que je m’apprêtais à lire sur la table basse qui se trouvait non loin de nous.

Son regard posé sur moi était empreint de tant de questions que je me préparai instinctivement au pire.
— Dites-moi, Thranduil, commença-t-elle en me dévisageant gravement. Vous m’aimez, n’est-ce pas, et pourtant, jamais vous ne m’avez appelé « melleth nín » comme tout elfe appelle l’elfine de son cœur.

Je mis un moment à comprendre où elle voulait en venir. Je n’avais jamais fait attention pour tout dire, elle restait à mon sens ma dame bien aimée, ce qui ne remettait nullement en cause ce que je pouvais ressentir à son égard.

— Les actes ne sont-ils pas plus importants que de simples mots ? lui dis-je en retour. Avez-vous besoin d’entendre cette phrase de ma bouche pour enfin pouvoir croire à mon amour pour vous ? Ce que nous vivons ne vous suffit-il pas déjà, ma douce ?

Elle secoua la tête, un sourire triste au coin des lèvres. Que lui arrivait-il encore ? Allait-elle de nouveau nous confronter à une polémique sur ce que nous ressentions l’un vis à vis de l’autre ? N’avions-nous pas déjà fait le tour de ce sujet maintes et maintes fois déjà ?

— Je sais que vous m’aimez, Thranduil, et c’est réciproque n’en doutez jamais mais…

Elle ne termina pas sa phrase et se leva précipitamment du divan sur lequel elle était assise et commença à faire les cent pas avant de se poster devant une des larges fenêtres du salon.

Depuis la naissance des jumeaux, nous vivions non loin de la demeure de ses parents, dans une belle maison à proximité de la montagne et de la mer. Malgré notre attachement l’un envers l’autre, je n’avais pas accès au Taniquetil. Je n’étais qu’un simple elfe et, même si j’aimais leur fille bien aimée de tout mon cœur et de toute mon âme, je ne pouvais la revendiquer comme mienne d’un point de vu légal. Ce constat avait de quoi faire grincer des dents. Le remariage était tabou chez les elfes et le lien matrimonial restait indéfectible même après la mort de l’un des deux époux. De toute façon, étant destinés l’un à l’autre, chacun savait qu’un jour il retrouverait l’autre, quoiqu’il arrive. Oui mais voilà, j’avais commis une erreur de jugement et à ce jour, je ne pouvais plus me marier avec celle qui m’était vraiment destinée. Un sacré coup du sort.

— Cerise, allez-vous me dire ce qu’il vous arrive ? Voilà plusieurs jours que vous agissez de manière étrange.

Elle soupira avant de se retourner vers moi. Ses yeux semblaient plus humides, comme si elle s’apprêtait à pleurer. Nous n’aimions pas la voir ainsi.

—Je vais partir, Thranduil.

Décontenancé par de tels propos, je haussai un sourcil d’incompréhension.

— Et où souhaitez-vous aller exactement ? demandai-je avec douceur.

— Je vais rentrer chez moi.

Je mis un temps avant de comprendre ce qu’elle insinuait.

—Je vous demande pardon, Cerise, mais vous êtes ici chez vous.

Je ne comprenais pas où elle voulait en venir et je sentis l’appréhension me gagner.

Elle poussa un long soupir qui ne me plaisait guère.

— Sur la Terre tout Court, Thranduil, je vais repartir là-bas

J’avais mal entendu. Elle ne pouvait pas dire cela sérieusement ? Surtout alors que nous venions à peine de nous retrouver ?! C’était impossible. Jamais nous ne permettrions cela.

— Il n’en est pas question ! explosai-je, sentant la colère s’insinuer par tous les pores de ma peau.

— S’il vous plaît, Thranduil, m’implora-t-elle, je ne veux pas me battre avec vous.

— Alors la discussion est close, répliquai-je entre mes dents serrées.

Elle secoua la tête avant de tourner une nouvelle fois son regard vers la fenêtre. Elle avait l’air plus déterminé que jamais. Je ne l’avais jamais vue ainsi.

— Non, je dois partir, que vous le vouliez ou non, il le faut.

Sa voix avait claqué dans l’air comme un fouet sur mon cœur. Je n’avais jamais éprouvé une telle peur, presque irrationnelle. Elle ne voulait pas nous quitter, je ne pouvais le concevoir. Pourquoi le ferait-elle ? Etait-ce sa manière de me punir de n’avoir pas su voir et comprendre plus tôt qui elle était vraiment pour moi ?

En quelques enjambées, je fus à ses côtés. J’agrippai fermement ses épaules avant de la retourner vers moi. Je devais faire quelque chose, tout, n’importe quoi pour la retenir.

— Vous dites m’aimer, mais vous voulez me quitter ? Cela n’a pas de sens, voyons !

— Mais je vous aime !

— Alors restez ! De toute façon, vous ne pouvez plus repartir, bon sang !

J’étais furieux. Furieux contre elle mais aussi contre moi qui n’avait rien vu venir. Elle m’avait paru un peu triste mais Elenna avait eu elle aussi, ces moments un peu étranges après la naissance de Legolas. Je ne m’étais pas inquiété outre-mesure, manifestement vu ce que nous vivions aujourd’hui, j’aurais du.

— Si, je le peux, me contra-t-elle, une expression revêche s’animant sur son visage, Varda m’a dit que c’était possible si je le désirais vraiment.

Je la relâchai brusquement. J’étais enragé, je voyais rouge. J’avais déposé mon cœur à ses pieds et elle le piétinait sans état d’âme. La punition qu’elle m’infligeait était lourde de conséquences. Si elle m’abandonnait, jamais je ne m’en remettrais. Jamais ! Elle devait forcément le savoir. Comment pouvait-elle m’imposer cela ? N’avait-elle donc aucune pitié pour son âme sœur ?

— Vous êtes d’une cruauté sans nom, petite, murmurai-je totalement défait. Vous nous abandonneriez, les enfants et moi, pour un désir égoïste. N’ai-je pas prouvé à quel point vous étiez importante à mes yeux ? Est-ce une manière de me punir des fautes passées à votre encontre ?

— Non, non ! s’écria-t-elle. Elle tenta de se jeter dans mes bras mais je la repoussai sans ménagement. Je ne pouvais pas, c’était pour le moment au dessus de mes forces. Je me sentais trop floué et trahi pour réagir correctement.

Ne supportant plus la tension qui régnait dans la pièce, je la laissai là, tremblant de tous ses membres. Elle se sentait mal, soit mais ce n’était pas de ma faute. C’était elle qui venait de nous mettre dans une situation impossible.

J’étais dans le couloir quand je l’entendis pleurer et crier mon nom. Je ne revins pas sur mes pas et sortis dehors. J’avais besoin de me calmer pour réfléchir correctement.

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Cerise

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Mais qu’avais-je fait ? Pourquoi n’avais-je pas plus réfléchi à ce que j’allais lui dire avant d’aller lui parler ?! Jamais je n’aurais avancé de cette manière ce que j’avais sur le cœur et ce que je m’apprêtais à faire si j’avais préparé mon discours avant. Que j’étais bête !

Cela faisait une semaine que j’avais eu cette conversation sur mon retour chez moi avec Varda. Ce n’était pas de gaieté de cœur que j’allais quitter Thranduil et les jumeaux mais je n’avais pas le choix si je voulais être heureuse un jour. La famille Martin me devait des explications et je leur en devais à eux, ainsi qu’à mes amis.

Cela ne remettait pas en cause ma vie à Valinor, loin de là, mais j’avais besoin de comprendre qui j’étais vraiment et pourquoi j’en étais arrivée là. Je ne me sentais pas du tout différente depuis que je savais que je n’étais pas vraiment humaine. Il n’y avait pas eu de fée une nuit qui avait changé la souillon en princesse. Aucunes prémices à un quelconque changement, j’étais désespérément restée telle que j’étais, c’est à dire moi, Cerise. Et pourtant, j’étais une elfe moi aussi, une elfe d’apparence humaine.

Je ne savais plus qui j’étais et quand je voyais mon reflet dans un miroir, j’avais envie de pleurer de rage. J’avais repris du poids depuis la naissance de Vanyel et Valorya, j’étais même un peu dodue… et petite. Tu parles d’une elfine, toi.

Le pire, dans cette abracadabrante histoire, c’est que je commençais à bien connaître et à bien employer leur jargon. Je ne savais plus qui j’étais et ça me désespérait.

Essuyant mes larmes, j’allais sortir pour retrouver Thranduil quand des pleurs provenant de la chambre des enfants se firent entendre. C’était bien le moment.

Soupirant, je décidai d’aller voir ce qu’ils avaient.

La pièce qui leur servait de nurserie était des plus accueillantes avec des couleurs chaudes pour les murs. Un immense fauteuil se tenait à côté des deux berceaux et, plus loin, une énorme banquette capitonnée se trouvait devant une des larges fenêtres de la chambre. Bien sûr, cet endroit manquait de peluches et de doudous. J’avais commandé quelques bricoles auprès du marchand de jouets de Valimar et j’étais impatiente de les recevoir. Oui parce que ce n’était guère à Valinor que j’avais le vague espoir de trouver un « Toys’R’us » ou une « Grande Récré ». L’espoir faisait vivre mais tout de même.

Vanyel et Valorya cessèrent de pleurer quand je me penchai sur leurs couffins respectifs pour leur caresser doucement le ventre en chantant une berceuse.

— Je n’ai jamais véritablement compris comment ces petits pouvaient s’endormir au son de votre voix, Aranel.

Je secouai la tête sans m’arrêter de chanter et me tournai légèrement vers Ashräm. Il n’y avait que lui pour me dire si ouvertement ce qu’il pensait. Il était accoudé contre le chambranle de la porte et nous couvait tous de son œil valide. Il avait beau être défiguré de la pire des manières qui soit, je le trouvais indéniablement beau. C’était une belle âme dans un corps mutilé. Je l’aimais. Pas comme j’aimais Thranduil mais ce beau Teleri avait une place toute particulière dans mon cœur, que je ne savais réellement définir.

— Bonsoir à toi aussi, Ashräm, ne puis-je m’empêcher de dire dans un demi-sourire, tandis que les bébés se rendormaient paisiblement.

Parfois ils avaient juste besoin de sentir notre présence et je supputais qu’ils avaient senti la tension de tout à l’heure entre leur père et moi. Ils avaient beau être encore tous petits, ils sentaient déjà bien des choses et je ne voulais pas être celle qui les rendrait anxieux ou tristes. Je les aimais bien trop pour les faire souffrir.

— J’en suis navré, répondit Ashräm me sortant de mes pensées, mais je vous ai entendus, Thranduil et vous, vous disputer tout à l’heure.

Je lâchai un juron peu flatteur pour une jeune femme, encore moins pour une elfine, sans vous parler d’une Aranel. Mais par Eru, il n’allait pas s’y mettre, lui aussi !

— Si je puis me permettre, continua-t-il insensible à mon éclat, je pense que vous devriez vraiment y aller.

J’eus un hoquet de surprise en comprenant ce qu’il venait de me dire.

— Tu es sérieux ? m’exclamai-je en le rejoignant dans le couloir pour ne pas réveiller les enfants.

— Vous êtes une bonne mère, Aranel, plus que je ne pouvais l’espérer ou l’imaginer, répondit-il à la place.

Oh !

Venant de sa part, cela me toucha énormément. J’avais eu des doutes durant ma grossesse. Je ne me voyais pas élever un enfant. Quand j’avais découvert qu’il y en avait deux à la naissance, je m’étais dit que jamais je n’y arriverais, que c’était au delà de mes forces. Même si parfois j’étais parcourue de doutes, j’avais été si bien entourée que j’avais pu surmonter la plupart de mes angoisses. Même si, il est vrai, que j’en avais un peu voulu à Thranduil et aux Valar de m’avoir caché que je serais mère deux fois. Mais les jumeaux étaient trop adorables pour que je sois amère à leur venue au monde. Bien au contraire, je les aimais comme une folle, au-delà de ma propre vie ! Et puis…

Thranduil était un père exceptionnel et je n’aurais pu rêver mieux. Il s’occupait énormément d’eux et j’avais découvert un nouvel aspect de sa personne que je n’aurais jamais imaginé avant. Toutefois, je ne pouvais m’empêcher d’avoir ce sentiment de jalousie en me disant qu’il avait déjà vécu tout cela avec Elenna. Sauf qu’à cette époque, il n’y avait eu qu’elle alors que moi, je devais le partager avec leurs souvenirs en commun. Je trouvais cela parfaitement injuste. Revenant au présent, je vis Ashräm qui me contemplait gravement.

— Merci, mais tu n’es pas mal non plus comme nounou, tu sais, répondis-je à mon tour.

Il secoua la tête en émettant un bruit de gorge qui ressemblait à s’y méprendre à un rire guttural. Quelle chance j’avais d’avoir une telle personne à mes côtés qui m’aimait sans condition, par pure abnégation. Un pincement au cœur vint troubler ce petit moment de bonheur.

Je ne pouvais m’empêcher de penser que si j’étais si chanceuse que cela, pourquoi avais-je ce besoin irrépressible de vouloir les quitter pour…

— Non Aranel, cela ne remet aucunement en cause ce que vous pouvez éprouver pour nous, bien au contraire.

— Mais Thranduil…, ne puis-je m’empêcher de dire.

— Il reviendra à la raison. Il vous aime et un elfe déteste plus que tout être séparé de sa moitié. C’est un énorme sacrifice auquel il consentira, j’en suis sûr.

Pouvais-je croire en ce que disait Ashräm ?Comment aurais-je réagi à sa place si nos rôles avaient été inversés ? Pas avec le sourire, cela était certain.

— Parlez-lui, Aranel, non pas avec des mots mais avec votre cœur. Il comprendra, n’ayez crainte.

Sur ces bonnes paroles, il s’inclina avant de me laisser seule. Ereintée, je décidai de regagner la chambre pour dormir. Je ne savais pas quand mon elfe reviendrait, je n’aimais pas me coucher en nous sachant fâchés l’un et l’autre, mais j’avais besoin de dormir pour avoir les idées plus claires.

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Le lendemain matin, à l’aube pour tout dire, je fus réveillée par les hurlements de mes deux démons préférés qui réclamaient à manger. J’avais de la chance qu’ils commencent doucement mais sûrement à faire leurs nuits.
Je me dépêchai de m’habiller pour les rejoindre dans la pièce à côté. D’habitude, Thranduil les faisait patienter en leur chantant des chants elfiques. J’avoue que moi même, j’adorais l’écouter… Il avait une si belle voix… Sauf que là, il n’était pas là. Cela ne lui ressemblait pas et j’en eus quelques frissons d’angoisses

Je donnai le sein d’abord à Valorya — désolée Vanyel, honneur aux dames — puis à Vanyel qui me regarda un instant comme si je venais de le spolier de sa ration. Ce petit ellon était un véritable glouton ! Il tenait bien de sa mère, celui-là.

Une fois que les deux bébés furent repus et changés, je les laissai entre les mains d’une des elfines qui s’occupait des enfants.

Avisant la fenêtre, je vis le soleil commencer à poindre dans l’horizon. Il allait faire très beau aujourd’hui et je décidai de prendre mon café dans notre beau et grand jardin dans lequel nous avions installé un magnifique kiosque face à l’étendue bleutée de la mer.

Cette vision avait le don de m’apaiser. Toutefois, mon cœur s’emballa quand je vis Thranduil adossé à l’une des rambardes, les yeux rivés vers le large.

Me pinçant les lèvres, je posai mon café sur la table avant de venir l’enlacer par derrière. Il ne me repoussa pas.
Enfouissant mon nez dans sa tunique, je respirai à pleins poumons cette odeur que je n’associais qu’à lui. Oh Eru ! Je l’aimais tellement, ce Sinda. Je n’osais imaginer ma vie sans lui. Jamais !

— Tu m’as manqué cette nuit, melie nya, dis-je dans un souffle, me décidant enfin à le tutoyer.

— Alors imagine ce que je ressentirai quand tu ne seras plus là, me répondit-il en se retournant vers moi.

Si les yeux étaient le reflet du miroir de nos âmes alors ce que je vis dans son regard me submergea de peine et d’amour. Il souffrait. Je l’avais fait souffrir et je ne pouvais pas revenir en arrière, ni ne le voulais, compris-je presque surprise. Des choses devaient être accomplies. Il le fallait.

— Tu n’es pas le seul que cette décision anéantit. Crois-moi. Il n’y aura pas un seul moment où tu ne me manqueras pas, Thranduil, mais je dois le faire. Je dois revoir ma famille, mes amis. Si je ne le fais pas, je ne comprendrai jamais qui je suis vraiment et pourquoi je suis ici. Depuis le début de cette histoire, je me suis laissée porter par le destin et ce qu’on avait prévu pour moi. Personne ne m’a demandé mon avis. Il faut que je le fasse, tu comprends ?

Il inclina sa tête vers moi avec une certaine lenteur avant de plonger ses yeux dans les miens. Quelque chose se passa entre nous que je ne compris pas bien mais je le vis se détendre légèrement avant qu’il ne dépose un léger baiser sur mes lèvres.

— Je t’ai attendue depuis toute ma vie, murmura-t-il contre ma bouche, je peux bien t’attendre encore un peu, ma Cerise… melleth nín.

Entendre enfin ces mots prononcés dans sa bouche, destinés à moi seule, me procura un tel sentiment de puissante plénitude que je crus exploser de bonheur. J’étais heureuse, il m’avait rendue heureuse.

— Je te fais la promesse que je reviendrai, Thranduil ! Pour toi et pour nos enfants. Je reviendrai parce que ma maison est là, terminai-je en posant ma main sur son cœur qu’il recouvrit des siennes.

Prise dans l’élan, je retirai ma main pour caresser ce visage que j’avais appris à aimer au fil du temps. Son sourire plein de tendresse m’électrisa complètement

— Je n’en doute pas, ma douce amie, j’en suis même certain.

Nous restâmes un moment silencieux, appréciant cette proximité nouvelle. Au bout de quelques minutes, il me prit par la taille et me ramena chez nous. Nous montâmes les escaliers avant de nous enfermer dans notre chambre.

Si je devais bientôt partir, autant profiter l’un de l’autre autant que nous le pouvions.

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Thranduil

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Cerise n’était indéniablement pas une elfine comme les autres… Sans doute et tout simplement parce qu’elle ne l’était pas du tout pour le moment. Elle n’était qu’une simple humaine, un mensonge, un leurre qu’elle-même n’arrivait pas à chasser. Si le seul moyen de redevenir celle qu’elle avait été jadis, lors de sa naissance, était de repartir un temps sur cette terre qui lui avait été si chère… Soit !

Je l’aimais, et mon amour pour elle était aussi fort et intense que celui que j’avais éprouvé un jour pour Elenna. De fait, il y avait ce lien supplémentaire qui nous unissait, de telle manière que je savais la moindre de ses émotions. Elle ne partait pas de gaieté de cœur et je ne voulais pas lui causer plus de chagrin en lui imposant ma propre peine. J’espérais simplement qu’à son retour, elle puisse elle aussi sentir notre lien, elle saurait alors l’intensité de mes sentiments pour elle et plus jamais elle ne les remettrait en doute. C’est tout ce que je pouvais espérer de cette douloureuse séparation.

Son départ se ferait de la même façon que son arrivée nous avait avertis Manwë Sulimo, lors d’une audience protocolaire qui avait réuni la moitié des Valar à Valimar. Cela pouvait être aujourd’hui comme demain. J’avais eu le courage de m’adresser à Vairë qui savait beaucoup de choses sur l’avenir. Malheureusement, elle ne m’offrit qu’un large sourire en me rappelant de croire car c’était là, la clef de tout. C’est donc la peur au ventre que je me réveillais chaque jour avec la sourde angoisse de la perdre et chaque jour je soufflais de soulagement quand je la retrouvais à mes côtés. Toutefois, un soir, tandis qu’elle se promenait avec Ashräm et les enfants, elle disparut.

Tout simplement.

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Cerise

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Je me réveillai avec une migraine carabinée. Cela m’arrivait de plus en plus régulièrement ces derniers temps. Ouvrant les yeux avec difficulté, je me pris la tête entre les mains avant de me rendre à la cuisine dans un état second pour me servir un verre d’eau et prendre un cachet.

Mes vacances commençaient vraiment très bien. J’aurais mieux fait de ne pas aller boire un coup avec Marion et Cécilia, la Tequila m’avait cassée en deux ! Et puis j’avais ce goût horrible en bouche… Même une hyène aurait meilleure haleine que moi.

Je finissais de préparer mon café quand j’entendis mon téléphone portable vibrer. L’allumant, je vis que j’avais un message de Cécilia qui me demandait de la rejoindre pour déjeuner ce midi. Pourquoi pas, après tout. Je lui répondis que c’était bon pour moi avant de me rendre décente pour la journée. Le doliprane avait enfin fait son effet et je me sentais déjà de meilleure humeur.

J’avais fait un rêve la nuit dernière et, chose des plus étranges, je ne m’en souvenais pas. Pareil, je devais parler à mes parents mais je ne me rappelais pas de quoi, ni pourquoi. Chassant un sentiment de malaise qui commençait à me saisir, je terminai de m’habiller et de me brosser les dents avant de repartir dans le salon. Là, j’allumai mon ordinateur avant de répondre à mes emails et de surfer un peu.
Le déjeuner de midi se passa comme dans un songe. Cécilia me présenta un de ses amis de longue date, Antoine. C’était un homme d’une trentaine d’années qui travaillait dans le domaine de l’informatique, un peu comme tout le monde de nos jours, cela dit. Il était plutôt mignon si on aimait le style « jeune cadre dynamique » avec des cheveux bruns un peu en bataille et des yeux marron pétillants de bonne humeur. Le courant passa plutôt bien entre nous, il me prit mon numéro de portable avant de partir et j’eus la surprise de recevoir un appel de sa part le soir même. Il voulait me revoir, je lui avais bien plu et il avait envie de mieux me connaître. Waouh ! Cela ne m’était jamais arrivé. J’étais sur un petit nuage. La soirée se passa plus que bien. Nous nous revîmes régulièrement pendant mes vacances. Avais-je trouvé la perle rare ?

C’est bien simple, je ne vis pas ces deux semaines passer et je crus que cette histoire se terminerait avec la reprise du boulot mais ce ne fut pas le cas.

Nous finîmes même par conclure, chez lui, au bout d’un mois de relation. Ce qui n’était pas mal. Il avait été des plus galants connaissant mon manque d’expérience en la matière. Quand je fis part de cela à Marion, cette dernière me dit que soit j’avais décroché le gros lot, soit il y avait anguille sous roche.

Mais non… Elle voyait vraiment le mal partout quand elle s’y mettait. Antoine était un type bien et ça se trouve, il finirait par se lasser et on finirait par rompre lui et moi.

En fait, ce n’est pas ce qui arriva. Mais alors pas du tout.

Un soir, après un merveilleux dîner, il me fit sa demande en mariage. Nous nous fréquentions depuis deux ans, c’était fou ce que le temps passait vite sans que l’on s’en rende compte. Dans tous les cas, je me trouvais incroyablement chanceuse d’avoir un tel homme dans ma vie.

Une chose en entraînant une autre, je tombai rapidement enceinte. Neuf mois plus tard, nous eûmes une adorable petite fille que nous appelâmes Clémentine. J’adorais ce prénom ce qui fit rire Antoine et mes beaux-parents. C’est que nous étions très « fruits », dans ma famille.

Malgré mon immense bonheur d’être mariée et mère de famille, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver une gêne comme si quelque chose n’allait pas. Je ne comprenais pas bien le sentiment qui m’animait, alors je décidais de le laisser de côté. J’avais tout pour être heureuse, vraiment tout, et je ne me voyais pas vivre autrement.

Les années passèrent à une vitesse affolante.

L’amour et la passion des débuts s’étaient vite mués en une routine assez barbante mais cela semblait nous convenir à tous les deux. Ce n’est qu’au dix-huitième anniversaire de notre fille que je compris qu’il avait une maîtresse depuis quelques années. J’aurais du éprouver un immense chagrin à cette terrible et accablante découverte mais étrangement je ne lui en voulais pas plus que cela.

Finalement, mon amour pour lui s’était étiolé de la même manière qu’on se lasse d’un nouveau jouet et apparemment c’était la même chose pour lui. Toutefois, il s’accommodait fort bien de notre mariage. Nous finîmes cependant par divorcer trois ans plus tard. Je me sentais vieille et lasse mais surtout pas à ma place dans cette drôle de vie que je menais. Le monde m’apparaissait comme bancal et sans saveur.

Pourquoi ?

Un jour, alors que je me contemplais devant le miroir de ma salle de bain, je me rendis compte que ce n’était pas cette vie-là que j’aurais aimé mener… Non, pas du tout cette vie-là !

Malheureusement pour moi, je m’en apercevais un peu trop tardivement. J’allais sur mes quatre vingt ans bien tassés, je ne pouvais plus revenir en arrière et j’en conçus un tel désespoir que cela me foudroya. Mais qu’avais-je fait de ma vie, bon sang ?

Une larme unique coula sur ma joue ridée quand enfin je me souvins de cet étrange rêve que j’avais fait quand j’étais encore très jeune… La Terre du Milieu, Thranduil, les Valar, Valinor… Ashräm, Vanyel et Valorya mes enfants de là-bas et enfin… Ma promesse.

Impossible ! Non, tout mais pas ça ?!

— Oh bon sang de bonsoir ! m’écriai-je paniquée. Mais qu’ai-je fait ? Comment ais-je pu oublier ma vie là-bas ?

Terrible désespoir d’une vie usée qui n’aurait du être celle qu’elle avait été.

Tombant à genoux, je sentis mon cœur battre douloureusement dans ma poitrine avant de m’évanouir sur le sol de la salle de bain.

J’allais mourir là, seule, et on mettrait trois plombes à retrouver mon cadavre… Mais heureusement, pensais-je avant de sombrer, je n’avais ni chat ni chien pour venir manger mon corps en décomposition.

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Je me réveillai en sursaut, le cœur battant la chamade, les larmes coulant sur mon visage, quand je vis Vairë assise au bout de mon lit.

— Non, ce n’était pas un cauchemar mais l’un des avenirs potentiels qui t’attends, murmura-t-elle sans que je ne lui pose la moindre question.

Ma poitrine me faisait mal, mon cœur cognant comme un forcené dedans sans que j’arrive à le calmer. Avenir ou pas, c’était un vrai cauchemar, quoi qu’elle en dise. Bordel, j’en avais encore des sueurs froides.

Redécouvrant mon environnement, me sentant encore un peu déphasée par ce rêve, je me souvins enfin que j’étais toujours à Valinor et qu’après une longue promenade avec Thranduil, j’avais regagné notre maison pour pouvoir faire une sieste sans les jumeaux. Ashräm les avait emmenés avec lui pour voir leurs grands-parents.

— Je ne souhaite pas de ce genre d’avenir, dis-je d’une voix basse. Je veux vivre avec Thranduil. Pourquoi m’avoir montré cela ?

—Là n’était pas notre intention mais c’est toi qui as choisi cette voie-là. Pourquoi ?

Non, non, c’était ma question à moi mais au fond je le savais… Oui elle avait raison.

— Je m’étais demandé qu’elle aurait été ma vie si jamais tout cela n’avait pas été réel, finis-je par avouer.

— La réponse que tu as eue te satisfait-elle ?

— Non, pas du tout ! grognai-je avant de me lever.

Il fallait que j’aille chercher les jumeaux. Jamais je n’oublierais un gramme de ce que je vivais ici et si je partais, c’était pour mieux revenir après. Je ne pourrais plus jamais penser autrement après ce que j’avais vu. Le pire dans cet étrange songe, c’est que j’avais tout oublié, tout, jusqu’à la conversation que je devais avoir avec mes parents.

Je fis une liste dans ma tête pour être certaine de ne rien manquer avant qu’un affreux doute ne me saisisse.

— Vairë, penses-tu qu’en repartant là bas, je ne me souvienne plus de ma vie d’ici ?

Elle m’avisa un instant avant de me faire le plus énigmatique des sourires.

– En doutes-tu, Elenwë ?

Je secouai la tête vivement. Non pas du tout, affirmai-je en soutenant son regard.

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Le chemin pour aller jusqu’à la demeure de Manwë et Varda me parut interminable. Je n’arrêtais pas de ressasser tout ce que je venais de vivre en rêve et j’avais peur.

J’avais fait un détour par le village où s’était rendu Thranduil pour parlementer avec certains de ses anciens conseillers, dont Annael. Je ne l’avais pas revu depuis notre arrivée en Valinor. J’avais été choquée d’apprendre qu’il avait demandé Maeiell en fiançailles. Maeiell, quoi ! Comment était-ce possible ? Je n’avais pas revu l’ancienne maîtresse de Thranduil depuis un moment mais je n’étais pas pressée de la revoir non plus. J’avais du mal à me dire qu’il y a encore quelques temps de cela nous étions tous en Terre du Milieu. Tout semblait passer tellement vite ici. Quand j’en avais fait part à mon elfe, il avait émit un petit rire.

— Votre conception du temps reste des plus humaines, ma douce Cerise. Vous verrez, quand se seront écoulés mille ans, rien ne vous paraîtra plus comme avant.

Thranduil, le revoir avait été comme un besoin vital que j’avais eu sur le coup. J’avais gravé les traits de son visage dans ma mémoire ainsi que le son de sa voix. J’étais resté un moment avec lui avant de repartir vers le Taniquetil.

Une fois sur place, j’avais pris le thé avec Varda, ma mère, qui s’extasiait sur Valorya tandis que Manwë avait emmené Vanyel avec lui. Mon « père » semblait très attaché à ce petit, il lui avait offert un aigle en cadeau de naissance. Varda avait offert, quant à elle, une de ses lumineuses étoiles à Valorya, un cadeau inestimable si j’avais bien compris.

Mes enfants allaient me manquer, mais je savais qu’ils seraient entre de bonnes mains. Je savais que ce que je faisais était aussi pour eux, pour notre avenir à tous.

Quand il fut temps de rentrer, Ashräm se proposa de les porter. Bien qu’âgés de six mois chacun, le Teleri n’eut aucun mal à les garder tous les deux sur lui. Les observant du coin de l’œil, je ne pus m’empêcher de pouffer devant l’image que renvoyait ce grand guerrier avec ces deux petits bébés lovés contre lui. C’était indéniablement mignon.

— Vous vous estompez, Aranel.

La voix basse d’Ashräm m’envoya de longs frissons électriques dans la colonne vertébrale.

— C’est à dire ? lui demandai-je doucement, le cœur battant à tout rompre.

— Il semblerait que ce soit le moment que vous n’attendiez pas mais que vous espériez quand même, répondit-il en replaçant doucement Valorya qui commençait à glisser.

Je secouai la tête. Non, ce n’était pas l’heure, je le saurais si c’était maintenant, non ?

— Aranel, avant que ne fassiez un pas de plus, sachez que nous vous attendrons, quoiqu’il arrive.

— Ne dis pas de bêtises Ashräm, je ne vais pas m’éva…

Je m’interrompis car je venais de trébucher. Qu’est-ce que je pouvais être maladroite parfois ! Heureusement qu’il y avait un mur sur ma route car sinon je me serais vautrée par terre.

Attendez trois secondes.

Nous étions sur un sentier, il n’y avait pas de mur ? Si ?! Ouvrant les yeux, je vis qu’il faisait nuit noire.

Tâtonnant avec ferveur, je finis par trouver un…interrupteur ! Quand j’appuyais dessus, la lumière se fit, forte et aveuglante. Je n’avais plus l’habitude et, quand je compris où j’étais, je ne pus retenir un sanglot. De tristesse, de joie, je n’aurais su le dire mais une chose était certaine.

— Mon appartement…

Ma voix tremblait oscillant entre l’incrédulité et la folie de ce que je venais de commettre.

J’étais enfin rentrée chez moi et cette fois ci, cela ne semblait pas être un rêve.

A Suivre


Annotations

– melie nya : mon amour en langue Quenya

– Il s’agit de l’avant-dernier chapitre de cette histoire. Le n°43 verra se clôturer les aventures de Cerise et de sa quête qui, finalement, ne sera pas si ratée que cela.

– Comme toujours un énorme merci à mes deux relectrices de choc : Lilou Black et Gwendoline ainsi qu’à tous nos lecteurs anonymes ou non.

– L’image qui sert d’illustration à ce chapitre représente Thranduil, sa femme et Legolas. Cela dit, cette jolie blonde pourrait être aussi ma Cerise avec les oreilles en pointes 😉

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10 commentaires

  • Ce chapitre rend vraiment compte du cheminement intellectuel de Cerise, cette réflexion qui l’a poussée à vouloir rentrer chez elle autrement que par caprice ou par désir de retrouver ses petites habitudes. Durant toute sa grossesse, à partir du moment où elle a appris qui elle était vraiment, elle a eu envie sans vraiment le dire, sans vraiment l’admettre, de comprendre, d’obtenir auprès du couple qui l’a élevée — ses parents de cœur en somme — leur version des faits. C’est la conversation avec Varda, au chapitre précédent, qui l’a persuadée que c’était nécessaire. Cela étant, restait un obstacle de taille sur lequel ce chapitre est centré : Thranduil. En effet, à défaut de vraiment comprendre, Varda accepte le désir de sa fille. Elle sait que c’est important et elle lui laisse le temps de réfléchir, de penser aux enjeux et d’accepter les risques. Thranduil, c’est un autre problème. D’ailleurs, on applaudit le réalisme de sa réaction qui est raccord avec son attitude dans les quarante et un chapitres précédents. L’amour qui résout tout est une chimère de gamines. Que Thranduil refuse le départ de Cerise est une chose mais à la façon dont tu as présenté ses arguments, c’est beaucoup plus profond et subtil que ça. Les problèmes de communication entre les deux héros, si douloureux, si criants, en particulier dans la deuxième partie de ton histoire, ne se sont pas envolés comme par magie. Thranduil a beau avoir accepté Cerise comme une extension de lui-même, ses motivations profondes lui échappent en bon égocentrique qu’il est. Par ailleurs, Cerise a toujours des difficultés à exprimer ce qu’elle ressent, ce qu’elle souhaite, et à peser ses mots avant de les prononcer. La dispute, les larmes, étaient donc inévitables ici. Bouh bouh, ça coule sur ta joue, chantait Souchon. D’où tu crois qu’il m’est venu, le titre du chapitre ? XD

    Cela dit, une fois chacun dans leur coin, et aussi difficile qu’ait été cette nuit passée avec leurs réflexions pour toute compagnie, tout se met en place et c’est là que, même si on ne pouvait empêcher leurs travers de rappliquer au triple galop dès qu’une crise se pointe, ils ont évolué. Cerise s’explique. Thranduil « ressent », puis comprend. Ils se parlent à tête reposée, honnêtement. Et la porte de la chambre à coucher se referme discrètement sur eux.

    C’était là, en somme, une des épreuves que Cerise devait subir avant de partir. La deuxième a été cette vision, cet « avenir possible » pour reprendre les mots de la Vala, dont le but a été de dissiper les derniers doutes de l’héroïne. Evidemment, envisager que ce séjour au pays de Tolkien ait été un rêve était une possibilité non négligeable. En se réveillant dans son univers quotidien, Cerise aurait très bien pu repousser dans un coin de sa tête tout ce qu’elle avait vécu en partant du principe que tout était issu de son imagination avant de reprendre sa vie comme avant. Se marier, avoir des enfants, un travail, vivre une existence ordinaire et pas forcément glorieuse avec une impression de manque… un peu comme quand on rate une marche d’escalier. Cette dernière épreuve avait, à mon sens, pour but de montrer à Cerise où était sa véritable place, à l’en rendre consciente jusqu’à la douleur, de sorte qu’elle ne s’égare pas sur la Terre tout court. Bien sûr, elle se rend compte après coup qu’elle ne l’aurait pas fait, que jamais elle n’aurait oublié Thranduil, ses enfants, ses amis, etc., mais elle en obtient par ce biais la certitude absolue.

    J’applaudis en passant le rôle d’Ashräm, qui est à titre définitif une création absolument fabuleuse. Outre son intérêt dans l’intrigue, son rôle auprès de Cerise, je suis infiniment sensible au fait qu’il mette cul par dessus tête les clichés sur l’apparence. Cet Elfe malmené par l’existence, au corps couturé de cicatrices, est l’être le plus doux et sensible qui soit. Il a toujours les termes adéquats pour réconforter Cerise et on sent ce lien entre eux, qui n’est ni de l’amitié ni de l’amour-toujours… juste une complicité poussée à son paroxysme.

    Bref, un superbe chapitre encore une fois. J’ai même versé une larme à un moment.

    Aimé par 1 personne

    • Encore une fois, j’adore lire tes retours car ils montrent des points pas forcément visible mais tu as l’art de savoir lire entre les lignes de cette histoire et de ses personnages. On peut dire clairement que la partie « romance » entre Cerise et Thranduil est quasiment achevée. Elle trouvera bien entendu sa conclusion dans la fin mais le dernier chapitre fera la part belle à d’autres aspect plus psychologiques et personnels qui me tenait vraiment à cœur.

      Merci pour ces retours qui savent toujours me faire très chaud au cœur ! Tu sais comme j’aime tes reviews !
      Bisous ❤ ❤

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  • Oh la belle surprise ! Un nouveau chapître !
    Et avec une Clémentine dedans 😀 (en ce qui me concerne c’est juste un pseudo  » fruitement » solidaire envers l’héroïne … mais j’ai adoré le clin d’œil … si s’en est un, ou était-ce prévu ?)

    Ben ça y est ! Elle l’a fait ! Espèrons qu’elle ne va pas perdre la mèmoire.
    Puisque pour le voyage aller elle avait pu emporter son sac à main et ses vêtements, on peut supposer qu’elle porte au moins une robe elfique dans son voyage retour : un objet pour se souvenir.

    Comme à chaque fois, on reste en haleine en attendant la suite …
    Mais sans attendre le dernier chapître, la fin de ton histoire propose un authentique sujet de philo : « le bonheur est-il possible lorsque l’on est privé de son libre arbitre ? » Bien joué !
    On a un peu oublié l’humour et les délires de la première partie, mais tu termines en finesse avec de belles analyses des sentiments humains … euh, pardon, elfiques.
    Encore bravo.

    Aimé par 1 personne

    • Ah ah ! Clémentine est un prénom que Cerise aime beaucoup. Oui son auteur aime les prénoms fruités ^^. Je suis contente que cela te donne envie de débattre et oui on pourrait philosopher sur pas mal de point dans cette histoire au final… comme quoi 😉

      Même si oui, c’est bien moins drôle et franchement plus posé, je suis néanmoins ravie de voir que tu apprécies encore ! D’un simple délire, cette histoire s’est élevée vers des points bien loin de l’humour des débuts.
      Au plaisir de te lire et de te retrouver pour la fin !
      Bisous ❤

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  • Oulala, le dernier chapitre est plein de promesses! Mais déjà le dernier? J’espère qu’il sera très très long! ^^
    En tout cas, c’est toujours agréable de retrouver Cerise. D’autant plus qu’elle a bien mûrit et que ses réactions se rapprochent de la femme qu’elle sera. Je suis curieuse de voir ce qu’il va se passer en Terre tout court, d’autant qu’elle a abandonné ses bébés pour ça, cela a intérêt à valoir le coup.
    En tout cas, j’ai beaucoup aimé le chapitre qui laisse présager un beau final une fois qu’elle saura tous de ses origines par ses « vrais » parents, les autres étant plus ses géniteurs qu’autre chose.
    Tu sais quand tu publieras le nouveau et hélas dernier chapitre?

    Aimé par 1 personne

    • Très long de quelques lignes mais non, je crains qu’il soit vaguement de la même longueur. Oui Cerise à grandit, mûrit… Ce dernier chapitre va clore une quête qui n’aura pas été si ratée que cela mais bien plus personnelle qu’elle ne le laissait présager. si ma seconde relectrice à le temps, le dernier chapitre sera poster dimanche 4/10.
      L’air de rien, je suis ravie de savoir que tu as apprécié cette fic et j’espère que la fin te plaira tout autant.
      Bisous ❤

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  • bonjour, moi aussi j ai versais ma petite larme , quand thranduil lâche prise et accepte que cerise parte pour sont bien être mental et se son coeur . je ne ferai pas l’analyse du chapitre d’ autre , le font mieux que moi , mais je tenais a te dire que tu fais un travail d’écriture formidable , tu m’avais déjà captivée par( la malédiction d’Erebor ) et dire que l’on arrive au dernier chapitre zut de zut et snifff sniffff …… encore merci .

    Aimé par 1 personne

    • Comme il est si bien dit, : « Les meilleures choses ont une fin ». J’aurais pu prolonger leur histoire, leur vie mais dans quel intérêt ? Parfois il vaut mieux finir avec les honneurs que perdurer dans l’indifférence.
      Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à être pleine d’émotion à la lecture de ces derniers chapitres. J’espère que la fin saura te plaire.
      Merci pour tes retours et ta fidélité !
      Bisous ❤

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  • Mamaaaaaaaaaan ! J’ai eu les larmes aux yeux tout du long bordel ! Je n’imagine même pas celui de la semaine prochaine, je suis sûre que je vais me dessécher comme une vieille morue…
    J’ai eu vraiment peur quand Thranduil a commencé à faire la gueule à Cerise. Je me suis dis « Nan mais c’est pas possible ! Elle va retourner en Terre Tout Court et lui il va s’en vouloir à mort ! » Et puis ils se réconcilient (sur l’oreiller si j’ai bien tout compris ^^)! Je suis vraiment contente que Thranduil comprenne ce que Cerise traverse, qu’il soit prêt à l’attendre encore un peu… Et Ashram ! Il était trop chou dans ce chapitre aussi ! Il a un avis objectif puisqu’il ne fait pas partie à part entière de la famille de Cerise et donc je pense que son opinion est un réel pilier pour notre humaine/elfine/fille de Valars préférée 😀
    LE REVE DE CERISE OH MON DIEU ! J’ai vraiment cru que c’était réel ! Qu’elle avait tout oublié de son voyage en Terre du Milieu, Thranduil, ses enfants ! Mais comment ai-je pu croire ça ?! Le soulagement quand j’ai appris que ce n’était qu’un rêve. J’ai bien cru d’ailleurs, qu’après ça elle ne voudrait pas retourner en Terre Tout Court parce qu’elle aurait trop peur que cela ce produise. Et finalement, si, la voilà de retour dans son appartement…
    En tout cas ma belle, c’était un super bon chapitre et même si je n’ai pas envie que cela se termine, je suis impatiente de découvrir la toute dernière page de cette aventure.
    Merci pour tout !
    Bisous et courage pour le dernier chapitre ❤
    Mathy

    PS : Faut que je prépare les mouchoirs pour la semaine prochaine hein ?

    Aimé par 1 personne

    • Tu as tout parfaitement saisie. Oui le rêve de Cerise, est assez terrible quand on se met du point de vue de notre héroïne. Je voulais qu’il ait ce côté réel. Il était question de vous déstabiliser et de montrer à Cerise ce qu’elle désirait vraiment.
      Challenge réussit apparemment !
      Si tout va bien, je poste le dernier dimanche 4. Ce sera pour moi un moment tout pleins d’émotions, à n’en pas douter ! J’espère juste ne pas me retrouver seule xD
      Bisous ❤

      J'aime

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